COLD STORAGE (2026)

Deux gardiens de nuit mettent à jour un champignon extra-terrestre extrêmement dangereux entreposé dans le sous-sol d’une entreprise de stockage…

COLD STORAGE

 

2026 – USA / FRANCE

 

Réalisé par Jonny Campbell

 

Avec Joe Keery, Georgina Campbell, Liam Neeson, Sosie Bacon, Vanessa Redgrave, Lesley Manville, Richard Brake, Aaron Heffernan, Ellora Torchia

 

THEMA EXTRA-TERRESTRES I MUTATIONS

Le scénario de Cold Storage est signé par le vétéran David Koepp. Plusieurs blockbusters de très haut niveau portent sa signature : La Mort vous va si bien, Jurassic Park, Mission impossible, Panic Room, Spider-Man, La Guerre des mondes, bref du très lourd. Ici, Koepp adapte son premier roman, publié en 2019 et inspiré partiellement d’un fait réel : la désintégration et la chute de la station Skylab en 1979, dont les débris furent récupérés par la NASA. Mais l’écrivain/scénariste ne cherche pas à lutter dans la même catégorie qu’un Michael Crichton. Si les prémisses peuvent évoquer Le Mystère Andromède, la suite du récit se veut beaucoup plus délirante et rocambolesque que n’importe quel techno-thriller de SF prétendument réaliste. Avec Cold Storage, Koepp s’amuse, et c’est dans cet état d’esprit que le réalisateur Jonny Campbell, surtout connu jusqu’alors pour ses travaux télévisés, aborde sa mise en scène. Pour mettre toutes les chances de son côté, le film s’appuie sur le capital sympathie que Joe Keery a hérité grâce à la série Stranger Things, sur le charisme indéboulonnable de Liam Neeson mais aussi sur la présence toujours réjouissante de Georgina Campbell, véritable « scream queen » des années 2020. Les amateurs de films de genre l’ont notamment vue dans Barbare, Bird Box : Barcelona, Les Guetteurs ou encore Influencers.

Après un texte introductif rappelant l’événement réel sur lequel s’appuie le récit et s’achevant par « Attention, ces conneries sont véridiques ! » (la tonalité du film nous est ainsi immédiatement donnée), l’action commence en 2007, au fin fond de l’Australie occidentale. L’agent du Pentagone Robert Quinn (Liam Neesson) y est dépêché en urgence pour tenter d’éradiquer la contamination d’un champignon extra-terrestre extrêmement virulent, échappé d’un des débris de Skylab qu’avait récupéré un fermier. Suite à la décimation de la population d’un village, l’échantillon est confiné et stocké dans la chambre froide souterraine d’une base militaire du Kansas. Les années passent, Quinn part à la retraite et le gouvernement scelle la chambre forte pour louer la partie située au rez-de-chaussée à une entreprise de stockage privé. Les deux gardiens d’astreinte, Travis (Joe Keery) et Naomi (Georgina Campbell) s’apprêtent à y passer une nouvelle nuit blanche ennuyeuse. Mais un « bip » répétitif attire leur attention. Il s’agit d’une alerte signalant un dysfonctionnement des systèmes du coffre-fort, causé par une hausse de la température. Ils l’ignorent encore, mais la menace d’origine extra-terrestre qui dort plusieurs dizaines de mètres sous terre ne va pas tarder à se réactiver…

Alien Contamination

Cold Storage tire sa force de son parfait équilibrage entre la comédie – véhiculée principalement grâce à ses deux protagonistes – et l’horreur exubérante assumée par des effets spéciaux qui n’hésitent pas à en faire des tonnes. Les visages se déforment, le sang gicle, les corps explosent en expulsant des hectolitres de matières visqueuses et la caméra devient endoscopique pour pouvoir foncer à l’intérieur des organismes et montrer la progression de la contamination. C’est même la première fois, à notre connaissance, qu’un film nous fait vivre en vue subjective l’altération de la personnalité des humains possédés par une entité extra-terrestre. Ce mélange des genres est directement hérité d’un certain cinéma des années 80 qui n’hésitait pas à faire cohabiter le rire et les tripailles. Nous ne sommes pas très éloignés de l’esprit du Blob, de Re-Animator ou du Retour des morts-vivants. Sans s’y référer directement, Cold Storage en assume l’influence, clignant de l’œil vers le roman Body Snatchers que le héros lit au début du métrage. Bourré de facéties de mise en scène, comme ce plan-séquence qui suit un cafard porteur du virus, Cold Storage se déguste avec le même bonheur régressif qu’un Horribilis dont il retrouve l’une des qualités principales  : parvenir à nous attirer fortement la sympathie de ses héros au beau milieu du délire ambiant et du gore cartoonesque. Une vraie bonne surprise.

 

© Gilles Penso

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