

Plusieurs guest-stars viennent s’inviter dans ce second épisode qui pousse encore plus loin le délire et les effusions de sang…
READY OR NOT 2 : HERE I COME
2026 – USA
Réalisé par Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett
Avec Samara Weaving, Kathryn Newton, Elijah Wood, Sarah Michelle Gellar, Shawn Hatosy, David Cronenberg, Dan Beirne, Olivia Cheng, Antony Hall, Varun Saranga
THEMA DIABLE ET DÉMONS
Depuis Wedding Nightmare, Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett (membres du collectif Radio Silence) ont fait du chemin. Après avoir signé deux opus dispensables de la saga Scream puis le sympathique Abigail, ils planchent sur un nouveau scénario original consacré aux liens conflictuels noués entre deux sœurs, dont ils souhaitent confier les rôles à Samara Weaving et à Kathryn Newton. Familières de leur univers (la première est l’héroïne de Wedding Nightmare, la seconde l’un des personnages principaux d’Abigail), les deux jeunes femmes ont un indiscutable air de famille qui sied à merveille à ce projet. Mais entretemps, Searchlight Pictures propose aux réalisateurs de se lancer dans une suite de Wedding Nightmare. Difficile de résister à une telle proposition, d’autant que toute l’équipe en a gardé un excellent souvenir et que le public a porté aux nues ce long-métrage réjouissant – probablement ce que les duettistes ont fait de mieux à l’époque. Pour autant, Bettinelli-Olpin et Gillett n’ont pas très envie de balancer aux orties leur histoire de sœurs fâchées sur le point de se réconcilier. Avec l’aide des scénaristes Guy Busick et R. Christopher Murphy, déjà à l’œuvre sur le premier Wedding Nightmare, ils intègrent donc cette idée dans l’histoire du second opus qui, comme le précédent, est majoritairement tourné à Toronto.


Le début de Wedding Nightmare 2 se raccorde à la fin du premier film, à la seconde près. Après avoir échappé de justesse au rituel meurtrier de la famille Le Domas, Grace MacCaullay s’effondre devant le manoir en flammes. Transportée d’urgence à l’hôpital, elle y retrouve sa jeune sœur Faith, avec qui elle avait coupé les ponts depuis des années. Mais ce répit est de courte durée. Car dans l’ombre, un Conseil tenu par six familles satanistes apprend la chute des Le Domas et convoque une nouvelle partie au sein du mystérieux complexe Danforth. Tandis que les grandes figures du Conseil se rassemblent, une tentative d’assassinat contre Grace à l’hôpital échoue brutalement, déclenchant une sanction surnaturelle aussi immédiate que sanglante. Grace et Faith sont alors kidnappées et conduites de force au complexe. Ligotées, elles découvrent les règles de ce nouveau jeu orchestré par une entité obscure. Puisqu’elle a survécu au précédent rituel, Grace devient la cible. Les familles restantes doivent donc la traquer et la tuer avant l’aube pour s’emparer du pouvoir absolu conféré par une mystérieuse bague. Refusant d’abord de participer à cette chasse macabre, Grace n’a d’autre choix que d’accepter lorsque la vie de sa sœur est mise en jeu…
Sœurs de sang
Bien sûr, l’effet de surprise n’a plus cours. Conscients de ce handicap, Bettinelli-Olpin, Gillett et leurs scénaristes mettent en place une nouvelle dynamique induite par la présence des deux sœurs en ligne de mire, ce qui leur permet non seulement de changer les enjeux de l’intrigue mais aussi de redéfinir l’équilibre des péripéties. Car les relations entre Grace et Faith sont tout sauf harmonieuses. Leur lutte pour survivre renforcera certes leurs liens, mais la réconciliation n’est pas acquise pour autant. L’intrigue rebondit ainsi sur plusieurs niveaux, ménageant toujours autant de rebondissements sans perdre de vue l’équation qui fit le succès du premier film : horreur + comédie + suspense. Et, comme toujours, les nombreux combats rivalisent de violence cartoonesque. Le motif des Chasses du comte Zaroff est plus que jamais convoqué, avec une toute nouvelle équipe de fous de la gâchette, parmi lesquels on se délecte notamment des prestations de Sarah Michelle Gellar – en héritière armée jusqu’aux dents comme le fut jadis la Buffy qui la rendit célèbre – et de Nestor Carbonell (le shérif de Bates Motel) – en tireur d’élite hispanique fier comme un paon mais complètement à côté de la plaque. Sans oublier deux autres savoureuses guest-stars : David Cronenberg, qui vient passer une tête en assumant consciemment l’héritage que les praticiens du cinéma d’horreur lui doivent, et Elijah Wood, qui a prouvé depuis longtemps son affinité avec les rôles déjantés (Maniac ou Toxic Avenger l’ont largement dédouané de son image de gentil jeune premier). L’essai a donc été transformé avec talent, s’achevant sur une prévisible porte ouverte vers d’éventuelles suites… sait-on jamais.
© Gilles Penso
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