BARBARIAN QUEEN 2 (1990)

Dans cette fausse suite, la sculpturale Lana Clarkson reprend les armes aux côtés d’une armée de guerrières pour défaire un vil tyran…

BARBARIAN QUEEN II : THE EMPRESS STRIKES BACK

 

1990 – USA / MEXIQUE

 

Réalisé par Joe Finley

 

Avec Lana Clarkson, Greg Wrangler, Rebecca Wood, Elizabeth A. Jaeger, Roger Cudney, Alejandro Bracho, Cecilia Tijerina, Orietta Aguilar, Carolina Valero

 

THEMA HEROIC FANTASY

Contrairement à ce que son titre pourrait logiquement faire penser, Barbarian Queen 2 n’est pas une suite de Barbarian Queen mais une variante autour du même univers et des mêmes figures imposées. Le seul véritable point commun entre les deux films est l’actrice Lana Clarkson, qui reprend son rôle d’émule féminin d’Arnold Schwarzenegger sans qu’il s’agisse du même personnage (la villageoise Amethea du premier film cède ici le pas à la princesse Athalia). Mais la mécanique est la même, les costumes et les scènes de combat quasiment interchangeables, bref Roger Corman et son équipe font comme d’habitude du neuf avec du vieux. Le sous-titre original, The Empress Strikes Back, n’a d’autre raison d’être que son clin d’œil à L’Empire contre-attaque, dans la mesure où le film ne met en scène aucune impératrice. Mais bon, nous ne sommes plus à ça près. Si Howard R. Cohen, homme à tout faire au talent très discutable, reste en charge du scénario, la mise en scène est cette fois-ci confiée à Joe Finely, dont ce sera le seul film – il se spécialisera ensuite dans l’étalonnage, notamment pour des séries comme Battlestar Galactica, Colony, Game of Thrones ou Chucky. Tourné au Mexique en 1988, ce second opus restera plusieurs années dans un tiroir et ne sortira aux États-Unis qu’en 1992, directement en vidéo. Entretemps, l’engouement pour l’heroic fantasy post-Conan le barbare aura eu le temps de s’essouffler.

À la mort présumée du roi Ico, souverain aimé de son peuple, le royaume sombre dans le chaos. Profitant de l’absence du corps du monarque, le stratège mégalomane Ankaris (Alejandro Bracho, dont la perruque et la barbe lui donnent des faux airs de Jésus) s’empare du trône avec l’aide de son redoutable garde du corps Hofrax (Roger Cudney). Mais pour asseoir définitivement son pouvoir, il lui manque un élément essentiel : l’épée magique de l’ancien roi, une relique divine capable de rendre invincible celui qui en maîtrise le secret. Seule la princesse Athalia (Lana Clarkson) connaît le poème sacré permettant de libérer cette puissance. Refusant de trahir l’héritage de son père – qu’elle croit peut-être encore vivant -, la jeune femme défie Ankaris et devient aussitôt sa prisonnière. Tandis que Tamis (Cecilia Tijerina), la fille cruelle et capricieuse du nouveau tyran, tente de l’humilier pour s’emparer elle aussi de l’épée, Athalia échappe de peu à l’esclavage puis à une exécution publique programmée à l’aube. Traquée dans la forêt, la princesse est sauvée par Zieolia, une farouche chasseresse appartenant à une tribu de guerrières rebelles déterminées à renverser le royaume corrompu. D’abord accueillie avec méfiance, Athalia gagne leur respect après avoir affronté leur chef en combat singulier et devient la nouvelle meneuse des rebelles…

L’épée magique qui ne sert à rien

Crédité au générique comme compositeur, Christopher Young s’est probablement contenté de laisser la production utiliser des bouts de musiques qu’il co-écrivit à l’époque du premier Barbarian Queen, l’homme étant depuis passé dans la cour des grands (La Revanche de Freddy, L’Invasion vient de Mars, Hellraiser). Chez Corman, comme chacun sait, le recyclage est roi. Pour satisfaire un public peu regardant, Barbarian Queen 2 offre son lot généreux de séquences topless, mais aussi un combat de catch féminin dans la boue et des scènes de tortures médiévales dans un cachot sinistre (écho direct à l’un des passages les plus mémorables du premier film). Des araignées venimeuses et une épée magique dont le pouvoir nous échappe (et qui ne servira d’ailleurs strictement à rien dans le scénario) viennent se mêler à la fête. Si Greg Wrangler (échappé d’Amour, gloire et beauté) est un héros masculin franchement insipide, Roger Cudney (Remo sans arme et dangereux, Permis de tuer, Total Recall) se révèle très convainquant en vilain inflexible et charismatique. On se délecte aussi de la prestation de la jeune Cecilia Tijerina dans le rôle de l’insupportable gamine qui tyrannise tout le monde à la cour en attendant de devenir reine. Au cours du dernier acte du film, suite à un sortilège venu de nulle part, elle se transforme en femme adulte pour poursuivre discrètement ses exactions. Mal joué, mal écrit, terriblement cheap, Barbarian Queen 2 reste bizarrement sympathique pour qui ne place pas ses attentes trop haut. Dans la foulée, un Barbarian Queen 3 : Revenge of the She-King fut un temps annoncé, mais ce projet resta dans les cartons.

 

© Gilles Penso

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