TOY STORY 5 (2026)

Rien ne va plus au royaume des jouets : les tablettes numériques débarquent dans les foyers et bouleversent la vie des enfants…

TOY STORY 5

 

2026 – USA

 

Réalisé par Andrew Stanton et McKenna Harris

 

Avec les voix de Tom Hanks, Tim Allen, Joan Cusack, Conan O’Brien, Scarlett Spears, Greta Lee, Shelby Rabara, Mykal-Michelle Harris, Craig Robinson

 

THEMA JOUETS I SAGA PIXAR I TOY STORY

Malgré ses grandes qualités, Toy Story 4 était un cran en dessous des trois premiers opus, et il eut été logique d’arrêter là la franchise pour éviter de l’épuiser. C’est la décision initiale de l’équipe de Pixar, plutôt désireuse de se concentrer sur des sujets originaux et sur des suites d’autres films à succès du studio. Mais en 2022, le long-métrage Buzz l’éclair se ramasse au box-office et fait subir de lourdes pertes à Disney. La maison de Mickey presse alors les joyeux drilles de Pixar de réviser leurs intentions initiales et de mettre en chantier un cinquième épisode de Toy Story, histoire de capitaliser sur une propriété intellectuelle susceptible d’attirer les foules dans les salles de cinéma. La loi du marché étant la plus forte, voici donc venir Toy Story 5. Pour limiter les risques, la mise en scène est confiée au vétéran Andrew Stanton. Signataire de quelques-uns des fleurons les plus populaires de Pixar (1001 pattes, Le Monde de Nemo, Wall-E, Le Monde de Dory), il semble être le candidat idéal. Un nom manque cependant à l’appel : John Lasseter. Évincé de chez Disney en 2018 suite à des accusations répétées signalant un comportement « inapproprié » auprès de ses collègues, le moteur créatif de la saga des jouets n’est plus dans la course. Et force est de constater que son absence se fait cruellement sentir. Stanton est certes loin d’être un manchot et les artistes de chez Pixar sont bourrés de talent. Mais il manque indubitablement à Toy Story 5 l’étincelle magique qui fit le succès de la saga.

Toy Story 5 reprend à peu près les choses là où Toy Story 4 les laissait. Depuis que Woody a décidé de partir vivre dans la nature avec la bergère Bo Peep pour aider les jouets abandonnés à retrouver leurs propriétaires, la cowgirl Jessie est devenue la cheffe de la chambre de Bonnie, avec Buzz l’Éclair comme bras droit. La galerie des joujoux que nous connaissons s’est agrémentée de Forky – la fourchette bricolée par Bonnie dans l’opus précédent – et de sa « fiancée ». Mais les temps sont en train de changer. La gamine a désormais huit ans, et si elle veut rester populaire auprès de ses amies, il lui faut posséder l’objet dont tous les enfants de son âge semblent désormais raffoler : Lilypad. Cette tablette interactive en forme de grenouille lui permet de jouer en ligne, de partager des photos, de chatter, d’être géolocalisée et de rester en contact avec ses copines. Mais ne s’agit-il pas d’un cadeau empoisonné ? Pressentant les risques de cette nouvelle acquisition, Jessie et Buzz tentent de convaincre Woody de revenir pour leur prêter main-forte…

Gare aux écrans !

Toute l’intrigue de Toy Story 5 repose sur une idée maîtresse : l’omniprésence des écrans (tablettes, smartphones) annihile les sens des enfants, fausse leurs rapports sociaux, atrophie leur imagination et met un terme à leur créativité. Les jouets, devenus « inutiles », symbolisent quant à eux cette capacité de jouer et de vivre des moments de joie authentique que la « tech » a tendance à effacer. Le propos se tient, et permet même d’aborder en filigrane certaines dérives des réseaux sociaux comme l’isolement et le harcèlement. Mais force est de constater qu’il n’offre pas beaucoup de rebondissements intéressants. Le discours semble même déjà daté, comme si Andrew Stanton et son équipe ne savaient pas trop comment aborder sans maladresse un sujet aussi contemporain dans l’univers quelque peu atemporel de Toy Story. Résultat : le film se révèle largement plus anecdotique que ses prédécesseurs, se privant des morceaux de bravoure et des séquences mémorables dont étaient généreusement garnis les quatre épisodes précédents. Pour couronner le tout, le traitement de Buzz l’éclair laisse franchement à désirer. Reconnaissons au film une poignée de trouvailles visuelles réjouissante et l’intervention de nouveaux joujoux amusants – jadis high-tech et aujourd’hui complètement dépassés – ainsi que sa capacité intacte à laisser affleurer l’émotion – principalement grâce à Jessie, promue ici protagoniste principale de l’histoire. Mais cet opus a clairement moins d’ambitions et moins d’audace que les autres. C’est sans conteste celui qui restera le moins durablement dans les mémoires.

 

© Gilles Penso

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