NEW YEAR’S EVIL (1980)

L’animatrice d’un show télévisé à succès reçoit en direct une menace téléphonique : un tueur a décidé d’ensanglanter le réveillon du nouvel an…

NEW YEAR’S EVIL

 

1980 – USA

 

Réalisé par Emmett Alston

 

Avec Roz Kelly, Kip Niven, Chris Wallace, Grant Cramer, Louisa Moritz, Jed Mills, Taafe O’Connell, Jon Greene, Teri Copley, Anita Crane, Jennie Franks

 

THEMA TUEURS

Les films d’horreur faisant bon ménage avec les dates commémoratives (Halloween, Noël, la Saint-Valentin, les anniversaires, les bals de fin d’année, les vendredi 13), pourquoi ne pas s’attaquer à la nuit de la Saint Sylvestre ? Tel est le raisonnement de Menahem Golan et Yoram Globus, les légendaires patrons de la compagnie Cannon Group, lorsqu’ils initient New Year’s Evil, un titre intraduisible en français qui joue avec les expressions « New Year’s Eve » (la veille du nouvel an) et « Evil » (le Mal). Christopher Pearce, qui en chapeaute la production, confie les rênes du projet à Emmett Alston, un réalisateur de séries B à la carrière discrète dont la filmographie oscille entre les comédies (Three-Way Weekend), les films d’action (American Ninja, Tigershark, Force of the Ninja, Little Ninjas) et la science-fiction (Transmutation). Tourné en pleine grève des acteurs, New Year’s Evil doit se rabattre sur des « seconds couteaux » pour occuper le haut de l’affiche. Le rôle principal est ainsi confié à Roz Kelly, que les fans de séries TV connaissent bien grâce au personnage récurrent qu’elle incarne dans Happy Days (l’une des petites amies de Fonzie). Le tueur, lui, prend le visage de Kip Niven, qui passe ainsi au premier plan après être apparu dans des films comme Magnum Force, 747 en péril ou Tremblement de terre. Malins, les producteurs se débrouillent pour que le film sorte douze jours à peine avant le réveillon du nouvel an de 1980.

Le passage à la nouvelle année approche à grands pas et la star de la télé Diane Sullivan (Roz Kelly, donc) organise une fête avec un compte à rebours jusqu’au petit matin. Cette émission en direct prend la forme d’un concert survolté tandis que les standardistes prennent les appels des téléspectateurs invités à voter pour le tube de l’année. Tout se passe bien jusqu’au moment où Diane reçoit à l’antenne le coup de téléphone d’un inconnu à la voix étrange qui lui annonce que, lorsque le Nouvel An sonnera dans chaque fuseau horaire, une « vilaine fille » sera assassinée, jusqu’à ce que Diane elle-même finisse entre ses griffes. L’équipe du studio décide aussitôt de renforcer la sécurité, mais à l’autre bout des États-Unis, une infirmière est retrouvée sauvagement assassinée, preuve que ces menaces ne sont pas à prendre à la légère. Tandis que le lieutenant Ed Clayton (Chris Wallace), de la police de Los Angeles, mène mollement l’enquête, le meurtrier (Kip Niven) poursuit tranquillement ses méfaits sanglants…

Réveillon sanglant

La crédibilité de New Year’s Evil est sérieusement entachée par son approche globalement caricaturale. Le groupe qui égaie le show télévisé s’affuble d’un look improbable à mi-chemin entre le rock, le punk et la new wave, tandis que le public qui s’agite dans la fosse de manière désarticulée semble sous l’emprise d’un cocktail de drogues hallucinogènes. Certains personnages secondaires évacuent eux aussi toute demi-mesure, comme les filles faciles qui tombent entre les bras du tueur ou ce psychologue exagérément pédant dépêché pour aider la police. L’une des originalités du film tient au fait que le visage du tueur nous est révélé dès le début. Le mystère n’est donc pas lié à son identité mais à ses motivations. Par la force des choses, c’est presque lui qui s’impose comme le véritable protagoniste du récit. D’autant que le scénario multiplie les obstacles sur sa route – des hell’s angels agressifs, les policiers sur le point de l’intercepter, la « bonne copine » encombrante – au point que le spectateur en vient paradoxalement à s’identifier à lui, voire à devenir son complice involontaire. Dommage que le comportement de cet assassin adepte des déguisements (médecin, prêtre, flic) soit souvent incompréhensible. Mais si l’on parvient à passer outre les nombreuses incohérences et énormités du script, on se laisse prendre au jeu de ce slasher atypique qui ose quelques idées de mise en scène audacieuses (les coups de couteau successifs montés parallèlement avec les gros plans des fêtards qui soufflent dans des trompettes) et se fend d’une poignée de clins d’œil cinéphiliques comme La Dame rouge tua sept fois projeté dans un drive-in ou l’effet de déformation de la voix emprunté à Phantom of the Paradise.

 

© Gilles Penso

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