

Les concepteurs d’un jeu télévisé futuriste, qui consiste à lutter à mort contre des dinosaures, deviennent malgré eux les nouveaux participants…
JURASSIC GAMES EXTINCTION
2025 – USA
Réalisé par Ryan Bellgardt
Avec Adam Hampton, Katie Burgess, Leila Annastasia Scott, Brandon Stanley, Ryan Francis, Todd Jenkins, Ben Hall, Abby Miner, Leah N. H. Philpott, Sophie Proctor
THEMA DINOSAURES I FUTUR I MONDES PARALLÈLES ET VIRTUELS
Sorti en 2018 – pile poil pour se synchroniser avec l’arrivée en fanfare de Jurassic Park : Fallen Kingdom -, The Jurassic Games avait fait son petit effet. Pas un gros succès, certes, mais au regard de son faible budget, l’accueil s’était révélé plutôt encourageant. Son instigateur, le couteau-suisse Ryan Bellgardt (scénariste, réalisateur, concepteur d’effets spéciaux) remet donc le couvert avec The Jurassic Games Extinction, une suite directe qui reprend une partie du casting du film précédent et s’appuie sur le même concept, c’est-à-dire une sorte de cocktail audacieux mélangeant Running Man, Tron et Jurassic Park. Bellgardt est manifestement obsédé par les grosses bêtes préhistoriques, puisque nous lui devons aussi Dinosaur World et la trilogie Jurassic Pet. Ici, il calcule son coup pour que son film sorte en même temps que Jurassic World : Renaissance, avec un bel opportunisme qui aurait pu faire pâlir d’envie Roger Corman ou l’équipe de The Asylum. Mais si le scénario semble être un patchwork délirant et si l’enveloppe budgétaire reste très mince, Bellgardt (qui œuvre la même année sur les effets visuels très réussis de Bambi : la vengeance) tient à soigner du mieux qu’il peut ce Jurassic Games Extinction. Notre homme met du cœur à l’ouvrage, et ça se voit.


L’entrée en matière semblera familière à ceux qui ont vu le premier The Jurassic Games. Nous sommes dans un futur proche, où les condamnés à mort sont exécutés en direct à la télévision via une émission extrêmement populaire. Ceux qui succombent aux dangers de ce monde virtuel peuplé de dinosaures meurent pour de bon. Le dernier survivant, lui, a le droit de regagner la liberté. Le générique d’ouverture, qui enchaîne les journaux télévisés futuristes, nous apprend qu’Adrian Cane, fondateur du jeu, a été forcé par des pirates informatiques surnommés The Cavemen de pénétrer dans le jeu et y a trouvé la mort face aux caméras. Mais « the show must go on ». Dix nouveaux condamnés s’apprêtent donc à entrer dans le jeu pour une nouvelle partie. Les Cavemen, de leur côté, entendent bien contre-attaquer pour annuler une bonne fois pour toutes ces épreuves mortelles diffusées en live et décident d’y envoyer Tucker (Adam Hampton), un ancien détenu ayant survécu à la saison précédente. Alors que cinq testeurs se rendent à l’intérieur du jeu pour vérifier plusieurs dysfonctionnements, quelque chose se dérègle et ce sont eux qui deviennent les vrais participants, soudain lâchés dans une jungle hostile antédiluvienne aux côtés de Tucker et de la redoutable joueuse Joy (Katie Burgess)…
Dino Player One
Si les effets visuels ont été améliorés depuis le premier The Jurassic Games, les images de synthèses manquent encore de crédibilité, un défaut compensé par le fait que toutes les scènes préhistoriques sont censées se dérouler dans un univers virtuel. Conscient de ses limitations, Ryan Bellgardt fait d’ailleurs dire à l’un de ses personnages : « Nous sommes capables de créer des dinosaures réalistes… enfin presque réalistes. » Ce qui n’empêche pas le film de multiplier les séquences d’action ambitieuses et dynamiques : des dinosaures lancés aux trousses des motos volantes, la traversée d’un champ pullulant de brontosaures, les jets de lave provenant d’un volcan en éruption, le combat d’une horde de raptors contre un mammouth ou encore l’affrontement entre un T-rex armé de canons et une mecha-suit. L’idée que les joueurs eux-mêmes puissent se transformer en dinosaures ajoute un peu de fun à l’ensemble. Le fait que le l’I.A. créée pour simuler ce monde préhistorique s’appelle G.O.D. (Games Operating Device) ne manque pas d’ironie et nous rappelle l’une des célèbres répliques de Jeff Goldblum dans Jurassic Park : « Dieu crée les dinosaures, Dieu tue les dinosaures, Dieu crée l’homme, l’homme tue Dieu, l’homme crée les dinosaures. » Autre ironie intéressante : ici, ce sont les concepteurs du jeu qui sont victimes de leur propre création. Le scénario essaie d’approfondir un peu ses personnages et leurs conflits internes, même si les caractérisations restent schématiques, souvent éclipsées par une action foisonnante et généreuse. De ce point de vue, et à condition de ne pas placer trop haut ses exigences techniques et artistiques, The Jurassic Games Extinction est un spectacle raisonnablement agréable.
© Gilles Penso
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