

Frappé de lycanthropie suite à une malédiction, Waldemar Daninsky part au Japon à la recherche d’un samouraï capable de le soigner…
LA BESTIA Y LA ESPADA MÁGICA
1983 – ESPAGNE
Réalisé par Paul Naschy
Avec Paul Naschy, Shigeru Amachi, Beatriz Escudero, Junki Asahina, Violeta Cela, Y^pko Fuji, Conrado San Martin, Gérard Tichy, José Vivó, Yoshirô Kitamachi
THEMA LOUPS-GAROUS I SAGA WALDEMAR DANINSKY
Après le double coup d’éclat de Hurlements et du Loup-garou de Londres, qui redynamisèrent de manière irréversible le traitement des lycanthropes au cinéma, il semblait difficile pour Paul Naschy de continuer à véhiculer une imagerie rétro héritée des Universal Monsters d’antan. Mais le scénariste/acteur/réalisateur n’entend pourtant pas changer son fusil d’épaule. Le loup-garou Waldemar Daninsky, qu’il s’apprête à interpréter ici pour la neuvième fois consécutive, conserve donc son look « old school » sans recourir aux spectaculaires effets de métamorphoses popularisés par John Landis et Joe Dante (grâce au génie des maquilleurs Rick Baker et Rob Bottin). Pour autant, Naschy souhaite varier les plaisirs, de peur de lasser les spectateurs. Il se laisse donc inspirer par les films de sabre nippons et décide d’aller tourner La Bête et l’épée magique au Japon. Son équipe, sa famille et lui s’installent donc à Tokyo, dans les studios du légendaire acteur japonais Toshiro Mifune (Rashomon, Les 7 Samouraïs, La Forteresse cachée). Sur place, Naschy trouve des décors et des costumes médiévaux prêts à l’emploi, qu’une équipe locale très motivée est prête à entièrement réadapter pour les besoins du scénario de son film.


La Bête et l’épée magique commence en l’an 938 et s’applique une nouvelle fois à réinventer les origines de l’homme-loup incarné par Naschy. Au cours d’un duel, un robuste guerrier nommé Irineus Daninsky tue un chef mongol accusé de pactiser avec le diable, ce qui met en rage la compagne de ce dernier, une redoutable sorcière locale. En remerciement de la victoire d’Irineus, le roi lui permet d’épouser sa fille. Mais la sœur endeuillée réclame vengeance et jette un sort sur toute la lignée des Daninsky en mordant le ventre de la femme enceinte d’Irineus avec le crâne d’un loup-garou. Les gardes du roi tuent la sorcière à coups de flèches, mais il est trop tard pour empêcher la malédiction de se réaliser. Des siècles plus tard, au milieu du 16ème siècle, à Tolède, Waldemar Daninsky, descendant d’Irineus, découvre ainsi qu’il est un loup-garou et se rend chez un vieux rabbin nommé Salom Jehuda pour trouver un remède. Malheureusement, le rabbin est tué par un groupe de villageois racistes, mais pas avant d’avoir dit à Daninsky d’aller chercher un sage japonais nommé Kian dans le village de Kyoto. Il s’agit manifestement de la seule personne susceptible de mettre fin à la malédiction.
Pleine Lune au pays du Soleil Levant
Au cours de sa première partie, le film aborde frontalement les thèmes du racisme, de l’intolérance et du fanatisme, notamment à travers la cabale menée par les villageois bigots et superstitieux contre le rabbin. Ce pourrait n’être qu’une des nombreuses péripéties imaginées par Naschy, mais son traitement réaliste étonne et tranche même avec le reste du métrage, volontiers plus rocambolesque. Il nous faut attendre plus d’une demi-heure pour que le loup-garou montre enfin sa frimousse velue. Semant une belle panique dans une taverne japonaise, il plante ses crocs sur tout ce qui bouge et dévêt au passage une demoiselle ou deux, fidèle au mélange de violence et de nudité qui caractérise la saga depuis ses débuts. Généreux en séquences mouvementées, La Bête et l’épée magique enchaîne les batailles de samouraïs, les luttes contre des ninjas, les apparitions de créatures fantomatiques ou mort-vivantes. Le clou du spectacle est sans conteste le combat du lycanthrope contre un tigre, une scène que Naschy a tenu à jouer lui-même sans doublure… à condition que le félin soit nourri avec 25 poulets avant le tournage pour éviter qu’il transforme son adversaire en casse-croûte ! Malgré cette profusion d’action et de rebondissements, La Bête et l’épée magique n’aura pas le succès escompté. Quasiment pas exploité en dehors de l’Espagne, il ne sera découvert que bien plus tard dans le reste du monde et mettra donc fin à la série des aventures du loup-garou Waldemar Daninsky… jusqu’à une reprise tardive pour deux ultimes épisodes un peu confidentiels, l’un en 1996, l’autre en 2004.
© Gilles Penso
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