

Cinq histoires macabres, gore, drôles et mouvementées surgissent au milieu des parasites d’une nouvelle série de cassettes vidéo maudites…
VHS 2
2013 – USA
Réalisé par Simon Barrett, Jason Eisener, Gareth Evans, Gregg Hale, Eduardo Sanchez, Timo Tjahjanto, Adam Wingard
Avec Lawrence Michael Levine, Simon Barrett, Mindy Robinson, Adam Wingard, Hannah Hughes, John T. Woods, Brian Udovich, John Karyus, Casey Adams
THEMA CINÉMA ET TÉLÉVISION I MÉDECINE EN FOLIE I FANTÔMES I ZOMBIES I DIABLE ET DÉMONS I EXTRA-TERRESTRES I SAGA VHS
L’accueil très chaleureux reçu par le film à sketches VHS appelait une suite, que l’équipe de Bloody Disgusting et les producteurs Brad Miska et Roxanne Benjamin s’empressent de mettre en chantier, en envisageant d’abord le titre de S-VHS avant d’opter pour le plus classique VHS 2. Tourné à toute vitesse pour pouvoir être présenté en avant-première au Library Center Theatre de Park City, dans le cadre du Festival du film de Sundance 2013, VHS 2 sollicite une nouvelle équipe de réalisateurs venus d’horizons divers. Seul Adam Wingard rempile après avoir dirigé le fil conducteur du premier VHS. Fidèle collaborateur de Wingard, Simon Barrett signe le prologue, « Cassette 49 », qui servira de fil rouge à l’ensemble du film. Il nous semble d’abord entrer dans la peau d’un voyeur qui filme au camescope les ébats d’un couple adultère. Mais c’est en réalité le travail de Larry (Lawrence Michael Levine), un détective privé qui monnaye cher ce genre de preuve accablante. Embauché avec sa collègue Ayesha (Kelsy Abbott) pour retrouver la trace d’un étudiant disparu, il entre par effraction dans une maison abandonnée où plusieurs téléviseurs sont allumés et diffusent des parasites. Tandis que Larry inspecte les lieux, Ayesha entreprend de visionner les cassettes VHS qui traînent dans le salon.


Wingard réalise le premier sketch, « Essais cliniques de phase I », dans lequel il joue également le rôle principal, celui d’Herman Middleton. Après avoir perdu son œil droit dans un accident de voiture, ce jeune homme accepte de se faire poser un implant oculaire cybernétique qui filme en continu. La société qui l’a fabriqué enregistre en effet ses données à des fins de recherche. Mais dès qu’il est de retour chez lui, Herman est assailli par des visions furtives de personnages blafards et inquiétants hantant les recoins obscurs de son appartement… Très efficace, ce premier récit délivre son lot de frissons en nous plongeant en continu dans la subjectivité de son personnage déstabilisé. Après cette entrée en matière réussie, Eduardo Sanchez et Gregg Hale (respectivement co-réalisateur et producteur du Projet Blair Witch) signent « A Ride in a Park ». Drôle, gore et même émouvant, ce segment nous raconte une attaque de zombies vue depuis la go-pro d’un cycliste qui, lui aussi, subit la terrible mutation. C’est l’occasion audacieuse de nous faire vivre de l’intérieur la lente contamination qui transforme un être humain en mort-vivant.
Soyez sympa, rembobinez !
Dans « Safe Haven », Timo Tjahjanto (Headshot) et Gareth Huw Evans (The Raid) mettent à contribution leur sens de l’action et du rythme pour raconter la mésaventure d’une équipe de tournage venue enquêter sur Paradise Gates, une secte indonésienne aux activités louches. Le principe des multicaméras permet de faire monter la tension en montage parallèle, tout en volant des instants de confessions intimes qui bouleversent les liens entre les protagonistes. La seconde partie du segment vire à la course-poursuite haletante et au massacre hystérique. Un petit cran au-dessous malgré son concept amusant – filmer des ados attaqués par des extra-terrestres depuis une caméra embarquée sur le dos d’un chien -, « Slumber Party Alien Abduction » est l’œuvre de Jason Eisener (Hobo With a Shotgun) qui en tirera en 2022 un long-métrage : Kids vs Aliens. Le niveau général des sketches de VHS 2 se révèle très au-dessus de la moyenne, équilibrant parfaitement l’horreur graphique, l’humour, le suspense et l’effet de surprise. Comme dans le premier film, la VHS elle-même n’est qu’un prétexte, puisqu’aucun de ces « found footage » n’est tourné avec ce format. Les vidéos proviennent en effet de camescopes, de caméras de surveillance, de go-pros, ou d’implants high-tech. Mais c’est une concession que le spectateur accepte, et qui portera encore ses fruits sur les opus ultérieurs de la saga.
© Gilles Penso
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