

Une créature extra-terrestre anthropophage et insensible aux balles s’écrase sur Terre et massacre tous les humains qu’elle croise…
NIGHTBEAST
1982 – USA
Réalisé par Don Dohler
Avec Tom Griffith, Jamie Zemarel, Karin Kardian, George Stover, Don Leifert, Anne Frith, Eleanor Herman, Richard Dyszel, Greg Dohler, Kim Pfeiffer, Monica Neff
THEMA EXTRA-TERRESTRES
Après The Alien Factor, Don Dohler se lance dans une autre histoire d’invasion extra-terrestre au budget minuscule. Au départ, il confie la mise en scène à David Geatty pour pouvoir se concentrer sur l’écriture, l’organisation de la production et la supervision des aspects techniques du film. Mais le tournage commencé par Geatty prend du retard et les rushes qu’il livre sont loin d’être satisfaisants. Dohler reprend donc les choses en main et recommence le film depuis le début. Avec à sa disposition un budget estimé à 40 000 dollars, Dohler doit activer le système D. Il réutilise donc plusieurs accessoires et costumes de son film précédent, essaie de faire passer une combinaison de motard pour une tenue extra-terrestre, met à contribution des effets spéciaux très artisanaux, bref fait ce qu’il peut pour tenter d’obtenir un film de SF qui tienne la route. Si Nightbeast n’est pas la suite de The Alien Factor, une demie-douzaine de personnages sont tout de même communs aux deux films et sont interprétés par les mêmes acteurs. En découvrant une première version du montage, le distributeur y voit un certain potentiel mais réclame plus de gore et de sexe pour pouvoir attirer le public des films d’exploitation. C’est donc à contrecœur que Dohler tourne des séquences additionnelles riches en effets sanglants et en nudité gratuite, permettant à Nightbeast d’atteindre une durée finale de 82 minutes.


Le film commence dans l’espace. Un vaisseau monoplace sillonne le système solaire. Lorsqu’il atteint les environs de la Terre, il est percuté par un astéroïde et s’écrase en pleine nuit dans la petite ville de Perry Hill. Des chasseurs entendent l’impact et alertent le shérif Cinder (Tom Griffith). Mais alors qu’ils partent mener leur propre enquête, un monstre aux crocs acérés surgit du vaisseau et les désintègre à l’aide de son pistolet laser. Le jeu de massacre commence alors, les prochaines victimes de la bête étant un couple réfugié dans sa maison au milieu des bois, puis un homme et ses neveux qui ont la mauvaise idée de traverser la forêt en voiture. Cinder tente d’affronter la créature avec ses hommes et quelques habitants armés, mais l’alien semble invulnérable aux balles et son rayon désintégrateur fait des ravages. En désespoir de cause, la police commence à évacuer la ville. Mais le maire Bert Wicker (Richard Dyszel) refuse catégoriquement d’annuler la fête qu’il a organisée en l’honneur d’un gouverneur dont il espère un généreux soutien financier…
Du gore, du sexe et du latex
Face à une série B comme Nightbeast, on est généralement indulgent avec l’approximation des effets spéciaux. Cette maquette de vaisseau spatiaux aux allures de petit jouet, ces rayons désintégrants en dessin animé, ces fausses têtes décapitées grossièrement sculptées finissent même par participer au charme du film. Le monstre, lui, s’en sort plutôt bien : son costume reptilien et sa gueule mécanique ornée de crocs produisent leur petit effet, même si l’ensemble fleure bon le latex. Les effets gore, eux, ne se réfrènent pas pour pouvoir satisfaire les exploitants en quête de sensations fortes: gros plan d’une victime défigurée, œil exorbité, entrailles extirpées à coups de griffes, visage déchiqueté, bras arraché, corps éventré, poitrail déchiré, tête tranchée visage brûlé jusqu’à l’os, il y’en a pour tous les goûts ! Abusant des fumigènes et des puissants contre-jours pour dramatiser ses scènes de forêt nocturne, Dohler tente de pimenter son intrigue avec un affrontement entre le shérif et le maire. Comme dans The Alien Factor, cette opposition s’inspire ouvertement de la rivalité entre Brody et Vaughn dans Les Dents de la mer. Un biker macho et particulièrement violent vient encore compliquer la situation. Quant aux séquences de nudité, elles sont greffées au film de manière totalement artificielle. La scène d’amour entre le shérif et son assistante, en particulier, est tellement maladroite qu’elle en devient involontairement comique. On note tout de même que Nightbeast sollicite plusieurs artisans solides promis à un bel avenir, notamment le concepteur du générique Ernest Farino (qui réalisera par la suite ceux de Terminator, Abyss et Terminator 2), le designer de créature John Dods (S.O.S. fantômes 2, Alien la résurrection, X-Files) et un certain Jeffrey Abrams, jeune compositeur de 16 ans qui propose à Don Dohler ses maquettes musicales sur cassette audio. Quelques années plus tard, il deviendra célèbre sous le nom de J.J. Abrams.
© Gilles Penso
À découvrir dans le même genre…
Partagez cet article



