THE KISS OF HER FLESH (1968)

Le troisième et dernier volet d’une trilogie consacrée aux exactions d’un tueur psychopathe qui s’en prend à toutes les femmes qu’il croise…

THE KISS OF HER FLESH

 

1968 – USA

 

Réalisé par Michael Findlay

 

Avec Michael Findlay, Uta Erickson, Janet Banzet, Donna Stone, Rita Vance, Suzzan Landau, Earl Hindman, Roberta Findlay

 

THEMA TUEURS I SAGA FLESH

Pour le troisième opus de la trilogie dédiée au tueur psychopathe Richard Jennings, qu’il interprète toujours lui-même sans la moindre demi-mesure, le réalisateur Michael Findlay – fidèlement accompagné de son épouse et co-scénariste Roberta Findlay – change de décor. Après les rues animées et les clubs de striptease underground de New York, nous voilà désormais dans une petite ville enneigée de la Nouvelle Angleterre. Cette ambiance hivernale pousse les personnages à manquer de trébucher chaque fois que leurs pas arpentent les sols glissants – une petite touche d’humour involontaire qu’on ne manquera pas de trouver savoureuse. Mais ce nouveau cadre froid et brumeux n’empêche pas les actrices de se dévêtir à la première occasion venue, bien au contraire. Car les recettes éprouvées de cette mini-saga déviante sont toujours les mêmes : une série de meurtres tordus perpétrés par notre assassin féminicide et beaucoup de séquences d’effeuillage et de galipettes en position horizontale. Si le deuxième opus, The Curse of Her Flesh, était plus élaboré techniquement que son prédécesseur The Touch of Her Flesh, bénéficiant notamment d’une véritable prise de son, nous retrouvons ici les travers du premier film. Tous les dialogues du film sont à nouveau – très mal – doublés par des comédiens qui récitent leur texte sans la moindre conviction.

Tout commence sur une plage. Un homme cagoulé, armé d’un démonte-pneu, agresse une femme puis la ramène dans sa planque, où il la déshabille tandis que sa voix off soliloque : « Vous êtes toutes les mêmes, comme ma femme Claudia. Créatures sales et visqueuses, utilisant leur féminité pour attirer leurs victimes sans méfiance. Je rends service à toute l’humanité à chaque Jézabel que je tue ! » Cet illuminé, on l’a compris, est Richard Jennings, qui continue inlassablement sa croisade contre les « femmes faciles ». Depuis qu’il a découvert l’adultère de son épouse dans le premier film, il massacre à tour de bras tout ce qui porte des jupons et se montre un tantinet frivole. Après cette entame, le générique prend une tournure ludique et décomplexée. Dans The Touch of Her Flesh, il était projeté sur le corps d’une femme en tenue d’Eve. Dans The Curse of Her Flesh, nous le découvrions griffonné sur les murs des toilettes d’un cabaret. Ici, chaque nom est écrit sur un petit papier en forme de bouche et posé sur le corps nu d’une demoiselle. On le voit, les Findlay n’ont rien perdu de leur grivoiserie facétieuse. Mais la suite prête moins au sourire. Car notre psychopathe ligote sa victime et la torture longuement avec la pince d’un crustacé avant de brancher des câbles sur ses boucles d’oreille métalliques et de l’électrocuter. Nous ne sommes pas loin du « torture porn » des années 70, façon Ilsa. La scène est plus suggérée que graphique, certes, mais c’est tout de même une mise en bouche assez gratinée.

Suivez la Flesh

Le scénario s’intéresse alors à Maria (Uta Erickson), qui vient d’apprendre que la jeune femme assassinée était la meilleure amie de sa sœur Dora (Suzzan Landau). Persuadée que le coupable est le tueur Jennings qui fit la une des journaux, elle décide de le traquer et de le tuer elle-même. Voilà qui n’est pas inintéressant. Sauf que la jeune femme va se montrer totalement inefficace, pour ne pas dire laxiste, dans cette mission vengeresse. Elle passe d’ailleurs plus de temps à coucher avec son petit ami ou avec sa sœur (oui, une petite dose d’inceste complète ce cocktail déjà bien chargé) qu’à préparer sa traque. Jennings, lui, poursuit ses meurtres selon des méthodes de plus en plus tordues et invraisemblables. Désormais dissimulé sous l’identité d’un médecin, il prescrit à une malheureuse un gel pour toilette intime qui va se révéler être de l’acide. Lorsqu’il embarque dans sa voiture une autostoppeuse, c’est pour la brûler avec un allume-cigare puis carrément au chalumeau. Mais son modus operandi le plus hallucinant est l’injection dans son propre corps d’un sérum qui transforme son sperme en poison mortel… ce qui sera fatal pour la jeune femme qui lui octroie une petite gâterie ! Volontiers misogyne, le film nous offre une vision très caricaturale de la gent féminine. Toutes sont en effet aguicheuses, obsédées et nymphomanes. Après une course-poursuite finale mal-fichue, le serial-killer est enfin mis hors d’état de nuire, ce que confirme un carton final : « Cest bel et bien la fin de Richard Jennings. » Mais les époux Findlay, eux, ne s’arrêteront pas là, enchaînant dans la foulée avec A Thousand Pleasures.

 

© Gilles Penso

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