THE LAND THAT TIME FORGOT (2025)

Cette adaptation à tout petit budget du classique d’Edgar Rice Burroughs plonge des soldats australiens, russes et allemands en pleine préhistoire…

THE LAND THAT TIME FORGOT

 

2025 – USA / AUSTRALIE

 

Réalisé par Anthony Frith

 

Avec Michael Paré, Jack Pearson, Lauren Koopowitz, David Margetts, Jono Darby, Casmira Lorien, Jasmine Hope, Nate Charles Karagiannis-Troisi, Michelle Bauer

 

THEMA DINOSAURES

Alors qu’il végète depuis plusieurs années en bricolant des films d’entreprise en Australie, Anthony Frith ronge son frein en rêvant de devenir un jour « un vrai réalisateur ». Mais tous les studios auxquels il propose ses projets de films refusent poliment ses services. Tous sauf The Asylum, petite compagnie californienne spécialisée dans les films à budget étriqué imitant la plupart du temps les grands succès du moment avec trois bouts de ficelle. Le manque d’expérience de Frith ne semble pas les inquiéter outre-mesure. « Nous recherchons des gens qui sont nouveaux dans l’industrie et qui ne se rendent pas compte qu’il serait normalement impossible de faire des films en seulement six jours », explique Paul Bales, l’un des associés de la compagnie (1). Frith se voit confier The Land That Time Forgot, adaptation d’un roman d’Edgar Rice Burroughs qui fut déjà maintes fois transposé à l’écran, notamment avec Le Sixième continent de Kevin Connors. The Asylum avait d’ailleurs déjà commis un Land That Time Forgot en 2009, de et avec C. Thomas Howell. Mais le livre étant dans le domaine public et les dinosaures faisant toujours recette, pourquoi ne pas revisiter cette histoire une fois de plus ? Frith et sa petite équipe s’embarquent donc pour un tournage marathon de six jours seulement, principalement à Adélaïde et dans ses environs, avec pour mission d’emballer une vingtaine de pages de scénario chaque jour. Une mission quasi-impossible, mais que le jeune réalisateur accomplit tant bien que mal.

Au large des côtes australiennes, le lieutenant Tim Olson (David Margetts) commande une plateforme marine de la Royal Australian Navy. Soudain, un sous-marin russe surgit et ouvre le feu. Face à cet assaut-surprise, le bâtiment est gravement endommagé et commence à sombrer. Dans le chaos, Olson et plusieurs membres de son équipage parviennent pourtant à prendre le contrôle du sous-marin ennemi. Mais leur répit est de courte durée : une monstrueuse créature surgie des profondeurs attaque le submersible et le détruit, contraignant les survivants à gagner à la hâte une île inconnue. À peine débarqués, les militaires comprennent qu’ils viennent de pénétrer dans un monde qui défie toute logique. L’île semble en effet coupée du reste du monde et du temps lui-même. Dans cette terre oubliée, des créatures que l’on croyait disparues depuis des millions d’années rôdent encore dans la jungle : dinosaures, reptiles gigantesques et autres prédateurs préhistoriques font de chaque déplacement une menace. Alors qu’ils tentent de comprendre où ils se trouvent et comment quitter l’île, les survivants découvrent qu’ils ne sont pas les premiers à y avoir échoué. Ils rencontrent notamment un capitaine allemand, lui aussi naufragé, ainsi qu’un autochtone primitif qui répond au nom de Ahm…

Les aventuriers du monde perdu

Tous les tics inhérents aux productions The Asylum sont présents dans The Land That Time Forgot, muant quasiment le film en cas d’école. Dès l’entame, alors que le scénario évoque un grand affrontement entre des centaines de soldats, nous ne voyons que quatre acteurs à l’écran. Bienvenue dans les superproductions à micro-budget ! La crédibilité n’étant pas le cheval de bataille d’un tel film, nous regardons d’un œil distrait ses séquences d’effets spéciaux qui ne manquent pas d’ambition malgré un rendu globalement raté : le gigantesque mosasaure qui surgit au-dessus du sous-marin, l’attaque des raptors sur la plage, les sprints du T-rex dans la jungle ou encore les ptéranodons nichés dans la caverne. Les incrustations de ce bestiaire préhistorique dans les prises de vues réelles restent très approximatives, malgré des modélisations soignées et des animations relativement fluides. De fait, les plans full 3D, sans confrontation entre les acteurs et les créatures, fonctionnent mieux que les plans composites. Pour ajouter un peu de pathos à cette intrigue très linéaire, l’une des militaires est affectée par l’état de santé de sa mère en train de mourir à l’hôpital (jouée par l’ex-scream queen Michelle Bauer). Malgré l’absurdité généralisé des péripéties, les acteurs jouent tous avec une certaine gravité, sauf Nate Charles Karagiannis-Troisi qui, dans le rôle de l’officier allemand, en fait des caisses. Michael Paré, lui, assure le service minimum dans une poignée de séquences statiques bouclées en quelques heures dans un décor exigu de bureau, même si son nom occupe le haut de l’affiche. Quant à l’indigène Ahm (Ezra Juanta), il se met soudain à parler anglais couramment, alors qu’il baragouinait quelques monosyllabes en début de métrage. Mais nous savons bien que la cohérence est le cadet des soucis scénaristiques des films Asylum.

 

(1) Extrait d’une interview provenant du documentaire Mockbuster de Anthony Frith, 2025.

 

© Gilles Penso

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