MODELS VS. WEREWOLVES (2026)

Cinq jeunes femmes, mi-mannequins mi-influenceuses, passent un week-end dans une forêt où rôde une meute de loups-garous…

MODELS VS. WEREWOLVES

 

2026 – USA

 

Réalisé par Danny Draven

 

Avec Bella Mraz, Rebecca Stoughton, Sophie Swiszcz, Alexa Reddy, Dee Wallace, Tate Doppler, Hannah Houston, Sarah Moliski, Michael J. Sielaff

 

THEMA LOUPS-GAROUS I SAGA CHARLES BAND

C’est au producteur Charles Band que Danny Draven doit son premier long-métrage, Horrorvision. Depuis, cet homme à tout faire a tourné une bonne demi-douzaine de films pour la compagnie Full Moon, aux titres aussi éloquents que Hell Asylum, Cryptz, Deathbed, Dark Walker, Reel Evil, Weedjies ou Bad CGI Gator. Dans le même esprit, le voilà à la tête de Models vs. Werewolves, qui a l’avantage d’exposer son concept dès son titre : des mannequins contre des loups-garous. Tourné à Los Angeles et à Atlanta, ce micro-budget semi-parodique présente l’originalité d’avoir d’abord été exploité sur ReelShort, une plateforme spécialisée dans les fictions courtes pour smartphones. Pensée pour les usages mobiles, cette première version adopte le format vertical et la narration épisodique caractéristiques des microdrames, avant d’être déclinée sous une forme 16/9ème traditionnelle d’environ 74 minutes destinée au marché traditionnel de la VOD et aux supports physiques. Cette double exploitation témoigne de la volonté de Charles Band d’explorer de nouveaux débouchés pour le cinéma indépendant, en ajustant ses productions aux évolutions des pratiques des spectateurs. Ce pionnier de la distribution VHS, qui avait su s’adapter à l’arrivée du DVD, du Blu-Ray et des plateformes de streaming, continue donc infatigablement à nourrir les appétits des amateurs de séries B d’horreur et de science-fiction, avec une énergie et une constance qui forcent le respect.

Qui sont donc les « models » que nous annonce le titre du film ? Il s’agit de cinq jolies jeunes femmes, à la fois mannequins et influenceuses, qui décident de partir s’isoler dans une maison au milieu des bois, réservée sur Airbnb, pour un week-end de détente sans contraintes ni garçons. Eileen (Rebecca Stoughton), la plus « mystique » du groupe, les a convaincues de venir connecter leur énergie avec la nature, à l’occasion d’une pleine lune exceptionnelle qui n’a lieu que tous les 500 ans. Elle est accompagnée par l’ingénue Nelly (Alexa Reddy), la dure à cuire Haley (Sarah Moliski), la délurée Nikki (Hannah Hueston) et la sportive Tina (Sophie Swiszcz). Les cinq amies gloussent, sautillent, poussent des cris hystériques, passent leur temps à faire des selfies et à vérifier leur maquillage, s’inquiètent du Wifi pour pouvoir poster des vidéos sur les réseaux sociaux, bref obéissent à tous les clichés d’usage – avec, fort heureusement, une bonne dose d’autodérision. Sur place, elles sont accueillies par une hôtesse vénérable et sympathique, Judith, incarnée par Dee Wallace en personne. Les amateurs du cinéma de genre des années 80 la connaissent bien, puisqu’elle fut l’héroïne de E.T., de Cujo et surtout de Hurlements (le mètre-étalon des films de lycanthropes). Alors que la nuit tombe, Nikki fait entrer en douce un de ses petits-amis et Tina part faire du jogging. C’est le moment que choisissent les loups-garous pour surgir du bois…

Les belles et les bêtes

Models vs. Werewolves fait partie de cette génération de petits films de genre ayant décidé de tirer profit de l’intelligence artificielle pour se payer des effets spéciaux ambitieux à faible coût. Sur le principe, la démarche peut faire sens. Une production Full Moon classique n’aurait en effet jamais pu se payer une horde de loups-garous aussi spectaculaires. Le problème, c’est que les limitations de l’IA low cost sautent aux yeux et donnent lieu à quelques aberrations. Si le résultat obtenu est souvent dynamique, il est la plupart du temps déconnecté de la réalité physique. La scène d’attaque de l’intro, par exemple, est assez incompréhensible du point de vue de sa chorégraphie et de sa mise en scène. Les loups apparaissent et disparaissent dans le montage et les champs/contre-champs sèment la confusion. Même constat pour les effets gore, qui s’avèrent pourtant particulièrement excessifs (têtes arrachées, étripages, sang qui jaillit en geysers, yeux qui s’extirpent des orbites). Danny Draven sollicite certes du latex et des effets pratiques, mais l’ensemble est mixé dans l’IA pour un rendu final très brouillon, noyé dans des pixels flous. Comme s’il leur fallait passer aux aveux, le réalisateur et ses scénaristes glissent dans le film une réplique au cours de laquelle Judith confesse que les photos de sa maison ont été modifiées avec l’IA pour paraître plus attrayantes sur le site web de Airbnb ! Il faut tout de même avouer que Models vs. Werewolves reste un spectacle généreux et diablement réjouissant, cultivant une esthétique héritée des années 80 (des nuits bleutées embrumées et éclairées par des spots puissants), de l’autoréférence décomplexée (les héroïnes visionnent Future Cop) et un humour décalé potache, à peu près le même que celui qui égayait Bad CGI Gator. Avec au passage quelques gags volontairement idiots, comme cette jeune femme qui commence à se transformer en lycanthrope et s’empare d’une pince à épiler pour retirer les poils qui poussent sur son visage !

 

© Gilles Penso

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