GALGAMETH, L’APPRENTI DRAGON (1996)

Un petit monstre qui ne se nourrit que de métal grossit jusqu’à se muer en monstre titanesque et lutte pour sauver un royaume en péril…

GALGAMETH

 

1996 – USA / ROUMANIE

 

Réalisé par Sean McNamara

 

Avec Devin Oatway, Sean McNamara, Stephen Macht, Lou Wagner, Elizabeth Cheap, Time Winters, Patrick Richwood, Brendan O’Brien, Doug Jones

 

THEMA CONTES I DRAGONS

Sous ses allures de sympathique aventure fantastique familiale, Galgameth, l’apprenti dragon est un remake improbable. En 1985, le cinéaste sud-coréen Shin Sang-ok, kidnappé par le régime de Kim Jong-il, réalise en Corée du Nord Pulgasari, un kaiju qui dévore le métal et grandit jusqu’à se transformer en arme contre ses créateurs. Après son évasion, Shin reprend l’idée pour le marché américain et transforme son ancien monstre communiste en sympathique gardien de royaume. Galgameth est ainsi une sorte de Pulgasari pour enfants, produit par Shin sous le nom de Simon Sheen. Michael Angeli adapte l’histoire tandis que Sean McNamara, spécialiste des productions familiales (Casper l’apprenti fantôme, Les 3 ninjas se déchaînent), s’acquitte de la mise en scène. Sa mission :  filmer un royaume médiéval en Roumanie avec les moyens d’une petite série B. Au passage, il en profite pour incarner lui-même le roi Henryk, père du héros. Si le casting « humain » n’a rien de foncièrement prestigieux, on note la présence de deux vétérans des créatures qui se relaient sous le costume du monstre : Felix Silla (E.T., Le Retour du Jedi, La Folle histoire de l’espace) pour le petit Galgameth, puis Doug Jones lorsqu’il prend de l’ampleur. Le futur homme-poisson de Hellboy et de La Forme de l’eau se retrouve donc, dix ans avant Guillermo del Toro, à incarner un lézard géant bricolé pour cette fable d’heroic fantasy enfantine.

Nous sommes dans le royaume de Donnigold, où le jeune prince Davin (Devin Ottway) doit encore faire ses preuves. Son père, le roi Henryk (Sean McNamara), veut lui apprendre à devenir un souverain digne de ce nom. Son principal conseiller, El El (Stephen Macht), a d’autres projets : opposé à la volonté du roi de libérer le royaume voisin de Lovania, il empoisonne son maître et prend le pouvoir. Davin comprend rapidement qu’il est prisonnier d’une machination. Avant de mourir, Henryk lui a toutefois confié une mystérieuse statuette censée protéger la famille royale. Brisée par El El, elle semble condamnée à rester un simple bibelot. Mais les larmes du prince lui redonnent vie : Galgameth vient au monde, minuscule créature aux grands yeux et à l’appétit métallique. Avec l’aide de Perial (Elizabeth Cheap), Davin s’échappe et rejoint les rebelles de Lovania, parmi lesquels Julia (Johna Stewart), fille du souverain emprisonné. Pour combattre l’armée d’El El, la petite troupe dispose d’un atout inattendu : Galgameth. Car le dragon dévore le fer et, à chaque bouchée, grossit un peu plus…

Quand la mascotte se mue en kaiju

Sean McNamara fait ce qu’il peut, mais la pauvreté des moyens finit régulièrement par remonter à la surface. Les combats manquent de nerf, les effets spéciaux sont très inégaux et le jeune Devin Ottway, plombé par un accent américain franchement anachronique, peine à porter seul l’aventure. Johna Stewart, nettement plus énergique, s’en sort mieux. Et puis il y a Galgameth. Encore minuscule, il a les allures d’un costume de bébé dinosaure mixé avec une Tortue Ninja. Bedonnant, lisse, affublé d’une corne sur le crâne et d’une petite queue, il n’est alors pas plus gros qu’un pigeon, sautille partout et mange tout ce qui ressemble de près ou de loin à du métal. Au fur et à mesure que le film avance, la créature grandit sans gagner en crédibilité. Le costume est toujours le même, seules les incrustations modifient sa taille. Le meilleur du film arrive lorsque la créature cesse d’être reléguée au statut de mascotte pour devenir un véritable kaiju, sans perdre pour autant son caractère joueur et farceur. L’assaut du château sollicite de nombreuses maquettes, comme dans tout bon Godzilla qui se respecte. Le sommet survient au moment du final, lorsque Galgameth devient une gigantesque créature incandescente et crache du feu. Pendant quelques secondes, le petit film familial retrouve quelque chose de la furie de Pulgasari. Le reste est plus laborieux : scénario prévisible, humour puéril, rythme irrégulier et caractérisations minimalistes. Plus embarrassant que véritablement distrayant, Galgameth vaut surtout pour son idée folle : transformer un monstre nord-coréen mangeur de fer en gentil dragon et lui demander, au passage, de sauver un royaume.

 

© Gilles Penso

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