BURIAL OF THE RATS (1995)

L’écrivain Bram Stoker est capturé par une secte de femmes en bikini qui punissent les hommes et vivent au milieu des rats !

BURIAL OF THE RATS

 

1995 – USA / RUSSIE

 

Réalisé par Dan Golden

 

Avec Adrienne Barbeau, Maria Ford, Kevin Alber, Olga Kabo, Eduard Plaxin, Leonid Timtsunik, Maya Menglet, Yekaterina Batanova, Aleksandr Pyatkov, Nikolai Penkov

 

THEMA MAMMIFÈRES

Prolifique producteur de séries B ou Z partagés entre les films de monstres cheap et les bandes érotico-fantastiques (Komodo vs Cobra, The Mangler Reborn, Supergator, Tarzeena, Bikini Frankenstein, Sharktopus, L’Attaque de la pom-pom girl géante), Dan Golden a souvent collaboré avec Roger Corman, pour qui il tourne au milieu des années 1990 cet improbable Burial of the Rats très vaguement inspiré d’un roman de Bram Stoker portant le même titre. Le film est tourné en Russie, à l’automne 1993. Seul visage connu du casting, Adrienne Barbeau (Fog, New York 1997, Creepshow), accepte de participer à ce tournage pour pouvoir visiter le pays des tsars, mais elle déchante vite. Une tentative de coup d’état frappe en effet Moscou au mois d’octobre, provoquant l’instauration de la loi martiale et une grosse inquiétude pour toute l’équipe du film. À peine cette crise se termine-t-elle que la température locale baisse subitement, transformant le plateau en chambre froide. Autant dire que toutes les actrices en bikini qui égaient le film s’en mordent les doigts, emmitouflées dans de grands manteaux entre chaque prise pour éviter de grelotter en claquant des dents. Après ce tournage épique, Dan Golden rentre aux États-Unis et se rend compte qu’il lui manque quelques scènes de bikini supplémentaires. Il sollicite donc quelques amies actrices peu pudiques – notamment Linnea Quigley, Nikki Fritz, Marie Laurin et sa femme Melinda Wesley – pour une poignée de prises de vues additionnelles.

Burial of the Rats commence comme une variante des films gothiques de la Hammer, avec un fiacre qui traverse des bois sinistres, un cocher inquiet et une menace qui frappe les occupants aristocratiques du vénérable véhicule, en l’occurrence le futur écrivain Bram Stoker (Kevin Alber) et son père (Eduard Plaxin). Deux silhouettes encapuchonnées s’emparent soudain de Bram et le transportent jusque dans leur repaire. Et là, rien ne va plus. Car le film de Dan Golden affirme alors ouvertement son statut de nanar kitsch parfaitement décomplexé. Le futur auteur de Dracula se retrouve en effet au beau milieu d’une secte de femmes en bikini qui abhorrent les hommes, vivent au milieu de rats et sont menées d’une poigne de fer par une souveraine (Adrienne Barbeau) qui joue de la flûte tandis que des danseuses aux seins nus s’agitent devant son trône ! Lorsque les rats ne sont pas obéissants, ils sont décapités avec une guillotine miniature ou jetés contre les murs ! Le reste du temps, ils aident ces guerrières farouches à assouvir leur vengeance contre les mâles…

Lord of the Strings

Au menu de ce film parfaitement improbable, Dan Golden mixe des ingrédients bizarres issus à la fois du cinéma d’exploitation et du film de cape et d’épée, en un patchwork qui laisse perplexe. Nous avons donc droit à beaucoup de nudité, des combats d’épée, des scènes de torture dans un donjon de chasseurs de sorcières ou encore des rituels d’initiation à base d’absorption de sang… Lorsque les rongeurs s’attaquent à leurs proies humaines, ils les dévorent en un clin d’œil. Quelques secondes après avoir montré des acteurs qui miment la frayeur, la caméra s’attarde ainsi sur des squelettes recouverts de rats. Ambitieuses à défaut d’être convaincantes, plusieurs séquences d’affrontements opposent les furies en string aux soldats de cette pseudo-France du 19ème siècle, tour à tour dans une maison close, dans un souterrain médiéval ou dans le repaire des « femmes-rats ». Jamais le scénario ne prend du reste la peine d’expliquer d’où vient cette secte bizarre pseudo-féministe, quel est le passé de leur reine et pourquoi les rats les accompagnent partout. Dans le rôle de Stoker, Kevin Alber est parfaitement insipide et n’encourage guère l’empathie. Maria Ford, qui exhibait déjà sa sculpturale silhouette dans Deathstalker 4, joue ici la blonde rebelle qui est prête à quitter ses « sœurs » pour convoler auprès du bel écrivain. Quant à Adrienne Barbeau, elle cabotine sans retenue, nous donnant le sentiment de s’amuser sans croire une seule seconde à cette vaste mascarade. Par ses excès, son manque de finesse et son érotisme déviant, Burial of the Rats rappelle une autre adaptation outrancière de Bram Stoker, l’inénarrable Repaire du ver blanc de Ken Russell. Quelques années plus tard, Golden poursuivra dans la voie de la polissonnerie fantaisiste en réalisant pour Charles Band Hidden Beauties et Timegate.

© Gilles Penso

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