

Une vieille sorcière qui vit dans une maison isolée décide de se venger de trois hommes qui sont venus chercher des noises à son fils…
DEAD AND ROTTING
2002 – USA
Réalisé par David P. Barton
Avec Stephen O’Mahoney, Tom Hoover, Debbie Rochon, Trent Haaga, Jeff Dylan Graham, Barbara Katz-Norrod, Christopher Suciu, Beth Biasella, Tammi Sutton
THEMA SORCELLERIE ET MAGIE I SAGA CHARLES BAND
Dead & Rotting est le premier (et seul) film de David P. Barton, expert des effets spéciaux ayant œuvré pour des pointures comme l’atelier KNB (House 3, Leatherface), Steve Johnson (La Cité des monstres, Necronomicon), Kevin Yagher (Le Dentiste, Volte/Face, Starship Troopers) ou Greg Cannom (Dracula). C’est son ami d’enfance J.R. Bookwalter, avec qui il a grandi dans l’Ohio et partagé quelques films amateurs en super 8, qui organise sa rencontre avec David DeCoteau et Charles Band au début des années 2000. Avec des budgets étriqués mais un contrôle plus grand que sur ses films précédents, Barton conçoit ainsi le monstre mécanique de Horrorvision, les créatures de Witchouse 2 ou encore les maquillages de Stitches. La compagnie Full Moon finit par lui proposer de passer à la mise en scène. D’où Dead & Rotting, qu’il co-écrit avec Douglas Snauffer. Le tournage se déroule en huit jours dans l’Ohio et Bookwalter assure la production. En toute logique, Barton supervise les maquillages spéciaux de son propre film, en utilisant comme pseudonyme son nom inversé : Nortrab Divad. Quant au casting, il mêle des acteurs locaux avec plusieurs habitués de Full Moon, notamment Debbie Rochon, Tammi Sutton et Trent Haaga, tous les trois présents au générique de Killjoy 2 la même année.


Trois copains farceurs plus idiots les uns que les autres (Stephen O’Mahony, Trent Haaga et Tom Hoover), qui travaillent ensemble dans une petite entreprise de construction, partent pour une virée nocturne dans leur camion, se mettant au défi d’aller voir une maison isolée dans les bois dont la rumeur dit qu’elle appartient à une sorcière. Mais avant qu’ils ne puissent s’en approcher, ils rencontrent Pox (Christopher Suciu), un homme étrange à l’hygiène très discutable qui les chasse de la propriété en grognant. De retour chez eux, ils se rendent comptent que ce type louche fréquente le même bar qu’eux, ne se change jamais et boit du lait dans un bol comme un animal. Ils ont alors une altercation avec lui et le passent à tabac. Lorsqu’il retourne voir sa mère, la vieille sorcière fumeuse de pipe Abigail (Barbara Katz-Norrod), nous découvrons qu’il s’agit en réalité d’un chat qui, de temps en temps, est capable de prendre une apparence humaine. Pour venger l’offense faite à son fils/animal de compagnie, la sorcière part à la rencontre des trois hommes, leur demande « Savez-vous ce que c’est que d’être mort et de pourrir ? » et leur lance un sort. La punition qu’ils subissent est désagréable mais ne prête pas trop à conséquence. Quelques pustules, un estomac retourné, une nuit fiévreuse et on n’en parle plus. Mais notre trio apprécie très peu cette situation et demande à deux vauriens d’aller casser quelque chose chez elle pour se venger. À partir de là, un engrenage infernal se met en branle…
Vivre et laisser pourrir
Sur un point de départ qui pourrait faire penser – toutes proportions gardées – à La Peau sur les os ou Jusqu’en enfer, Dead & Rotting développe son intrigue de manière très bizarre, comme si le scénario s’élaborait au fur et à mesure, en écriture automatique. Chaque séquence est en effet plus aberrante que la précédente. Lorsque les voyous tuent accidentellement le chat de la sorcière, celle-ci entre dans sa baignoire puis change d’apparence pour prendre les traits fort avenants de Debbie Rochon. Elle entreprend ensuite de séduire les trois coupables pour qu’ils lui fassent l’amour à tour de rôle. De retour chez elle, son corps expulse une matière visqueuse dont elle recouvre un squelette de bébé qu’elle place à l’intérieur d’une citrouille. Puis elle enterre le fruit dans le sol en disant « que la punition soit à la hauteur de l’offense ». Et voici que trois zombies végétaux en salopette, armés de faux et de faucilles, surgissent du sol ! Le mode opératoire de notre sorcière est donc particulièrement alambiqué, et l’on se demande honnêtement quelles substances David P. Barton a absorbées avant de se mettre à l’écriture ! Dead & Rotting souffre d’une mise en forme très approximative : une caméra accidentée, une lumière sans grâce, des nuits américaines peu crédibles, une bande son déficiente… Fort heureusement, Barton se rattrape par des visions macabres surréalistes comme un corps à moitié décomposé qui s’agite dans un placard, des hommes dont le crâne ouvert est hérissé de branches tordues, des cadavres putréfiés dignes de Lucio Fulci ou encore un hideux homuncule squelettique. On ne pourra en tout cas pas reprocher à Dead & Rotting son manque d’originalité ou d’extravagance.
© Gilles Penso
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