PHANTASM 2 (1988)

Le croque-mort géant, les nains démoniaques et les boules volantes perforatrices sont de retour dans cette suite explosive…

PHANTASM 2

 

1988 – USA

 

Réalisé par Don Coscarelli

 

Avec James Le Gros, Reggie Bannister, Angus Scrimm, Paula Irvine, Samantha Philips, Kenneth Tigar, Ruth C. Engel, Mark Major, Rubin Kushner, Stacey Davis

 

THEMA MORT I SAGA PHANTASM

Véritable OVNI dans le paysage cinématographique de la fin des années 70, Phantasm s’était taillé une belle réputation auprès des amateurs de films d’horreur, séduits par son originalité, son caractère surréaliste et son refus d’entrer dans les cases. Plusieurs studios s’intéressent alors à son instigateur Don Coscarelli, notamment Universal qui lui propose d’en produire une suite, avec l’idée à plus ou moins long terme de créer une nouvelle franchise juteuse. La somme débloquée pour le film, estimée à trois millions de dollars, est dérisoire pour Universal (aucun de leurs longs-métrages produits dans les années 80 n’a un budget aussi faible), mais c’est un pont d’or aux yeux du réalisateur, qui avait bricolé le premier Phantasm avec dix fois moins d’argent. Le ténor des maquillages spéciaux Mark Shostrom (From Beyond, Freddy 3, Evil Dead 2) est embauché à l’occasion pour les différents effets cosmétiques du film. Mais tous ces atouts ne sont pas sans revers. En acceptant les facilités que lui offre le studio, Coscarelli doit faire de nombreuses concessions : construire une intrigue plus linéaire que dans le premier film, intégrer des voix off explicatives dans sa narration, supprimer les séquences de rêves, ajouter un rôle féminin principal pour créer une love story, et surtout donner les rôles principaux à deux acteurs plus connus. Car Michael Baldwin et Reggie Bannister ne sont pas assez « bankables » aux yeux d’Universal.

Si Coscarelli cède à de nombreux compromis, il a du mal à accepter le changement de casting et propose finalement une solution intermédiaire : son ami Reggie Bannister reste présent en tête d’affiche, et Michael Baldwin est remplacé par James Le Gros. Futur acteur récurrent de la série Ally McBeal à partir de la quatrième saison, Le Gros est alors apparu dans plusieurs séries (K 2000, Simon et Simon, Punky Brewster) mais aussi dans Aux frontières de l’aube et Miracle sur la huitième rue. Ce nouveau visage n’est pas du goût d’une partie des spectateurs, qui auront tendance à bouder la prestation pourtant honorable de Le Gros. Ce dernier reprend en effet avec une indéniable conviction le rôle du jeune Mike Pearson, rejoint par Reggie pour s’en aller combattre le redoutable croque-mort Tall Man (Angus Scrimm) et son armée de nains maléfiques, tout en communiquant par télépathie avec une jeune femme, Liz Reynolds (Paula Irvine), qui s’apprête à participer au combat. La première moitié du film prend les allures d’une sorte de road movie macabre, au milieu de villes fantômes sinistres et de cimetières profanés. Ce parti-pris, inspiré à Coscarelli par la lecture du Fléau de Stephen King, pousse les voix off de Michael à donner dans le lyrisme morbide. « Les petites villes sont comme les gens », dit-il ainsi en sillonnant une bourgade désertée. « Certaines meurent de vieillesse, d’autres sont assassinées. »  

Clins d’œil et gore excessif

Les références du réalisateur s’affichent parfois sous forme de clins d’œil à l’écran, notamment le nom d’Alex Murphy (le héros de Robocop) sur une pierre tombale ou celui de Sam Raimi sur une étiquette mortuaire. Phantasm 2 nous offre des passages d’angoisse diffuse et insolite, comme ce cadavre nu d’une femme à la morgue qui disparaît soudain sans aucune explication puis réapparaît plus tard sous les traits d’une autostoppeuse, ou ce cercueil couvert de terre fumante qui git seul au fond d’un couloir et renferme un corps poignardé. Mais à mi-parcours, l’horreur se révèle beaucoup plus graphique. Ainsi avons-nous droit à la vision délirante d’une créature monstrueuse (sorte de Freddy Krueger rabougri) qui surgit du dos déchiré de Liz, ou d’un appendice gluant et insectoïde émergeant du front du Tall Man. C’est dans cette même logique excessive que réapparaissent les nains sinistres, cachant sous leur capuche des corps hideux, ou les fameuses boules volantes, perforant les corps et les crânes en expulsant d’abondants jets d’hémoglobine. Certes, Phantasm 2 n’apporte pas beaucoup de plus-value au premier film, qui se suffisait amplement à lui-même en se nourrissant de sa propre étrangeté. Mais sa tendance à pousser plus loin encore le délire (explosions massives, cascades automobiles, combats de tronçonneuses, gore exubérant) rend son visionnage très distrayant. Plusieurs suites seront produites dans la foulée, conformément au désir initial d’Universal.

 

© Gilles Penso

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