SLIPSTREAM, LE SOUFFLE DU FUTUR (1989)

Une curiosité de science-fiction que l’on croyait définitivement oubliée, signée par le réalisateur de Tron, avec Mark Hamill en tête d’affiche…

SLIPSTREAM

 

1989 – GB

 

Réalisé par Steven Lisberger

 

Avec Bob Peck, Mark Hamill, Kitty Aldridge, Bill Paxton, Susan Leong, Alkis Kritikos, Tony Alleff, Ricco Ross, Robbie Coltrane, Ben Kinglsey, F. Murray Abraham

 

THEMA FUTUR

Dans ce qui semble être une Grande-Bretagne post-apocalyptique, nous apprenons qu’une catastrophe appelée « Convergence Harmonique », un changement climatique majeur, a exterminé la presque totalité de la civilisation humaine. Un vaste courant de vent ceinture désormais notre planète où quelques groupes disparates tentent de survivre. La séquence d’ouverture nous montre un petit avion au look futuriste poursuivant un homme en costume sombre dans un paysage de montagnes. À bord, deux chasseurs de primes, Will Tasker (Mark Hamill, qui n’avait plus joué dans un film de cinéma depuis Le Retour du Jedi) et sa comparse Belitski (Kitty Aldridge, future épouse de Mark Knopfler, l’ex-leader de Dire Straits), traquent Byron, un androïde coupable du meurtre d’un vieil homme. Ce dernier est joué par Bob Peck, que l’on retrouvera quelques années plus tard en garde-chasse de Richard Attenborough dans Jurassic Park de Steven Spielberg. Nous apprenons que Tasker et Belitski font partie d’un organisme tentant de faire appliquer la loi dans ce monde en décomposition. Après avoir capturé Byron, qui cite régulièrement l’aviateur et poète John Gillepsie Mac-Gee Jr, le duo se restaure dans le restaurant d’un petit aérodrome et croise la route de Matt Owens, un petit marchand d’armes sans envergure, incarné par le regretté Bill Paxton, qui a ici troqué sa tenue de Marine d’Aliens pour une coiffure mulet. Ce dernier finit par soustraire Byron à ses geôliers pour s’approprier à leur place la récompense.

Dès lors, commence une course-poursuite où vont se succéder des personnages hauts en couleur, notamment des populations troglodytes ou un groupe d’aristocrates et de notables vivant dans un musée fortifié : une ambiance de fin du monde qui embrasse allégrement le surréalisme. Et c’est malheureusement cette dualité qui handicape ce métrage mis en scène par Steven Lisberger (qui réalisa six ans plus tôt le génialissime Tron) et scénarisé par Charles Pogue, qui avait pourtant réussi un coup de maitre avec le scénario de La Mouche de David Cronenberg en 1986. Malgré un budget de 15 millions de dollars (énorme pour l’époque) et une musique d’Elmer Bernstein (qui tombe un peu à plat), Slipstream s’avère donc être un film plutôt ennuyeux au montage parfois approximatif.

Des acteurs pas vraiment à leur avantage

Si le casting est de qualité, les comédiens donnent l’impression de surjouer avec des situations qui ne les mettent pas forcément à leur avantage (le doublage français s’avère également assez catastrophique). À commencer par Mark Hamill qui, teint en blond platine et avec une barbe, joue le méchant de service mais ne donne pas vraiment l’impression d’y croire lui-même. De son côté, Bob Peck évoque plus un Pinocchio adulte qu’un androïde découvrant son humanité et son sentiment amoureux pour la belle Ariel, incarnée par l’actrice britannique Eleanor David (sosie de Gillian Anderson que l’on avait notamment pu voir en épouse délaissée de Bob Geldof dans Pink Floyd The Wall en 1982). Malgré les évidentes maladresses de l’écriture, Bill Paxton est celui qui s’en sort le mieux, de même que certains visages connus dont deux acteurs oscarisés : Ben Kingsley pour Ghandi (1983) et F. Murray Abraham pour Amadeus (1985). Autre point positif : les splendides décors naturels localisés en Irlande ou encore le cirque naturel du Malham Cove dans le Yorkshire. Mais cela ne suffit pas à faire de Slipstream un succès. Il ne bénéficiera que d’une sortie limitée au Royaume-Uni et se soldera par un échec commercial particulièrement cuisant.

 

© Antoine Meunier

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