TERROR TRAP (2010)

Dans cette imitation de Motel, un couple au bord de la rupture s’apprête à tenir la vedette de « snuff movies » sanglants et mortels…

TERROR TRAP

 

2010 – USA

 

Réalisé par Dan Garcia

 

Avec David James Elliott, Heather Marie Marsden, Jeff Fahey, Michael Madsen, Andrew Sensenig, Dale Beasley, Kimberly Dollar

 

THEMA TUEURS

D’emblée, Terror Trap part avec un énorme handicap, puisqu’il semble avoir été conçu comme un parfait plagiat de Motel. Le point de départ est en effet strictement identique à celui concocté par Nimrod Antal. Le récit s’intéresse à Don et Nancy (David James Elliott et Heather Marie Marsden), un couple dont la relation bat de l’aile. Alors qu’ils traversent une petite ville de Louisiane, leur voiture tombe en panne. Ils croisent alors la route du shérif Cleveland Taylor (Jeff Fahey). Dès sa première apparition, ce personnage inspire un profond malaise. Grossier, autoritaire, lubrique, il abuse immédiatement de son statut de représentant de la loi. Sous prétexte que personne ne pourra réparer le véhicule avant le lendemain, il contraint le couple à passer la nuit dans un motel voisin tenu par un certain Carter (Michael Madsen). Cette entrée en matière constitue sans doute la meilleure partie du film. Car le spectateur partage le sentiment d’impuissance des protagonistes face à une figure d’autorité corrompue, capable d’abuser de son pouvoir en toute impunité, loin de tout témoin. La situation possède un potentiel dramatique évident : que faire lorsqu’un policier, censé protéger les citoyens, devient lui-même le prédateur ? Durant quelques minutes, Terror Trap installe ainsi un climat de tension particulièrement efficace, où l’angoisse naît davantage de la menace psychologique que de l’horreur graphique.

Malheureusement, le film abandonne rapidement cette piste pourtant prometteuse. Une fois le couple installé dans ce motel délabré, le scénario délaisse progressivement le suspense pour basculer dans une mécanique beaucoup plus conventionnelle. Don et Nancy découvrent bientôt que le shérif travaille en réalité pour le propriétaire de l’établissement, qui orchestre avec plusieurs complices une série de tortures filmées en vidéo et destinées à satisfaire les pulsions d’une poignée de riches spectateurs voyeuristes. Dès lors, Terror Trap donne le sentiment de tourner en rond. Les héros fuient dans les couloirs, tentent de rejoindre une voiture sur le parking, sont interceptés par des tueurs masqués armés d’outils tranchants, se réfugient dans une chambre, avant de recommencer exactement la même course poursuite quelques minutes plus tard. Ces chassés-croisés nous offrent certes quelques efficaces moments de tension, mais leur répétition finit rapidement par émousser tout suspense. Là où Motel renouvelait constamment ses situations pour maintenir la pression, Terror Trap recycle inlassablement les mêmes ressorts jusqu’à l’épuisement.

Le commun des motels

Le casting constitue sans doute l’un des principaux atouts du film. Jeff Fahey est incontestablement celui qui tire le mieux son épingle du jeu. L’acteur semble prendre un plaisir évident à composer ce shérif brutal et sadique. À chacune de ses apparitions, il redonne un peu d’énergie à un récit qui peine à maintenir sa tension. Michael Madsen, fidèle à son image de dur à cuire taciturne, déborde comme toujours de charisme. Hélas, son personnage souffre d’un cruel manque d’épaisseur. Son parcours paraît d’ailleurs la plupart du temps déconnecté du reste du récit. Quant à David James Elliott et Heather Marie Marsden, ils s’acquittent correctement de leur rôle sans jamais parvenir à rendre leurs personnages véritablement attachants, ce qui limite forcément l’implication émotionnelle du spectateur. On ne peut pas reprocher à Dan Garcia ses efforts renouvelés pour soigner la plastique de son film et y chercher matière à construire une atmosphère pesante. Les longs plans nocturnes de l’autoroute déserte, filmés depuis l’intérieur du véhicule, traduisent efficacement l’isolement des personnages et renforcent leur vulnérabilité. Mais le château de carte s’écroule dès l’arrivée au motel. Les scènes montrant les clients venus assister aux séances de torture derrière un miroir sans tain tombent rapidement dans une surenchère grotesque qui désamorce le malaise au lieu de l’amplifier. Le film tente bien, dans ses dernières minutes, d’introduire une légère ambiguïté morale en montrant qu’un des participants commence à éprouver des remords face aux atrocités auxquelles il assiste. Mais cette idée arrive beaucoup trop tard pour donner une véritable profondeur à une galerie de personnages finalement réduits à de simples caricatures.

 

© Gilles Penso

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