FEAR STREET PARTIE 2 : 1978 (2021)

Un second volet beaucoup mieux construit que le précédent dans lequel un camp de vacances se transforme en jeu de massacre…

FEAR STREET PART 2 : 1978

 

2021 – USA

 

Réalisé par Leigh Janiak

 

Avec Sadie Sink, Gillian Jacobs, Emily Rudd, Ryan Simpkins, McCabe Slye, Ted Sutherland, Ashley Zukerman, Jordana Spiro, Kiara Madeira

 

THEMA TUEURS I SORCELLERIE ET MAGIE I SAGA FEAR STREET

Fear Street partie 2 commence par un résumé de l’épisode précédent, confirmant que la mécanique de cette trilogie inspirée par les écrits de R.L. Stine est bien plus télévisuelle que cinématographique. Pourtant, après un prologue situé en 1994 et prenant directement la suite des événements racontés dans la premier film, Fear Street partie 1 change radicalement de style et d’atmosphère en nous ramenant à la fin des années 70. Oubliés les tics des séries TV Netflix, nous voilà enfin face à un « vrai film » porté par une mise en scène efficace, une direction d’acteurs plus solide et une intrigue bien mieux construite, en grande partie grâce au choix de la resserrer autour de la double unité de lieu et de temps. Afin de respecter certaines contraintes logistique, ce second épisode est le dernier à avoir été tourné, dans la foulée de Fear Street partie 3 : 1666. Pour reconstituer le camp de vacances qui sert de cadre à l’action, Leigh Janiak et son équipe s’installent dans le parc de Hard Labor Creek State, en Georgie, où fut tourné 35 ans plus tôt Jason le mort-vivant. Ce n’est pas un hasard, dans la mesure où la saga Vendredi 13 est l’inspiration principale de cet opus. Pour autant, Janiak évite l’un des travers du premier épisode, qui consistait à égrener des références cinématographiques pour flatter les fans dans le sens du poil. Bien sûr, les clins d’œil abondent (Vendredi 13 donc, mais aussi Carrie, L’Exorciste, Halloween et beaucoup d’autres), mais de manière beaucoup moins criarde que précédemment. Un indiscutable bond qualitatif a donc été effectué depuis l’épisode 1994.

Le cœur du récit se situe pendant la nuit du 2 juillet 1978, dans le camp d’été de Nightwing où sont réunis les jeunes gens de Sunnyvale et de Shadyside. Malgré la rivalité séculaire qui oppose les deux groupes, une ambiance festive règne en ces lieux. Mais l’atmosphère s’alourdit lorsque l’infirmière, victime de ce qui ressemble à un accès de folie, agresse violemment l’un des animateurs. La vieille légende de la malédiction jetée par la sorcière Sarah Fier refait alors surface. Un petit groupe trouve dans l’infirmerie un journal intime où une carte semble mentionner l’emplacement de la maison de la sorcière. Poussés par la curiosité, ils suivent le plan tracé à la main et découvrent une grotte souterraine. Mais l’un d’entre eux se retrouve soudain possédé et se lance dans un sanglant massacre…

Massacre au camp d’été

L’atout majeur de ce second épisode, par rapport au précédent, est de s’appuyer sur des personnages plus attachants, aux relations plus intéressantes et aux réactions plus crédibles. Certes, le film ne parvient pas à évacuer quelques dialogues un peu idiots (notamment les petites confessions totalement hors-sujet auxquelles se livrent certains protagonistes entre deux séquences de meurtres), mais l’ensemble se tient assez bien. La réalisatrice entre rapidement dans le feu de l’action, cisèle sa mise en scène avec minutie et pare le film d’une très belle patine. À ce titre, il faut saluer le travail du directeur de la photographie Caleb Heymann (la saison 4 de Stranger Things) et des compositeurs Marco Beltrami (Scream) et Brandon Roberts (Underwater). Car la gestion de la bande musicale a aussi été améliorée. Si les extraits de chansons (puisées cette fois-ci dans le répertoire de la fin des années 70 et du début des années 80) continuent à s’enchaîner avec une certaine frénésie, la « vraie » bande originale prend bientôt le relais pour s’exprimer pleinement, à grand renfort d’orchestres amples et de chœurs lugubres qui évoquent tour à tour La Malédiction, Alien, Psychose et Vendredi 13. L’accent a été également mis sur le gore, à travers une série de meurtres à la hache franchement gratinés, mixage habile d’effets numériques et de maquillages spéciaux supervisés par Christopher Allen Nelson (Halloween 2018, Bright, Avengers Endgame). Le bilan est donc plutôt positif pour cet épisode central, dont le final prépare logiquement une conclusion située quant à elle en plein 17ème siècle.

 

© Gilles Penso

 

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