SCARY MOVIE (2026)

Les frères Wayans sont de retour pour ce sixième opus tardif dont les gags poussifs nous navrent plus qu’ils ne nous amusent…

SCARY MOVIE

 

2026 – USA

 

Réalisé par Michael Tiddes

 

Avec Marlon Wayans, Shawn Wayans, Anna Faris, Regina Hall, Teyana Taylor, Kenan Thompson, Dave Sheridan, Lochlyn Munro, Carmen Electra, Kim Wayans

 

THEMA TUEURS I SAGA SCARY MOVIE

Longtemps absents de la saga qu’ils avaient créée, les frères Wayans reprennent finalement les commandes de la saga Scary Movie pour ce sixième opus que personne n’attendait particulièrement. Leur histoire avec la franchise s’était pourtant achevée dans la controverse. Après le succès de Scary Movie 2, Marlon, Shawn et Keenen Ivory Wayans avaient proposé une idée pour un troisième volet, en parallèle du développement de Fausses blondes infiltrées. Si Miramax s’était montré intéressé, les négociations avaient rapidement achoppé sur la question des salaires, poussant le trio à quitter le projet. Leur concept aurait néanmoins servi de base à Scary Movie 3, réalisé sans leur participation. Vingt ans plus tard, la réconciliation est enfin actée et Scary Movie « tout court » (sans doute pour sacrifier à la mode des séquelles de films d’horreur qui suppriment le numéro de leurs titres, comme Halloween, Scream ou Souviens-toi l’été dernier) est lancé. Ce retour des frères Wayans s’explique au moins par deux évènements : la disparition de Bob et Harvey Weinstein de l’équation, ainsi que les encouragements de leur père Howell Wayans avant son décès en 2023. Soutenu par le nouveau dirigeant de Miramax, Jonathan Glickman, le film bénéficie d’un budget de 30 millions de dollars et entend renouer avec l’esprit irrévérencieux des deux premiers opus. Michael Tiddes, qui se voit confier la réalisation, avait déjà collaboré avec Marlon Wyans à l’occasion de Cinquante nuances de black et Naked.

« On a encore fait n’importe quoi » annonce fièrement la phrase d’accroche qui orne l’affiche du film. Pour une fois, le slogan n’est pas mensonger. Mais ce n’est pas une bonne nouvelle : concocter une comédie réussie consiste justement à ne pas faire n’importe quoi et demande au contraire une rigueur et une précision d’écriture qui semblent complètement passer au-dessus de la tête des Wayans. On ne s’étonne donc guère de la lamentable médiocrité du résultat. Pendant le prologue, l’adolescente Mardi Campbell (Savannah Lee Nassif) regarde Horror Movie, un film inspiré des événements qui se déroulent dans Scary Movie, et se retrouve soudain agressée par Ghostface. Sara (Olivia Rose Keegan), sa demi-sœur aînée toxicomane, et son petit-ami Jack (Cameron Scott Roberts), que tout désigne comme le coupable, décident de mener l’enquête. Ils s’en vont donc rencontrer les « personnages legacy », ceux qui sont là depuis les premiers films de la saga, autrement dit l’ex-policier stupide Doofy (Dave Sheridan), Cindy Campbell (Anna Faris), qui est devenue recluse paranoïaque, et Brenda (Regina Hall), qui se fait désormais appeler « Ma ». L’accro au cannabis Shorty (Marlon Wayans) et l’homosexuel refoulé Ray (Shawn Wayans) sont aussi de la fête, pour une intrigue sans queue ni tête qui enchaîne les gags ratés et les références appuyées face à des spectateurs qui finissent par bailler à s’en décrocher la mâchoire…

Parodies artificielles

Le scénario passe bien sûr la saga Scream à la moulinette, mais aussi un maximum de succès des dix dernières années, ce qui condamne fatalement le film à se démoder à la vitesse grand V. Tout y passe donc, de la série Mercredi aux derniers opus en date de Destination finale et Halloween en passant par Terrifier 3, Sinners, Get Out, K-Pop Demon Hunters, Smile, Michael, Longlegs, The Substance, Candyman, Évanouis, Megan, Ballerina, Nosferatu… Conçus comme des sketches autonomes, ces pastiches d’intègrent au forceps dans une intrigue qui, du reste, n’a aucun sens. Les Wayans prennent surtout un malin plaisir à briser le quatrième mur pour multiplier les private jokes sur Scary Movie 4 et 5, sur leur propre carrière et sur leurs guests stars, bref à se regarder béatement le nombril. Dans une démarche qui se veut manifestement impertinente, les dialogues sont plus graveleux que jamais et les blagues osent se moquer du racisme, de l’homosexualité et de la transsexualité. Mais en guise d’humour transgressif, il nous semble plutôt assister aux coups de coude d’un oncle lourdaud et gênant à la fin d’un repas un peu trop arrosé. Cela dit, avouons que la déception reste relative, dans la mesure où les Scary Movie précédents ne nous avaient pas particulièrement habitués à de la parodie de haut vol. Nous constatons simplement – sans beaucoup de surprise – que ce revival tardif se contente de laisser stagner un humour qui nous semblait déjà dépassé au début des années 2000.

 

© Gilles Penso

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