de Chris Nahon (Hong-Kong / France / Japon)
Avec Giannu Jun, Masiela Lusha, Allison Miller, Liam Cunningham, J.J. Feild, Koyuki, Michael Byrne, Colin Salmon, Andrew Pleavin
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Adaptation d’un moyen métrage d’animation réalisé en 2000 par Hiroyuki Kitakubo, Blood ! The Last Vampire prend place dans le Tokyo de 1966, au cœur du lycée d’une base militaire américaine
où semblent régner l’insouciance et la désinvolture. Mais sous ce vernis, certaines fissures laissent entrevoir une tension raciale larvée, les stigmates de la catastrophe nucléaire et la paranoïa
générée par la Guerre Froide… Un tel cadre est finalement idéal pour narrer sous l’angle de la métaphore les exactions d’une communauté de vampires se mêlant aux humains pour mieux s’en nourrir.
Chargée d’infiltrer les lieux sous l’identité d’une lycéenne nippone, Saya est en réalité une chasseuse de vampires vieille de quatre cents ans. Hybride, fille d’un humain et d’une buveuse
d’hémoglobine, elle présente bon nombre de points communs avec le héros éponyme de Blade, d’autant que les arts martiaux sont également ses armes les plus efficaces, que le maniement du
sabre semble être sa seconde nature, et que ses adversaires ressemblent plus à des démons jaillis des portes de l’Enfer qu’aux dandys aux crocs pointus auxquels Bram Stoker et ses milliers
d’imitateurs nous ont habitués.
Ji-Huyn Jun possède tous les atouts susceptibles de rendre son personnage touchant et crédible : un charme irrésistible, un charisme que ses aînés devraient lui jalouser et une aisance
spectaculaire avec les techniques de combat et d’escrime. Oubliant son passé de faiseur de vidéoclips et de spots publicitaires (dont on sentait profondément les gimmicks dans ses deux précédents
longs-métrages), Chris Nahon s’immerge dans l’atmosphère mi-nostalgique mi-oppressante de ce Japon d’après-guerre et compose dès la scène d’introduction une séquence de duel dans un métro qui ne
cherche jamais à nous en mettre plein la vue mais plante d’emblée les thématiques du film et les composantes de son ambiance. Blood ! The Last Vampire est riche en combats mouvementés au
cours desquels des myriades de démons vampires assaillent la taciturne Saya. Le premier de ces pugilats intervient suite à une séquence qu’on croirait presque issue d’Une Nuit en Enfer de
Robert Rodriguez.
La chasseuse de vampire y découvre un bar dont tous les occupants – humains en apparence – révèlent soudain des traits monstrueux et grimaçants trahissant leur nature vampirique. L’échauffourée
nocturne qui s’ensuit manque certes de lisibilité et d’enjeux dramatiques. Mais le cinéaste rectifie le tir en cours de métrage, nous réservant ensuite des affrontements de toute beauté, notamment
celui d’un flash-back où le vieux mentor de Saya lutte contre un essaim de vampires ninjas dans une forêt dense, et le climax qui donne la vedette à l’inquiétante Onigen. Les vampires eux-mêmes
sont des monstres aux allures de gargouilles. Au stade ultime de la métamorphose, ils déploient de grandes ailes de chauves-souris et poursuivent leurs exactions dans les airs en voletant
sinistrement. La ressemblance physique avec les harpies de Jason et les Argonautes est alors frappante, d’autant que les images de synthèse employées à cet effet, peu réalistes, nous
renvoient aux vieilles techniques d’animation de Ray Harryhausen.
© Gilles Penso
Thema: Vampires
Par Gilles Penso
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(The Gift)
de Sam Raimi (Etats-Unis)
avec Cate Blanchett, Keanu Reeves, Katie Holmes, Giovanni Ribisi, Hilary Swank, Greg Kinnear, Michael Jeter, Kim Dickens
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Intuitions s’inscrit dans le creux de la vague de la carrière de Sam Raimi. Après ses trois explosifs Evil
Dead, le talentueux réalisateur poursuivit sa filmographie de manière assez inégale, alternant le meilleur (l’excellent
thriller Un Plan Simple), le banal (le très facultatif Pour l’Amour du Jeu avec Kevin Costner) et le passable (le western multi-stars Mort ou Vif). En perte de vitesse, il signait avec Intuitions
une histoire de fantômes post-Sixième Sens et post-Hypnose. Mais là où l’on pouvait craindre un inévitable air de déjà vu, Raimi prouve qu’il a de beaux restes et que lorsque le sujet l’inspire, il
sait encore faire des merveilles.
Le scénario d’Intuitions, co-signé par Billy Bob Thornton et Tom Epperson, se déroule dans la petite ville de Brixton, en Georgie. Là, Annie Wilson (Cate Blanchett), une jeune veuve mère de trois
enfants, arrondit ses fins de mois grâce à ses dons de médium, qu’elle monnaye au cours de séances de spiritisme à la demande de quelques-uns de ses voisins. Un jour, Annie conseille fortement à
son amie Valerie (Hilary Swank) de quitter son mari Donnie Barksdale (Keanu Reeves), un homme rustre et violent qui la bat régulièrement. Furieux, l’intéressé traite Annie de sorcière (« Traiter
avec le Diable te conduira au bûcher », lui lance-t-il, « tout le monde sait ça ! »). Il menace même ses enfants pour l’inciter à ne plus se mêler des affaires d’autrui.
Peu après, Jessica King (Katie Holmes), la fiancée d’un homme influent de la ville, est portée disparue. A contre-cœur, la police fait appel aux dons d’Annie pour démêler l’affaire. « Je ne crois
pas en ce que vous faites, Miss Wilson », lui lâche le shérif Pearl Johnson (J.K. Simmons, futur J. Jonah Jameson de la saga Spider-Man). « Et
pour être sincère avec vous, je n’aime pas ça. Mais nous sommes arrivés au bout de nos investigations… nous avons cherché sous chaque pierre… et nous aimerions que vous nous disiez ce que vous
pouvez faire pour nous aider. » Face à cette demande pressante, Annie utilise ses dons et est frappée d’une vision qui conduit la police dans un marécage de la propriété de Donnie, où gît le corps
de Jessica. En toute logique, l’indésirable voisin est arrêté et condamné. Jusqu’à ce que de nouvelles visions conduisent Annie à penser que l’assassin court toujours…
Si le scénario d’Intuitions ne déborde pas d’inventivité, le film sort du lot grâce à l’intelligence de son casting, au réalisme de ses personnages et de leur environnement (capté en extérieurs
naturels en Georgie), et à quelques séquences d’anthologie au cours desquelles Raimi met nos nerfs à rude épreuve, provoquant maints sursauts des spectateurs sur leurs fauteuils. Intuitions
représente également l’un des meilleurs contre-emplois jamais incarnés par Keanu Reeves, réellement terrifiant dans la peau d’un « redneck » jaloux et violent. Féru de clins d’œil référentiels, le
réalisateur dote son héroïne d’une voiture légendaire, puisqu’il s’agit de la fameuse Oldsmobile d’Evil Dead, et demande à son compositeur Danny Elfman de faire une
brève apparition sous forme d’un violoniste surgissant au beau milieu d’une des visions d’Annie.
© Gilles Penso
Thema: Fantômes
Par Gilles Penso
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Publié dans : les films de Sam Raimi
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