AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

 

Steven Spielberg

 

Chers fantasticophiles,

 

Steven Spielberg en personne s'invite dans l'Encyclopédie du Cinéma Fantastique. A l'occasion de la rétrospective que lui a rendu la Cinémathèque Française et de la sortie de son dernier long-métrage Cheval de Guerre, le cinéaste a fait escale à Paris, où nous avons pu recueillir quelques-uns de ses propos. Interview, film hommage, chronique de l'ensemble de sa filmographie fantastique, c'est ici que ça se passe !

 

Bonne visite et bons films !

Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 08:34

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Steven Spielberg a toujours été considéré comme l’un des cinéastes les plus populaires, les plus “commerciaux” et les plus “rentables” de l’histoire du 7ème Art. Pourtant, c’est aussi paradoxalement l’un de ceux dont l’œuvre est la plus personnelle et la plus intime.

 

A chaque film, Spielberg nous dévoile les facettes de sa propre personnalité, nous communique ses frayeurs les plus profondes, nous offre en partage ses passions les plus dévorantes, nous livre ses souvenirs les plus intimes. Qu’il convoque les requins mangeurs d’homme, les visiteurs de lointaines galaxies, les vestiges archéologiques de lointaines civilisations, les dinosaures miraculeusement ressuscités ou les heures les plus sombres de l’histoire de l’humanité, Steven Spielberg raconte toujours son propre récit : celui d’un être fragile, aux liens familiaux distendus, qui lutte désespérément pour ne pas perdre le contrôle de sa vie et de son monde. Le surgissement d’événements extraordinaires, qu’ils soient ouvertement fantastiques ou au contraire puisés dans les faits réels, agit dès lors comme un parcours d’obstacles qu’il faudra franchir pour ressortir grandi et enfin rééquilibré. En plongeant dans l’œuvre de Steven Spielberg, on découvre des trésors d’humanité et d’humanisme, ainsi qu’un fascinant réseau de correspondances thématiques et visuelles qui n’en finissent plus de se répondre, comme autant d’échos échappés d’une même symphonie.

 

Spielberg a compris que le cinéma était l’un des vecteurs d’émotion les plus universels de notre civilisation. Puisant son inspiration dans les travaux de ses illustres prédécesseurs, de John Ford à Alfred Hitchcock en passant par David Lean, Victor Fleming, Frank Capra et Akira Kurosawa, il a su transcender l’influence des grands maîtres pour construire son propre univers, et surtout le redéfinir à chaque film, préférant le risque à la redite, l’audace à la routine.

 

Voici un petit film hommage à ce cineaste d'exception, qui contient des extraits de ses propos, enregistrés lors de son passage à Paris en janvier 2012 :


 

 

Et voici l'intégralité des films fantastiques de Steven Spielberg, chroniqués dans L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique :

 

1971: Duel

 1975: Les Dents de la Mer

1977: Rencontres du 3ème Type

1981: Les Aventuriers de l'Arche Perdue 

1982: E.T. L'extra-terrestre

1983: La Quatrième Dimension

1984: Indiana Jones et le Temple Maudit

1989: Indiana Jones et la dernière Croisade

1990: Always, pour toujours

1991: Hook ou la Revanche du Capitaine Crochet

1993: Jurassic Park

1997: Le Monde Perdu: Jurassic Park

2001: A.I. Intelligence Artificielle

2002: Minority Report

2005: La Guerre des Mondes

2008: Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal

2011: Les Aventures de Tintin: le Secret de la Licorne

 

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© Gilles Penso

Un grand merci à Michèle Abitbol et Séverine Lajarrige

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Steven Spielberg - Communauté : Cinéastes et passionnés
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Mardi 13 décembre 2011 2 13 /12 /Déc /2011 22:54

Mission-Impossible-Protocole-Fantome(Mission Impossible : Ghost Protocol)

De Brad Bird (Etats-Unis)

Avec Tom Cruise, Simon Pegg, Paula Patton, Jeremy Renner, Michael Nyqvist, Vladimir Mashkov, Josh Holloway

 

Au cœur de ses prodigieux films d’animation (Le Géant de Fer, Les Indestructibles, Ratatouille), Brad Bird avait su intégrer des touches de réalisme et d’émotion propres aux longs métrages en prises de vues réelles. En s’attaquant à son premier film « live », il semblait logique qu’il inverse la tendance, plongeant ses héros en chair et en os dans une action dynamique dont la folle énergie et la gestion virtuose de l’espace filmique évoquent les morceaux de bravoure de ses œuvres animées. Le quatrième opus de la saga Mission Impossible marque ainsi le mariage de deux modes d’expression cinématographiques a priori antithétiques, mariage d’autant plus heureux que le film joue résolument la carte du divertissement à grand spectacle, multipliant jusqu’à plus soif les séquences d’action vertigineuses et les moments de suspense intense.

 

Parrainé par J.J. Abrams, Brad Bird concocte un épisode qui s’inscrit dans la directe continuité de son prédécesseur, tout en l’imprégnant de sa forte personnalité, l’un des coups de génie de cette franchise étant de laisser chaque réalisateur y apposer une patte reconnaissable et personnelle, dans l’esprit de la saga Alien. Le travail d’équipe qui fut le moteur principal de la série de Bruce Geller, et que Bird avait si bien traité dans Les Indestructibleset Ratatouille, irradie tout le récit, même si de nombreux grains de sable grippent la mécanique d’ordinaire bien huilée de l’Impossible Mission Force. D’emblée, le motif du dysfonctionnement s’invite comme élément dramatique majeur : Ethan Hunt est en prison, puis refuse de respecter le protocole qui aurait facilité son évasion, avant de se retrouver accusé d’avoir provoqué un attentat au Kremlin. Désavoué par sa hiérarchie, il se crée une équipe dont il ne maîtrise pas les motivations individuelles, et ne peut même plus compter sur le matériel high-tech à sa disposition, tant les pépins mécaniques et électroniques s’accumulent autour de lui !

 

Malin, le scénario de ce Protocole Fantôme puise ainsi dans les figures narratives habituelles de la série (le double rendez-vous truqué dans l’hôtel de Dubaï est à ce titre un pur moment de délectation, doublé d’une belle leçon de montage parallèle) pour mieux les dynamiter. En gros, rien ne se passe comme prévu dans cette mission décidément quasi-impossible, et le spectateur, tenu en haleine comme rarement sur un grand écran (un très grand écran, même, si on profite du spectacle dans une salle Imax), se laisse joyeusement ballotter d’une péripétie à l’autre sans comprendre comment ses héros comptent se tirer d’affaire. Plus inspiré que jamais, Brad Bird collecte les séquences inédites (la poursuite dans la tempête de sable, l’illusion d’optique dans le couloir du Kremlin, un climax digne de celui de Monstres et Compagnie) tandis que le compositeur Michael Giacchino se surpasse, ajoutant à ses reprises symphoniques de la célèbre partition de Lalo Schifrin des teintes jazzy délicieusement sixties. Seule petite ombre au tableau : un épilogue exagérément positif qui boucle en vitesse toutes les sous-intrigues et efface l’intéressante noirceur qui mordait l’âme de son personnage principal.

 

© Gilles Penso

Thema: Espionnage et Science-Fiction

Par Gilles Penso - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Dimanche 11 décembre 2011 7 11 /12 /Déc /2011 21:49

Sweeney-Todd-livre.jpgde James Malcolm Rymer (Etats-Unis) - 1850

Traduction de Thomas Garel. Illustration couverture de Melody Dafonseca. Publié aux éditions Callidor

 

Le livre est disponible ici

 

La majorité des films fantastiques puisant leur inspiration dans un matériau littéraire, il semblait primordial de réserver  tôt ou tard dans l’Encyclopédie du Cinéma Fantastique une place aux écrits de l’imaginaire, de la science-fiction et de l’horreur. Les jeunes éditions Callidor nous en offrent l’occasion grâce à une publication événementielle qui fera probablement date en nos contrées : la version intégrale de Sweeney Todd, connu également sous les titres alternatifs Le Collier de Perles et Le diabolique barbier de Fleet Street.

 

Influence directe du film homonyme de Tim Burton, mais également d’une dizaine d’autres adaptations cinématographiques, de plusieurs pièces de théâtre et d’un célèbre show musical concocté par Stephen Sondheim, ce récit mélodramatique à cheval entre l’investigation policière et le roman d’épouvante fut d’abord un feuilleton épisodique, avant que ses chapitres ne soient réunis sous forme d’un livre complet, le nom de l’auteur – James Malcolm Rymer, n’ayant été révélé que récemment après maintes confusions liées à la paternité de l’œuvre. Antérieur aux séminaux Dracula et L’Etrange cas du docteur Jekyll et de Monsieur Hyde, dont il annonce bon nombre de motifs et de thématiques, Sweeney Todd s’ouvre sur la disparition inexpliquée d’un marin en plein Londres. En avance sur les enquêteurs, le lecteur comprend bien vite que le sinistre barbier Sweeney Todd, contrefait, antipathique et misanthrope, n’est pas étranger à cette curieuse affaire.

 

La description que nous en donne Rymer (« un homme grand, au physique ingrat, comme un pantin dont les parties auraient été mal assemblées, doté d’une bouche, de mains et de pieds si immenses qu’il était lui-même, d’une certaine manière, une véritable curiosité de la nature ») n’est pas très éloignée de celle qu’utilisait Victor Hugo pour dépeindre Quasimodo dans Notre Dame de Paris (« de larges pieds, des mains monstrueuses (…) On eût dit un géant brisé et mal ressoudé. »). Dépassant le statut de « banal » criminel, Sweeney Todd se mue ainsi en véritable créature monstrueuse n’ayant plus beaucoup d’attributs humains. Et pourtant – perversion de la narration – l’intrigue emploie souvent le barbier comme protagoniste, incitant le lecteur à s’en servir de pôle d’identification, voire à devenir complice de ses crimes. Le chapitre situé dans la maison des voleurs est à ce titre édifiant. En fuite après avoir tenté de revendre un collier volé, il tombe sur un repaire de gredins dont il tente de s’échapper discrètement, avec comme armes principales sa force physique, sa détermination et notre sollicitude !  

 

Sweeney Todd n’est certes pas exempt de défauts, notamment des digressions un peu artificielles liées à sa nature initiale feuilletonante, et son style inégal qui laisse imaginer une co-écriture avec d’autres auteurs demeurés anonymes. Mais le dynamisme énergisant du récit, ses multiples rebondissements, son univers sinistre tempéré de nombreuses touches d’humour noir et la fascination malsaine qu’exerce son anti-héros emportent immédiatement l’adhésion. Pour ne rien gâcher, les éditions Callidor ont serti l’œuvre dans un emballage luxueux, la couverture crayonnée par Melody Dafonseca clignant discrètement de l’œil vers Tim Burton tout en se constellant de taches écarlates ô combien évocatrices.

 

© Gilles Penso

Par Gilles Penso - Communauté : Autres Mondes...
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Mercredi 7 décembre 2011 3 07 /12 /Déc /2011 22:19

 

 

Poster RH(Ray Harryhausen: Special Effects Titan)

de Gilles Penso (France / Grande-Bretagne)

avec Ray Harryhausen, Peter Jackson, James Cameron, John Landis, Joe Dante, Steven Spielberg, Tim Burton, Terry Gilliam, Nick Park

 

Voir la bande annonce

 

Voir les images de la "première" au cours du Paris International Fantastic Film Festival

 

Difficile de parler de son propre film. Précisons simplement que ce documentaire, consacré à un génie des effets spéciaux qui profite aujourd'hui, à l'âge vénérable de 91 ans, d'une retraite bien méritée, est un véritable rêve d'enfant devenu réalité. Les plus grand réalisateurs actuels ont accepté de participer à l'aventure, tout comme de nombreuses personnalités de l'industrie cinématographique, et je tiens à les remercier chaleureusement pour leur implication. Tout comme Alexandre Poncet, frénétique producteur co-fondateur de la société de production Freneticarts, et Tony Dalton, responsable de la Harryhausen Foundation, sans qui ce film n'existerait pas aujourd'hui. Laissons donc la parole aux journalistes qui ont vu le documentaire et qui livrent ici à chaud leurs impressions.

 

« Un très bel hommage à notre ami de toujours Ray Harryhausen. Ray Harryhausen c'est celui qui, depuis notre enfance (du moins celle de ma génération et encore plus celle d'avant), nous conte des histoires avec des ovnis, des dinosaures et autres créatures provenant de la mythologie ou plus simplement de son imagination. Véritable hymne d'amour dédié à Ray Harryhausen le documentaire intitulé Ray Harryhausen : Le Titan des Effets Spéciaux, écrit et réalisé par Gilles Penso, produit par Alexandre Poncet, ne se complait pas dans les louanges (il y en a quand même quelques-unes) mais au contraire ouvre un véritable débat entre les créatures d'hier - conçues par un homme qui a fêté ses 91 ans en 2011 - et celles d'aujourd'hui. À travers ce documentaire, c'est un casting de malade qui prends la parole : Steven Spielberg, James Cameron, Nick Park, Peter Jackson, Tim Burton, Guillermo Del Toro, Joe Dante, Dennis Muren, John Landis et bien d'autres encore. Passionnant de bout en bout et accompagné de nombreuses images d'archives (bien qu'on aurait voulu voir le maître poser les peaux autour des ossatures), ce documentaire est à la fois une petite merveille pour les fans mais aussi pour les novices qui pourront comprendre que le CGI c'est bien, mais qu'il existait « un avant » qui ne manquait pas de magie et qui n'a certainement pas dit son dernier mot. Si ne cela dépendait que de moi, on devrait montrer ce documentaire à toutes les écoles, histoire que les nouvelles générations comprennent que le cinéma ce n’est pas Transformers ! »

Richard B, Sci-Fi Universe

 

« Véritable déclaration d’amour aux créatures en stop-motion et à leur grand créateur Ray Harryhausen, ce documentaire est une plongée à la fois riche en informations et en images inédites (de nombreuses images d’archives auxquelles ont eu accès l’équipe du film grâce à la fondation Ray Harryhausen), présentée de façon très dynamique et totalement inédite, de l’univers de l’artiste. Inédite en effet, puisque outre un retour chronologique sur la vie et la carrière de l’artiste (sa jeunesse, ses inspirations premières, ses films, etc.), le film convoque les plus grands cinéastes et chefs des effets spéciaux d’aujourd’hui (James Cameron, Peter Jackson, Guillermo DelToro, Steve Johnson, Rick Baker et bien d’autres), afin de montrer les liens qui se tissent entre les monstres d’hier et les créatures d’aujourd’hui, ainsi que les vocations que le directeur des effets spéciaux de Jason et les Argonautes a inspiré. Percutant, toujours drôle et parfois même émouvant, ce film, destiné aussi bien aux profanes qu’aux fans, nous fait voyager, rêver même et d’une bien belle façon incite les spectateurs, dès que les lumières se rallument, à aller découvrir ou redécouvrir le monde merveilleux et titanesque de Ray Harryhausen. »

Quentin Boutel, Iconophages

 

« Documentaire réalisé par un spécialiste de la Stop Motion et produit par un journaliste de Mad Movies, Le Titan des Effets Spéciaux porte bien son nom puisqu’il s’adresse à un homme fondamental dans l’histoire du cinéma fantastique et de science-fiction. Du Monstre des Temps Perdus aux Soucoupes Volantes Attaquent, en passant par Le Choc des Titans, Les Voyages de Gulliver ou évidemment Jason & les Argonautes, ce monstre du trucage a eu une influence colossale, ce que le documentaire s’attèle à montrer en mettant en parallèle sa carrière et des grands films bien plus récents. Au rythme d’interviews des plus grands, allant de James Cameron à Steven Spielberg en passant par Peter Jackson ou Guillermo Del Toro, le film montre combien Ray Harryhausen a été capital (de l’aveu de tous les interviewés…) et surtout génial, tant son travail méticuleux était un enfer de précision. Riche, ludique, passionnant et même émouvant, un beau morceau d’histoire. »

Jean-Victor, Cloneweb

 

« On vous mentirait en affirmant ne pas être conquis d'emblée par le sujet, mais il n'est pas moins vrai que la mosaïque de témoignages, d'anecdotes et d'enseignements contenus dans cette formidable leçon de cinéma tenait du miracle. Voilà l'une des rares enquêtes sur l'héritage d'un pan spécifique du cinéma de genre, qui peut se targuer de s'adresser aux novices comme aux spécialistes, aux geeks comme aux spectateurs occasionnels. L'émerveillement y côtoie la déférence et un sens aigu de la pédagogie, grâce aux interventions passionnantes de James Cameron, Peter Jackson, Steven Spielberg, Joe Dante, Terry Gilliam, John Lasseter, Guillermo Del Toro, Jean-Pierre Jeunet et Steve Johnson, pour ne citer que les plus illustres. Un documentaire passionnant, dont on se désole de voir le peu d'intérêt qu'il suscite pour le moment parmi les chaînes hexagonales. »

Simon Riaux, Ecran Large

 

« Le magnifique documentaire Ray Harryhausen, Le Titan des Effets Spéciaux (2011), un bel hommage à un très grand artiste avec une fois n'est pas coutume des témoignages d'admirateurs mais avec un propos éclairé. Un excellent travail de montage et d'écriture de Gilles Penso et Alexandre Poncet. »

Pascal Leduff, Notre Cinéma

 

« Ray Harryhausen : Le Titan des Effets Spéciaux est un bel hommage à un très grand artiste avec, une fois n'est pas coutume, des témoignages d'admirateurs mais capables de développer un propos éclairé. Un excellent travail de montage et d'écriture de Gilles Penso permet de comprendre le travail de ce pionnier de l'animation image par image. Élève de Willis O'Brien (créateur de King-Kong), il a inspiré de nombreux réalisateurs et créateurs d'effets spéciaux. La liste des personnalités interviewées est impressionnante et pourtant le réalisateur évite le côté défilé de stars. On découvre des images d'archives inédites des premiers essais de Ray Harryhausen, des images de ses courts. Émouvant et pédagogique, cet alliage n'est pas si courant. »

Cinérégion

 

« Gilles Penso, auteur du livre Stop-Motion : L’animation Image par Image dans le cinéma fantastique, et Alexandre Poncet, journaliste de Mad Movies,  ont donné le meilleur d’eux même pour réaliser cette petite merveille, qui nous fait découvrir la légende de Ray Harryhausen, son histoire, et son impact dans le cinéma actuel. (…) Gilles et Alexandre nous embarquent dans une machine à remonter le temps, et nous font revivre les temps forts et les frissons de jubilation de notre enfance provoqués par les films de Ray Harryhausen. Je ne peux que citer mes références personnelles, qui restent Le Choc des Titans, et Un million d’années avant J.C, tellement vus et revus étant enfant que les VHS étaient devenues inutilisables... Après avoir vu cette œuvre dense en information, si Ray Harryhausen ne devient pas un héros à vos yeux… ou ne l’était déjà, vous n’êtes définitivement pas un fan de fantastique. Une seule envie, se faire toute sa filmographie en invitant des amis avec au menu du bon pop corn bien chaud ! Un grand bravo aux deux réalisateurs, qui ont fait un travail de monstre, et contribuent à sauver des morceaux de l’histoire du fantastique ! Merci à eux ! »

Zombiesworld.com


« Gilles Penso a réalisé un travail formidable retraçant la carrière de cette figure incontournable du cinéma fantastique. »

Lostinadream.com

 

« Si la plupart des films ont déjà fait l’objet de Making of ou featurette en dvd ou sur les récents Blu-Ray, on découvre ébahi des images inédites du tournage des deux premiers Sinbad, en provenance d’un collectionneur privé. Outre les témoignages inédits de Ray Harryhausen et de plusieurs de ces collaborateurs, on savoure surtout ceux de ses fans. »

Jérome Wybon, Forgotten Silver

 

 

Merci à tous pour cet accueil chaleureux !

 

 

Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 16:47

sortilege19733756(Beastly)

de Daniel Barnz (2011) – GB

avec Alex Pettyfer, Vanessa Hudgens, Justin Bradley, Mary-Kate Olsen, Dakota Johnson, Erik Knudsen, Peter Krause

 

Le Blu-Ray est disponible ici

 

Le DVD est disponible ici

 

Depuis sa mise en forme et sa popularisation par Jeanne-Marie Leprince de Beaumont en 1757, le mythe universel de « La Belle et la Bête » a été accommodé à toutes les sauces, de la sublime relecture concoctée par Jean Cocteau en 1946 jusqu’au dessin animé ultra-populaire des studios Disney en passant par les versions télévisées des années 70 et 80. Une adaptation post-moderne, adaptée aux adolescents du 21ème siècle, était inévitable. Le romancier Alex Flinn s’y colla en écrivant « Beastly », dont les droits furent acquis par CBS Films en 2007 en vue d’une adaptation cinématographique.

 

Le prince transformé en monstre est donc devenu Kyle (Alex Pettyfer, héros d’Alex Rider et Numéro 4). Fils d’un présentateur vedette (Peter Krause, échappé de Six Feet Under), beau gosse populaire dans son lycée, gâté, ambitieux et vantard au-delà de toute mesure, le jeune homme attire immédiatement l’antipathie. Un jour, il a la mauvaise idée d’humilier publiquement Kendra (Mary-Kate Olsen), une fille gothique et marginale qui refuse de faire partie de sa cour. Or Kendra est une sorcière, et lui jette aussitôt un sort : la laideur intérieure de Kyle va contaminer son apparence physique. Condamné à se terrer telle une bête traquée, il échappera à sa malédiction si quelqu’un tombe amoureux de lui d’ici une année…

 

Les partis pris initiaux de Sortilège semblent pertinents, notamment un regard acerbe sur le culte de l’image cher aux teenagers et une évacuation du look lycanthropien classique de la Bête au profit d’une défiguration moins iconique. Hélas, un fossé se creuse entre les intentions et le résultat final, comme si le cinéaste Daniel Barnz n’avait pas su – ou n’avait pas voulu ? – échapper aux lieux communs du film pour ados romantico-fantastique, dont le mètre étalon semble être devenu la « saga » Twilight. La bande son se sature donc de morceaux pop-rock sirupeux (Lady Gaga entonne dès le générique un « Vanity » qui donne d’emblée le ton), la mise en scène joue volontiers la carte du vidéo clip et les jeunes protagonistes ne sont jamais filmés avec réalisme (nous sommes bien plus proches ici de la gravure de mode pour magazine que de l’adolescent américain réel).

 

Même l’excellent Tony Gardner, maquilleur spécial du Blob, de Darkman et de L’Armée des Ténèbres, se casse un peu les dents sur le design de la « créature ». Plusieurs idées se cumulent sur l’altération du visage d’Alex Pettyfer (perte de pilosité, maladie de peau, scarifications, piercings, tatouages, végétation grimpante), mais le résultat à l’écran manque singulièrement de cohérence et surtout de « présence ». A ces réserves liées à la forme plastique du film s’ajoute une frustration d’ordre narratif. Car dès que Kyle se mue physiquement, son caractère semble s’adoucir sans souci de réelle progression dramatique. Comme en outre la jeune fille dont il s’éprend, incarnée par Vanessa Hudgens, ne semble guère rebutée par ses allures de zombie imberbe et végétal, l’issue de l’idylle ne laisse guère de doute, la carence de conflits et d’obstacles internes amenuisant singulièrement la dramaturgie de ce Sortilège finalement trop sage pour convaincre.

 

Le DVD: Techniquement impeccable, le DVD s'orne d'une poignée de bonus distrayants, à défaut d'être indispensables, notamment une featurette promotionnelle, un clip vidéo, des scènes coupées et une fin alternative. On s'attardera volontiers sur le module "La Bête Parfaite" consacré au travail du maquilleur Tony Gardner et de son légendaire atelier Alterian Studio.

 

Un film distribué par Metropolitan Filmexport
Retrouvez sur Cinetrafic les films de l'année 2010 : http://www.cinetrafic.fr/film-2010
et les films fantastiques ici : http://www.cinetrafic.fr/film-fantastique

 

© Gilles Penso

Thema: Sorcellerie

Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Mercredi 23 novembre 2011 3 23 /11 /Nov /2011 21:55

Innocents(The Innocents)

de Jack Clayton (Grande-Bretagne)

avec Deborah Kerr, Megs Jenkins, Michael Redgrave, Peter Wyngarde, Martin Stephens, Pamela Franklin, Clytie Jessop

 

Le DVD est disponible ici

 

Œuvre phare de la littérature anglaise, « Le Tour d’écrou » d’Henry James fit beaucoup parler de lui lors de sa publication en 1898. Il se distinguait en effet des traditionnelles histoires de fantômes en y injectant une bonne dose d’éléments psychanalytiques, semant finalement le doute auprès du lecteur quant à la véracité des phénomènes surnaturels présents dans le récit. Adapté sous forme de scénario par Truman Capote et William Archibald, « Le Tour d’écrou » devint en 1961 Les Innocents, sous la direction de Jack Clayton, et le roman classique se mua en film classique.

 

Inoubliable dans Quo Vadis, Le Prisonnier de Zenda ou encore Le Roi et Moi, Deborah Kerr incarne ici Miss Giddens, dont l’entretien d’embauche constitue le prologue du film. Elle propose en effet ses services de gouvernante pour s’occuper de Flora et Miles, deux petits orphelins quelque peu délaissés par leur oncle oisif et vivant en compagnie de quelques servantes dans une gigantesque maison au beau milieu du comté de Blye. Miss Giddens se laisse séduire par l’ingénuité et le charme des deux enfants, mais progressivement quelques troubles comportementaux de la part de Miles et Flora finissent par l’alerter. Son inquiétude grandit lorsqu’elle apprend que Miss Jessel et Peter Quint, l’ancienne gouvernante et le valet, étaient des amants sado-masochistes décédés dans d’étranges circonstances. Bientôt, de curieux phénomènes surviennent, laissant supposer à Miss Giddens que les fantômes des deux sinistres personnages hantent les lieux et possèdent l’esprit des enfants…

 

Serti dans un magnifique Cinémascope noir et blanc éclairé par Freddie Francis (futur réalisateur pour la Hammer), mis en scène avec raffinement et dextérité par Jack Clayton, Les Innocents laisse une impression d’inconfort prégnante et palpable. Le fantastique et l’épouvante s’y invitent lentement, insidieusement, pénétrant en douceur un cadre idyllique et paisible. Les apparitions fantomatiques elles-mêmes tirent leur efficacité de leur sobriété : une ombre qui passe dans un couloir mal éclairé, une silhouette d’homme en haut d’un clocher, une femme en noir qui se fige au loin sur la rive d’un étang, le visage d’un homme qui soupire dans l’obscurité d’un rideau sombre… La bande son, jouant avec le vent sinistre, le pépiement agaçant des oiseaux ou les hurlements de la petite fille épouvantée, participe grandement au sentiment d’angoisse sourde.

 

Peu à peu, le doute s’installe : les enfants sont-ils réellement ensorcelés, comme le symbolise l’image de ce cafard sortant de la bouche d’un angelot en pierre, ou Miss Giddins projette-t-elle ses propres angoisses sur Miles et Flora ? Astucieux, Clayton s’amuse souvent à recadrer le visage de ses protagonistes, ne laissant parfois apparaître qu’un regard ou une bouche pour mieux cerner le malaise, tandis que la partition de Georges Auric alterne la sérénité printanière des cordes et les accès de panique des cuivres. Détournant avec grand art les clichés liés à la candeur enfantine, Les Innocents s’achève sur une confrontation éprouvante qui prend les allures d’un exorcisme, et marque une date importante dans l’histoire des films de fantômes.

 

© Gilles Penso

 

Thema: Fantômes

Par Gilles Penso - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Mardi 22 novembre 2011 2 22 /11 /Nov /2011 16:10

Miseryde Rob Reiner (Etats-Unis)

Avec James Caan, Kathy Bates, Richard Farnsworth, Frances Sternhagen, Lauren Bacall, Graham Jarrvis, Jerry Potter

 

Le Blu-ray est disponible ici

 

Le DVD est disponible ici

 

Voltaire a écrit : « En tous temps, en tous lieux, le public est injuste ». Du moment que l'on donne son œuvre en pâture au public, on doit se tenir prêt à subir tous les excès, et accepter le fait étrange mais logique que le fruit de notre imagination ne nous appartient plus. La frontière entre fan et fanatique se fait souvent ténue, au grand dam des artistes. Stephen King en a fait la douloureuse expérience, et préfère de loin la tranquillité. La trame de Misery propose une pertinente réflexion sur l'appropriation d'un auteur par son public : Paul Sheldon (James Caan), grand écrivain de romans à l'eau de rose, subit un grave accident de voiture et se retrouve convalescent chez sa « plus fervente admiratrice », Annie Wilkes (Kathy Bates), qui est également infirmière.

 

La situation vire rapidement au cauchemar quand Annie se rend compte que son idole a décidé de « tuer » son héroïne préférée, Misery Chastain, dans son prochain manuscrit. Dès lors, Paul passe du statut de figure emblématique à celui de souffre-douleur, se voyant contraint et forcé de ressusciter le personnage et d'écrire un tout nouveau roman... Un sujet de cette trempe offre nombre de possibilités pour un réalisateur. Cependant, adapter le King équivaudrait plutôt à un cadeau empoisonné. Le matériau d'origine étant souvent très évocateur et très dense, celui qui s'attaque au défrichage de la prose du  Maître s'expose à une comparaison risquée (comparaison souvent faite par l'intéressé lui-même, pas très tendre avec les metteurs en scène). Dans le cas qui nous occupe, le choix de Rob Reiner s'apparente à un juste milieu idéal. L'homme est capable de réussir des comédies cultes et très fédératrices (Princess Bride, Quand Harry rencontre Sally) mais aussi de s'attaquer à des sujets plus graves avec une réelle sensibilité (Stand by me, sa première rencontre avec King, qui adore le film).

 

L'ambivalence est donc de mise : la charge à l'encontre du lectorat « populaire » se veut satirique et acide, mais le portrait de l'écrivain n'est pas plus flatteur, les déviances d'Annie étant tout autant brocardées que la suffisance et le cynisme de Paul. Reiner se plaît à restituer toute la cruauté du roman (mis à part une scène de meurtre à la tondeuse coupée au montage par peur du comique involontaire), alternant séquences au suspense insoutenable, rebondissements brutaux et effrayants, dialogues vifs et acerbes écrits au cordeau (servis par un couple Caan/Bates en état de grâce), et pointes d'humour salvatrices (le personnage du vieux policier roublard, absent du livre). Outre sa réflexion sur les dangers de la célébrité et l'abandon total du fan/fanatique jusqu'à la perte de soi, le film est avant tout une joute psychologique, verbale et physique entre les deux protagonistes principaux. Annie souffle le chaud et le froid, imprévisible, tantôt dévouée et enfantine puis dragon à la force herculéenne (trait important du roman bien retranscrit à l'écran), tantôt amoureuse éperdue de bonheur se muant en dépressive suicidaire et meurtrière.

 

Kathy Bates (qui y gagna un Oscar et un Golden Globe amplement mérités) donne vie au personnage avec finesse, passant d'une émotion à une autre en un battement de cil. Caan n'est pas en reste dans un rôle très physique, provoquant facilement l'empathie et l'identification chez le spectateur. La relation amour/haine, dominant/dominé qui s'installe donne lieu à des scènes d'anthologie où les positions établies se voient subitement renversées et les spéculations du spectateur constamment déjouées. Et même si le final cède un tant soit peu au grand-guignol, justifié par l'ardente envie du public de voir souffrir la tortionnaire, le film résiste brillamment à l'épreuve du temps. Thriller captivant, fine étude de mœurs et mise en abîme cathartique pour son auteur star, Misery trône fièrement sur le podium des meilleures adaptations du King.

 

© Julien Cassarino

Thema: Tueurs

Par Gilles Penso - Communauté : Cinéma
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Samedi 19 novembre 2011 6 19 /11 /Nov /2011 13:44

fog(The Fog)

de John Carpenter (Etats-Unis)

avec Adrienne Barbeau, Jamie Lee Curtis, Tom Atkins, John Houseman, Janet Leigh, Hal Holbrook, James Canning

 

Le Blu-ray est disponible ici

 

Le DVD est disponible ici

 

Dans la foulée d’Halloween, appelé à devenir un colossal succès public, John Carpenter embraya sur Fog, une histoire de fantômes plus ancrée dans l’épouvante traditionnelle. « Je voulais faire un film à l’ancienne comme ceux de Jacques Tourneur, ou comme ces serials sur The Shadow de James V. Horne », explique-t-il à ce propos (1). Les premières séquences de Fog sont serties dans une magnifique photographie nocturne de Dean Cundey, exploitant avec talent toute la latitude du format Cinemascope. « Beaucoup de mes films parlent de gens qui sont emprisonnés, pris au piège, effrayés »  ajoute Carpenter. « L’obscurité est un élément de base de ces sensations. C’est également très photogénique » (2).  

 

Situé dans la petite ville côtière d’Antonio Bay, le film s’ouvre sur une série de phénomènes étranges, qu’on croirait issus de  Rencontres du Troisième Type : les téléphones sonnent brutalement dans les cabines, l’électricité s’emballe, de mini-séismes secouent les environs, les pompes à essence se vident, les klaxons et alarment se déclenchent, les téléviseurs s’allument, les objets bougent seuls, les vitres éclatent… Et puis, et surtout, il y a cette nappe de brouillard surnaturelle annonciatrice d’une antique malédiction… Car l’origine de ces mystérieuses manifestations n’est pas extra-terrestre, mais bel et bien spectrale. La légende raconte en effet qu’en 1880, La population d'Antonio Bay coula un bateau transportant des lépreux pour ne pas avoir à les accueillir. Or un siècle après, jour pour jour, alors que tous les habitants se préparent à fêter le centenaire de la ville, les morts reviennent pour se venger.

 

Voilà pour le point de départ, un récit simple dénué de toutes fioritures, d’autant que John Carpenter s’amuse une fois de plus à structurer l’histoire autour de la double unité de lieu et de temps. Le casting de Fog réunit deux héroïnes familières du réalisateur : Adrienne Barbeau (Meurtre au 43ème étage) et Jamie Lee Curtis (Halloween), auxquelles se joint la mère de celle-ci, Janet Leigh, célèbre héroïne de Psychose. Ironiquement, le tournage de Fog s’est déroulé à quelques kilomètres à peine de Bodega Bay, où Hitchcock avait tourné Les Oiseaux. Et pour parachever la filiation avec le maître du suspense, Carpenter s’amuse à faire une petite apparition au début du film, dans le rôle de l’assistant du curé.

 

Simples ombres menaçantes au début du film, les fantômes apparaissent un peu plus précisément vers le dénouement, sans se départir pour autant de leur aura de mystère et de suggestion, proches en cela des abominations du romancier H.P. Lovecraft auquel Carpenter se réfère ouvertement. Silencieux, le pas traînant, le faciès décomposé, ils assaillent les humains comme des zombies, évoquant à la fois les Templiers d’Amando de Osorio et les échappés de l’Enfer de Lucio Fulci. « Le premier montage terminé, ça ne donnait pas du tout le résultat prévu », se souvient John Carpenter. « J’ai donc du retourner un certain nombre de séquences en ciblant un public plus moderne » (3). Force est de constater que cette révision du découpage fut une bonne idée, car en l’état, Fog est un film d’épouvante atemporel d’une redoutable efficacité.

 

(1), (2) et (3) Propos recueillis par votre serviteur en février 1995

 

© Gilles Penso

Thema: Fantômes

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de John Carpenter - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Jeudi 17 novembre 2011 4 17 /11 /Nov /2011 22:38

 

horribilis affiche(Slither)

de James Gunn (Etats-Unis)

avec Don Thompson, Nathan Fillion, Gregg Henry, Xantha Radley, Elizabeth Banks, Tania Saulnier, Dustin Milligan, Michael Rooker

 

Le DVD est disponible ici

 

Fan inconditionnel d’horreur et de science-fiction, James Gunn avait fait parler de lui en écrivant le scénario de  L'Armée des Morts, relecture modernisée du mythique   Zombie de George Romero. Pour son premier long-métrage en tant que réalisateur, Gunn s’est laissé inspirer par les œuvrettes qui bercèrent son adolescence au milieu des années 80. Voilà pourquoi Horribilis évoque irrésistiblement les Blob , Tremors  et autres La Nuit des Sangsues qui dynamitaient à grands coups de second degré les scripts naïfs des séries B des années 50.

 

Fidèle à l’imagerie traditionnelle, le film s’ouvre sur la traversée du cosmos par une météorite se crashant quelque part dans la campagne américaine, tandis que deux policiers somnolent dans leur voiture de patrouille. Conditionné, le spectateur découvre peu après les habitants de la petite ville de Wheelsy, notamment le businessman Grant Grant (Michael Rooker) et sa jeune épouse Starla (Elizabeth Banks). Celle-ci ne répondant guère à ses besoins affectifs, Grant se laisse tenter par une virée nocturne dans les bois avec Brenda (Brenda James). Là, tous deux découvrent une masse gélatineuse bien peu ragoûtante, qui éjecte bientôt un dard dans la poitrine de Grant. A partir de là, tout dégénère très vite. Car l’hôte involontaire du germe extra-terrestre est soudain en proie à des fringales carnivores insatiables, stockant dans sa cave des montagnes de viande et des carcasses d’animaux divers.

 

Un soir, il viole littéralement Brenda, plantant des tentacules frétillants dans son corps terrifié jusqu’à ce qu’elle se mue en mère pondeuse d’un millier de limaces gluantes transformant peu à peu tous les habitants de la bourgade en zombies agressifs. Seul Bill Pardy (Nathan Fillion), le shérif de Wheelsy, semble capable d’endiguer la redoutable invasion. James Gunn connaît si bien ses classiques que de nombreuses œuvres clefs du genre viennent à l’esprit tout au long du métrage. Si les métamorphoses tentaculaires de Grant évoquent The Thing et La Mouche, les limaces tueuses nous ramènent au Mutations de Juan Piquer Simon, tandis que la transformation des habitants en êtres dénués de personnalité rappelle forcément L’Invasion des Profanateurs de Sépulture et La Nuit des Morts-Vivants.

 

Quant à l’orgie finale, elle semble se référer à Society et Videodrome. Le cinéaste assume pleinement ses sources, donnant au maire de Wheelsy le patronyme de MacReady (comme Kurt Russell dans The Thing), laissant apparaître la devanture d’un magasin de télévisions nommé Max Renn (comme James Woods dans Videodrome), évoquant un drame survenu chez la famille Castevet (personnages clefs de Rosemary’s Baby), et nous gratifiant d’un extrait de Toxic Avenger, témoin de son passé d’homme à tout faire chez Troma. Tous ces clins d’œil n’empêchent pourtant pas Horribilis de posséder sa personnalité propre et de collecter quelques séquences outrancières propres à figurer dans une anthologie, notamment l’explosion de Brenda dans la grange, l’attaque des sangsues dans la baignoire ou le climax déjanté, point d’orgue d’un extraordinaire cocktail d’horreur et d’humour référentiel.

 

© Gilles Penso

Thema: Extra-Terrestres
Par Gilles Penso - Communauté : Aliens, zombies et dinosaures
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 22:36

la ferme de la terreur,1(Deadly Blessing) 

de Wes Craven (1981) - USA 

avec Maren Jansen, Susan Buckner, Sharon Stone, Jeff East, Ernest Borgnine, Michael Berryman, Colleen Riley 

 

Le DVD est disponible ici

 

En 1981, Wes Craven avait déjà acquis une réputation de « maître de l’horreur » grâce à  La Dernière Maison sur la Gauche  et   La Colline a des Yeux. Refusant de se reposer sur ses lauriers, il enchaîna avec un téléfilm de genre (L’Eté de la Peur) avant de signer La Ferme de la Terreur, une œuvre pas toujours estimée à sa juste valeur qui porte pourtant en germe la semence de ses meilleurs films à venir. L’intrigue se situe au beau milieu de la campagne texane. A la suite de la mort étrange de son mari, Martha Schmidt (la magnifique Maren Jansen) devient le témoin de phénomènes inexpliqués. A proximité de chez elle vit une étrange communauté religieuse : les Hittites.

 

A priori proches des Amishes, ces derniers vivent en autarcie et refusent toute technologie moderne car ils y voient des manifestations du démon. C’est l’autoritaire Isaiah (extraordinaire Ernest Borgnine) qui mène cette communauté d’une poigne de fer. Or L’époux de Martha, un ex-hittite, était son fils aîné. Son trépas serait-il lié au bannissement dont il fit l’objet ? Bientôt, la jeune veuve reçoit la visite de deux amies, Lana (une toute jeune Sharon Stone) et Vicky (Susan Buckner). A partir de là, les choses ne vont cesser d’empirer… Agrémenté d’un casting judicieux (Borgnine est hallucinant en chef de secte tyrannique et les trois actrices principales rivalisent de photogénie), La Ferme de la Terreur est probablement l’un des films les plus stylisés et les plus soignés – d’un point de vue graphique – de la carrière de Wes Craven. Les mouvements de caméra y sont élégants, les décors naturels texans magnifiquement photographiés et la partition du débutant James Horner marche sans rougir sur les traces de Bernard Herrmann.

 

Fort de ces atouts formels, Craven concocte des séquences d’épouvante d’autant plus efficaces qu’elles reposent sur des peurs basiques et évitent les artifices. A ce titre, le serpent qui s’immisce dans une baignoire entre les jambes nues de Maren Jansen ou l’araignée velue qui tombe dans la bouche grande ouverte de Sharon Stone – deux scènes qui se répercuteront respectivement dans  Les Griffes de la Nuit et  L’Emprise des Ténèbres - savent distiller d’irrépressibles frissons. Aux symboles sexuels se mixent des phobies viscérales, en un cocktail que le cinéaste ne retrouvera hélas qu’avec parcimonie dans ses œuvres ultérieures.

 

Tout au long de son déroulement, le scénario de La Ferme de la Terreur sème le doute entre l’intervention humaine ou la manifestation surnaturelle pour justifier les morts suspectes et les phénomènes mystérieux. A ce titre, le final est pour le moins surprenant. On sait que ce démon surgissant violemment d’un plancher fut imposé à Craven par les producteurs, à la manière du diable grimaçant de Rendez-Vous avec la Peur que Jacques Tourneur ajouta à son montage à contre-cœur. Mais cette image exagérément spectaculaire abonde dans le sens de l’ambiguïté. Car le cinéaste ne nous donne pas toutes les réponses. Certains reprocheront d’ailleurs au film son manque de clarté et son incapacité à opter pour une fin digne de ce nom. Mais n’est-ce pas justement cette incertitude qui accroît le trouble ?

 

© Gilles Penso

Thema: Diables et Démons

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Wes Craven - Communauté : Horrorkult.com
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  • Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…

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