AU PROGRAMME CETTE SEMAINE

Chers fantasticophiles,

Cette semaine, les robots ont la vedette, grâce aux sorties récentes de Terminator Renaissance et  Transformers 2. Retrouvez ici les critiques de ces deux superproductions bourrées de grosses machines. Du coup, une nouvelle fiche thématique consacrée aux androïdes et autres créatures artificielles a été mise en ligne ici. Un autre robot légendaire, le redoutable Gort, s'anime dans le remake du
Le Jour où la Terre s'Arrêta, actuellement dans les bacs DVD et Blu-Ray.

Sur les grands écrans, signalons également la sortie du magnifique film d'animation Coraline, dont Henry Selick nous parle avec passion ici, ainsi que de Blood ! The Last Vampire, adaptation d'un fameux "anime" japonais réalisée par le Français Chris Nahon.

Bonne visite et bons films !

Samedi 27 juin 2009
Michael Jackson ne pouvait pas mourir. Une telle icone, un tel phénomène, une créature aussi étrange et aussi complexe semblait hors d'atteinte des affres du commun des mortels. Dans l'inconscient collectif, il était devenu systématique de différencier l'artiste - chanteur incomparable, danseur hallucinant, compositeur unique en son genre - et l'homme - mal dans sa peau au point de laisser la chirurgie le défigurer, mal dans sa sexualité au point de sombrer dans les tourments de la pédophilie… Comme si ces deux personnalités étaient physiquement dissociées, à la manière d'un Jekyll/Hyde des temps modernes.

Michael Jackson a souvent flirté avec le fantastique, un genre qui lui convenait à merveille. Epouvantail dansant dans The Wiz de Sidney Lumet, loup-garou et zombie dans le prodigieux clip Thriller de John Landis, capitaine du futur dans le moyen-métrage Captain Eo de Francis Coppola, robot transformer dans Moonwalker de Colin Chilvers, ghoule grimaçant dans Ghosts de Stan Winston, extra-terrestre en smoking le temps d'une apparition dans Men in Black 2 de Barry Sonnenfeld, il prêta sa peau androgyne et achrome à tout un bestiaire que les mémoires auront du mal à effacer.
Par Gilles Penso - Communauté : KALEIDOSCOPE DES BLOGS
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Jeudi 25 juin 2009
(Terminator 3 : Rise of the Machines)
De Jonathan Mostow (Etats-Unis)
Avec Arnold Schwarzenegger, Nick Stahl, Claire Danes, Kristanna Loken, David Andrews, Mark Famiglietti, Earl Boen


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Le DVD est disponible ici

Le Blu-ray est disponible ici

La bande originale peut se télécharger ici

Dans les années 90, Arnold Schwarzenegger avait affirmé fermement qu’il ne jouerait dans Terminator 3 qu’à condition que James Cameron le réalise. Une demi-douzaine de flops plus tard, l’acteur bodybuildé a revu ses élans de solidarité à la baisse et rempile donc pour cette séquelle tardive des deux chefs d’œuvre de Cameron. La très lourde responsabilité de la mise en scène échoit à Jonathan Mostow, qui s’était distingué par un remake à peine camouflé du Bateau de Wolfgang Petersen (U-571) et une variante fort bien troussée sur le thème d’Une Femme disparaît d’Alfred Hitchcock (Breakdown). La pression était terrible, et tout le monde attendait un peu ce troisième opus au tournant.

A vrai dire, Mostow s’en tire plutôt bien, illustrant du mieux qu’il peut un scénario habile mais guère innovant qui puise la plupart de ses idées dans les deux premiers
Terminator, tout en empruntant sous forme de clin d’œil quelques répliques à Commando (« I lied ! ») et à Aliens (« Die, bitch ! »). Nous retrouvons un John Connor âgé de vingt ans, qui n’a plus les traits d’Edward Furlong mais de Nick Stahl, à nouveau en ligne de mire d’un cyborg venu du futur. Cette fois-ci, il s’agit du T-X, une « terminatrice » redoutable à qui Kristinna Loken prête ses traits, et dont les bras se muent en armes de toutes sortes. Comme toujours, un autre cyborg vient lui prêter main-forte, le T-850, massivement interprété par Schwarzie. La course-poursuite peut donc commencer.

Le personnage de Sarah Connor ayant trépassé entre-temps, c’est la future épouse de John (Claire Danes, ex-héroïne du très maniéré Romeo+Juliet de Baz Luhrmann) qui assure le rôle cameronien de la femme forte et battante. On le voit, l’effet de surprise s’est considérablement émoussé, et c’est principalement dans les séquences d’action qu’il faut chercher des trouvailles. De ce point de vue, le film ne démérite pas, accumulant les crash de poids lourds en tous genres, les explosions monstrueuses et les corps à corps musclés entre les deux robots. Mais plus le récit avance, plus il devient évident que l’essence même du concept initial ne repose plus sur les mêmes bases. Chez Cameron, comme chez le Robert Zemeckis de
Retour vers le Futur, l’homme bâtit son propre futur et a la capacité de le changer.

Or ici, c’est le retour au fatalisme de
La Planète des Singes : l’avenir est inéluctable et rien ne pourra le modifier. Ceci étant posé, le combat des protagonistes semble soudain vain, puisque leur destin est déjà écrit. Une perspective guère palpitante qui clôt le film sur une note sombre pour le moins frustrante. D’autant que le soulèvement des machines promis par le sous-titre nous laissait espérer un climax en forme de lutte homérique entre l’homme et la machine. Une lutte qui se résume ici à l’intervention d’une poignée de robots roulants et volants. Terminator 3 n’atteint donc jamais l’ampleur artistique et narrative de ses prédécesseurs, ce qui était à craindre, et se hisse tout juste au niveau d’une bonne série B musclée.

Par Gilles Penso - Communauté : The SciFi Geeks
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Mercredi 24 juin 2009
(Terminator 2 : Judgement Day)
de James Cameron (Etats-Unis)
Avec Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Edward Furlong, Robert Patrick, Joe Morton, Earl Boen


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Le DVD est disponible ici

Le Blu-ray collector est disponible ici

La figurine est disponible ici

La scène prégénérique de Terminator 2, qui décrit à nouveau la lutte des humains contre les machines du futur, donne immédiatement le ton : en un seul plan, on voit plus de robots, de vaisseaux aériens et de chars monstrueux que dans toutes les séquences futuristes réunies du premier
Terminator. Après le conflit nucléaire du 29 août 1997, les rares survivants organisent la résistance contre les machines devenues autonomes qui sont à l’origine du conflit. En 1984, Skynet, l’ordinateur qui contrôlait ces machines, expédiait sur Terre un Terminator de type T-800 dont la mission était d’éliminer Sarah Connor, dont l’enfant à naître devait être le futur chef de la résistance. Le cyborg en question fut détruit et vers 1995 Skynet envoyait un second Terminator de type T-1000, plus perfectionné, pour éliminer John Connor durant son enfance. Quant à Sarah, elle est internée pour avoir tenté de faire sauter l’usine où exerçait Miles Dyson, futur inventeur de la puce qui doit déclencher le conflit.

Muni du plus gigantesque des budgets, James Cameron affiche ostensiblement le moindre dollar à l’écran et réalise l’un des meilleurs films d’actions jamais vus à l’écran, toutes nationalités et toutes époques confondues. Autant remake que suite de
Terminator, ce second opus réutilise la mécanique narrative du film précédent et la transcende avec génie. Ici, l’humour et le second degré s’installent discrètement (notamment à travers le faux départ qui nous révèle que le méchant Terminator n’est pas celui qu’on croit) et les personnages gagnent en profondeur et en complexité. Chaque protagoniste vacille sur les bases que nous lui connaissions. Le redoutable T-800 est désormais un sympathique garde du corps cybernétique (l’image du comédien, quasi inconnu en 1984 et désormais superstar, s’y prête mieux à présent), Sarah Connor s’est transformée en dangereuse guerrière psychotique et son fils John (incarné par Edward Furlong, une vraie révélation) mesure difficilement les responsabilités qui reposent sur ses épaules.

Mais la vraie vedette du film est le T-1000, un cyborg multiforme qui marque une avancée technologique considérable dans le domaine des images de synthèse (amorcée avec le tentacule aquatique d’Abyss et définitivement assise par
Jurassic Park deux ans plus tard) tout en confirmant que l’excellence des effets spéciaux repose la plupart du temps sur une combinaison de techniques et de talents. Ici, en l’occurrence, les effets numériques d’ILM se mêlent à d’impressionnants effets animatroniques de Stan Winston et au jeu charismatique de Robert Patrick, dont le regard froid amplifie considérablement le potentiel inquiétant du personnage. Les morceaux de bravoure abondent dans Terminator 2, du traumatisant cauchemar atomique de Sarah Connor à l’ébouriffante poursuite en camion du climax en passant par les nombreuses échauffourées opposant les deux cyborgs. Au sommet de son art, James Cameron apporte ainsi au cinéma de science-fiction l’une de ses œuvres les plus marquantes et les plus monumentales, redéfinissant les codes d’une saga promise à un bel avenir sur un nombre incalculable de médias (cinéma, télévision, bande dessinée, jeux vidéo)…

Par Gilles Penso - Publié dans : les films de James Cameron - Communauté : The SciFi Geeks
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Samedi 20 juin 2009
« L'histoire est l'élément le plus important. Si vous vous contentez d'ajouter des effets les uns après les autres sans une bonne trame narrative, au bout d'un moment, la scène devient inintéressante. On a l'impression de ne plus percevoir que ce bruit inutile. Le récit permet de donner un rythme, de créer du suspense, d'intriguer les spectateurs. »
McG, à propos de Terminator Renaissance, interviewé par Pascal Pinteau dans "L'Ecran Fantastique"
Par Gilles Penso - Communauté : Cinéastes et passionnés
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Mercredi 17 juin 2009
(Transformers 2 : Revenge of the Fallen)
de Michael Bay (Etats-Unis)
avec Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel, Tyrese Gibson, John Turturro, Kevin Dunn, Julie White, Ramon Rodriguez


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La bande originale est disponible ici

Dire que le premier
Transformers n’était pas un chef d’œuvre est un doux euphémisme, mais il faut reconnaître que l’effet de surprise fonctionnait à plein régime, que les robots géants avaient du panache et que le couple Shia LaBeouf/Megan Fox ne manquait pas de charme. Que fallait-il donc attendre de cette séquelle ? Un blockbuster survolté façon Bad Boys 2 ? Pourquoi pas. Hélas, Transformers 2 marque une nouvelle étape dans la régression artistique d’un cinéaste dont le seul véritable titre de gloire, The Rock, n’est plus qu’un lointain souvenir. Tous les travers habituels de sa mise en scène sont ici exacerbés, comme si notre homme rechignait à renouveler les ingrédients d’une recette éprouvée et confortable.

L’une des séquences de destruction du film est d’ailleurs un remake à peine voilé des deux scènes les plus célèbres d’Armageddon et Pearl Harbour. La partition de Steve Jablonsky continue donc à imiter servilement le style de Hans Zimmer en soulignant au marqueur chaque péripétie, les clichés xénophobes s’alignent avec une absence de complexe qui laisse pantois et l’humour plane tranquillement au-dessous de la ceinture avec une vulgarité prépubère. Sans parler de l’omniprésence d’une armée américaine qui fut rarement autant mise à l’honneur dans un long-métrage. La Navy, l’Air Force, l’infanterie, l’artillerie, tout l’arsenal y passe, en un défilé emphatique qui donne régulièrement au film les allures d’un spot publicitaire enjoignant les jeunes spectateurs à s’engager illico.

Le scénario se déroule deux ans après que Sam Witwicky (Shia LaBeouf) ait sauvé l'univers d'une bataille entre les deux clans rivaux de robots extraterrestres. Aujourd’hui, Sam s'apprête à entrer à l'université, au grand dam de sa petite amie Mikaela (Megan Fox), de ses parents (Kevin Dunn et Julie White) et de son ami robot Bumblebee, camouflé sous l’aspect d’une fringante Camaro. Mais la trêve ne va pas durer, car les Deceptions s’apprêtent à revenir nous envahir, tandis que Sam est assailli de visions qui le mettent en état de transe. Embourbé dans cette intrigue laborieuse, le film patine péniblement, chaque protagoniste se sentant obligé de résumer les informations narratives et les enjeux tous les quarts d’heure, à l’attention de spectateurs visiblement jugés déficients.

Que reste-t-il donc à sauver de Transformers 2 ? Les effets visuels, bien entendu. Il serait hypocrite de ne pas reconnaître l’excellence des séquences en image de synthèse conçues par les génies d’ILM. Les géants métalliques s’animent avec un réalisme qui coupe le souffle et plusieurs morceaux d’anthologie ponctuent le métrage, notamment le prologue situé en pleine préhistoire, l’intervention d’une nuée de nano-robots ou l’assemblage final du redoutable « Devastator ». Mais ici aussi la surenchère confine à l’indigestion, Michael Bay s’obstinant à filmer ses machines avec une frénésie qui rend souvent illisibles les pugilats et les métamorphoses. Bref, Transformers 2 est une vaste entreprise de démolition qui n’a plus grand-chose de cinématographique, à moins que le Septième Art puisse désormais se passer d’émotion et de narration.

© Gilles Penso

Thema: Robots

Par Gilles Penso - Communauté : The SciFi Geeks
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Mercredi 17 juin 2009
(Terminator Salvation)
de McG (Etats-Unis)
avec Christian Bale, Sam Worthington, Bryce Dallas Howard, Helena Bonham Carter, Michael Ironside


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La bande originale est disponible ici

ATTENTION : les deux dernières lignes de cet article révèlent une petite surprise qu'il est conseillé de découvrir à l'écran avant de lire !

Porté aux nues pour son travail inventif dans le domaine du clip musical, McG a franchi avec fracas les portes d’Hollywood en dirigeant coup sur coup Charlie’s Angels et sa séquelle. Son style survolté et son inimitable sens du rythme se mettent désormais au service des héros torturés imaginés par James Cameron. Or tous les fans, échaudés par le résultat artistiquement passable du Terminator 3 de Jonathan Mostow (pourtant non dénué d’attraits), attendaient le réalisateur au tournant. Conscient de cet état de fait, le cinéaste s’est fendu de nombreuses déclarations publiques affirmant son admiration pour le travail de James Cameron et sa volonté d’inscrire son travail stylistique dans la lignée de deux premiers
Terminator. Pari réussi ? Haut la main !

Finies les échauffourées cartoonesques aux accents d’une musique techno chères aux deux adaptations de la série Drôles de Dames. McG prend ici son sujet à bras le corps avec une noirceur et un réalisme très appréciables. D’ailleurs, son influence artistique semble moins être le James Cameron de
T1 et T2 que l’Alfonso Cuaron des Fils de l’Homme, comme en témoignent cette photographie glaciale presque achrome, cette direction artistique oppressante et déshumanisée et cet emploi des plans-séquence immergeants pour plusieurs scènes d’action mémorables. A la fois prequelle et séquelle (la distinction est toujours difficile lorsqu’il s’agit de voyages dans le temps), Terminator Renaissance commence en 2003. Marcus Wright (Sam Worthington), un condamné à mort, accepte de donner son corps à la science.

Quinze ans plus tard, il erre, amnésique, dans les ruines d’un monde apocalyptique où les machines ont déclaré la guerre aux humains. Chef de la résistance, John Connor (Christian Bale) prépare un assaut contre le quartier général des créatures artificielles de Skynet, s’efforçant de respecter les instructions de sa défunte mère et de trouver un adolescent nommé Kyle Reese qui est censé devenir son père… Les pièces du puzzle s’assemblent ainsi une à une, portées par le charisme et la conviction d’un casting impeccable. Ainsi, même si les effets spéciaux concoctés par une myriade de compagnies (dont l’indéboulonnable ILM) sont époustouflants, et si le déploiement des machines de Skynet nous offre des morceaux d’anthologie extrêmement spectaculaires (l’attaque du robot géant, la poursuite sur le pont entre le camion et les motos, la récupération des prisonniers en plein vol), ce sont les enjeux humains qui sont ici les plus forts.

En ce sens, McG se montre bien plus intelligent que le Michael Bay de
Transformers, ne laissant jamais les robots voler la vedette à ses acteurs en chair et en os et concoctant des scènes de pugilats toujours limpides et lisibles malgré leur dynamisme à couper le souffle. La dernière partie du métrage, située au cœur de Skynet, ne parvient pas à éviter quelques incohérences scénaristiques, mais les amateurs de la saga s’y délecteront d’un hommage jouissif au premier Terminator de 1984, via l’intervention d’un T-800 particulièrement virulent interprété par un Arnold Schwarzenegger numérique criant de vérité !

Par Gilles Penso - Communauté : The SciFi Geeks
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Mardi 16 juin 2009
de Chris Nahon (Hong-Kong / France / Japon)
Avec Giannu Jun, Masiela Lusha, Allison Miller, Liam Cunningham, J.J. Feild, Koyuki, Michael Byrne, Colin Salmon, Andrew Pleavin


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Le dessin animé est disponible ici

Adaptation d’un moyen métrage d’animation réalisé en 2000 par Hiroyuki Kitakubo, Blood ! The Last Vampire prend place dans le Tokyo de 1966, au cœur du lycée d’une base militaire américaine où semblent régner l’insouciance et la désinvolture. Mais sous ce vernis, certaines fissures laissent entrevoir une tension raciale larvée, les stigmates de la catastrophe nucléaire et la paranoïa générée par la Guerre Froide… Un tel cadre est finalement idéal pour narrer sous l’angle de la métaphore les exactions d’une communauté de vampires se mêlant aux humains pour mieux s’en nourrir. Chargée d’infiltrer les lieux sous l’identité d’une lycéenne nippone, Saya est en réalité une chasseuse de vampires vieille de quatre cents ans. Hybride, fille d’un humain et d’une buveuse d’hémoglobine, elle présente bon nombre de points communs avec le héros éponyme de Blade, d’autant que les arts martiaux sont également ses armes les plus efficaces, que le maniement du sabre semble être sa seconde nature, et que ses adversaires ressemblent plus à des démons jaillis des portes de l’Enfer qu’aux dandys aux crocs pointus auxquels Bram Stoker et ses milliers d’imitateurs nous ont habitués.

Ji-Huyn Jun possède tous les atouts susceptibles de rendre son personnage touchant et crédible : un charme irrésistible, un charisme que ses aînés devraient lui jalouser et une aisance spectaculaire avec les techniques de combat et d’escrime. Oubliant son passé de faiseur de vidéoclips et de spots publicitaires (dont on sentait profondément les gimmicks dans ses deux précédents longs-métrages), Chris Nahon s’immerge dans l’atmosphère mi-nostalgique mi-oppressante de ce Japon d’après-guerre et compose dès la scène d’introduction une séquence de duel dans un métro qui ne cherche jamais à nous en mettre plein la vue mais plante d’emblée les thématiques du film et les composantes de son ambiance. Blood ! The Last Vampire est riche en combats mouvementés au cours desquels des myriades de démons vampires assaillent la taciturne Saya. Le premier de ces pugilats intervient suite à une séquence qu’on croirait presque issue d’Une Nuit en Enfer de Robert Rodriguez.

La chasseuse de vampire y découvre un bar dont tous les occupants – humains en apparence – révèlent soudain des traits monstrueux et grimaçants trahissant leur nature vampirique. L’échauffourée nocturne qui s’ensuit manque certes de lisibilité et d’enjeux dramatiques. Mais le cinéaste rectifie le tir en cours de métrage, nous réservant ensuite des affrontements de toute beauté, notamment celui d’un flash-back où le vieux mentor de Saya lutte contre un essaim de vampires ninjas dans une forêt dense, et le climax qui donne la vedette à l’inquiétante Onigen. Les vampires eux-mêmes sont des monstres aux allures de gargouilles. Au stade ultime de la métamorphose, ils déploient de grandes ailes de chauves-souris et poursuivent leurs exactions dans les airs en voletant sinistrement. La ressemblance physique avec les harpies de Jason et les Argonautes est alors frappante, d’autant que les images de synthèse employées à cet effet, peu réalistes, nous renvoient aux vieilles techniques d’animation de Ray Harryhausen.

© Gilles Penso

Thema: Vampires
Par Gilles Penso - Communauté : Vos critiques de cinéma
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Mardi 16 juin 2009
Le talentueux réalisateur de L'Etrange Noël de Monsieur Jack, James et la Pêche Géante et Monkeybone nous revient en grande forme avec l'excellent Coraline. A l'occasion de son passage à Paris en mai dernier, je lui ai posé quelques questions sur ce petit chef d'œuvre adapté d'un roman de Neil Gaiman.


Par Gilles Penso - Communauté : Cinéastes et passionnés
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Jeudi 28 mai 2009
de Jim Mickle (Etats-Unis)
Avec Nick Damici, Kim Blair, Ron Brice, Bo Corre, Tim House, Larry Fleischman, Larry Medich, Javier Picayo, Antoine Pagan


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Le DVD est disponible ici

Si, de prime abord, Mulberry Street semble tranquillement emprunter le terrain du film de zombies balisé par George Romero tout en présentant plusieurs similitudes avec
[Rec], ce n’est qu’une apparence. Car le premier long-métrage de Jim Mickle, ancien storyboarder et machiniste, prend une tournure très personnelle, via un style naturaliste et libre le rattachant davantage au cinéma indépendant américain qu’au film d’horreur traditionnel. Le cadre de Mulberry Street, comme son titre l’indique, est la rue d’un quartier modeste de New York. Là, dans un immeuble vétuste, des vétérans de guerre, des retraités aux revenus misérables et des marginaux cohabitent et se serrent les coudes. L’un d’eux, l’ancien boxeur Clutch (Nick Damici), attend le retour de sa fille Kay (Bo Corre), blessée sur le front irakien et rapatriée à Manhattan.

La canicule gagne la ville, l’immeuble menace d’être rasé par un grand promoteur, et c’est dans cette atmosphère moite et réaliste que s’immisce l’horreur. Car les informations diffusées à la télévision et à la radio relatent une série d’agressions inhabituelles. Plusieurs citoyens auraient été attaqués par des hordes de rats particulièrement agressifs, d’abord dans le métro, puis dans plusieurs quartiers new-yorkais. Plus étrange encore : les victimes des rongeurs se mettent à développer des symptômes qui altèrent leur comportement. Peu à peu, la panique s’installe et la nuit s’apprête à tomber, prélude d’un chaos indescriptible.

Ainsi, si le canevas narratif de Mulberry Street cultive un indéniable sentiment de déjà vu (à la différence près que les contaminés se muent ici progressivement en monstres mi-hommes mi-rongeurs), l’intérêt principal du film et son originalité résident dans son choix de personnages, sa mise en scène à contre-courant de ce qui se pratique généralement dans le genre, et sa description crue et désenchantée d’un quartier défavorisé de la Grande Pomme. La profession ne s’y est pas trompée, sélectionnant le film dans une multitude de festivals à travers le monde et le primant à trois reprises (meilleur film indépendant à Toronto, meilleur film à Amsterdam, meilleur long-métrage au Fantasia Film Festival). La conviction des comédiens est pour beaucoup dans l’impact du film. Cependant, Mulberry Street n’est pas dénué de défauts, l’un des plus problématiques étant la maladresse de sa gestion de l’épouvante.

Car dès qu’il aborde le genre horrifique frontalement, Jim Mickle témoigne d’un manifeste manque d’inspiration et de savoir-faire. Certes, les attaques de rats et d’humains contaminés ne manquent pas d’impact – notamment grâce à un montage nerveux effectué par Mickle lui-même, à un éclairage composant savamment avec les zones d’ombre et à des maquillages souvent saisissants – mais elles souffrent d’un effet de répétition édulcorant peu à peu leur efficacité. Les courses-poursuites dans les rues nocturnes ou les huis-clos dans l’immeuble palissent donc de la comparaison avec les innombrables films de zombies post-Romero. Pour le reste, voilà un essai filmique attachant et très personnel qui laisse augurer une filmographie prometteuse chez son auteur.

© Gilles Penso

Thema:
Mammifères
Par Gilles Penso - Communauté : Ciné DVD
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Jeudi 28 mai 2009
(The Gift)
de Sam Raimi (Etats-Unis)
avec Cate Blanchett, Keanu Reeves, Katie Holmes, Giovanni Ribisi, Hilary Swank, Greg Kinnear, Michael Jeter, Kim Dickens


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Le DVD est disponible ici

Intuitions s’inscrit dans le creux de la vague de la carrière de Sam Raimi. Après ses trois explosifs Evil Dead
, le talentueux réalisateur poursuivit sa filmographie de manière assez inégale, alternant le meilleur (l’excellent thriller Un Plan Simple), le banal (le très facultatif Pour l’Amour du Jeu avec Kevin Costner) et le passable (le western multi-stars Mort ou Vif). En perte de vitesse, il signait avec Intuitions une histoire de fantômes post-Sixième Sens et post-Hypnose. Mais là où l’on pouvait craindre un inévitable air de déjà vu, Raimi prouve qu’il a de beaux restes et que lorsque le sujet l’inspire, il sait encore faire des merveilles.

Le scénario d’Intuitions, co-signé par Billy Bob Thornton et Tom Epperson, se déroule dans la petite ville de Brixton, en Georgie. Là, Annie Wilson (Cate Blanchett), une jeune veuve mère de trois enfants, arrondit ses fins de mois grâce à ses dons de médium, qu’elle monnaye au cours de séances de spiritisme à la demande de quelques-uns de ses voisins. Un jour, Annie conseille fortement à son amie Valerie (Hilary Swank) de quitter son mari Donnie Barksdale (Keanu Reeves), un homme rustre et violent qui la bat régulièrement. Furieux, l’intéressé traite Annie de sorcière (« Traiter avec le Diable te conduira au bûcher », lui lance-t-il, « tout le monde sait ça ! »). Il menace même ses enfants pour l’inciter à ne plus se mêler des affaires d’autrui.

Peu après, Jessica King (Katie Holmes), la fiancée d’un homme influent de la ville, est portée disparue. A contre-cœur, la police fait appel aux dons d’Annie pour démêler l’affaire. « Je ne crois pas en ce que vous faites, Miss Wilson », lui lâche le shérif Pearl Johnson (J.K. Simmons, futur J. Jonah Jameson de la saga
Spider-Man). « Et pour être sincère avec vous, je n’aime pas ça. Mais nous sommes arrivés au bout de nos investigations… nous avons cherché sous chaque pierre… et nous aimerions que vous nous disiez ce que vous pouvez faire pour nous aider. » Face à cette demande pressante, Annie utilise ses dons et est frappée d’une vision qui conduit la police dans un marécage de la propriété de Donnie, où gît le corps de Jessica. En toute logique, l’indésirable voisin est arrêté et condamné. Jusqu’à ce que de nouvelles visions conduisent Annie à penser que l’assassin court toujours… 

Si le scénario d’Intuitions ne déborde pas d’inventivité, le film sort du lot grâce à l’intelligence de son casting, au réalisme de ses personnages et de leur environnement (capté en extérieurs naturels en Georgie), et à quelques séquences d’anthologie au cours desquelles Raimi met nos nerfs à rude épreuve, provoquant maints sursauts des spectateurs sur leurs fauteuils. Intuitions représente également l’un des meilleurs contre-emplois jamais incarnés par Keanu Reeves, réellement terrifiant dans la peau d’un « redneck » jaloux et violent. Féru de clins d’œil référentiels, le réalisateur dote son héroïne d’une voiture légendaire, puisqu’il s’agit de la fameuse Oldsmobile d’
Evil Dead, et demande à son compositeur Danny Elfman de faire une brève apparition sous forme d’un violoniste surgissant au beau milieu d’une des visions d’Annie.

© Gilles Penso

Thema: Fantômes
Par Gilles Penso - Publié dans : les films de Sam Raimi - Communauté : Ciné DVD
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LE JOUR Où LA TERRE S'ARRÊTA
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LA COURSE À LA MORT
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HARRY POTTER ET LE PRINCE DE SANG-MÊLÉ
Le sixième épisode de la saga du jeune sorcier imaginée par J.K. Rowling.

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  • : Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…
 
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