

Un scientifique conçoit une créature qui mêle les gênes d’un rat avec ceux d’un singe. Mais le petit monstre vorace s’échappe et sème la panique…
QUELLA VILLA IN FONDO AL PARCO
1988 – ITALIE
Réalisé par Giuliano Carnimeo
Avec Nelson de la Rosa, David Warbeck, Jent Agren, Eva Grimaldi, Luisa Menon, Werner Pochath, Anna Silvia Grullon, Pepito Guerra, Jose Reies, Victor Pujols
THEMA MUTATIONS I PETITS MONSTRES
Si tous les noms qui apparaissent au générique de Ratman ont des consonances américaines, ce n’est qu’un leurre : il s’agit en effet d’une production 100% italienne. Le réalisateur Anthony Ascott, le scénariste David Parker Jr., le directeur de la photographie Robert Garder et le monteur Vincent P. Thomas sont en réalité – et respectivement – Giuliano Carnimeo, Dardano Sacchetti, Roberto Girometti et Vincenzo Tomassi. Le producteur Fabrizio De Angelis, en revanche, se passe de pseudonyme. Vieux routier du cinéma de genre transalpin, il accompagna Lucio Fulci sur L’Enfer des zombies, L’Au-delà, La Maison près du cimetière, L’Éventreur de New York et La Malédiction du pharaon. Grand spécialiste des séries B d’exploitation volontiers inspirées des succès américains, il initia aussi des films tels que La Terreur des zombies, Les Guerriers du Bronx, Les Nouveaux barbares, Paganini Horror ou Killer Crocodile. Le titre original de Ratman, que l’on pourrait traduire par « La villa au fond du parc », semble vouloir évoquer La Dernière maison sur la gauche, gros succès mondial qui inspira aussi La Maison au fond du parc de Ruggero Deodato. Pour autant, le concept de Ratman est plutôt singulier, sorte de mélange contre-nature entre un slasher bizarre et L’Île du docteur Moreau.


Entièrement postsynchronisé – de manière souvent approximative, ce qui n’aide pas à sa crédibilité déjà très fragile -, Ratman nous raconte l’histoire du professeur Olman (Pepito Guerra). Après vingt ans de tests et d’expérimentations, ce scientifique réfugié dans la ville de Saint Martin a inséminé l’ovule d’un singe avec le sperme d’un rat pour voir ce que ça donnait. Le résultat est Mousy, une créature qui, malgré son petit nom affectueux, est un monstre hybride aux traits bestiaux, aux crocs pointus et aux ongles acérés. Tout fier, notre savant exalté s’apprête à présenter sa création au prochain congrès de la génétique et rêve déjà du prix Nobel. Mais la bête s’échappe de sa cage et décide d’aller massacrer tous ceux qui passent à sa portée. Le film met alors en scène les futurs acteurs du drame : le photographe Mark (Werner Pochath), les mannequins Peggy et Marilyn (Luisa Menon et Eva Grimaldi), la sœur de cette dernière (Janet Agren) et un auteur de romans policiers (David Warbeck). Tout ce beau monde ne va pas tarder à croiser les griffes de la petite créature affamée…
Le rongeur simiesque
Tout l’intérêt du film repose sur la prestation de Nelson de la Rosa, un acteur dominicain de 71 cm de haut reconnu à l’époque comme l’un des plus petits hommes du monde. Le fait que le monstre ne soit pas incarné par une marionnette mais par un être en chair et en os donne lieu à des séquences follement surréalistes, comme ce passage qui semble échappé de Ghoulies dans lequel Mousy surgit d’une cuvette de toilettes. Dommage que le temps de présence du « rongeur simiesque » reste finalement très limité, la mise en scène préférant souvent privilégier les gros plans en insert (un œil, une griffe, des crocs), les ombres portées, les vues subjectives au ras du sol et les petits couinements aigus. Il faut bien avouer que les autres personnages ne sont pas follement intéressants. Eva Grimaldi contrebalance son charisme tout relatif par un exhibitionnisme savant (scène de douche comprise). David Warbeck et Janet Agren, de leur côté, pourraient tout à fait disparaître du montage sans que l’intrigue en soit beaucoup altérée. Quant au savant fou que campe Pepito Guerra, il n’aurait pas dépareillé dans un film d’Ed Wood. Et que dire de ces policiers incompétents qui n’en finissent plus de demander à une jeune femme d’identifier le cadavre de sa sœur, en se trompant à chaque fois sur l’identité de la victime ? Le réalisateur Giuliano Carnimeo nous semblait plus à son aise lorsqu’il imitait Mad Max 2 avec Les Exterminateurs de l’an 3000. Il n’empêche que ce singe-rat a peut-être inspiré Peter Jackson lorsqu’il conçut un monstre similaire – en stop-motion cette fois-ci – pour Braindead.
© Gilles Penso
À découvrir dans le même genre…
Partagez cet article



