THE MANGLER : LA PRESSEUSE DIABOLIQUE (1994)

Tobe Hooper s'empare d'une nouvelle de Stephen King pour décrire les méfaits d'une machine aux appétits voraces

THE MANGLER

1994 – USA

Réalisé par Tobe Hooper

Avec Robert Englund, Ted Levine, Daniel Matmor, Jeremy Crutchley, Vanessa Pike

THEMA OBJETS VIVANTS SAGA STEPHEN KING

Seize ans après Les Vampires de SalemTobe Hooper retrouve l’univers de Stephen King à l’occasion de The Mangler, d’après la nouvelle « La Presseuse » publiée en 1978 dans le recueil « Danse Macabre ». Ce texte court mais redoutablement efficace est inspiré à l’écrivain par un fait réel. Alors jeune père, il arrondissait ses fins de mois en travaillant d’arrache-pied dans une blanchisserie surchauffée et y rencontra un homme à tout faire qui perdit ses deux bras après une chute dans l’essoreuse. Son imagination ne met pas longtemps à en tirer une histoire d’horreur. Sous sa plume, l’essoreuse se transforme en monstre : « La machine semblait bel et bien vivante – une machine respirant à grandes goulées brûlantes puis émettant pour elle-même des chuchotements sardoniques et sifflants. » Avec le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse derrière la caméra et la star des Griffes de la nuit en tête d’affiche, l’adaptation cinématographique de ce texte court et incisif part avec de nombreux atouts en poche. Tobe Hooper donne ainsi corps à cette nouvelle en plantant ses caméras en Afrique du Sud et en s’appuyant sur un scénario qu’il co-écrit avec Stephen David Brooks (Spiders) et Harry Alan Towers (Le Masque de Fu Manchu).

A la suite d’un accident de travail sanglant, John Hunton (Ted Levine), un inspecteur de police surmené, décide de s’intéresser de près à la vie mystérieuse de Bill Gartley (Robert Englund), le propriétaire de la blanchisserie lugubre où a eu lieu le sinistre. Il y découvre toute une série d’événements préoccupants qui l’amènent à s’intéresser de près à « La Mangeuse », une machine dont la fonction est de repasser et de plier le linge, mais qui est visiblement possédée par une force maléfique. Ne reculant devant aucun excès, Hooper s’adonne sans retenue à l’horreur graphique et malsaine. Les malheureuses victimes de l’impressionnante « Mangeuse » y sont écrasées avec force détails – et bruitages croustillants ! 

Robert Englund plus lugubre que jamais

Robert Englund, maquillé par David Miller (qui avait créé le premier visage de Freddy Krueger dans Les Griffes de la Nuit), s’avère assez dérangeant en patron mutilé et pervers de cette laverie sanglante. Il finira littéralement plié en quatre comme un drap par la machine hantée, dans une scène qui atteint les sommets du gore. Ted Levine, psychopathe du Silence des Agneaux, traîne quant à lui une silhouette massive et fatiguée à la Eddie Constantine dans le rôle du héros policier. La scène spectaculaire de l’esprit maléfique s’échappant d’une glacière nous rappelle que Hooper fut aussi le réalisateur de Poltergeist. Le cinéaste réussit d’ailleurs à doter sa machine d’une personnalité et d’une présence très marquantes, suscitant un climat de sourde inquiétude à chacune de ses apparitions. Au cours du caricatural exorcisme final, à grand coup d’incantations, d’hosties et de jets d’eau bénite, la « Mangeuse » se transforme littéralement en monstre, via quelques images de synthèse s’efforçant de coller au texte de King décrivant « une masse qui le contemplait de ses deux énormes yeux électriques, ouvrant grande sa gueule où palpitait une langue de toile ». Un peu confus, ce climax est révélateur du problème majeur du film, dont les séquences d’horreur efficaces ne masquent guère la vacuité de son scénario. Les multiples réécritures de ce script un peu anémique d’Harry Alan Towers, y compris pendant le tournage, expliquent sans doute cette sensation de vide. The Mangler reste donc très secondaire sur les parcours croisés de Stephen King et Tobe Hooper.

© Gilles Penso

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C.H.U.D. (1984)

Suite à un dépôt illicite de matières radioactives, les clochards de New York se transforment en mutants anthropophages

C.H.U.D.

1984 – USA

Réalisé par Douglas Cheek

Avec John Heard, Kim Greist, Daniel Stern, Christopher Curry, Laure Mattos, Brenda Currin, Justin Hall

THEMA MUTATIONS

C.H.U.D. est un de ces films qu’on aurait du mal à imaginer en dehors du contexte des années 80. Excessive et décomplexée, cette œuvrette éminemment sympathique s’appuie sur un postulat délirant imaginé par Shepard Abbott, dont ce sera le seul titre de gloire. Dans les bas-fonds de New York, les disparitions inexpliquées se multiplient. Le photographe George Cooper (John Heard), le capitaine de police Bosch (Christopher Curry) et le responsable de la soupe populaire locale (Daniel Stern) mènent l’enquête et découvrent finalement l’invraisemblable vérité : suite au dépôt illicite de matières radioactives dans les tunnels et les sous-sols de la ville, des clochards ont subi des mutations les transformant en monstres difformes et sanguinaires qui surgissent des égouts pour engloutir les passants au milieu de la nuit ! 

Pour satisfaire les larges ambitions du film en matière d’effets spéciaux, le producteur Andrew Bonime sait que ses moyens son limités, le budget global de C.H.U.D. se résumant à deux millions de dollars. Il se tourne alors vers deux artistes talentueux qui sauront faire des merveilles sans engendrer de frais trop importants. John Caglione Jr est ainsi chargé de concevoir les monstres mutants et Ed French leurs victimes mutilées. « Nous avons tourné dans les souterrains de New York pendant une énorme vague de chaleur, donc des bouteilles d’oxygène et des climatiseurs ont été utilisés pour pallier à la chaleur extrême et à l’humidité » explique Caglione (1). Ce qui n’empêche pas les interprètes des C.H.U.D. de s’écrouler régulièrement devant les caméras, assommés par la chaleur et le poids des costumes ! 

« Cannibales Humanoïdes Usurpateurs Dévastateurs »

Certes, la mise en scène de Douglas Cheek demeure très académique. Mais de nombreuses idées visuelles mémorables émaillent les séquences mettant en vedette les créatures souterraines, notamment les clochards difformes aux yeux lumineux qui apparaissent furtivement dans le sous-sol, la scène du pommeau de douche d’où jaillissent soudain des litres de sang, les monstres qui assaillent violemment les clients d’un snack (parmi lesquels on reconnaît un tout jeune John Goodman) ou l’agression à domicile d’une jeune femme par un C.H.U.D. au cou télescopique. On peut légitimement être frustré par la brièveté à l’écran des effets d’Ed French, concepteur d’un certain nombre de faux cadavres en gélatine et en mousse d’uréthane incroyablement réalistes, mais le maquilleur n’en retire aucune déception. « Dès le début, mes effets étaient conçus pour accentuer l’aspect horrifique du film, mais aucun d’entre eux n’était prévu pour être vu plus de quelques secondes », explique-t-il. « A cette époque, en début de carrière, je faisais tout moi-même : la prise d’empreinte, la sculpture, le moulage et les détails. » (2) Pour l’anecdote, on note que C.H.U.D. est l’acronyme de « Cannibales Humanoïdes Usurpateurs Dévastateurs » en VF et de « Cannibal Humanoid Underworld Dweller » en VO. Si le réalisateur Douglas Cheek a quelque peu disparu de la circulation par la suite, les trois comédiens principaux se sont réunis quelques années plus tard sur la franchise extrêmement populaire Maman, j’ai raté l’avion. Comme quoi, les clochards mutants cannibales mènent à tout !

 

(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en août 2015

 

© Gilles Penso

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AVENGERS : INFINITY WAR (2018)

Les Avengers affrontent Thanos, le plus redoutable de tous leurs adversaires

AVENGERS : INFINITY WAR

2018 – USA

Réalisé par Anthony et Joe Russo

Avec Josh Brolin, Robert Downey Jr, Chris Evans, Mark Ruffalo, Chris Hemsworth, Chris Pratt, Tom Holland, Chris Evans

THEMA SUPER-HÉROS I SAGA MARVEL I AVENGERS I CAPTAIN AMERICA I IRON MAN I THOR I HULK I SPIDER-MAN

Pour célébrer ses dix ans d’existence, le studio Marvel se devait de frapper fort et de parvenir à surprendre des spectateurs quelques peu anesthésiés par des dizaines de crossovers titanesques multipliant souvent jusqu’à l’indigestion les échauffourées numériques entre vilains hégémoniques et super-héros blagueurs. Car il faut bien avouer que depuis Iron Man et malgré quelques coups d’éclat notables (la trilogie Captain America, le premier Avengers, les deux Gardiens de la Galaxie), le soufflé du vaste univers cinématique inauguré en 2008 a fini par retomber. L’intrigue d’Avengers : Infinity War démarre « in media res », alors que le tout puissant Thanos et ses sbires terrassent leurs adversaires sans que le spectateur n’ait la possibilité immédiate de comprendre la nature du combat. Le prologue est audacieux mais résume déjà en quelques secondes le problème majeur de ce dix-neuvième long-métrage estampillé Marvel : des enjeux et des motivations mal définis, une relocalisation de l’intrigue dans un cadre cosmique déconnecté de la réalité terrienne, un trop-plein de protagonistes ayant tendance à s’affaiblir les uns les autres au lieu de s’enrichir mutuellement et surtout une gestion incompréhensible des super-pouvoirs de chacun des belligérants. Car entre la nano-technologie starkienne muant les combinaisons en couteaux suisses émules des Transformers, la télékinésie, la maîtrise des univers parallèles, l’altération du temps et de la réalité, les sorts magiques et la puissance divine, on y perd un peu son latin, d’autant que tout se termine finalement à coups de poings et de tatanes. 

Dans cet imbroglio à mi-chemin entre le catch et Dragonball Z, les héros ont du mal à s’affirmer. Tony Stark et Steve Rogers ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes, Spider-Man ne sert strictement à rien, Bruce Banner est relégué au rang de pitre pataud et les femmes – une fois de plus – tapissent gentiment l’arrière-plan. Certes, les Gardiens de la Galaxie et Thor nous égaient quelque peu, mais c’est sans conteste Thanos qui joue ici le rôle le plus intéressant. Magnifiquement incarné par Josh Brolin par motion capture interposée, ce super-vilain franchement impressionnant nous subjugue par sa toute-puissance et son apparente absence de scrupules, laquelle masque en réalité des failles très humaines et des états d’âme tumultueux. 

Un claquement de doigts…

Malgré ses prémisses appauvries, Avengers : Infinity War gagne en ampleur grâce à cet antagoniste hors-normes et se pare en milieu de métrage du combat le plus colossal et le plus épique jamais vu dans un film Marvel, les milliers de guerriers s’affrontant dans une plaine du Wakanda fort heureusement débarrassée des hideux rhinocéros digitaux de Black Panther. A l’issue de cet assaut digne des batailles les plus excessives de la saga du Seigneur des Anneaux, Anthony et Joe Russo (maîtres d’œuvres des deux précédentes aventures de Captain America) nous assènent un dénouement d’un nihilisme étourdissant. Cette noirceur n’est évidemment que temporaire (on ne va pas tuer la poule aux œufs d’or), mais son impact visuel et sa puissance dramatique n’en sont pas pour autant amoindris.

 

© Gilles Penso

 

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LA PART DES TÉNÈBRES (1993)

Une décennie après le coup d'éclat de Creepshow, George Romero retrouve l'univers de Stephen King

THE DARK HALF

1993 – USA

Réalisé par George A. Romero

Avec Timothy Hutton, Amy Madigan, Julie Harris, Michael Rooker, Rutanya Alda, Robert Joy, Kent Broadhurst, Beth Grant

THEMA DOUBLES I REPTILES ET VOLATILES I SAGA STEPHEN KING

Près de dix ans séparent Creepshow de La Part des Ténèbres, et les retrouvailles de Stephen King avec George Romero avaient logiquement de quoi attiser tous les espoirs. La Part des Ténèbres ne déçoit nullement les attentes, même si le ton a bien changé, puisque les exubérances de la bande dessinée macabre façon EC Comics ont laissé place à une angoisse bien plus tangible. L’un des grands atouts de Romero aura justement été de savoir aborder le cinéma d’horreur sous les angles les plus variés. Dans le cas de La Part des Ténèbres, la peur est le seul vrai guide du récit, et il faut avouer que celle-ci atteint souvent des sommets au sein de séquences où le spectateur a fréquemment l’occasion de sursauter sur son fauteuil. 

« Lorsque je pense à un film, je n’imagine pas d’abord un type avec un masque de hockey et une machette. », explique le cinéaste « Ce qui m’intéresse d’abord, c’est la thématique de base. De quoi parle le film ? Vous avez d’abord un squelette, et ensuite vous y greffez l’histoire que vous souhaitez. » (1) En l’occurrence, l’idée de base de La Part des Ténèbres provient du roman homonyme de Stephen King, publié en 1990, que le scénario de Romero s’efforce d’adapter avec un maximum de fidélité. Ce récit torturé est celui de Thad Beaumont (Timothy Hutton), gâté par une femme aimante, deux adorables bébés et un emploi stable de professeur de littérature à l’université. Sous le pseudonyme de George Stark, il écrit des livres à succès ultra-violents qui lui permettent d’arrondir ses fins de mois. Il suffit qu’un indiscret du nom de Fred Clawson découvre la vérité sur sa double identité et tente de le faire chanter pour que Thad décide de faire disparaître George Stark et de se mettre à écrire, sous son propre nom, une œuvre plus ambitieuse. Tout le monde se satisfait de cette solution… Sauf George Stark lui-même qui accepte plutôt mal son passage de vie à trépas. Notre écrivain se retrouve donc bientôt menacé par un très inquiétant alter-ego, et le cauchemar ne fait dès lors que commencer… 

La révolte du pseudonyme

Romero a su saupoudrer l’ensemble de son film d’éléments étranges qui créent un climat avant-coureur annonçant le climax spectaculaire du film. Le roman de King  est légèrement imprégné d’autobiographie (puisque l’auteur signait lui-même certains romans sous le pseudonyme de Richard Bachman jusqu’à ce que le secret soit éventé) et exploite le thème du double maléfique, sous un aspect qui évoque souvent l’étonnant Esprit de Caïn de Brian De Palma. Mais ici, le Ça cher à la psychanalyse n’est pas une simple « vue de l’esprit ». Le « Mister Hyde » de notre écrivain existe réellement, physiquement, et l’absence d’explication logique sur sa tangibilité renforce finalement la peur qu’il suscite. Le double jeu de Timothy Hutton fonctionne admirablement, même si le look de George Stark frôle la caricature (les lunettes noires, les bottes et le blouson de cuir, c’est un peu too much !). Les scènes finales qui mettent en relation les deux jumeaux bénéficient de remarquables effets visuels. Quant à l’attaque des oiseaux, époustouflante, elle aurait eu de quoi faire pâlir Alfred Hitchcock lui-même.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en juillet 2005

 

© Gilles Penso

 

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LES TOMMYKNOCKERS (1993)

Une invasion extra-terrestre étrange imaginée par Stephen King et déclinée dans un long téléfilm pas vraiment convaincant

THE TOMMYKNOCKERS

1993 – USA

Réalisé par John Power

Avec Jimmy Smits, Marg Helgenberger, Leon Woods, E.G. Marshall, Joanna Cassidy, Traci Lords, John Ashton, Cliff de Young

THEMA EXTRA-TERRESTRES I SAGA STEPHEN KING

Très satisfaite par le succès du long téléfilm Ça de Tommy Lee Wallace, la chaine ABC décide de lancer trois ans plus tard l’adaptation des “Tommyknockers“, un roman que King écrivit au cours de l’été 1986. Prise pendant l’écriture de “Misery“, la décision d’interrompre définitivement sa dépendance à l’alcool et la drogue est appliquée par l’écrivain juste après la publication des “Tommyknockers“, avec l’aide d’une épouse qu’il a toujours considérée comme son alliée la plus précieuse. De fait, ce récit d’invasion extraterrestre influençant le comportement des humains jusqu’à annihiler leur volonté permet à King de raconter sa propre addiction en utilisant le miroir déformant de la science-fiction.

On trouve aussi dans “Les Tommyknockers“ l’influence de L’Invasion des Profanateurs de Sépulture, Stephen King ayant été autant impressionné par le roman de Jack Finney que par les films de Don Siegel et Philip Kaufman. C’est Lawrence D. Cohen (CarrieÇa) qui en écrit l’adaptation sous forme d’un téléfilm de deux fois 90 minutes. Tourné en Nouvelle-Zélande, Les Tommyknockers s’intéresse à un certain nombre d’habitants de la petite ville de Haven : le petit garçon attaché à son grand-père féru de magie, la femme flic qui collectionne les poupées, le facteur qui trompe sa femme avec la jolie postière, le poète alcoolique et son épouse écrivain. Un jour, cette dernière découvre dans les bois une pierre lumineuse émettant une sorte de flux d’énergie verdâtre. Poussée par la curiosité, elle entreprend de déterrer l’objet, exhumant une sorte de sanctuaire en marbre. 

Le rouge à lèvres laser de Traci Lords

Petit à petit, le comportement de tous ceux qui ont été en contacts avec cet objet change. Pleins d’énergie, doués de connaissances instinctives soudaines en ingénierie, ils fabriquent des machines mues par l’énergie verte venue d’ailleurs : un appareil à faire des tours de magie, une machine qui écrit seule les romans, une trieuse de courrier, un bouton de télévision qui électrocute un mari infidèle, un engin qui fabrique les sandwiches, un dispositif à faire briller l’argenterie… Face à cette profusion de gadgets abracadabrants, la suspension d’incrédulité du public est sérieusement mise à mal. Plus les paisibles citoyens de Haven se muent en émules de Géo Trouvetou, moins le film parvient à nous convaincre. Certains des « infectés » se mettent à développer des capacités de télépathie, d’autres perdent leurs dents, voient leur peau se desquamer et leurs yeux se cercler de cernes noirs. En un mot : ils « transmutent ». Bientôt toute la ville se retrouve sous l’influence de l’énergie verte et n’a plus qu’un mot en tête : « Tommyknockers ». Le film multiplie les séquences bizarres, comme celle de l’attaque des poupées dans le commissariat, puis vire carrément à la série Z lorsque la postière campée par Traci Lords désintègre deux policiers avec son bâton de rouge à lèvre tirant des rayons laser verts ! Le climax nous transporte au cœur du vaisseau spatial enfoui sous le sol, où gisent dess extraterrestres atrophiés bien peu crédibles. Les Tommyknockers est donc un ratage assez global, malgré les nombreux talents ayant présidé à son élaboration.

 

© Gilles Penso

LA NUIT DES VERS GÉANTS (1976)

Jeff Lieberman joue avec nos répulsions les plus viscérales pour imaginer une horrible invasion d'invertébrés rampants

SQUIRM

1976 – USA

Réalisé par Jeff Lieberman

Avec Don Scardino, R.A. Dow, Patricia Pearcy, Jean Sullivan, Peter MacLean, Fran Higgins, William Newman

THEMA INSECTES ET INVERTEBRES

Les distributeurs français de Squirm (littéralement « se tortiller ») se sont un peu laissé dépasser par leur enthousiasme en titrant le film La Nuit des Vers Géants, en référence évidente à La Nuit des Morts-Vivants. Voraces, carnassiers et innombrables, les vers le sont ici, certes, mais pas géants pour un sou, même s’ils dépassent un peu en taille nos bons vieux lombrics. Après un texte d’introduction très sérieux laissant entendre que le film relate un fait divers inexpliqué ayant eu lieu dans une petite ville de Georgie – il n’en est rien, évidemment – le scénario met en vedette Mick (l’inexpressif Don Scardino), un jeune homme venu rejoindre sa petite amie Geri (Patricia Pearcy), qui vit avec sa mère et sa soeur dans la bourgade en question. La veille, une tempête a détruit en partie les installations électriques de la région. Les fils rompus communiquent l’électricité aux entrailles de la terre, d’où émergent des vers affamés et gloutons…

L’action se met alors à avancer à la vitesse du ver de terre, à tel point qu’au bout de trois quart d’heure il ne s’est toujours rien passé, si ce n’est la molle enquête du jeune couple autour d’un squelette non identifié retrouvé dans la campagne. Le plus patient des spectateurs commence donc à bailler d’importance, jusqu’à ce qu’enfin survienne la première scène d’horreur. Brève mais particulièrement gratinée, elle ne déçoit pas. On y voit un prétendant de Geri, le pataud Roger (un R.A. Dow à l’accent du sud outrancier), se montrer un peu trop entreprenant à son égard, au cours d’une partie de pêche. Celle-ci repousse ses avances et ce bon vieux Roger se retrouve les quatre fers en l’air au fond de la barque. Lorsqu’il se relève, il pousse des hurlements, et on le comprend : les vers qui servent d’appât sont en train de rentrer dans la peau de son visage et de le dévorer de l’intérieur ! Le trucage, assez saisissant, est l’œuvre de l’as maquilleur Rick Baker, alors en tout début de carrière.

Le sens de la démesure

On retrouvera Roger plus tard au cours de l’intrigue, dans un état de plus en plus déplorable. Il se met à errer dans les bois comme un zombie au visage ravagé, puis agit carrément comme un ver carnassier lui-même, rampant et cherchant à mordre tout ce qui passe à sa portée, pour finalement périr englouti dans un véritable océan de bêtes grouillantes et rampantes. Car le final du film ne recule devant aucune démesure : les bestioles sortent du pommeau d’une douche, passent par les grilles d’aération, remplissent une baignoire, recouvrent des pièces entières du sol au plafond, engloutissent une vieille dame en train de tricoter… Le tout accompagné d’effets spéciaux rudimentaires mais très efficaces, de gros plans de vrais vers que les bruiteurs ont dotés de cris stridents, et d’une musique stressante de Robert Prince. Mais ce délire final vient trop tard, l’intérêt du public ayant été émoussé depuis bien longtemps. A tel point qu’on se demande si La Nuit des Vers Géants n’aurait pas fait un extraordinaire court-métrage au lieu de ce film lent et besogneux. Même si cela semble incroyable, Sylvester Stallone, Martin Sheen et Kim Basinger furent tour à tour envisagés pour jouer dans le film.

 

© Gilles Penso

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LA NUIT DÉCHIRÉE (1992)

Une relecture moderne du mythe de La Féline écrite par Stephen King

SLEEPWALKERS

1992 – USA

Réalisé par Mick Garris

Avec Brian Krause, Mädchen Amick, Alice Krige, Jim Haynie, Cindy Pickett, Ron Perlman, Lyman Ward, Dan Martin

THEMA MAMMIFÈRES

Bâti sur un scénario original de Stephen King qui ne provient ni d’un roman ni d’une nouvelle, ce film ressemble à une relecture moderne de La Féline de Jacques Tourneur. Le premier metteur en scène pressenti, qui souhaite réviser l’histoire de fond en comble, ne s’entend pas avec King. En quête d’un remplaçant, l’écrivain pense à Mick Garris dont le téléfilm Psychose 4 lui a fait une excellente impression. Le pré-générique de La Nuit Déchirée se déroule sur la ville côtière de Bodega Bay, décor naturel des Oiseaux  d’Alfred Hitchcock et de Fog de John Carpenter. Là, un shérif incarné par Mark Hamill découvre des dizaines de cadavres de chats ainsi que celui d’une fillette en état de décomposition. Voilà une entrée en matière pour le moins accrocheuse ! Puis l’action se transporte dans une petite ville de l’Indiana, Travis, où vivent Charles Brady (Brian Krause) et sa mère Mary (Alice Krige). Tous deux entretiennent une relation incestueuse malsaine, mais ce n’est pas la moindre de leurs bizarreries. En effet, leur apparence humaine n’est qu’une enveloppe trompeuse cachant leur nature réelle, celle de créatures prédatrices nommées les félidés, survivant en se nourrissant de la force vitale de jeunes vierges. Seuls les chats sont capables de les tuer.

L’une des scènes les plus étonnantes du film montre Charles et Mary qui font l’amour dans leur chambre tandis que dans le miroir du placard, ce sont des silhouettes de créatures bestiales qu’on voit enlacées : des espèces de chats humanoïdes et glabres. Les miroirs révèlent en effet leur véritable nature. Leur espèce étant menacée, Charles doit ramener des proies à sa mère pour la nourrir et se met à séduire la jolie lycéenne Tanya Robertson (Mädchen Amick)… A cheval entre deux époques, La Nuit Déchirée ne s’interdit aucun excès et évoque le cinéma d’horreur récréatif des années 80, sa photo, son montage, ses cascades et sa mise en scène semblant se réclamer de cette époque. On pense souvent aux E.C. Comics et à Creepshow. Les maquillages spéciaux eux-mêmes, œuvres de l’atelier Alterian Studio, sont volontairement extrêmes. Mais c’est aussi un film post-Terminator 2 qui s’inscrit dans la révolution numérique et utilise des morphings pour visualiser les métamorphoses de ses créatures.

À cheval entre deux époques

Ce parti pris assez avant-gardiste dote les transformations d’un indéniable dynamisme mais ne restitue pas le côté charnel des effets animatroniques d’un Hurlements ou d’un Loup-Garou de Londres. Un peu trop rapide et instantané, le morphing annihile l’effet horrifique recherché. Volontiers gore, La Nuit Déchirée se pare aussi d’une certain nombre d’effets de mise en scène inventifs, comme le plan séquence révélant le corps d’un policier ou la caméra subjective virevoltante accompagnant le combat dans le cimetière. On sent bien que Mick Garris s’en donne à cœur joie, multipliant la présence de « vedettes invitées » (Stephen King, Clive Barker, Tobe Hooper, John Landis, Joe Dante) et accumulant les séquences outrancières, comme lorsque Mary recoud la plaie de son fils avec du fil et une aiguille après l’avoir griffé, ou lorsque Charles se rend invisible pour passer inaperçu. Envisagé pour le cinéma, La Nuit Déchirée sera finalement diffusé sur les petits écrans américains mais sortira en salle chez nous.

 

© Gilles Penso

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RAMPAGE, HORS DE CONTRÔLE (2018)

The Rock, un gorille géant, un loup monstrueux et un crocodile titanesque partagent l'affiche de ce spectacle absurdement excessif

RAMPAGE

2018 – USA

Réalisé par Brad Peyton

Avec Dwayne Johnson, Naomie Harris, Malin Akerman, Jeffrey Dean Morgan, Jake Lacy, Joe Manganiello, Marley Shelton

THEMA SINGES I MAMMIFÈRES I REPTILES ET VOLATILES

Avec un film dont le slogan est « Big Meets Bigger », dont la tête d’affiche est Dwayne Johnson et dont le concept consiste à lâcher dans la ville trois monstres géants prompts à tout détruire sur leur passage, on imagine bien ne pas avoir affaire à un spectacle d’une très haute portée intellectuelle. Le vide abyssal du scénario de Rampage, la vulgarité de son humour de bas-étage et la profonde stupidité de l’ensemble de ses personnages donnent pourtant le vertige. En s’inspirant vaguement du jeu d’arcade créé en 1986 par Midway Games, le film de Brad Peyton (San Andreas), met donc en scène le massif The Rock dans le rôle très peu crédible d’un ancien militaire devenu primatologue, sorte de Dian Fossey masculin gorgé de testostérone. Son meilleur ami est George, un gorille blanc qui adore les blagues graveleuses (et qui adresse régulièrement à l’ancien catcheur un doigt d’honneur pour montrer aux spectateurs l’étendue de son sens de l’humour). Mais un jour, rien ne va plus : une station spatiale explose et projette dans la forêt les restes d’une expérience génétique ratée. Aussitôt, George atteint la taille de King Kong, comme jadis le petit chimpanzé de Konga, et révèle une soudaine agressivité que nous ne lui connaissions pas. 

Un gorille géant ne suffisant apparemment pas à attirer l’attention du public, deux autres animaux connaissent la même mutation : un loup et un crocodile. Pour une raison qui reste mystérieuse, George conserve ses attributs physiques, si ce n’est sa taille titanesque, tandis que les deux autres deviennent des sortes de mutants hybrides aux morphologies insolites (le loup vole et projette des épines, le crocodile est grand comme une locomotive et ressemble au dinosaure Anguirus du Retour de Godzilla). Mais ce n’est pas la seule incohérence du film, loin d’en faut. Les monstres sont d’ailleurs les mieux lotis dans Rampage, avec une nette préférence pour le gigantesque croco qui nous donne droit aux séquences les plus spectaculaires et les plus iconiques du métrage. On ne peut pas en dire autant des humains, dont le scénario semble se désintéresser avec une insouciance qui laisse pantois. 

Plus c'est grand, plus c'est bête !

The Rock est plus monolithique que jamais, la généticienne qui l’accompagne (Naomie Harris) est parfaitement transparente, l’agent spécial incarné par Jeffrey Dean Morgan donne l’impression de se téléporter sans cesse d’une scène à l’autre sans se départir de son sourire agaçant, tous les seconds rôles surjouent jusqu’à l’outrance (les méchants grotesques, le chef des armées caricatural) et certains protagonistes qui semblaient importants disparaissent purement et simplement au bout de dix minutes de film (les trois explorateurs qui accompagnent le héros pendant les premières séquences). Rampage donne ainsi l’impression de ne pas savoir sur quel pied danser, à mi-chemin entre la parodie non assumée, le spectacle violent pour public adulte, la comédie potache et l’action musclée post-Commando. Autant dire que le mélange ne prend pas. Restent donc les créatures. La générosité des scènes de combat et de destructions dans lesquelles elles s’animent (sous la supervision experte de l’équipe de Weta) nous ferait presque oublier la bêtise généralisée de l’entreprise. Presque.

© Gilles Penso

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LES AVENTURES D’UN HOMME INVISIBLE (1992)

John Carpenter s'essaie à la comédie de science-fiction à travers cette superproduction taillée sur mesure pour Chevy Chase

MEMOIRS OF AN INVISIBLE MAN

1992 – USA

Réalisé par John Carpenter

Avec Chevy Chase, Daryl Hannah, Sam Neill, Michael McKean, Stephen Tobolowsky, Jim Norton, Pat Skipper, Paul Perri

THEMA HOMMES INVISIBLES I SAGA JOHN CARPENTER

Au début des années 90, John Carpenter venait d’enchaîner deux petits films fantastiques aux budgets modestes, bourrés de charme et de bonnes idées, Invasion Los Angeles et Prince des Ténèbres, mais l’accueil du public ne fut pas à la hauteur des espoirs qu’il y misa. Dans la foulée, il se laissa donc tenter par un bon gros film de commande de quarante millions de dollars, adaptant un roman d’H.F. Saint. Suite à un étrange concours de circonstance, son héros, Nick Holloway (Chevy Chase), est contaminé après une explosion dans un centre de recherche et se retrouve invisible, prisonnier dans le bâtiment encerclé par des hommes des services secrets. Lorsque David Jenkins (Sam Neill) réalise ce qui vient de se passer, il souhaite transformer Nick en agent secret au service de la CIA. Mais ce dernier a d’autres projets…

Plutôt habitué aux budgets réduits et aux producteurs peu contraignants, John Carpenter n’a pas doté ce film de sa « patte » si spécifique (un travers qui était déjà partiellement apparent dans Starman, l’autre superproduction de SF du cinéaste). Du coup, sa mise en scène n’est jamais vraiment stylisée dans Les Aventures d’un Homme Invisible, sauf en de très rares moments, comme lorsque le héros, au début du film, s’endort pendant une conférence, le son se distordant peu à peu dans sa tête. Cela dit, cette variation sur un thème connu ne manque ni de rythme, ni de charme, et la prestation de Chevy Chase y est pour beaucoup. Le ton général et l’ambiance évoquent bien plus la série télévisée de Harve Bennett, mettant en vedette David Mc Callum, qu’Herbert George Wells ou, par extension, le film de James Whale. 

Une star ne peut pas rester invisible

On notera au passage l’idée intéressante de montrer au spectateur le visage du héros lorsqu’il est seul, et d’utiliser des effets d’invisibilités lorsqu’il est vu par d’autres, ce qui favorise l’identification du public au personnage. Nul doute que cette décision fut également dictée par la présence de Chase, un comédien trop populaire – et trop bien payé ! – pour ne pas montrer son visage à l’écran. Les magnifiques effets visuels d’ILM supervisés par Bruce Nicholson, jamais démonstratifs, reposent en grande partie sur les déshabillages et les déplacements d’objets, déjà excellemment mis en scène près de soixante ans auparavant par John P. Fulton. Mais certaines innovations laissent assez stupéfait : le chewing-gum qui se mâche tout seul, les aliments qui se dirigent vers l’estomac, les poumons enfumés, les gouttes de pluie qui se déposent sur une silhouette à peine perceptible… Des effets jamais vus, c’est le cas de le dire ! Pour y parvenir, toutes les techniques possibles et imaginables furent mises à contribution : les tournages sur fond bleu, l’animation image par image, les marionnettes, les caméras pilotées par ordinateur mais aussi les trucages numériques, alors en plein essor. Dommage que la jolie Daryl Hannah n’ait pas un rôle plus consistant et que le happy-end ouvert vers une suite possible (qui ne vit jamais le jour étant donné l’échec du film au box-office) cède tant à la facilité, au raccourci rapide et au manque de subtilité.

 

© Gilles Penso

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LE COBAYE (1992)

Un film de science-fiction qui cite abusivement Stephen King pour nous plonger dans la réalité virtuelle

THE LAWNMOWER MAN

1992 – USA

Réalisé par Brett Leonard

Avec Jeff Fahey, Pierce Brosnan, Jenny Wright, Mark Bringleson, Geoffrey Lewis, Jeremy Slate, Dean Norris, Colleen Coffey

THEMA MONDES PARALLELES ET MONDES VIRTUELS I SAGA STEPHEN KING

Si le nom de Stephen King apparaît dans des caractères gigantesques sur l’affiche du Cobaye, la publicité s’avère un tantinet mensongère, dans la mesure où le film de Brett Leonard n’adapte que très partiellement la courte nouvelle « La Pastorale » (« The Lawnmower Man » dans le texte original, autrement dit « L’homme à la tondeuse »), publiée en 1978 dans le recueil « Danse Macabre », pour en tirer un récit tout neuf. Jobe Smith (Jeff Fahey) est un jeune homme un peu attardé qui tond le gazon des habitants de sa petite ville pour augmenter le maigre contenu de sa tirelire. Un chercheur employé par l’armée, le docteur Lawrence Angelo (Pierce Brosnan, trois ans avant sa starification dans Goldeneye), le contacte pour en faire le cobaye d’une expérience scientifique utilisant la réalité virtuelle. Une expérience qui aura pour conséquence de le rendre supérieurement intelligent, mais dont les effets secondaires sont plus inattendus. Désormais doué de raison, Jobe évolue dans le mauvais sens : il tue par l’intermédiaire des images virtuelles ceux qui l’ont autrefois ridiculisé. Tel un monstre de Frankenstein se retournant contre son créateur, il déclare fièrement au scientifique : « Vous réalisez, docteur d’Angelo, que mon intelligence a surpassé la vôtre ? »

L’univers fascinant de la réalité virtuelle méritait qu’un film de science-fiction s’y penche vraiment, et Le Cobaye a effectué ce premier pas. Certes, des œuvres comme Tron et Brainstorm ont amorcé le mouvement, mais le film de Brett Leonard est le premier à intégrer les connaissances réelles en ce domaine et les accessoires qui en sont corollaires (casques, gants, combinaisons). La partie la plus intéressante du récit concerne la transformation psychologique et physique de Jobe, simple d’esprit devenu savant suite à une série d’expériences pratiquées sur son cerveau. Jeff Fahey s’avère très convaincant dans le rôle multi-facettes du personnage, et il se mue en superbe super-vilain lorsqu’enfin il arbore sa combinaison bleue lumineuse pour effectuer sa vengeance, sa mégalomanie croissante le poussant à clamer « Je suis Dieu ici ! ». 

« Je suis Dieu ici ! »

Plus que les scènes de la tondeuse, finalement très anecdotiques, c’est cette expédition punitive, successive à l’humiliation, qui évoque Stephen King, et en particulier Carrie. Les images de synthèse qui figurent les univers virtuels dans lesquels se promènent les personnages privilégient l’esthétisme plutôt que le réalisme, ce qui s’avère un choix heureux. Dommage cependant qu’elles soient souvent trop furtives, pas assez immersives pour que le spectateur puisse partager le « trip » des protagonistes. Il faut dire qu’en ces temps pré-Jurassic Park, la 3D n’était pas encore monnaie courante au cinéma. Pour obtenir les huit minutes d’images de synthèse du film, huit mois de travail furent nécessaires, entraînant un surcoût de 500 000 dollars. Même si le postulat scientifique et son argumentation laissent un peu perplexe, même si le climax dans les locaux militaires manque de nervosité, de crédibilité et d’efficacité, tous les sujets que le film aborde captent l’intérêt. Et le final, digne de celui de La Grande Menace, est inquiétant à souhait.

© Gilles Penso

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