À LA CROISÉE DES MONDES : LA BOUSSOLE D’OR (2007)

Le premier volet d'une saga fantastique inspirée par les écrits de Philip Pullman qui sera finalement resté sans suite

HIS DARK MATERIALS : THE GOLDEN COMPASS

2007 – USA

Réalisé par Chris Weitz

Avec Dakota Blue Richards, Nicole Kidman, Daniel Craig, Eva Green, Sam Elliot, Jim Carter, Christopher Lee, Derek Jacobi

THEMA CONTES I MONDES PARALLELES ET VIRTUELS I MAMMIFERES

Au début des années 2000, toutes les compagnies de production veulent lancer leur propre réponse à la saga Harry Potter. Désormais, un film fantastique destiné au jeune public ne se conçoit donc qu’en trois partie, au minimum. C’est dans cet état d’esprit que le réalisateur Chris Weitz, alors connu pour son American Pie à l’humour grassouillet, s’attela à l’adaptation du cycle « Les Royaumes du Nord » conçu en trois tomes par le romancier anglais Philip Pullman. Dans un monde parallèle qui ressemble un peu au nôtre mais a évolué d’une manière bien différente, chaque être humain est accompagné d’un daemon, autrement dit un animal qui renferme son âme. Chez les enfants, ce compagnon fidèle n’est pas encore stabilisé et change de forme à loisirs. C’est le cas de Pantalaimon, le daemon de la jeune Lyra, qui se mue tour à tour en musaraigne, en oiseau, en chat ou en souris au gré de son humeur. Dans cet univers uchronique qui semble s’être arrêté quelque part entre le 19ème et le 20ème siècle, l’organisme gouvernemental global, le Magisterium, tient à resserrer son emprise sur le peuple en favorisant une certaine forme de négationnisme et de renfermement sur soi. Du coup, l’expédition de Lord Asriel, l’oncle de Lyra, fait grincer beaucoup de dents, puisqu’il a décidé de prouver qu’il est possible de se connecter aux autres mondes parallèles par l’intermédiaire d’une poussière d’un genre très spécial. Entre-temps, la communauté gitane est frappée par le kidnapping de ses enfants. Lorsque Roger, le meilleur ami de Lyra, disparaît à son tour, la petite fille jure d’aller le chercher, jusqu’au bout du monde s’il le faut…

Aux côtés de la débutante Dakota Blue Richard, très convaincante dans le rôle de l’effrontée héroïne de la saga, le casting haut de gamme de La Boussole d’or met en vedette l’impeccable Daniel Craig en oncle Asriel, promenant un impressionnant félin en guise de daemon. Le comédien britannique retrouve ici deux de ses partenaires féminines passées : Nicole Kidman (sa petite amie dans Invasion), qui nous offre la prestation d’une glaciale Lady Coulter, et Eva Green (James Bond girl de Casino Royale), en jeune sorcière virtuose du tir à l’arc. Les fantasticophiles reconnaîtront également, sous la défroque d’un haut conseiller, l’impérial Christopher Lee.

Visuellement superbe… mais un peu creux

Grâce au pharaonique budget à sa disposition (180 millions dollars, soit le double de celui de La Communauté de l’Anneau), Chris Weitz truffe son film d’effets visuels magnifiques, notamment le survol en dirigeable d’une cité à l’architecture flamboyante, les facéties des innombrables daemons, et surtout l’affrontement entre deux ours blancs qui, revêtus d’armures de combat, prennent presque des allures de titanesques dinosaures. Les qualités formelles du film abondent donc, jusque dans sa bande originale aérienne signée par l’éclectique Alexandre Desplat. Mais un élément crucial fait défaut à La Boussole d’or : l’indispensable supplément d’âme qui permet au spectateur de s’émouvoir et de s’impliquer. Le spectacle reste purement décoratif, et cette tentative isolée ne donnera pas suite à la saga initialement prévue.

© Gilles Penso

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DAY WATCH (2006)

Timur Bekmambetov réalise une suite de son monumental Night Watch tout aussi spectaculaire et confuse que le premier épisode

DNEVNOY DOZOR MEL SUDBI

2006 – RUSSIE

Réalisé par Timur Bekmambetov

Avec Konstantin Khabensky, Mariya Poroshina, Vladimir Menshov, Galina Tyunina, Viktor Verzhbitsky, Zhanna Friske

THEMA VAMPIRES I SORCELLERIE ET MAGIE I POUVOIRS SURNATURELS

Vertigineux, le prologue de Day Watch a de quoi clouer sur son fauteuil le spectateur le plus blasé. Des centaines de cavaliers mongols y traversent des montagnes enneigées iraquiennes pour partir à l’assaut d’un monastère fortifié, tandis qu’un hallucinant plan aérien survole la folle cavalcade jusqu’à ce que les guerriers et leurs montures défoncent littéralement les murailles qui leur font obstacle ! A la tête de cette meute, le vaillant Tamerlane lutte sauvagement contre maints soldats armés jusqu’aux dents et met enfin la main sur un objet inestimable : la craie du destin, capable de bouleverser l’avenir du monde. Des séquences de cet acabit, Day Watch en compte de nombreuses, nouvelle preuve de l’extraordinaire savoir-faire technique du réalisateur Timur Bekmambetov, formé à l’école du film publicitaire et nanti ici d’un budget colossal. Mais les problèmes mis en évidence dans Night Watch, précédent épisode de cette saga fantastique, ne font que s’accroître dans le second épisode.

Berkmanbetov s’avoue en effet incapable de narrer un récit sans recourir à d’innombrables effets de mise en scène garnis jusqu’à plus soif de trucages numériques. Lorsqu’il s’agit de filmer une bataille médiévale homérique, cela se justifie, certes. Mais quand le film doit s’attarder sur un moment de séduction intimiste entre deux protagonistes sous une douche, est-il nécessaire de transposer soudain les personnages sous une gigantesque cascade filmée dans la forêt jamaïcaine ? Quand une jeune femme excentrique déboule sans crier gare dans le quartier général de son patron, est-elle obligée de s’envoler à bord de sa voiture décapotable, de rouler le long de la façade, puis de défoncer des dizaines de murs avant de freiner en catastrophe ? Tant d’artifices nuisent considérablement à la lisibilité d’une intrigue déjà passablement confuse.

L'ombre et la lumière

Pourtant, les prémisses de Day Watch étaient très prometteurs. Tandis qu’Anton Gorodetski, membre actif des forces de la lumière, forme la stagiaire Svetlana et s’efforce de rentrer en contact avec son fils Yegor, sur le point de basculer définitivement dans l’autre camp, une jeune femme des forces de l’ombre est assassinée de sang froid dans sa cage d’escalier. A cause de cet acte d’une extrême gravité, la trêve fragile qu’avaient conclue depuis des siècles les chefs des deux confréries, Guesser et Zavoulon, est sur le point d’être rompue. Si la guerre s’enclenche à nouveau, le monde tel que nous le connaissons risque bien de courir à sa propre perte. Les enjeux semblent intenses, mais l’incapacité du metteur en scène à les décrire clairement, à filmer un simple champ-contre champ entre acteurs, à ralentir le rythme le temps d’un dialogue, saborde illico tout l’impact émotionnel du film. Vampires, bébés araignées et sorciers en tout genre s’animent donc une fois de plus en une folle sarabande, sans que le spectateur n’ait le loisir de se raccrocher réellement aux personnages, à leurs sentiments et leurs motivations. Reste le spectacle, toujours aussi gratifiant, comme en témoigne ce final apocalyptique digne des films catastrophes les plus emphatiques du cinéma hollywoodien.
 

© Gilles Penso

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A L’INTERIEUR (2007)

Derrière ses débordements ultra-violents, le premier film de Julien Maury et Alexandre Bustillo cache une sensibilité à fleur de peau

A L’INTERIEUR

2007 – FRANCE

Réalisé par Julien Maury et Alexandre Bustillo

Avec Alysson Paradis, Béatrice Dalle, Nathalie Roussel, François-Régis Marchasson, Jean-Baptiste Tabourin, Dominique Frot

THEMA TUEURS I SAGA BUSTILLO & MAURY

« Ouvre-moi ta porte… que je t’ouvre le ventre ». Si le slogan d’A l’intérieur joue volontiers la carte de l’autodérision et du second degré, le premier long-métrage de Julien Maury et Alexandre Bustillo ne prête pas franchement à rire. La noirceur de l’œuvre est même étonnamment intense, engloutissant le spectateur dès les premières minutes pour ne le lâcher que longtemps après le générique de fin. C’est par un accident de voiture que commence le film. Deux voitures sont imbriquées l’une dans l’autre après un violent choc frontal. Derrière un pare-brise ayant volé en éclats, Sarah (Alysson Paradis), enceinte, a le visage ensanglanté, mais elle vit encore. Ce n’est pas le cas de son époux, dont le cadavre écarlate gît sinistrement à ses côtés. Quelques semaines plus tard, la veille de son accouchement, Sarah décide de passer seule le réveillon de Noël, dans la tranquillité un peu morose de son pavillon isolé. Son sommeil est agité par des cauchemars effrayants dignes d’Alien, jusqu’à ce qu’une inconnue (Béatrice Dalle) sonne soudain à sa porte, prétextant une panne de voiture. Sarah refuse d’ouvrir, mais il en faut bien plus pour stopper la détermination de cette étrangère qui semble en savoir long sur Sarah…

En dire plus long risquerait de déflorer une intrigue en forme de train fantôme éprouvant, mais il faut savoir que le sang coule dès lors par hectolitres, et que le visionnage du métrage est à déconseiller résolument aux femmes enceintes. Car en comparaison avec A l’intérieurRosemary’s Baby passerait presque pour un épisode de Winnie l’ourson ! Certes, l’histoire du film tient finalement à peu de chose, mais la précision d’écriture de Bustillo rend son déroulement implacable, et la mise en scène qu’il co-signe avec Maury s’avère redoutablement efficace. On sent bien l’influence d’un Carpenter et d’un Argento, mais A l’intérieur ne cède pas pour autant à la tentation de l’hommage appuyé, défaut souvent imputable aux premiers films de cinéphages devenus cinéastes.

Béatrice Dalle déchaînée

Sur la forme, ce slasher sans concession s’avère impeccable : le design sonore y est remarquable, les images de synthèse qui visualisent les réactions du bébé in utéro bénéficient d’un étonnant hyperréalisme (à cette occasion, les infographistes de Mc Guff Ligne recyclent le fœtus virtuel qu’ils avaient conçu pour le docu-fiction L’Odyssée de la vie de Nils Tavernier), et les innombrables effets gore de Jacques-Olivier Molon n’en finissent plus d’éclabousser l’écran. Mais le film n’aurait jamais eu un tel impact sans l’implication illimitée de ses deux comédiennes principales. Béatrice Dalle glace le sang à chacune de ses apparitions, mue par une folie meurtrière obsessionnelle dont nous ne comprendrons la genèse qu’à la faveur d’une habile révélation finale, tandis qu’Alysson Paradis impressionne par sa prestation à fleur de peau. Certains rebondissements d’A l’intérieur ne sont pas éloignés des mécanismes du Vaudeville, et le climax lui-même bascule dans le grand guignol le plus outrancier. Mais le film est loin de se limiter à un étalage de boucherie. Les sévices les plus atroces y côtoient en effet les émotions les plus fortes. C’est bien là la gageure et la singularité de cette œuvre définitivement hors du commun.

© Gilles Penso

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SOLEIL VERT (1973)

Richard Fleischer nous décrit un monde futur terriblement réaliste gangréné par la surpopulation

SOYLENT GREEN

1973 – USA

Réalisé par Richard Fleischer

Avec Charlton Heston, Edward G. Robinson, Joseph Cotten, Chuck Connors, Brock Peters, Whit Bissell, Leigh Taylor-Young

THEMA FUTUR

Habitué aux futurs post-apocalyptiques depuis La Planète des singes et Le Survivant, Charlton Heston s’y frotte à nouveau à l’occasion de cet inoubliable Soleil vert, qui nous décrit un avenir pessimiste d’autant plus inquiétant qu’il est réaliste. Adapté d’un roman homonyme d’Harry Harrison publié en 1966, le récit se situe en 2022. Suite à une gigantesque catastrophe écologique, le monde est nimbé d’un brouillard vert et opaque. La surpopulation et le chômage sont tels que les gens vivent dans des voitures abandonnées et dorment par centaines sur les marches des escaliers. New York elle-même compte pas moins de cinquante millions d’habitants. La hausse des prix est vertigineuse, les denrées alimentaires sont insuffisantes, et les queues pour se procurer un peu d’eau et de nourriture sont démesurées. Les émeutes sont donc fréquentes, et les autorités sont contraintes de les réprimer avec des bulldozers et des camions-benne. Le suicide est encouragé officiellement, et organisé sous forme d’injections dans des centres spécialisés, tandis que sont projetées en musique des images de la Terre telle qu’elle était avant la catastrophe.

Restent encore quelques nantis, qui gardent jalousement leurs richesses, vivent dans des immeubles ultra-protégés et acquièrent des prostituées comme on achète des meubles. Dans ce futur décidément atroce, la population doit se nourrir de tablettes synthétiques dénommées « soleils » (« soylent » en anglais, contraction des mots soja et lentille). Selon le jour de la semaine, on mange du soleil rouge, jaune ou bleu… Un jour, on lance sur le marché le soleil vert, de composition inconnue. Heston incarne ici le détective Robert Thorn, plongé jusqu’au cou dans une enquête sur la mort d’un des chefs de la société qui fabrique les pâtisseries suspectes, à l’aide de son coéquipier Sol Roth (Edward G. Robinson). Bientôt, Thorn est sommé par ses supérieurs d’interrompre ses investigations. L’homme étant du genre buté, il ne s’arrête pas en si bon chemin, malgré les tueurs lancés à ses trousses. Et lorsqu’il découvre enfin l’incroyable vérité, le spectateur est autant désarçonné que la population réfugiée dans une église-dortoir où Thorn livre la terrible révélation…

Anticipation minimaliste

La noirceur du film ne l’empêche pas de se permettre quelques écarts humoristiques (Heston qui pille sans vergogne l’appartement d’une victime dont il tente d’élucider la mort), ainsi qu’une poignée de séquences profondément émouvantes (notamment le suicide de Sol aux accents de Tchaïkovsky, Beethoveen et Grieg, d’autant plus marquant que le comédien Edward G. Robinson s’éteignit d’un cancer peu de temps après le tournage). Le film de Richard Fleischer ne souffre finalement que du minimalisme de sa reconstitution futuriste, pour le moins datée aujourd’hui. A cette réserve près, Soleil vert est une œuvre intensément éprouvante, riche en séquences d’action brutes et en tableaux oppressants qui témoignent sans concession des préoccupations écologiques de la population en ce milieu des années 70. Le consultant technique du film fut d’ailleurs Frank R. Bowerman, alors président de l’Académie Américaine de l’Environnement.

© Gilles Penso

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THE DARK KNIGHT (2008)

Ce volet central de la trilogie Batman réalisée par Christopher Nolan impose Heath Ledger comme un redoutable Joker

THE DARK KNIGHT

2008 – USA

Réalisé par Christopher Nolan

Avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart, Maggie Gyllenhaal, Michael Caine, Morgan Freeman, Gary Oldman

THEMA SUPER-HEROS I CLOWNS I SAGA BATMAN I DC COMICS

Jack Nicholson était-il un Joker trop caricatural à votre goût ? Tommy Lee Jones basculait-il dans le grotesque dans le rôle de Double Face ? Qu’à cela ne tienne : Christopher Nolan remet les monstres à l’heure avec The Dark Knight, redonnant tout le panache qu’ils méritent aux deux super-vilains les plus complexes de l’univers de Batman. Accessoirement, il réalise aussi le meilleur long-métrage jamais consacré à l’homme-chauve-souris, pour peu qu’on accepte une alternative aux visions gothiques de Tim Burton. Car The Dark Knight s’inscrit dans la continuité de Batman Begins, prônant la noirceur et l’hyper-réalisme tout en évitant les deux écueils majeurs du film précédent : un méchant un peu fade et un scénario sans surprise. A contre-emploi total, Heath Ledger livre une performance hallucinante en Joker sinistre et psychopathe, performance d’autant plus marquante qu’elle fait office de testament pour cette jeune étoile trop tôt éteinte. Quant à Aaron Eckhart, il bascule progressivement de la sagesse charismatique à la folie destructrice sous les traits d’Harvey Dent, soutenu par un maquillage numérique horriblement surréaliste. Influencé par l’atmosphère des albums les plus sombres de la saga (« The Killing Joke », « Arkham Asylum »), The Dark Knight s’attache à nous décrire le chaos qui règne sur Gotham City, miroir à peine déformant de notre société.

La première originalité du scénario consiste à traiter les dommages collatéraux provoqués par la présence en ville d’un super-héros tel que Batman : profusion de justiciers amateurs se masquant comme lui pour se livrer à l’auto-défense, effervescence des gangs redoublant d’efforts pour poursuivre leurs activités… Batman ne fait-il pas autant de mal que de bien en se substituant à la police ? La baisse de la criminalité ne reposerait-elle pas plus prosaïquement sur les épaules d’Harvey Dent, procureur opiniâtre et incorruptible ? C’est au cœur de cette polémique que surgit le Joker, un être machiavélique et psychotique qui camoufle ses cicatrices sous un maquillage de clown, défie sans vergogne les autorités et les mafieux, et ne semble vivre qu’avec un seul but : éliminer Batman. A feu et à sang, la cité va connaître une explosion de violence sans précédent…

Gotham City à feu et à sang

Paré de seconds rôles épatants (Michael Caine, Gary Oldman, Morgan Freeman, Eric Roberts), The Dark Knight collectionne les séquences de suspense éprouvantes, le sommet en la matière se déroulant à bord de deux ferry-boats promis à une explosion imminente, acheminant le film vers un questionnement ultime sur la nature humaine. Les amateurs d’action iconique se régaleront par ailleurs des exploits du super-héros s’envolant pour la première fois comme une chauve-souris géante au-dessus des toits de ses concitoyens, ou slalomant sur le bitume à bord de son impressionnante « bat-moto ». Seules fausses notes : un triangle amoureux un peu convenu (avec une Maggie Glynnehaal pas beaucoup plus convaincante que Katie Holmes dont elle reprend le rôle) et une partition impersonnelle co-signée à nouveau par Hans Zimmer et James Newton Howard. Pour le reste, The Dark Knight est un véritable cadeau offert aux amateurs purs et durs du «Chevalier Noir».

 

© Gilles Penso

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DOROTHY (2008)

Qu'est-il arrivé à la jeune Dorothy Mills ? Pourquoi a-t-elle tenté d'assassiner le bébé dont elle avait la garde ?

DOROTHY MILLS

2008 – FRANCE

Réalisé par Agnès Merlet

Avec Carice Van Houten, Jenn Murray, Gary Lewis, David Wilmot, Ger Ryan, David Ganly

THEMA FANTÔMES

Le Village des damnésThe Wicker ManLes Innocents… Lorsqu’Agnès Merlet cite ses sources d’inspiration, on ne peut s’empêcher de partager son enthousiasme. Mais se mesurer à de tels chefs d’œuvre est un pari risqué, et tel n’est pas l’objectif de la cinéaste. « J’ai commencé mes démarches en me documentant sur des faits réels, comme si j’allais m’attaquer à un documentaire », explique-t-elle. « Petit à petit, le récit s’est fictionné, jusqu’à intégrer des éléments surnaturels. » (1) Carice Van Houten (Black Book) incarne Jane Morton, une psychiatre bouleversée par la mort accidentelle de son jeune garçon. Pour exorciser ce drame, elle décide de mener l’enquête sur Dorothy Mills, une adolescente vivant sur une petite île au large de l’Irlande qui est accusée d’avoir tenté d’assassiner un bébé dont elle avait la garde.

Échappant de peu à un accident de voiture qui manque de lui coûter la vie, Jane est escortée jusque dans une auberge vétuste par le shérif du coin. Sur place, l’accueil est glacial. Les insulaires voient en effet d’un très mauvais œil cette citadine venue déterrer un passé qu’ils aimeraient bien continuer d’oublier. Lorsqu’elle rencontre enfin Dorothy, Jane découvre une jeune fille fragile et terrorisée par des démons intérieurs. Ses accès brutaux de colère et ses sautes d’humeur violentes laissent imaginer un cas de possession. Mais Jane met bientôt à jour l’origine des troubles de Dorothy : elle est atteinte du syndrome de la personnalité multiple. Dans son esprit cohabitent ainsi une demi-douzaine d’individus aussi dissemblables que complémentaires. Le cas est spectaculaire, mais pas hors de portée d’un traitement médical approprié. Jusqu’à ce que Jane découvre l’impensable : la plupart des êtres qui parlent à travers Dorothy sont des fantômes, prêts à tout pour mettre à jour un lourd secret et révéler la cause inavouable de leur mort…

Les dérives du fanatisme religieux

Évitant tout manichéisme trop prononcé et contournant habilement les codes de la traditionnelle « ghost story », Agnès Merlet brosse le portrait peu reluisant d’une micro-société coupée du reste du monde et aveuglée par sa bigoterie. Dorothy agissant comme un révélateur, le rôle du monstre qu’on lui attribue bien hâtivement s’inverse bientôt. « Il me semblait qu’un tel sujet ne pouvait fonctionner que s’il était ancré dans une réalité », raconte la réalisatrice. « Le film commence comme un thriller psychologique, puis des éléments étranges viennent petit à petit s’insérer dans la narration, jusqu’au basculement dans le fantastique. » (2) La réussite du film est le résultat d’une heureuse alchimie et d’une parfaite combinaison de talents. La mise en scène libre et naturaliste (caméra à l’épaule, décors réels, lumière simple, absence d’effets spéciaux) favorise une approche réaliste et crédible, tandis que le scénario millimétré imbrique une à une les pièces du puzzle, combinant le présent et le passé, les vivants et les morts, jusqu’à un ultime coup de théâtre aussi surprenant qu’émouvant. Quant au casting, il est tout simplement prodigieux. Carice Van Houten est un parfait pôle d’identification, alliant la grâce et la sensibilité tout au long du métrage, et Jenn Murray, pourtant actrice débutante, s’avère époustouflante dans le rôle complexe d’une adolescente tiraillée par des caractères contraires.

(1) et (2) Propos recueillis par votre serviteur en juin 2008  

 

© Gilles Penso

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ALIENS VS PREDATOR REQUIEM (2008)

Ce second crossover entre les deux races extra-terrestres les plus agressives de l'histoire du cinéma quitte l'espace au profit de la terre ferme

ALIENS VS PREDATOR REQUIEM

2008 – USA

Réalisé par Colin et Greg Strause

Avec Steven Pasquale, Reiko Aylesworth, John Ortiz, Johnny Lewis, Shareeka Epps, Ariel Grade, Kristen Hager 

THEMA EXTRA-TERRESTRES I SAGA ALIEN I PREDATOR

Créateurs d’effets spéciaux visuels haut de gamme via leur compagnie Hydraulx (dont le CV comprend entre autres X-Men : l’affrontement finalLes Quatre Fantastiques et 300), Colin et Greg Strause sont des amateurs inconditionnels des sagas Alien et Predator, et leurs propos à l’encontre du Alien vs. Predator de Paul W. S. Anderson étaient des plus virulents. Lorsqu’ils furent promus réalisateurs d’Aliens vs Predator Requiem et qu’ils clamèrent revenir aux sources des deux mythes (tout en évacuant au maximum les trucages numériques au profit des maquillages, des costumes et de l’animatronique), un regain d’espoir gagna les fans des extra-terrestres virulents jetés pour la première fois sur les écrans par Ridley Scott et John McTiernan. Malheureusement, l’enthousiasme fut de courte durée face au manque d’intérêt global de cette inutile séquelle.

Ignorant superbement l’Alien vs. Predator précédent, celui-ci se situe chronologiquement après Predator 2 et avant Alien. Le contexte n’est donc pas futuriste, et le récit se situe dans une petite ville montagneuse du Colorado, Gunnison (reconstituée à Vancouver pour les besoins du tournage). Dans des bois nocturnes qu’on croirait empruntés à la série X-Files, un vaisseau spatial se crashe avec à son bord un Predator en piteux état. Attaqué par un Alien, il vient de donner naissance à une créature hybride, le « Predalien », qui ressemble comme deux gouttes d’eau au monstre conçu en 1979 par Giger, si ce n’est qu’il arbore en prime des dreadlocks. Lâchée dans la nature, la bête commence à semer la mort dans la bourgade américaine, accompagnée par une horde de « face huggers » qui s’apprêtent à pondre leurs œufs dans tous les humains qui passent à leur portée.

Personne n'est épargné

Quelques années-lumière plus loin, sur sa planète natale, un Predator découvre la scène et décide de voyager jusqu’à la Terre pour détruire cette créature hybride. L’affrontement entre les deux monstres prend donc la tournure d’une vendetta personnelle, tandis que s’agitent de toutes parts des protagonistes humains insipides obéissant à tous les lieux communs du genre (nous avons même droit à une jeune mère sportive qui se prend pour Ripley, dégommant les aliens à coup de fusil pour protéger sa fillette). Finalement, Aliens vs. Predator Requiem ressemble à un Horribilis qui aurait oublié tout humour et tout second degré. Autant dire que ses attraits sont quelque peu limités. Généreux en gore, le film ne lésine pas sur les têtes qui explosent, les visages qui fondent, les bras qui s’arrachent ou les ventres qui se déchirent. Les enfants eux-mêmes ne sont pas épargnés, la scène de la maternité étant à ce titre particulièrement gratinée. Mais ces accès de violence ne riment à rien étant donnée la faible teneur des enjeux dramatiques. Les monstres eux-mêmes, conçus par l’indéboulonnable duo Alec Gillis et Tom Woodruff, sont plutôt impressionnants, mais la qualité de leurs costumes animatroniques ne rend pas leurs combats plus palpitants. Toutes les belles intentions des frères Strause s’évaporent donc dans la nature. A bien y réfléchir, le sous-titre Requiem était prophétique, car avec ce nouvel opus, la double saga Alien et Predator semble bel et bien avoir rendu l’âme…

 

© Gilles Penso

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THE CROW (1994)

Une très belle adaptation de la bande-dessinée de James O'Barr, qui fut endeuillée par la mort de son acteur principal

THE CROW

1994 – USA

Réalisé par Alex Proyas

Avec Brandon Lee, Ernie Hudson, Michael Wincott, David Patrick Kelly, Angel David, Rochelle Davis, Ling Bai, Laurence Mason

THEMA FANTÔMES I CLOWNS I SAGA THE CROW

Adapté de la bande dessinée homonyme créée par James O’Barr, The Crow conte la triste destinée d’Eric Draven, chanteur dans un groupe de rock et amoureux fou de la belle Shelly Webster. La veille de leur mariage, tous deux sont sauvagement assassinés. Or, selon une ancienne croyance, l’âme d’un défunt est conduite par un corbeau au pays des morts. Et parfois, lorsque cette âme n’est pas en paix, le corbeau la ramène pour qu’elle rétablisse le bien. Ainsi, un an après le drame, le corbeau ramène Eric à la vie… Un peu en rupture avec la production fantastique de son époque, The Crow est un film noir et mélancolique, évacuant pratiquement tout humour pour nous conter les exploits désespérés d’un super-héros de bande dessinée revenu d’entre les morts pour une vengeance d’outre-tombe, sous la forme d’un clown funèbre vêtu de noir. Une indéniable poésie visuelle se dégage des magnifiques images du film, véhiculée notamment par le corbeau alter ego du héros qui ne cesse de traverser le ciel toujours noir de cette cité lugubre et pluvieuse aux allures de Gotham City. « Mon inspiration sur The Crow vient surtout de la bande dessinée de laquelle est tirée le film », nous explique Alex McDowell, le créateur des somptueux décors « Le choix d’une palette quasi-monochrome était en accord avec le dessin noir et blanc du comic-book, et l’atmosphère du film est inspirée du centre-ville de Détroit, où se situe l’histoire écrite et dessinée par James O’Barr. » (1)

Pour un réalisateur pratiquement débutant, Alex Proyas s’avère particulièrement doué, et ses influences transparaissent parfois à travers les scènes d’action violentes et les gunfights, évoquant tour à tour Russel Mulcahy et John Woo. Brandon Lee apporte tout le charisme, l’agilité, la tristesse et la beauté nécessaires à ce héros plus noir que le Batman de Tim Burton. Son allure de clown triste, partiellement inspiré par le look du chanteur Robert Smith des Cure, fait écho à un autre personnage de Burton, Edward aux mains d’argent, mais la haute stature et la souplesse aérienne du fils de Bruce Lee se démarquent du pantin maladroit aux doigts métalliques incarné par Johnny Depp. Face à Brandon Lee, Michael Wincott s’avère une fois de plus taillé sur mesure dans le rôle d’un méchant vraiment digne de ce nom, sa voix rauque et son visage de rapace ayant déjà fait leur preuve dans 1492 de Ridley Scott et Les Trois Mousquetaires de Stephen Herek.

« Le véritable amour dure toujours… »

Le climax de The Crow, sous forme d’un affrontement bon/méchant sur les toits de la ville, semble un peu obéir aux conventions du genre, mais le film s’achève en toute beauté, sur une jolie réplique fermant la boucle du récit : « Si les gens que nous aimons nous sont enlevés, le seul moyen de les garder en vie est de ne jamais cesser de les aimer. Les immeubles brûlent, les gens meurent, mais le véritable amour dure toujours. » Le message est d’autant plus touchant que Brandon Lee mourut pendant le tournage du film, suite à un accident malencontreux brisant net l’envol d’une carrière qui s’annonçait pleine de promesses. Avec l’accord de sa famille, Alex Proyas fut donc contraint d’effectuer quelques tours de magie numériques pour intégrer le comédien dans les scènes qu’il n’avait pas encore eu le temps de tourner, complétant ainsi son film-testament.


(1) propos recueillis par votre serviteur en juillet 2005

© Gilles Penso

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FRONTIÈRE(S) (2008)

Xavier Gens inscrit l'horreur la plus radicale et les péripéties les plus sanglantes dans un contexte socio-politique tangible

FRONTIÈRE(S)

2008 – FRANCE

Réalisé par Xavier Gens

Avec Karina Testa, Samuel Le Bihan, Estelle Lefébure, Aurélien Wilk, David Saracino, Chems Dahmani, Maud Forget

THEMA TUEURS I CANNIBALES

De prime abord, Frontière(s) est une simple réponse française au Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. Le schéma du groupe d’amis tombant en pleine campagne sur une famille de bouchers dégénérés et cannibales y est en effet reproduit avec une indéniable fidélité. Mais le propos du premier long-métrage de Xavier Gens ne se limite pas au simple remake d’un classique de l’horreur des années 70. En effet, le film s’inscrit dans un contexte social directement inspiré par les événements politiques survenus en France en 2002, et tout ce qui s’y déroule est la conséquence directe de cette situation critique. En ce sens, Frontière(s) n’est pas éloigné de l’univers de George Romero.

L’extrême droite étant sur le point d’accéder au pouvoir suite au premier tour des élections présidentielles, quatre jeunes banlieusards s’apprêtent à quitter la France, emportant le butin d’un braquage qu’ils viennent de commettre. En pleine forêt, à la limite de la frontière luxembourgeoise, ils trouvent refuge dans une auberge isolée qui abrite une communauté néo-nazie de la pire espèce. Dès lors, le carnage amorce un crescendo dont le paroxysme ne semble pas avoir d’équivalent à l’écran, même si d’autres perles du cinéma extrême made in France (Haute tension, A l’intérieur) nous viennent à l’esprit.  La réussite de Frontière(s) est à mettre avant tout au compte d’un réalisateur particulièrement inspiré (son découpage est au cordeau et sa direction artistique impeccable), soutenu par un casting en grande forme (Samuel le Bihan et Estelle Lefébure abordent leurs rôles de « bad guys » avec un enthousiasme manifeste) et par un producteur amoureux du genre, Laurent Tolleron, à qui nous devons les séries Chambre 13, Les Redoutables, Les Mythes urbains et Sable noir« J’ai le sentiment que c’est dans le genre fantastique que tout se passe », nous livre-t-il. « C’est là que le cinéma se réinvente, que les nouvelles écritures naissent. Les plus grands talents actuels, comme Peter Jackson ou Sam Raimi, viennent du genre, et ce n’est pas un hasard. » (1)

Le petit coup de pouce de Luc Besson

Tourné en 2006 pour un budget d’un million et demi d’euros, Frontière(s) n’est sorti sur les écrans que deux ans plus tard. Xavier Gens et Laurent Tolleron ont en effet bataillé avec leur distributeur initial, qui refusait notamment que le film soit interdit aux moins de seize ans, et trouvèrent finalement gain de cause auprès de Luc Besson, lequel leur permit d’achever le film dans des conditions économiques relativement confortables et surtout de conserver les aspects gore les plus radicaux de l’œuvre. Face aux nombreuses imitations de Massacre à la tronçonneuse qui ornent les écrans depuis belle lurette, Frontière(s) se défend donc sans mal, même si l’on peut regretter que l’aspect « politique-fiction » du récit ne serve finalement que de prétexte sans interférer directement sur le conflit opposant les infortunés protagonistes et leurs bourreaux. Ici, le fascisme s’ajoute à la liste des tares de ces derniers (par ailleurs psychopathes, anthropophages et probablement consanguins) mais ne permet pas de construire une satire sociale digne de ce nom. A cette petite réserve près, le film fait mouche et Gens s’affirme comme un réalisateur à suivre de très près.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en août 2007

 

© Gilles Penso

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CASINO ROYALE (2006)

Les producteurs de la saga officielle James Bond récupèrent enfin les droits du premier roman d'Ian Fleming et dotent l'agent 007 d'un tout nouveau visage

CASINO ROYALE

2006 – GB / USA

Réalisé par Martin Campbell

Avec Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen, Judi Dench, Caterina Murino, Jeffrey Wright, Giancarlo Giannini

THEMA ESPIONNAGE ET SCIENCE-FICTION I SAGA JAMES BOND

Jusqu’alors, les producteurs de la saga James Bond n’avait jamais pu adapter officiellement le roman « Casino Royale », suite à un problème de droits qui fut réglé lors de l’acquisition de la franchise par Sony. Déjà aux commandes de Goldeneye, Martin Campbell reprend du service et se lance dans une sorte de « post-préquelle » aux allures de reboot. Ainsi Casino Royale raconte-t-il les débuts de l’agent 007 et ses premières missions après l’obtention de son permis de tuer, le tout en 2006 (avec Judi Dench qui, pour sa part, conserve le rôle de M qu’elle tenait depuis 1995). Et puisque nous assistons à la renaissance d’un héros, il était logique de le doter d’un nouveau visage. Surprenant, le choix de Daniel Craig est un vrai coup de génie. Ses traits burinés et son corps trapu s’adaptent parfaitement à cet assassin mal dégrossi encore loin de l’espion sûr de lui que nous connaissons. D’où de savoureuses joutes verbales avec M. « Difficile de faire comprendre ça à un bulldozer, mais l’arrogance et l’introspection ne font pas bon ménage » lui lance-t-elle ainsi après qu’il soit entré par effraction chez elle. La brutalité de notre homme est apparente dès l’ahurissante séquence d’action qui ouvre les festivités, au cours de laquelle il course un terroriste incarné par Sébastien Foucan (Yamakazi). L’agilité acrobatique de l’un (qui évite les obstacles en se contorsionnant avec grâce) contraste fortement avec la rudesse de l’autre (qui a plutôt tendance à défoncer les murs !).

Autre morceau de choix : une poursuite en camion à couper le souffle qui n’est pas loin de nous rappeler celles des Aventuriers de l’Arche Perdue ou de Mad Max 2. La mission de Bond se précise alors : il doit affronter Le Chiffre (un vilain suave aux larmes de sang qui rappelle le Christopher Walken de Dangereusement Vôtre) au cours d’une partie de poker dans un casino du Montenegro. Le but de l’opération est de ruiner ce banquier dont la clientèle est constituée de terroristes internationaux. 007 est épaulé par Vesper Lynd (la sublime Eva Green), qui représente le Trésor Public. Une inévitable idylle se noue entre eux, mais qu’elles sont loin les James Bond girls affables qui se pâment devant le beau James avant de s’offrir à lui ! Vesper est une femme complexe, entreprenante et peu impressionnable. Lorsque Bond lui lâche nonchalamment « vous n’êtes pas mon genre », elle se contente de lui rétorquer, le sourire aux lèvres : « intelligente ? »

 

James Bond Begins

Le jeu du chat et de la souris s’achève par une histoire d’amour intense comme on n’en avait pas vue depuis Au service secret de Sa Majesté. Tout ce que 007 va vivre au cours de cette mission va peu à peu définir le personnage archétypique auquel vingt films nous ont familiarisé. Nous comprenons dès lors sa méfiance des femmes, son amour pour les voitures de luxe et les cocktails raffinés, sa prise d’assurance. La métamorphose du héros transparaît à tous les niveaux du film, depuis la redéfinition de la classique scène pré-générique jusqu’à la partition de David Arnold qui n’aborde jamais frontalement le célèbre James Bond Theme, sauf au moment d’un épilogue très gratifiant. Vivre une nouvelle aventure de l’agent 007 comme si nous le découvrions pour la première fois : voilà le cadeau que nous offrent là Martin Campbell et ses producteurs.

 

© Gilles Penso

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