STAR TREK ENTERPRISE (2001-2005)

Un siècle avant le capitaine Kirk et Monsieur Spock, Jonathan Archer dirigeait l'équipage de l'Enterprise NX-01

STAR TREK ENTERPRISE

2001/2005 – USA

Créée par Brannon Braga et Rick Berman

Avec Scott Bakula, John Billingsley, Jolene Blalock, Dominic Keating, Anthony T.Montgomery, Linda Park et Connor Trineer

THEMA SPACE OPERA I SAGA STAR TREK

Pour la franchise Star Trekl’année 2001 marque la fin d’une ère. Le spin-off Voyager  se termine en beauté et Rick Berman, le successeur de Gene Roddenberry, lance la mise en chantier du quatrième et dernier long-métrage mettant en scène l’équipage de La Nouvelle Génération : Star Trek Nemesis. Cette même année est lancé le cinquième avatar des aventures en prises de vues réelles de nos explorateurs préférés. Si les séries précédentes se déroulaient aux 23ème et 24ème siècle, Star Trek Enterprise fait le choix de raconter la genèse de la Fédération des Planètes Unies. Son action se situe cent ans avant les tribulations du Capitaine Kirk et de Monsieur Spock. 

Enterprise narre les aventures du premier vaisseau de Starfleet capable d’atteindre une vitesse de distorsion 5 (Warp 5) : l’Enterprise NX-01. Un astronef dont l’intérieur, volontairement rustique, évoque plus celui d’un sous-marin que d’un vaisseau spatial. On assiste également aux balbutiements des technologies qui ont fait le succès des précédents shows. Ici, le téléporteur n’est utilisé que pour déplacer des charges inertes et pas des êtres vivants. De plus, à la différence de ses « successeurs », cet Enterprise ne dispose pas de rayons tracteurs qui sont remplacés par des grappins. Côté équipage, le navire est commandé par le capitaine Jonathan Archer incarné par le célèbre Scott Bakula (Quantum Leap, Desperate Housewives, NCIS La Nouvelle-Orléans). Son équipage est des plus cosmopolites avec notamment le docteur Phlox, un Dénobulien joué par l’épatant John Billinsley. Mais c’est surtout la sublime Jolene Blalock, dans le rôle du subcommandeur T’Pol, qui apporte une touche sexy à bord du vaisseau. Son personnage vit d’ailleurs une idylle avec l’ingénieur de bord. A noter aussi un changement important : le générique, qui bénéficie de magnifiques images d’illustrations de la conquête spatiale, est pour la première fois chanté.

Klingons, Vulcains et Andoriens

Les deux premières saisons d’Enterprise ont été caractérisées par des épisodes autonomes qui ont exploré des sujets tels que les premières relations de l’humanité avec les Vulcains mais également les Klingons et les Andoriens, des espèces exotiques déjà familières à la franchise Star Trek. Sur le papier, tout était réuni pour poursuivre avec brio la saga et le show offre d’ailleurs de très bons épisodes. C’est le cas notamment de « Premier Contact » (saison 2) qui retrace le parcours de l’ancêtre de T’Pol naufragée sur Terre à la fin du vingtième siècle. Un épisode à ne pas confondre avec le film du même nom. Ce même métrage qui fait l’objet d’une suite un peu plus loin au cours de la saison, dans « Une découverte dangereuse ». Mention spéciale également à l’excellent « Le côté obscur du Miroir », dans la quatrième saison, qui explore un univers alternatif de la franchise.  De bons épisodes, donc, mais globalement Enterprise s’avère plutôt décevante. Voulant attirer davantage de téléspectateurs, Paramount appelle à des changements pour la troisième saison. Simplement baptisée Enterprise à son lancement, la série est par la suite renommée, et poursuit des intrigues qui sont plus axées sur l’action ainsi qu’une histoire unique et « sérialisée ». La mission principale de l’équipage est d’empêcher la Terre d’être détruite par une nouvelle espèce exotique appelée Xindi. Malheureusement, les audiences sont en baisse et après une quatrième et dernière saison, obtenue sous la pression des fans, Enterprise s’arrête après « seulement » 98 épisodes. Au cinéma, l’aventure se poursuit en 2002 avec le capitaine Picard et l’Enterprise-E. Mais après presque deux décennies d’intense activité, la franchise Star Trek est mise en sommeil. Pour les trekkies, l’attente devait durer 4 ans avant que J.J Abrams ne relance la machine.
 
© Antoine Meunier

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STAR TREK VOYAGER (1994-2001)

Dans cette quatrième série TV consacrée à l'univers de Star Trek, l'ex-Madame Columbo prend la tête du vaisseau Voyager

STAR TREK VOYAGER

1994/2001 – USA

Créé par Rick Berman, Michael Piller et Jeri Taylor

Avec Kate Mulgrew, Robert Beltran, Roxann Dawson, Tim Russ, Jennifer Lien, Robert Duncan Mac-Neill, Robert Picardo, Ethan Phillips et Garret Wang

THEMA SPACE OPERA I SAGA STAR TREK

Lancée un an après Star Trek Deep Space NineVoyager est la quatrième déclinaison télévisée de la franchise créée par Gene Roddenberry en 1966. Si DS9, démarrée un an plus tôt en 1993, se veut beaucoup plus sombre que la série originale (TOS) et la Nouvelle Génération (TNG), Voyager l’est également mais elle renoue avec la thématique centrale qui a fait le succès des deux premières séries télévisées : l’Exploration. Un retour aux sources qui marque également des ruptures par rapport à NextGen… et Deep Space NineNous embarquons ainsi à bord du Voyager, un vaisseau spatial dont le nom est un clin d’œil évident aux deux sondes planétaires de la NASA qui ont été lancées en 1977 et qui voyagent maintenant depuis 2013 dans le milieu interstellaire. Ce nouveau fleuron de Starfleet est commandé par une femme : le capitaine Kathryn Janeway. Au cours d’une mission de sauvetage, le Voyager se retrouve projeté, par une entité nommée le Pourvoyeur, à 70 000 années-lumière dans le quadrant Delta, une partie encore inexplorée de la Galaxie. Malgré la technologie dont elle dispose, Janeway ne peut espérer faire revenir son navire en moins de 70 ans dans l’espace de la fédération. Nanti d’un équipage reconstitué notamment avec des membres du Maquis (groupe de résistants formés lors de la guerre entre la Fédération et les Cardassiens dans DS9), le Voyager commence son long voyage de retour qui s’étalera sur 172 épisodes.

Pourvu d’un casting irréprochable, Voyager est une vraie réussite. S’il fut un temps question de confier le rôle du capitaine Janeway à l’actrice canadienne Geneviève Bujold (vue notamment dans L’Incorrigible avec Jean-Paul Belmondo), le choix final de Kate Mulgrew s’avère plus judicieux. Celle qui fut une éphémère Madame Columbo en 1979, insuffle à son personnage ce qu’il faut de dynamisme, d’autorité et de compassion pour commander un vaisseau spatial perdu dans les tréfonds du cosmos. Elle s’appuie notamment sur le commander Chakotay (Robert Beltran, aperçu dans Bugsy de Barry Levinson) et l’ingénieur mi humaine mi Klingon B’Elana Torres (Roxann Dawson), tous deux issus du Maquis. Robert Picardo – habitué des films de Joe Dante -, incarne à merveille le docteur holographique du Voyager. Une série Star Trek sans un Vulcain ne serait pas une série Star Trek. Cette fonction échoit à Tim Russ dont la prestation manque malheureusement parfois de crédibilité. En revanche, l’un des personnages les plus forts de la série est incontestablement celui de Seven of Nine, jouée par la belle Jeri Ryan au cours des quatre dernières saisons. Incarnant un borg séparé du collectif, elle offre à la série l’un des pivots des meilleurs épisodes du show.

De nouveaux mondes étranges…

De plus si d’ordinaire, les épisodes de Star Trek sont indépendants les uns des autres, la production fait le choix, en fait dès les dernières saisons de Next Generation, de développer des intrigues en plusieurs parties. Ce qui va s’avérer payant. Retenons notamment le dyptique « Scorpion », qui marque justement l’arrivée de Seven of Nine, et qui montre le capitaine Janeway obligé de nouer une alliance avec le Borgs face à l’entrée en scène d’une race encore plus agressive : l’espèce 8472 ou encore les féroces Hirogènes qui asservissent intégralement le vaisseau dans l’épisode en deux parties « Le jeu de la mort » (saison 4). Si Voyager « explore de nouveaux mondes étranges » et continue de « découvrir de nouvelles civilisations », elle n’en oublie pas non plus ses racines en faisant régulièrement des clins d’œil à ses prédécesseurs. L’odyssée du Capitaine Janeway et de son équipage se termine en 2001, après sept saisons, mais l’odyssée de Star Trek était quant à elle loin d’être achevée…

 

© Antoine Meunier

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TEMPÊTE DU SIÈCLE (LA) (1999)

Une mini-série qui transforme Colm Feore en entité démoniaque toute-puissante issue d'un récit de Stephen King

STORM OF THE CENTURY

1999 – USA

Réalisé par Craig R. Baxley

Avec Timothy Daly, Colm Feore, Debrah Farentino, Casey Siemaszko, Jeffrey DeMunn, Dyllan Christopher

THEMA DIABLES ET DEMONS I SAGA STEPHEN KING

La Tempête du Siècle est tiré d’un scénario original de 300 pages que Stephen King écrit dans le but d’en tirer un long téléfilm de trois heures. La chaine ABC, qui se souvient encore du succès de la mini-série Shining, accepte aussitôt de financer à hauteur de 33 millions de dollars un téléfilm en deux parties. Le réalisateur Mick Garris étant indisponible, King pense à Craig R. Baxley, dont le thriller Code Traque l’a fort impressionné. La Tempête du Siècle commence lorsqu’une tempête de neige s’apprête à frapper Little Tall Island, la petite île du Maine qui servait déjà de décor à Dolores Claiborne

Le mal prend ici la forme de l’énigmatique André Linoge (Colm Feore, héros de La vie des autres), qui débarque un jour dans la petite bourgade insulaire. Il tient une canne avec un pommeau en forme de tête de loup en argent, qui semble animée d’une vie propre. Doté de pouvoirs surnaturels, il semble en savoir beaucoup sur les habitants de Little Tall Island, surtout leurs secrets les plus honteux. Après avoir assassiné sans scrupule une vieille dame chez elle, il est emprisonné par le shérif Mike Anderson (Timothy Daly). L’opposition entre le policier qui essaie de garder la tête froide et ce tueur glacial et mystérieux fait tout le sel de la mini-série, tandis qu’au dehors le chaos climatique règne, isolant la petite communauté insulaire. Furtivement, les yeux de Linoge deviennent rouges et ses dents acérées, dévoilant sa nature diabolique. Son nom est d’ailleurs l’anagramme de Légion. Mais son visage au naturel, calme et impassible, suffit à provoquer l’effroi. D’autant qu’il révèle une capacité à manipuler l’esprit d’autrui, poussant les gens au suicide. L’une de ses victimes « à distance » se pend, une autre se plante une hache dans la tête, une vieille dame se noie dans un lavabo, une jeune fille s’empare de sa canne et tue son petit ami… 

« Donnez-moi ce que je veux et je m'en irai… »

Alors que la panique gagne la petite communauté, le captif leur adresse un message sibyllin : « Donnez-moi ce que je veux et je m’en irai. » Il finit par s’évader sans que ses intentions soient claires, et aussitôt les deux cents habitants de l’île font le même rêve : ils ont tous disparu corps et bien, poussés à se précipiter depuis la jetée dans la mer déchainée, comme les rats du joueur de flûte d’Hamelin. C’est le moment que choisit Linoge pour les réunir et leur annoncer enfin sa requête. « J’ai vécu longtemps, des milliers d’années. Mais je ne suis pas un dieu, pas plus que je suis immortel. » dit-il. « Je veux quelqu’un à qui je puisse transmettre tout le savoir que j’ai acquis, quelqu’un qui poursuivra mon œuvre lorsque je serai dans l’incapacité de le faire moi-même. Je veux un enfant ! » Le dilemme qui suit cette déclaration auprès des habitants de l’île (doivent-il sacrifier un de leurs enfants ou tous mourir ?) crée une séquence de tension terrible, au cours de laquelle le shérif se retrouve seul contre tous. Il semble alors impossible de savoir comment la situation va pouvoir se dénouer. Avec son scénario palpitant, ses comédiens solides et sa mise en scène tirée au cordeau, La Tempête du Siècle est sans conteste l’un des meilleurs téléfilms jamais consacrés à l’univers de Stephen King. Son réalisateur Craig R. Baxley sera dès lors régulièrement sollicité par l’écrivain pour porter ses écrits sur le petit écran.

 

© Gilles Penso

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SHINING : LES COULOIRS DE LA PEUR (1997)

Loin de la vision de Stanley Kubrick, cette version télévisée s'efforce de retrouver la fidélité du texte de Stephen King

THE SHINING

1997 – USA

Réalisé par Mick Garris

Avec Steven Weber, Rebecca de Mornay, Courtland Mead, Melvin Van Peebles, Will Horneff, Elliott Gould, Stanley Anderson

THEMA FANTÔMES I SAGA STEPHEN KING

Déçu et frustré par le Shining de Stanley Kubrick, Stephen King réfléchit depuis plusieurs années à la possibilité d’une nouvelle adaptation qui rendrait justice à son roman. Face à la richesse et la longueur du texte initial, seule l’option d’un long téléfilm en trois parties d’une heure trente chacune semble viable. Heureux de son travail sur Le FléauKing propose à Mick Garris d’en signer la réalisation. Le casting de Shining : les couloirs de la peuraux antipodes de la version de Kubrick, est loin d’être inintéressant. En rupture avec la fragilité hystérique manifestée jadis par Shelley Duvall, Rebecca de Mornay est une Wendy Torrance belle et forte. Dans le rôle de son époux, Steven Webber affiche un masque de normalité presque fade qui laisse affleurer des accès fugaces de folie, contrairement à Jack Nicholson qui affirmait sa démence dès les premières secondes. 

La longueur de cette mini-série permet d’aborder beaucoup plus progressivement le basculement du personnage de Jack Torrance vers la démence. Le scénario, écrit par King, insiste beaucoup sur le passé d’alcoolique de ce professeur de lettres contraint de garder l’hôtel Overlook en plein hiver pour gagner un peu d’argent. Un parallélisme intéressant s’établit du coup entre son ancienne addiction et sa soudaine obsession pour les vieux documents relatant le passé de l’hôtel. Fidèle à ses habitudes, Mick Garris a l’humilité d’effacer sa réalisation derrière la performance de ses acteurs, comme un metteur en scène de théâtre laisserait s’exprimer ses comédiens sur les planches. Comment interpréter autrement certains passages très – trop ? – dialogués comme la conversation entre Jack et Wendy dans le salon, au cours du second épisode, qui se développe pendant plus de dix minutes d’affilée ? 

Les buissons vivants et le cadavre de la noyée

Plus encore que dans Le Fléau, Garris dote sa caméra de mouvements amples pour accompagner ses comédiens tout en les inscrivant dans le décor, jouant souvent sur les perspectives et les avant-plans. Tous les éléments du huis clos se mettent en place progressivement, tandis que le fantastique ne s’immisce qu’avec prudence dans un premier temps. King et Garris auraient sans doute pu resserrer la narration et sauter quelques passages redondants, mais leur objectif évident est de coller au plus près au déroulement du livre. Ainsi, contrairement à la précédente, cette version de Shining s’intéresse de près aux dons de clairvoyance du petit Danny (Courtland Maid) qui entend des voix, voit un ami imaginaire, lit dans lespensées de son père et établit un lien télépathique avec Dick Halloran (Melvin Van Peebles). Lorsqu’enfin il veut provoquer la peur, le réalisateur ne faillit pas à la tâche et nous offre quelques passages oppressants comme l’apparition récurrente de l’inscription « Redrum », les buissons en forme de fauves qui semblent prendre vie par le seul effet de la mise en scène ou le cadavre hideux de la femme noyée (un maquillage particulièrement impressionnant de Steve Johnson) qui surgit d’une baignoire. Gros succès sur les petits écrans américains, la mini-série est nominée trois fois aux Emmy Awards.

© Gilles Penso

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FLÉAU (LE) (1994)

La descente aux enfers d'une poignée de survivants ayant miraculeusement échappé à la fin du monde

THE STAND

1994 – USA

Réalisé par Mick Garris

Avec Gary Sinise, Rob Lowe, Miguel Ferrer, Jamey Sheridan, Ruby Dee, Kathy Bates, Ed Harris

THEMA DIABLE ET DEMONS I CATASTROPHES I SAGA STEPHEN KING

Lorsqu’il imagine le roman « Le Fléau », Stephen King s’inspire de deux éléments : les annonces de fin du monde prêchées par certains prédicateurs et les menaces de guerres bactériologiques. Il développe cette idée sous plusieurs formes avant de rédiger le pavé de 1300 pages qui sortira en librairie en 1978. Dès le début des années 80, King pense à George Romero pour en tirer une adaptation cinématographique, mais le roman est tellement dense et le budget prévisionnel si élevé que le projet tombe à l’eau. L’option d’une mini-série semble plus raisonnable. La chaine ABC accepte de la produire pour la confortable somme de 28 millions de dollars.  King en écrit lui-même le scénario et propose à Mick Garris de le réaliser, après leur expérience heureuse sur La Nuit Déchirée

Subdivisé en quatre épisodes d’une heure et demie chacun, Le Fléau raconte comment un terrible virus s’échappe d’un laboratoire américain et provoque la mort de 99,4% de la population à la surface de la Terre. Ne s’embarrassant pas de long prologue, le film révèle d’emblée les conséquences du fléau, son générique se déroulant sur la vision d’innombrables cadavres amassés dans un laboratoire scientifique. L’épidémie gagne tous les Etats-Unis. Garris nous livre alors des scènes de pillage et de panique à New York, des visions de cauchemar comme ce centre médical jonché de cadavres grimaçants, ou des images de fin du monde à grande échelle où les voitures sont abandonnées par milliers tandis que gisent partout des corps rigides et blafards. De fait, le réalisateur assume l’horreur viscérale suscitée par le script, osant montrer en gros plan des corps ensanglantés ou couverts de vers, ou filmant un prisonnier contraint de manger un rat pour ne pas mourir de faim. 

Las Vegas contre le Colorado

Malgré les tentatives de circonscrire cette contamination galopante, le monde s’écroule en quelques semaines. Les 0,6 % de survivants sont perdus dans un monde post-apocalyptique. Isolés, ils tentent de trouver d’autres rescapés, chacun étant hanté par des rêves obsédants. Certains sont attirés par Randall Flagg (Jamey Sheridan), l’incarnation du mal (qui se transforme en corbeau ou en démon via un morphing hérité de La Nuit Déchirée), d’autres par Mère Abigail (Ruby Dee), une centenaire qui symbolise le bien, jouant de la guitare sur le perron de sa maison au milieu d’un champ de maïs. Bientôt, deux clans se forment, les uns s’établissant à Las Vegas, les autres dans le Colorado. Cette réorganisation des rescapés, selon un manichéisme un peu simpliste, fait perdre au Fléau beaucoup de son attrait. La finesse n’est plus de mise, la musique de W.G. Snuffy Walden abuse des guitares enjouées et des synthétiseurs, Mère Abigail ne cesse d’évoquer la volonté de Dieu et quelques scènes embarrassantes – comme l’hymne américain chanté avec ferveur par tous les « gentils » – font basculer le métrage vers une bigoterie et un patriotisme dont nous nous serions bien passés. A ces réserves près, Le Fléau demeure une réussite d’autant plus remarquable qu’il bouscule les codes télévisuels de son époque. Le public répond massivement présent et King fera dès lors de Garris l’un de ses collaborateurs les plus réguliers.

 

© Gilles Penso

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CONTRETEMPS (1991)

Cinq réalisateurs se passent le relais pour raconter les conséquences d'un rajeunissement imprévu d'après un récit de Stephen King

GOLDEN YEARS

1991 – USA

Réalisé par llan Coulter, Ken Fink, Mitchell Galin, Stephen Tolkin et Michael Gornick

Avec Keith Szarabajka, Frances Sternhagen, Felicity Huffmann, Bill Raymond, R.D. Call, Ed Lauter

THEMA MUTATIONS I SAGA STEPHEN KING

Producteur de Creepshow et Simetierre, Arthur P. Rubinstein lance au début des années 90 la mini-série TV Contretemps, créée à l’initiative de Stephen King qui en écrit le scénario. A travers ce projet, l’écrivain souhaite rendre hommage à certaines séries de son enfance, notamment Le Fugitif, tout en s’engouffrant dans la brèche ouverte par Twin Peaks, un programme ayant définitivement révolutionné et modernisé le paysage télévisé américain. La réalisation des sept épisodes est confiée à Allan Coulter, Ken Fink, Mitchell Galin, Stephen Tolkin et Michael Gornick. Sous un maquillage vieillissant conçu par Carl Fullerton et Neal Martz (conseillés par le grand Dick Smith), Keith Szarabajka interprète Harlan Williams, 70 ans, employé à l’entretien dans le laboratoire d’expérimentations agricoles Falco Plains. Alors qu’on s’apprête à le licencier à cause de sa vue jugée déficiente, le test d’un accélérateur de particules dirigé par le docteur Richard Toddhunter (Bill Raymond) tourne mal et provoque une explosion qui aurait dû être fatale à Harlan. 

Or ce bon vieil Harlan survit miraculeusement, son corps étant imprégné d’une poussière verte phosphorescente. Bientôt, il se met à rajeunir progressivement, à la stupéfaction de sa femme Gina (Frances Sternhagen). Ce prodige est en lien direct avec l’expérience de Toddhunter, qui cherchait à régénérer les tissus vivants. Au fil des épisodes, Harlan ne se contente plus de rajeunir mais semble pouvoir provoquer des phénomènes surnaturels (lever de soleil accéléré, tremblements de terre) tout en laissant jaillir de ses yeux une mystérieuse lueur verte. Une autre œuvre de Stephen King nous vient alors à l’esprit : “Charlie“, dont Contretemps reprend de nombreuses thématiques. La filiation avec Le Fugitif s’installe lorsqu’intervient le tueur Jude Andrews (R.D. Call), engagé pour éliminer les témoins géants (chacune de ses apparitions est rythmée par une guitare blues qui rappelle fortement celle d’Eric Clapton dans L’Arme Fatale). 

Sous l'influence du Fugitif

Le chef de la sécurité du laboratoire Terry Spawn (Felicity Huffmann), pour sa part, semble annoncer par son look et son attitude la Dana Scully de X-Files. Craignant pour la vie d’Harlan et de son épouse, la jeune femme organise bientôt leur fuite avec l’aval officieux du général Crewes (Ed Lauter). Les motivations et le revirement rapide du personnage sont à vrai dire un peu incompréhensibles, dans la mesure où Terry nous est initialement présentée comme une arriviste sans trop d’état d’âme. Ce n’est pas la moindre des facilités d’un scénario un peu maladroit prouvant une fois de plus que la science-fiction n’est pas l’exercice de prédilection de King, malgré ses indiscutables affinités avec le genre. Un peu lent, un peu trop dialogué, Contretemps peine à séduire les téléspectateurs et s’interrompt finalement au bout de sa courte première saison au lieu de se muer en feuilleton fleuve comme King l’aurait souhaité. On note que l’écrivain joue brièvement le rôle d’un chauffeur de bus et que le titre original de la série, Golden Years, vient d’une chanson de David Bowie qu’on entend dans le générique de chaque épisode.

 

© Gilles Penso

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STAR TREK LA NOUVELLE GÉNÉRATION (1987-1994)

20 ans après le Star Trek original, un nouvel équipage s'embarque à bord de l'Enterprise sous le commandement du capitaine Picard

STAR TREK THE NEXT GENERATION

1987 / 1994 – USA

Créée par Gene Roddenberry

Avec Patrick Stewart, Jonathan Frakes, Brent Spiner, Levar Burton, Michael Dorn, Gates Mc Fadden, Marina Sirtis, Will Wheaton et Colm Meaney

THEMA SPACE OPERA I SAGA STAR TREK

Vingt ans après la toute première série, Star Trek The Next Generation débarque sur les téléviseurs américains le 28 septembre 1987 pour 179 nouvelles missions d’exploration télévisuelles de la galaxie. Concrètement, qu’est-ce qui change ? Le capitaine du navire est un Français, il s’appelle Jean-Luc Picard (impérial Patrick Stewart), le vaisseau de classe Galaxy s’appelle toujours Enterprise mais il transporte à présent plus de mille personnes contre 430 par rapport à la classe Constitution. Quatre-vingt-cinq ans ont passé depuis les toutes dernières aventures du capitaine Kirk, mais Starfleet poursuit sa quête de nouveaux mondes à travers la galaxie. Nous sommes dans un monde où l’argent a disparu. On se détend sur le holodeck qui, grâce à un choix infini de simulations 3-D, permet de vivre toutes les aventures possibles. L’objectif de cette société utopiste, que n’aurait pas renié H.G Wells, est d’améliorer les connaissances de l’être humain dans tous les domaines. Anticipant peut-être le caractère international des missions spatiales que nous connaissons aujourd’hui, et certaines évolutions politiques comme la fin de la Guerre Froide, Gene Roddenberry constitue un équipage encore plus hétéroclite que le précédent. C’est donc un androïde qui sert d’officier scientifique (Data, incarné par Brent Spiner). La conseillère bétazoïde Deanna Troï (Marina Sirtis) apporte régulièrement empathie au capitaine et à l’équipage. Mais surtout, le timonier de l’Enterprise est un Klingon car désormais la Fédération est en paix avec la planète Kronos.

Réutilisant les mêmes recettes que précédemment, The Next Generation étend l’univers trekkien à de nouveaux horizons en permettant l’arrivée de personnages hauts en couleurs tels que l’être omnipotent Q (l’épatant John De Lancie). Ses apparitions au cours de la série sont un vrai régal. L’une des plus hilarantes est le très bon « Moins Q » dans la troisième saison ou ledit Q fait apparaître un orchestre de mariachi sur la passerelle de l’Enterprise. Mais Star Trek TNG permet également l’arrivée d’une nouvelle race de méchants ; les impitoyables Borgs. Des aliens mi humanoïdes mi machines qui parcourent la galaxie dans le seul but d’assimiler les autres civilisations extraterrestres. Le cliffhanger « Le meilleur des deux mondes » voit ainsi un capitaine Picard assimilé par les Borgs avant d’être sauvé par son équipage.

Une nouvelle étape dans l'aventure trekkienne

Des thèmes plus graves sont évoqués comme la torture dans « Hiérarchie » (cinquième saison) ou encore la perte d’un enfant dans le très émouvant « Heures sombres » avec Majel Barret, épouse de Gene Roddenberry (décédé en 1991), qui joue la mère de Deanna Troy. TNG n’oublie pas non plus de rendre hommage à sa grande sœur (TOS, « The Original Series »). Des acteurs du précédent casting feront une petite apparition comme James Doohan (Scotty) dans « Reliques » ou encore Leonard Nimoy dans « Reunification ». Loin d’être une fin, The Next Generation s’avère en fait n’être qu’une simple étape dans l’aventure trekkienne. Avec l’apparition de nouvelles civilisations (Bajorans, Cardassiens et surtout les Borgs), deux nouvelles déclinaisons continueront le voyage au cours des années 90.

 

© Antoine Meunier

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QUATRIEME DIMENSION (LA) (1959-1965)

À la fin des années 50, Rod Serling crée la série de science-fiction la plus influente de tous les temps, en réunissant un impressionnant casting d'acteurs et de réalisateurs

THE TWILIGHT ZONE

1959/1965 – USA

Créée par Rod Serling

Avec William Shatner, Martin Landau, Burgess Meredith, Warren Stevens, Peter Falk, Robert Redford, Lee Marvin, James Coburn, Elisabeth Montgomery, Ida Lupino, Richard Kiel, Buster Keaton

THEMA MONDES VIRTUELS ET MONDES PARALLELES

Si la musique pop a connu un « avant » et un « après » Beatles, alors la télévision a connu un avant et un après Quatrième Dimension. Se voulant à la fois innovante et créative, The Twilight Zone, dont la traduction littérale serait « zone crépusculaire » a pour objectif « de frapper le téléspectateur, de le choquer par la chute toujours inattendue de chacune de ces histoires », déclarait son créateur Rod Serling. En période post-Mac-Carthysme, ce programme hebdomadaire de 25 minutes s’installe sur les ondes du réseau CBS le 2 décembre 1959 pour 126 épisodes. Chaque histoire est indépendante et il n’y a aucun acteur récurrent d’une semaine à l’autre. Certains d’entre eux participeront néanmoins à plusieurs épisodes durant les cinq saisons. C’est la cas de Burgess Meredith, mythique entraîneur de Rocky quinze ans plus tard, ou encore de William Shatner, pas encore aux commandes de l’Enterprise. Toutefois, le rôle le plus important est celui assuré par Rod Serling lui-même, qui officiera en tant que maître de cérémonie, le plus souvent une cigarette à la main (inconcevable aujourd’hui), en introduction de chaque épisode dès la seconde saison.

En tant que créateur de La Quatrième Dimension, Serling signera le scénario de 92 des 156 épisodes. De grands noms de la littérature fantastique ont également contribué au succès de la série au premier desquels Richard Matheson. Celui-ci écrit  très certainement les meilleurs épisodes de la série (plus d’une quinzaine). Citons notamment le cultissime Cauchemar à 20 000 pieds avec William Shatner en passager dépressif. Pour sa part, Damon Knight nous régalera avec le corrosif Pour servir l’homme. Durant ses cinq années d’existence, La Quatrième Dimension surfera allégrement aussi bien sur le Fantastique que la Science-Fiction. 

Cinq années et 156 épisodes

Bien des années plus tard en 1983, la série connaitra les honneurs d’une adaptation cinématographique sous forme de quatre sketchs réalisés par Steven Spielberg, John Landis, Joe Dante et Georges Miller. Mais le résultat obtenu n’égalera jamais vraiment l’original. Deux autres tentatives télévisées verront également le jour, au milieu des années 80 (La Cinquième Dimension) et au début des années 2000 (La Treizième Dimension). Malgré l’apport de l’écrivain Harlan Ellison, (années 80 uniquement) d’un casting de qualité et de remake de plusieurs épisodes, là aussi, dans les deux cas, le charme original a cessé d’agir. Il faudra attendre le début des années 90 et l’arrivée de deux agents du FBI pour obtenir une nouvelle référence en matière de fantastique télévisuel.

 

© Antoine Meunier

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THUNDERBIRDS, LES SENTINELLES DE L’AIR (1965-1966)

Au fil des épisodes de cette série culte, les marionnettes de Gerry Anderson partent sauver le monde à bord de leurs vaisseaux high-tech

THUNDERBIRDS

1965/1966 – GB

Créée par Gerry et Sylvia Anderson

Avec les voix de Peter Dyneley, Shane Rimmer, David Holliday, Matt Zimmerman, David Graham, Ray Barrett, Sylvia Anderson

THEMA ESPIONNAGE ET SCIENCE-FICTION

C’est en septembre 1965 que la série Thunderbirds fait ses débuts sur les petits écrans américains et remporte illico un gigantesque succès, entraînant dans son sillage toute une kyrielle de produits dérivés. Gerry Anderson, son créateur, s’était déjà essayé à la poupée télévisée avec des séries de science-fiction telles que Supercar, Fireball XL-5 ou Stingray, mais jamais il n’a été aussi populaire qu’avec l’organisation futuriste top secrète qui multiplie les exploits dans les 32 épisodes de Thunderbirds. Qu’il s’agisse d’un avion en perdition, d’une usine atomique sabotée ou d’une attaque de crocodiles géants, ces merveilleux fous volants dans leurs drôles de machines sont prêts à toutes les interventions, mêlant habilement courage surhumain et technologie de pointe. Ce n’est qu’en 1976 que les téléspectateurs français se délecteront des prouesses des Thunderbirds avec la programmation de 13 épisodes labellisés Les Aventures de Lady Pénélope, avant une rediffusion trois ans plus tard sous un nouveau titre : Les Sentinelles de l’Air.

Tous ceux qui ont trituré leurs poupées Barbie, leurs Big Jim et leurs Lego pour reconstituer dans leur chambre les aventures des Sentinelles de l’Air lorsqu’ils étaient enfants pourraient craindre que la magie se soit diluée aujourd’hui, et que le kitsch ait pris le pas sur l’enchantement initial. Qu’ils se rassurent ! Un visionnage récent leur prouvera que les héros en plastique de Thunderbirds et leurs engins fantaisistes n’ont rien perdu de leur charme, même si le rythme des aventures, il faut bien le reconnaître, n’est pas toujours très soutenu. Ce travers s’explique par la durée initiale de 26 minutes prévue par Gerry Anderson pour chaque épisode. C’est le producteur Lew Grade qui, en constatant la qualité du pilote, décida de l’étendre à 52 minutes. Les récits sont donc étirés de manière parfois un peu artificielle, mais il faut reconnaître que chacun des scénarios manie en virtuose le sens du suspense et du climax.

Les maquettes de Derek Meddings

Évidemment, les prodigieux effets spéciaux miniatures conçus par Derek Meddings contribuent de manière cruciale au succès de la série. Pour les besoins des Thunderbirds, Meddings développe une infinité de trouvailles artistiques et techniques qu’il réutilisera pour ses travaux futurs, notamment lorsqu’il deviendra superviseur des effets spéciaux de nombreux films de la saga James Bond. Thunderbirds est aussi célèbre pour son thème musical, œuvre de Barry Gray, un autre fidèle collaborateur de Gerry Anderson. La série donnera naissance à deux longs-métrages sortis en salle respectivement en 1966 et 1968 : Thunderbirds et l’Odyssée du Cosmos (Thunderbirds are Go) et Thunderbirds et Lady pénélope (Thunderbird Six). Pendant la promotion de la série, au cœur de l’année 1965, Anderson avouait espérer un jour tourner avec de vrais acteurs. Il réalisa ce rêve dans les années 70 avec les séries UFO et Cosmos 1999… sans renoncer pour autant à la science-fiction, aux maquettes d’engins futuristes et aux explosions en tous genres. On ne se refait pas !

 

© Gilles Penso

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AU CŒUR DU TEMPS (1966-1967)

Encore une série de science-fiction inventive conçue par Irwin Allen, qui joue cette fois-ci à plonger ses héros dans les tunnels du temps

THE TIME TUNNEL

1966/1967 – USA

Créée par Irwin Allen

Avec James Darren, Robert Colbert, Lee Meriwether, Whit Bissel, John Zaremba et Wesley Lau

THEMA VOYAGES DANS LE TEMPS

Après Voyage au fond des mers et Lost in Space, le génial Irwin Allen décide en 1966 de lancer une troisième déclinaison de l’Exploration avec le voyage dans le temps. Au cœur du Temps met donc en scène les professeurs Tony Newman et Douglas Phillips, deux chercheurs travaillant pour le compte du gouvernement sur un dispositif de voyage spatio-temporel : le Chronogyre (The Time Tunnel dans la version originale). Dans l’impossibilité de regagner leur temps, nos deux imprudents voyageurs vont sauter d’époque en époque et revivre différents évènements des siècles passés voir même de l’Antiquité. Le pilote nous emmène ainsi sur le Titanic quelques heures seulement avant la catastrophe. Les fans reconnaitront certainement les images de Titanic de Jean Negulesco sorti en 1953. Parmi les autres évènements historiques, citons l’attaque de Pearl Harbour par l’aéronavale japonaise le 7 décembre 1941, la campagne d’Italie de la Première guerre mondiale en 1915 ou encore le siège de Troie.

Toutefois, sur les trente voyages temporels des professeurs Newman (James Darren, aperçu dans Les Canons de Navarone) et Phillips (vu dans la série Maverick), seulement trois se passent dans le futur. A cette époque, l’Amérique est en pleine compétition spatiale face à l’URSS. Nos deux héros vont s’offrir le luxe de devancer Neil Armstrong et Buzz Aldrin en étant les premiers à fouler le sol lunaire dans Le Chemin de la Lune, qui traite de manière sous-jacente de cette même compétition spatiale mais en la transposant vers Mars. Pour l’occasion, la production n’hésite d’ailleurs pas à réutiliser des plans du mythique Destination Lune quand même tourné seize ans plus tôt. Avec le recul (du temps…?), même si Au cœur du Temps ne manque pas de charme, elle apparaît globalement comme une série plutôt bancale dans sa réalisation, certains dialogues ne rendent vraiment pas service à leurs principaux interprètes. De plus, certains décors semblent sortir d’un mauvais atelier d’arts plastiques.

Trente voyages dans le temps

Malgré le souhait d’ABC de poursuivre la série en réduisant sensiblement le budget, Irwin Allen refuse et depuis 1968 les professeurs Newman et Philipps sont bloqués dans une boucle temporelle d’une saison de trente épisodes. Si l’aventure d’Au cœur du Temps se termine, finalement assez logiquement, elle permet néanmoins de préparer le terrain pour une autre série qui, elle, connaitra un succès planétaire vingt-cinq ans plus tard : Code Quantum. On notera toutefois qu’Au Cœur du Temps, aujourd’hui devenu culte, aura permis à deux inconnus de faire leurs débuts. Robert Duvall, pas encore avocat de Don Corleone, apparaît dans l’invraisemblable poursuite temporelle de l’épisode Chasse à Travers le Temps. Enfin, le générique est l’œuvre d’un certain Johnny Williams qui se distinguera quelques années plus tard en écrivant la partition de la plus célèbre saga spatiale de tous les temps.

© Antoine Meunier

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