HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU (2005)

Pour sa quatrième aventure sur grand écran, Harry Potter participe à un tournoi spectaculaire mis en scène avec fougue par Mike Newell

HARRY POTTER AND THE GOBLET OF FIRE

2005 – USA

Réalisé par Mike Newell

Avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint, Michael Gambon, Ralph Fiennes, Brendan Gleeson, Robbie Coltrane

THEMA SORCELLERIE ET MAGIE I DRAGONS I SAGA HARRY POTTER

Les effets de style d’Alfonso Cuaron sur Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban incitèrent les cadres de la Warner à appréhender la saga du jeune sorcier d’une manière voisine à la tétralogie Alien, confiant chaque épisode à un réalisateur distinct susceptible d’apposer une patte originale. Mike Newell se retrouve ainsi en charge du quatrième opus, et s’il se place moins en rupture avec les deux premiers films que son confrère ibérique, le cinéaste anglais signe une œuvre stylisée au rythme soutenu, faisant passer comme une lettre à la poste ses deux heures quarante de métrage. « Les parti pris de chaque réalisateur de la série sont très distincts », confirme Stuart Craig, chef décorateur de la saga. « Ces approches différentes m’ont permis de travailler sur ces films sans la moindre sensation de routine, et avec la possibilité d’aborder le sujet sous un angle à chaque fois nouveau et rafraîchissant. » (1)

Pour éviter à Newell de réaliser un film en deux parties (une solution envisagée très tôt par Warner), le scénariste Steve Kloves a sérieusement élagué le pavé de mille pages de J.K. Rowling, supprimant des intrigues et des personnages complets pour mieux entrer dans le vif du sujet. Nous sommes donc en quatrième année à l’école de sorcellerie de Poudlard, marquée par le Tournoi des Trois Sorciers. Les participants à cette épreuve historique sont choisis par une coupe de feu magique. Or celle-ci sélectionne Harry Potter, alors que ce dernier n’a pas l’âge légal requis. Accusé de tricherie, il se voit contraint d’affronter les trois épreuves du tournoi : le combat contre un féroce dragon, une mission de sauvetage dans un monde aquatique empli de créatures agressives, et enfin un parcours du combattant dans un labyrinthe truffé de pièges… Mais tout ceci n’est rien comparé à la résurrection du sinistre Voldemort.

Un cocktail d'épouvante, de comédie et d'émotion

Newell réussit le tour de force de passer en un clin d’œil de l’épouvante la plus glaciale (l’affrontement final) à la comédie la plus débridée (les préparatifs du bal de Noël) en passant par un moment d’émotion intense et déchirant (la mort d’un des camarades d’Harry). Auteur d’œuvres aussi variées que La Malédiction de la Vallée des Rois, Quatre Mariages et un Enterrement ou Donnie Brasko, le cinéaste britannique témoigne ainsi une nouvelle fois de son éclectisme, de sa capacité à mélanger les genres sans vergogne et de son indéniable savoir-faire en matière de direction d’acteurs. A ce titre, une charismarique brochette de jeunes comédiens vient ici donner la réplique aux trois héros. Prenant le relais de John Williams, Patrick Doyle s’est réapproprié le célèbre motif musical de Harry, le déclinant sous une nouvelle forme moins héroïque et plus menaçante. « C’était une proposition assez intimidante, parce que John Williams est une véritable légende dans ce métier, mais, je crois que mes enfants ne m’auraient jamais pardonné si j’avais refusé de faire la musique d’un Harry Potter ! » (2), raconte le compositeur. « Ce film était très différent des précédents. J’ai donc réutilisé à deux ou trois reprises le célèbre thème principal, et j’ai réinventé tout le reste. » Harry Potter et la Coupe de Feu prouve ainsi que la saga s’améliore en même temps que vieillissent et mûrissent ses protagonistes.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2005
(2) Propos recueillis par votre serviteur en janvier 2007

 

© Gilles Penso

 

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HARRY POTTER ET LE PRISONNIER D’AZKABAN (2003)

La troisième aventure cinématographique d'Harry Potter bénéficie des effets de style virtuoses d'Alfonso Cuaron

HARRY POTTER AND THE PRISONNER OF AZKABAN

2003 – USA

Réalisé par Alfonso Cuaron

Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Tom Felton, Gary Oldman, Michael Gambon, David Thewlis, Emma Thomson

THEMA SORCELLERIE ET MAGIE I SAGA HARRY POTTER

Pour la troisième aventure cinématographique d’Harry Potter, Chris Columbus a cédé son fauteuil à Alfonso Cuaron, et ce changement de casquette n’est pas sans conséquence. En effet, la direction artistique d’Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban évacue une bonne partie du gothisme inhérent aux décors, à la photographie et à l’atmosphère de ses prédécesseurs, au profit d’une ambiance plus victorienne, aux tons pastel et aux cieux grisâtres. Au détour d’une intrigue encore plus noire et plus adulte, Harry est ici menacé de mort par Sirius Black, un dangereux criminel échappé de la prison pour sorciers d’Azkaban. C’est lui qui avait trahi les parents Potter et les avait livrés aux griffes sanguinaires de Voldemort. En troisième année à l’école de sorcellerie de Poudlard, Harry devra donc se montrer sur ses gardes, tout en faisant face aux terrifiants Détraqueurs, les gardiens fantomatiques d’Azkaban venus assurer la protection de l’établissement…

Fort des deux épisodes précédents, le jeune réalisateur espagnol se libère de la corvée des explications, n’hésitant pas à entrer directement dans le vif du sujet. Plus besoin de détailler la situation d’Harry chez ses tuteurs, ni l’accueil des élèves à l’école Poudlard, ou les règles d’un match de Quidditch. Ici, chaque séquence démarre sur les chapeaux de roue au profit d’un rythme soutenu, lequel ne défaille que lorsque Cuaron s’efforce de marquer les changements de saison par de lents plans d’exposition, certes très graphiques mais un tantinet longuets. Michael Gambon incarne le vénérable professeur Dumbledore, remplaçant au pied levé Richard Harris décédé à la fin du film précédent. Il présente avec son prédécesseur de surprenantes ressemblances physiques, tout en dotant d’une énergie et d’une fougue nouvelles un protagoniste qu’on connaissait jusqu’alors extrêmement pondéré. A ses côtés, deux nouvelles têtes finement sélectionnées s’ajoutent au casting : David Thelwis (Cœur de dragon) en professeur Lupin, et Gary Oldman (Dracula ) en Sirius Black.

La liste des créatures s'allonge

Côté créatures, la liste s’allonge également, avec de fort inquiétants Détraqueurs, presque jumeaux des Nazgul du Seigneur des Anneaux, un hippogriffe surprenant de réalisme, proche du griffon du Voyage fantastique de Sinbad, et un impressionnant loup-garou, variante effilée et herculéenne de ceux d’Hurlements. La dernière séquence du film, particulièrement inventive, propulse Harry et Hermione quelques heures dans leur propre passé, ce qui nous vaut de savoureux paradoxes temporels qu’on croirait échappés du second Retour vers le futur. Plus inspiré que jamais, le compositeur John Williams redouble d’emphase et de lyrisme. Il livre ainsi une partition flamboyante, riche en envolées classiques, en ballades médiévales et en chœurs enfantins, qui se teinte même parfois de jazz, évoquant tour à tour le Cantina band de La Guerre des étoiles (la scène délirante du Magicobus) et les chorégraphies swingantes de 1941 (les cours enjoués du professeur Lupin). Bref, un troisième opus qui revendique ouvertement le renouveau et le sang neuf.

 

© Gilles Penso

 

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HARRY POTTER ET LA CHAMBRE DES SECRETS (2002)

Un deuxième épisode foisonnant, un peu mieux structuré que son prédécesseur et riche en créatures impressionnantes

HARRY POTTER AND THE CHAMBER OF SECRETS

2002 – USA

Réalisé par Chris Columbus

Avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson, Richard Griffiths, Fiona Shaw, Harry Melling, Toby Jones, Jim Norton

THEMA SORCELLERIE ET MAGIE I ARAIGNEES I REPTILES ET VOLATILES I SAGA HARRY POTTER

Une fois la pression du premier épisode retombée, Chris Columbus a pu sereinement s’atteler à l’adaptation du second « Harry Potter » et livre ici un film plus mature. Une nouvelle année scolaire démarre pour le jeune sorcier, troublée par l’intervention de Dobby, un elfe qui s’efforce de le dissuader de remettre les pieds à Poudlard. Or Harry est bientôt le témoin de faits inquiétants. Une voix malveillante lui annonce que la redoutable Chambre des Secrets s’est rouverte, permettant à l’héritier de Serpentard de semer le chaos dans l’école. Bientôt, les victimes pétrifiées s’accumulent autour de lui… Le texte initial ayant sérieusement été élagué, le scénario y gagne en efficacité et en profondeur. « La plus grosse trahison est liée aux omissions », confirme le chef décorateur Stuart Craig. « Car lorsque vous condensez un roman de mille pages pour obtenir un film de deux heures et demie, vous êtes obligé d’éliminer des séquences entières. » (1) Les acteurs ont grandi, et le ton assez léger du film précédent s’est considérablement noirci. Il est ici question de morts violentes, d’inscriptions en lettres de sang, et certaines séquences basculent carrément dans l’épouvante pure. Témoin l’attaque nocturne des araignées géantes, cent fois plus impressionnante qu’un Arac Attack sorti sur les écrans la même année.

Même si Daniel Radcliffe demeure l’erreur de casting du siècle, le reste de la distribution est toujours aussi judicieux et s’orne de nouvelles têtes d’affiche choisies avec beaucoup de pertinence, notamment Jason Isaacs en vénéneux Lucius Malefoy ou Kenneth Brannagh en grotesque Gildefroy Lockhart. On émettra plus de réserves sur le choix de Christian Coulson dans le rôle de Voldemort à l’âge de l’adolescence. Le jeune comédien manque singulièrement de charisme, et c’est d’autant plus dommage que nous voyons ici le Seigneur des Ténèbres à visage découvert pour la première fois. L’impact du film – et notamment de son final – en est considérablement amoindri.

Le surgissement du Basilic

Certaines séquences d’effets spéciaux s’avèrent absolument époustouflantes, notamment la voiture volante lancée à la poursuite du train de Poudlar, les interventions de l’elfe Dobby ou le match de Quidditch qui manque de virer au cauchemar. Sans parler d’un climax bien plus impressionnant que celui du film précédent, dans lequel Harry affronte un Basilic qui évoque beaucoup les créatures de Jim Danforth (Quand les dinosaures dominaient le monde) et Phil Tippett (Jurassic Park), et que Rowling décrivait avec panache : « l’énorme serpent d’un vert éclatant, au corps aussi épais qu’un tronc de chêne, s’était dressé haut dans les airs et sa grosse tête en pointe oscillait entre les deux colonnes comme un ivrogne à la démarche titubante. » Dommage que tous les enjeux narratifs soient dénoués à la dernière minute par Fumseck le Phénix, un oiseau de bon augure qui sauve la mise un peu trop facilement. Mais ce problème était déjà présent en l’état dans le roman initial. Saluons enfin la partition de John Williams, qui ajoute ici de nouveaux thèmes évoquant Superman (le duel entre Rogue et Lockhart), E.T. (les envolées de la voiture) et Les Aventuriers de l’arche perdue (l’ouverture de la Chambre des Secrets). L’essai a donc été transformé avec bonheur.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2005.

 

© Gilles Penso

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TERMINATOR 3 : LE SOULEVEMENT DES MACHINES (2003)

Un troisième épisode bien en-deçà des deux précédents, mais qui contient tout de même son lot de scènes d'action d'anthologie

TERMINATOR 3 : RISE OF THE MACHINES

2003 – USA

Réalisé par Jonathan Mostow

Avec Arnold Schwarzenegger, Nick Stahl, Claire Danes, Kristanna Loken, David Andrews, Mark Famiglietti, Earl Boen

THEMA ROBOTS I FUTUR I VOYAGES DANS LE TEMPS I SAGA TERMINATOR

Dans les années 90, Arnold Schwarzenegger avait affirmé fermement qu’il ne jouerait dans Terminator 3 qu’à condition que James Cameron le réalise. Une demi-douzaine de flops plus tard, l’acteur bodybuildé a revu ses élans de solidarité à la baisse et rempile donc pour cette séquelle tardive des deux chefs d’œuvre de Cameron. La très lourde responsabilité de la mise en scène échoit à Jonathan Mostow, qui s’était distingué par un remake à peine camouflé du Bateau de Wolfgang Petersen (U-571) et une variante fort bien troussée sur le thème d’Une Femme disparaît d’Alfred Hitchcock (Breakdown). La pression était terrible, et tout le monde attendait un peu ce troisième opus au tournant. A vrai dire, Mostow s’en tire plutôt bien, illustrant du mieux qu’il peut un scénario habile mais guère innovant qui puise la plupart de ses idées dans les deux premiers Terminator, tout en empruntant sous forme de clin d’œil quelques répliques à Commando (« I lied ! ») et à Aliens («Die, bitch!»).

Nous retrouvons un John Connor âgé de vingt ans, qui n’a plus les traits d’Edward Furlong mais de Nick Stahl, à nouveau en ligne de mire d’un cyborg venu du futur. Cette fois-ci, il s’agit du T-X, une « terminatrice » redoutable à qui Kristinna Loken prête ses traits, et dont les bras se muent en armes de toutes sortes. Comme toujours, un autre cyborg vient lui prêter main-forte, le T-850, massivement interprété par Schwarzie. La course-poursuite peut donc commencer. Le personnage de Sarah Connor ayant trépassé entre-temps, c’est la future épouse de John (Claire Danes, ex-héroïne du très maniéré Romeo+Juliet de Baz Luhrmann) qui assure le rôle cameronien de la femme forte et battante. On le voit, l’effet de surprise s’est considérablement émoussé, et c’est principalement dans les séquences d’action qu’il faut chercher des trouvailles. De ce point de vue, le film ne démérite pas, accumulant les crash de poids lourds en tous genres, les explosions monstrueuses et les corps à corps musclés entre les deux robots.

Retour au fatalisme ineluctable

Mais plus le récit avance, plus il devient évident que l’essence même du concept initial ne repose plus sur les mêmes bases. Chez Cameron, comme chez le Robert Zemeckis de Retour vers le futur, l’homme bâtit son propre futur et a la capacité de le changer. Or ici, c’est le retour au fatalisme de La Planète des singes : l’avenir est inéluctable et rien ne pourra le modifier. Ceci étant posé, le combat des protagonistes semble soudain vain, puisque leur destin est déjà écrit. Une perspective guère palpitante qui clôt le film sur une note sombre pour le moins frustrante. D’autant que le soulèvement des machines promis par le sous-titre nous laissait espérer un climax en forme de lutte homérique entre l’homme et la machine. Une lutte qui se résume ici à l’intervention d’une poignée de robots roulants et volants. Terminator 3 n’atteint donc jamais l’ampleur artistique et narrative de ses prédécesseurs, ce qui était à craindre, et se hisse tout juste au niveau d’une bonne série B musclée.


© Gilles Penso

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TERMINATOR 2 : LE JUGEMENT DERNIER (1991)

James Cameron repousse toutes les limites scénaristiques et techniques pour réaliser une séquelle époustouflante

TERMINATOR 2 : JUDGEMENT DAY

1991 – USA

Réalisé par James Cameron

Avec Arnold Schwarzenegger, Linda Hamilton, Edward Furlong, Robert Patrick, Joe Morton, Earl Boen

THEMA ROBOTS I VOYAGES DANS LE TEMPS I SAGA TERMINATOR

La scène prégénérique de Terminator 2, qui décrit à nouveau la lutte des humains contre les machines du futur, donne immédiatement le ton : en un seul plan, on voit plus de robots, de vaisseaux aériens et de chars monstrueux que dans toutes les séquences futuristes réunies du premier Terminator. Après le conflit nucléaire du 29 août 1997, les rares survivants organisent la résistance contre les machines devenues autonomes qui sont à l’origine du conflit. En 1984, Skynet, l’ordinateur qui contrôlait ces machines, expédiait sur Terre un Terminator de type T-800 dont la mission était d’éliminer Sarah Connor, dont l’enfant à naître devait être le futur chef de la résistance. Le cyborg en question fut détruit et vers 1995 Skynet envoyait un second Terminator de type T-1000, plus perfectionné, pour éliminer John Connor durant son enfance. Quant à Sarah, elle est internée pour avoir tenté de faire sauter l’usine où exerçait Miles Dyson, futur inventeur de la puce qui doit déclencher le conflit.

Muni du plus gigantesque des budgets, James Cameron affiche ostensiblement le moindre dollar à l’écran et réalise l’un des meilleurs films d’actions jamais vus à l’écran, toutes nationalités et toutes époques confondues. Autant remake que suite de Terminator, ce second opus réutilise la mécanique narrative du film précédent et la transcende avec génie. Ici, l’humour et le second degré s’installent discrètement (notamment à travers le faux départ qui nous révèle que le méchant Terminator n’est pas celui qu’on croit) et les personnages gagnent en profondeur et en complexité. Chaque protagoniste vacille sur les bases que nous lui connaissions. Le redoutable T-800 est désormais un sympathique garde du corps cybernétique (l’image du comédien, quasi inconnu en 1984 et désormais superstar, s’y prête mieux à présent), Sarah Connor s’est transformée en dangereuse guerrière psychotique et son fils John (incarné par Edward Furlong, une vraie révélation) mesure difficilement les responsabilités qui reposent sur ses épaules.

La révolution numérique

Mais la vraie vedette du film est le T-1000, un cyborg multiforme qui marque une avancée technologique considérable dans le domaine des images de synthèse (amorcée avec le tentacule aquatique d’Abyss et définitivement assise par Jurassic Park deux ans plus tard) tout en confirmant que l’excellence des effets spéciaux repose la plupart du temps sur une combinaison de techniques et de talents. Ici, en l’occurrence, les effets numériques d’ILM se mêlent à d’impressionnants effets animatroniques de Stan Winston et au jeu charismatique de Robert Patrick, dont le regard froid amplifie considérablement le potentiel inquiétant du personnage. « James Cameron sait exactement ce qu’il veut, de la première à la dernière image, presque à la seconde près », nous explique Dennis Muren, superviseur des effets visuels du film.  « Il reste à l’écoute, mais les designs et les idées qu’il apporte sont tellement précis que nous nous efforçons d’y être autant fidèles que possible. » (1) Les morceaux de bravoure abondent dans Terminator 2, du traumatisant cauchemar atomique de Sarah Connor à l’ébouriffante poursuite en camion du climax en passant par les nombreuses échauffourées opposant les deux cyborgs. Au sommet de son art, James Cameron apporte ainsi au cinéma de science-fiction l’une de ses œuvres les plus marquantes et les plus monumentales. « Le cinéma se redéfinit lui-même à chaque avancée technologique », explique-t-il. « Mais la technique n’est qu’un outil. Ce qui demeure inchangé, c’est l’envie de raconter des histoires et de toucher les spectateurs émotionnellement. » (2)

(1) Propos recueillis par votre serviteur en février 2014
(2) Propos recueillis par votre serviteur en décembre 2009 

© Gilles Penso

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TRANSFORMERS 2 : LA REVANCHE (2009)

Deux ans après les événements survenus dans le premier film, les vils Decepticons s'apprêtent à repasser à l'attaque

TRANSFORMERS 2 : REVENGE OF THE FALLEN

2009 – USA

Réalisé par Michael Bay

Avec Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel, Tyrese Gibson, John Turturro, Kevin Dunn, Julie White, Ramon Rodriguez

THEMA ROBOTS I SAGA TRANSFORMERS

Dire que le premier Transformers n’était pas un chef d’œuvre est un doux euphémisme, mais il faut reconnaître que l’effet de surprise fonctionnait à plein régime, que les robots géants avaient du panache et que le couple Shia LaBeouf/Megan Fox ne manquait pas de charme. Que fallait-il donc attendre de cette séquelle ? Un blockbuster survolté façon Bad Boys 2 ? Pourquoi pas. Hélas, Transformers 2 marque une nouvelle étape dans la régression artistique d’un cinéaste dont le seul véritable titre de gloire, The Rock, n’est plus qu’un lointain souvenir. Tous les travers habituels de sa mise en scène sont ici exacerbés, comme si notre homme rechignait à renouveler les ingrédients d’une recette éprouvée et confortable. L’une des séquences de destruction du film est d’ailleurs un remake à peine voilé des deux scènes les plus célèbres d’Armageddon et Pearl Harbour. La partition de Steve Jablonsky continue donc à imiter servilement le style de Hans Zimmer en soulignant au marqueur chaque péripétie, les clichés xénophobes s’alignent avec une absence de complexe qui laisse pantois et l’humour plane tranquillement au-dessous de la ceinture avec une vulgarité prépubère. Sans parler de l’omniprésence d’une armée américaine qui fut rarement autant mise à l’honneur dans un long-métrage. La Navy, l’Air Force, l’infanterie, l’artillerie, tout l’arsenal y passe, en un défilé emphatique qui donne régulièrement au film les allures d’un spot publicitaire enjoignant les jeunes spectateurs à s’engager illico.

Le scénario se déroule deux ans après que Sam Witwicky (Shia LaBeouf) ait sauvé l’univers d’une bataille entre les deux clans rivaux de robots extraterrestres. Aujourd’hui, Sam s’apprête à entrer à l’université, au grand dam de sa petite amie Mikaela (Megan Fox), de ses parents (Kevin Dunn et Julie White) et de son ami robot Bumblebee, camouflé sous l’aspect d’une fringante Camaro. Mais la trêve ne va pas durer, car les Deceptions s’apprêtent à revenir nous envahir, tandis que Sam est assailli de visions qui le mettent en état de transe. Embourbé dans cette intrigue laborieuse, le film patine péniblement, chaque protagoniste se sentant obligé de résumer les informations narratives et les enjeux tous les quarts d’heure, à l’attention de spectateurs visiblement jugés déficients.

Une surenchère qui confine à l'indigestion

Que reste-t-il donc à sauver de Transformers 2 ? Les effets visuels, bien entendu. Il serait hypocrite de ne pas reconnaître l’excellence des séquences en image de synthèse conçues par les génies d’ILM. Les géants métalliques s’animent avec un réalisme qui coupe le souffle et plusieurs morceaux d’anthologie ponctuent le métrage, notamment le prologue situé en pleine préhistoire, l’intervention d’une nuée de nano-robots ou l’assemblage final du redoutable « Devastator ». Mais ici aussi la surenchère confine à l’indigestion, Michael Bay s’obstinant à filmer ses machines avec une frénésie qui rend souvent illisibles les pugilats et les métamorphoses. Bref, Transformers 2 est une vaste entreprise de démolition qui n’a plus grand-chose de cinématographique, à moins que le Septième Art puisse désormais se passer d’émotion et de narration.

© Gilles Penso

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TERMINATOR RENAISSANCE (2009)

Après l'épisode mitigé de Jonathan Mostow, McG redynamise la saga de James Cameron en l'inscrivant dans un futur alternatif

TERMINATOR SALVATION

2009 – USA

Réalisé par McG

Avec Christian Bale, Sam Worthington, Bryce Dallas Howard, Helena Bonham Carter, Michael Ironside

THEMA ROBOTS I FUTUR I SAGA TERMINATOR

Porté aux nues pour son travail inventif dans le domaine du clip musical, McG a franchi avec fracas les portes d’Hollywood en dirigeant coup sur coup Charlie’s Angels et sa séquelle. Son style survolté et son inimitable sens du rythme se mettent désormais au service des héros torturés imaginés par James Cameron. Or tous les fans, échaudés par le résultat artistiquement passable du Terminator 3 de Jonathan Mostow (pourtant non dénué d’attraits), attendaient le réalisateur au tournant. Conscient de cet état de fait, le cinéaste s’est fendu de nombreuses déclarations publiques affirmant son admiration pour le travail de James Cameron et sa volonté d’inscrire son travail stylistique dans la lignée de deux premiers Terminator. Pari réussi ? Haut la main ! Finies les échauffourées cartoonesques aux accents d’une musique techno chères aux deux adaptations de la série Drôles de dames. McG prend ici son sujet à bras le corps avec une noirceur et un réalisme très appréciables.

D’ailleurs, son influence artistique semble moins être le James Cameron de T1 et T2 que l’Alfonso Cuaron des Fils de l’homme, comme en témoignent cette photographie glaciale presque achrome, cette direction artistique oppressante et déshumanisée et cet emploi des plans-séquence immersifs pour plusieurs scènes d’action mémorables. A la fois prequelle et séquelle (la distinction est toujours difficile lorsqu’il s’agit de voyages dans le temps), Terminator Renaissance commence en 2003. Marcus Wright (Sam Worthington), un condamné à mort, accepte de donner son corps à la science. Quinze ans plus tard, il erre, amnésique, dans les ruines d’un monde apocalyptique où les machines ont déclaré la guerre aux humains. Chef de la résistance, John Connor (Christian Bale) prépare un assaut contre le quartier général des créatures artificielles de Skynet, s’efforçant de respecter les instructions de sa défunte mère et de trouver un adolescent nommé Kyle Reese qui est censé devenir son père…

Un casting impeccable et charismatique

Les pièces du puzzle s’assemblent ainsi une à une, portées par le charisme et la conviction d’un casting impeccable. Ainsi, même si les effets spéciaux concoctés par une myriade de compagnies (dont l’indéboulonnable ILM) sont époustouflants, et si le déploiement des machines de Skynet nous offre des morceaux d’anthologie extrêmement spectaculaires (l’attaque du robot géant, la poursuite sur le pont entre le camion et les motos, la récupération des prisonniers en plein vol), ce sont les enjeux humains qui sont ici les plus forts. En ce sens, McG se montre bien plus intelligent que le Michael Bay de Transformers, ne laissant jamais les robots voler la vedette à ses acteurs en chair et en os et concoctant des scènes de pugilats toujours limpides et lisibles malgré leur dynamisme à couper le souffle. La dernière partie du métrage, située au cœur de Skynet, ne parvient pas à éviter quelques incohérences scénaristiques, mais les amateurs de la saga s’y délecteront d’un hommage jouissif au premier Terminator de 1984, via l’intervention d’un T-800 particulièrement virulent interprété par un Arnold Schwarzenegger numérique impressionnant !

 

© Gilles Penso

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BLOOD ! THE LAST VAMPIRE (2009)

Chris Nahon adapte un moyen-métrage japonais pour aborder le racisme sous l'angle métaphorique du vampirisme

BLOOD ! THE LAST VAMPIRE

2009 – HONG-KONG / FRANCE / JAPON

Réalisé par Chris Nahon

Avec Giannu Jun, Masiela Lusha, Allison Miller, Liam Cunningham, J.J. Feild, Koyuki, Michael Byrne, Colin Salmon, Andrew Pleavin

THEMA VAMPIRES

Adaptation d’un moyen métrage d’animation réalisé en 2000 par Hiroyuki Kitakubo, Blood ! The Last Vampire prend place dans le Tokyo de 1966, au cœur du lycée d’une base militaire américaine où semblent régner l’insouciance et la désinvolture. Mais sous ce vernis, certaines fissures laissent entrevoir une tension raciale larvée, les stigmates de la catastrophe nucléaire et la paranoïa générée par la Guerre Froide… Un tel cadre est finalement idéal pour narrer sous l’angle de la métaphore les exactions d’une communauté de vampires se mêlant aux humains pour mieux s’en nourrir. Chargée d’infiltrer les lieux sous l’identité d’une lycéenne nippone, Saya est en réalité une chasseuse de vampires vieille de quatre cents ans. Hybride, fille d’un humain et d’une buveuse d’hémoglobine, elle présente bon nombre de points communs avec le héros éponyme de Blade, d’autant que les arts martiaux sont également ses armes les plus efficaces, que le maniement du sabre semble être sa seconde nature, et que ses adversaires ressemblent plus à des démons jaillis des portes de l’Enfer qu’aux dandys aux crocs pointus auxquels Bram Stoker et ses milliers d’imitateurs nous ont habitués.

Ji-Huyn Jun possède tous les atouts susceptibles de rendre son personnage touchant et crédible : un charme irrésistible, un charisme que ses aînés devraient lui jalouser et une aisance spectaculaire avec les techniques de combat et d’escrime. Oubliant son passé de faiseur de vidéoclips et de spots publicitaires (dont on sentait profondément les gimmicks dans ses deux précédents longs-métrages), Chris Nahon s’immerge dans l’atmosphère mi-nostalgique mi-oppressante de ce Japon d’après-guerre et compose dès la scène d’introduction une séquence de duel dans un métro qui ne cherche jamais à nous en mettre plein la vue mais plante d’emblée les thématiques du film et les composantes de son ambiance. Blood ! The Last Vampire est riche en combats mouvementés au cours desquels des myriades de démons vampires assaillent la taciturne Saya. Le premier de ces pugilats intervient suite à une séquence qu’on croirait presque issue d’Une nuit en enfer de Robert Rodriguez.

Un essaim de vampires ninjas

La chasseuse de vampire y découvre un bar dont tous les occupants – humains en apparence – révèlent soudain des traits monstrueux et grimaçants trahissant leur nature vampirique. L’échauffourée nocturne qui s’ensuit manque certes de lisibilité et d’enjeux dramatiques. Mais le cinéaste rectifie le tir en cours de métrage, nous réservant ensuite des affrontements de toute beauté, notamment celui d’un flash-back où le vieux mentor de Saya lutte contre un essaim de vampires ninjas dans une forêt dense, et le climax qui donne la vedette à l’inquiétante Onigen. Les vampires eux-mêmes sont des monstres aux allures de gargouilles. Au stade ultime de la métamorphose, ils déploient de grandes ailes de chauves-souris et poursuivent leurs exactions dans les airs en voletant sinistrement. La ressemblance physique avec les harpies de Jason et les Argonautes est alors frappante, d’autant que les images de synthèse employées à cet effet, peu réalistes, nous renvoient aux vieilles techniques d’animation de Ray Harryhausen.

 

© Gilles Penso

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MULBERRY STREET (2007)

Les habitants d'un quartier pauvre de New York sont en proie à une mutation qui les transforme en êtres bestiaux et agressifs

MULBERRY STREET

2007 – USA

Réalisé par Jim Mickle

Avec Nick Damici, Kim Blair, Ron Brice, Bo Corre, Tim House, Larry Fleischman, Larry Medich, Javier Picayo, Antoine Pagan

THEMA MUTATIONS I MAMMIFERES

Si, de prime abord, Mulberry Street semble tranquillement emprunter le terrain du film de zombies balisé par George Romero tout en présentant plusieurs similitudes avec [Rec], ce n’est qu’une apparence. Car le premier long-métrage de Jim Mickle, ancien storyboarder et machiniste, prend une tournure très personnelle, via un style naturaliste et libre le rattachant davantage au cinéma indépendant américain qu’au film d’horreur traditionnel. Le cadre de Mulberry Street, comme son titre l’indique, est la rue d’un quartier modeste de New York. Là, dans un immeuble vétuste, des vétérans de guerre, des retraités aux revenus misérables et des marginaux cohabitent et se serrent les coudes. L’un d’eux, l’ancien boxeur Clutch (Nick Damici), attend le retour de sa fille Kay (Bo Corre), blessée sur le front irakien et rapatriée à Manhattan. La canicule gagne la ville, l’immeuble menace d’être rasé par un grand promoteur, et c’est dans cette atmosphère moite et réaliste que s’immisce l’horreur. Car les informations diffusées à la télévision et à la radio relatent une série d’agressions inhabituelles. Plusieurs citoyens auraient été attaqués par des hordes de rats particulièrement agressifs, d’abord dans le métro, puis dans plusieurs quartiers new-yorkais. Plus étrange encore : les victimes des rongeurs se mettent à développer des symptômes qui altèrent leur comportement. Peu à peu, la panique s’installe et la nuit s’apprête à tomber, prélude d’un chaos indescriptible.

Ainsi, si le canevas narratif de Mulberry Street cultive un indéniable sentiment de déjà vu (à la différence près que les contaminés se muent ici progressivement en monstres mi-hommes mi-rongeurs), l’intérêt principal du film et son originalité résident dans son choix de personnages, sa mise en scène à contre-courant de ce qui se pratique généralement dans le genre, et sa description crue et désenchantée d’un quartier défavorisé de la Grande Pomme. La profession ne s’y est pas trompée, sélectionnant le film dans une multitude de festivals à travers le monde et le primant à trois reprises (meilleur film indépendant à Toronto, meilleur film à Amsterdam, meilleur long-métrage au Fantasia Film Festival). La conviction des comédiens est pour beaucoup dans l’impact du film.

Un essai attachant et très personnel

Cependant, Mulberry Street n’est pas dénué de défauts, l’un des plus problématiques étant la maladresse de sa gestion de l’épouvante. Car dès qu’il aborde le genre horrifique frontalement, Jim Mickle témoigne d’un manifeste manque d’inspiration et de savoir-faire. Certes, les attaques de rats et d’humains contaminés ne manquent pas d’impact – notamment grâce à un montage nerveux effectué par Mickle lui-même, à un éclairage composant savamment avec les zones d’ombre et à des maquillages souvent saisissants – mais elles souffrent d’un effet de répétition édulcorant peu à peu leur efficacité. Les courses-poursuites dans les rues nocturnes ou les huis-clos dans l’immeuble palissent donc de la comparaison avec les innombrables films de zombies post-Romero. Pour le reste, voilà un essai filmique attachant et très personnel qui laisse augurer une filmographie prometteuse chez son auteur.

 © Gilles Penso

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INTUITIONS (2000)

Une histoire de fantôme concoctée avec minutie par Sam Raimi, à mi-chemin entre les sagas Evil Dead et Spider-Man

THE GIFT

2000 – USA

Réalisé par Sam Raimi

Avec Cate Blanchett, Keanu Reeves, Katie Holmes, Giovanni Ribisi, Hilary Swank, Greg Kinnear, Michael Jeter, Kim Dickens

THEMA FANTÔMES

Intuitions s’inscrit dans le creux de la vague de la carrière de Sam Raimi. Après ses trois explosifs Evil Dead, le talentueux réalisateur poursuivit sa filmographie de manière assez inégale, alternant le meilleur (l’excellent thriller Un Plan simple), le banal (le très facultatif Pour l’amour du jeu avec Kevin Costner) et le passable (le western multi-stars Mort ou vif). En perte de vitesse, il signait avec Intuitions une histoire de fantômes post-Sixième sens et post-Hypnose. Mais là où l’on pouvait craindre un inévitable air de déjà vu, Raimi prouve qu’il a de beaux restes et que lorsque le sujet l’inspire, il sait encore faire des merveilles. Le scénario d’Intuitions, co-signé par Billy Bob Thornton et Tom Epperson, se déroule dans la petite ville de Brixton, en Georgie. Là, Annie Wilson (Cate Blanchett), une jeune veuve mère de trois enfants, arrondit ses fins de mois grâce à ses dons de médium, qu’elle monnaye au cours de séances de spiritisme à la demande de quelques-uns de ses voisins. Un jour, Annie conseille fortement à son amie Valerie (Hilary Swank) de quitter son mari Donnie Barksdale (Keanu Reeves), un homme rustre et violent qui la bat régulièrement. Furieux, l’intéressé traite Annie de sorcière (« Traiter avec le Diable te conduira au bûcher », lui lance-t-il, « tout le monde sait ça ! »). Il menace même ses enfants pour l’inciter à ne plus se mêler des affaires d’autrui.

Peu après, Jessica King (Katie Holmes), la fiancée d’un homme influent de la ville, est portée disparue. A contre-cœur, la police fait appel aux dons d’Annie pour démêler l’affaire. « Je ne crois pas en ce que vous faites, Miss Wilson », lui lâche le shérif Pearl Johnson (J.K. Simmons, futur J. Jonah Jameson de la trilogie Spider-Man). « Et pour être sincère avec vous, je n’aime pas ça. Mais nous sommes arrivés au bout de nos investigations… nous avons cherché sous chaque pierre… et nous aimerions que vous nous disiez ce que vous pouvez faire pour nous aider. » Face à cette demande pressante, Annie utilise ses dons et est frappée d’une vision qui conduit la police dans un marécage de la propriété de Donnie, où gît le corps de Jessica. En toute logique, l’indésirable voisin est arrêté et condamné. Jusqu’à ce que de nouvelles visions conduisent Annie à penser que l’assassin court toujours…

Keanu Reeves terrifiant

Si le scénario d’Intuitions ne déborde pas d’inventivité, le film sort du lot grâce à l’intelligence de son casting, au réalisme de ses personnages et de leur environnement (capté en extérieurs naturels en Georgie), et à quelques séquences d’anthologie au cours desquelles Raimi met nos nerfs à rude épreuve, provoquant maints sursauts des spectateurs sur leurs fauteuils. Intuitions représente également l’un des meilleurs contre-emplois jamais incarnés par Keanu Reeves, réellement terrifiant dans la peau d’un « redneck » jaloux et violent. Féru de clins d’œil référentiels, le réalisateur dote son héroïne d’une voiture légendaire, puisqu’il s’agit de la fameuse Oldsmobile d’Evil Dead, et demande à son compositeur Danny Elfman de faire une brève apparition sous forme d’un violoniste surgissant au beau milieu d’une des visions d’Annie.

© Gilles Penso

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