LES CHRONIQUES DE NOËL (2018)

Kurt Russell incarne un Père Noël cool et rock’n roll dont la tournée de cadeaux est accidentellement interrompue par deux enfants…

THE CHRISTMAS CHRONICLES

 

2018 – USA

 

Réalisé par Caly Kaytis

 

Avec Kurt Russell, Judah Lewis, Darby Camp, Lamorne Morris, Kimberly Williams-Paisley, Oliver Hudson

 

THEMA CONTES

Les Chroniques de Noël est produit par Chris Columbus, ce qui a poussé tout naturellement les équipes marketing du film à écrire en gros sur l’affiche : « Par les créateurs de Harry Potter à l’école des sorciers et Maman j’ai raté l’avion. » Cette mention est un brin opportuniste, bien sûr, mais elle n’est pas foncièrement mensongère. Scénariste de Gremlins et réalisateur de Miss Doubtfire, Columbus a indéniablement le sens de la fête. Dans le cas présent, il cède cependant le fauteuil du réalisateur à Clay Kaytis, un grand spécialiste de l’animation à l’œuvre notamment sur Pocahontas, Le Bossu de Notre-Dame, Hercule, Mulan, Tarzan, Kuzco, La Planète au trésor, Chicken Little, Raiponce, Les Mondes de Ralph, La Reine des neiges, bref le dessus du panier des studios Disney depuis le milieu des années 90. Après avoir gagné ses galons de réalisateur sur Angry Birds : le film, Kaytis s’attaque avec Les Chroniques de Noël à son premier long-métrage « live » et s’en sort avec les honneurs. Le scénario, qui s’appuie sur une idée originale de Matt Lieberman (Free Guy) et David Guggenheim (Sécurité rapprochée), entend bien dépoussiérer un peu les traditionnels contes de Noël par le biais d’un récit gorgé d’énergie et de trouvailles visuelles.

C’est par le prisme d’un caméscope que nous sont racontées les premières vignettes du film. Une famille aimante fête joyeusement Noël chaque année. Les enfants grandissent, les coupes de cheveux changent, mais l’enthousiasme reste communicatif et le fameux « esprit de Noël » est bel et bien là… jusqu’au décès du père (Oliver Hudson), moteur de ces festivités annuelles. Depuis, l’ambiance est un peu morose chez les Pierce. Claire (Kimberly Williams-Paisley), la mère infirmière, passe une grande partie de ses soirées à l’hôpital. Teddy (Judah Lewis), le fils ado, commence à multiplier les mauvaises fréquentations. Quant à Kate (Darby Camp), la petite sœur, elle repasse inlassablement les vidéos des Noëls précédents en espérant retrouver cette ambiance festive désespérément évaporée. Le soir de Noël 2018, Kate a une idée saugrenue : essayer de filmer le Père Noël avec le caméscope. Teddy accepte de mauvaise grâce de participer à son plan. A partir de là, rien ne va se passer comme prévu et les catastrophes vont s’enchaîner…

Santa Kurt

La grande idée du film est d’avoir confié le rôle du Père Noël à Kurt Russell. Le héros de New York 1997 nous offre une version détendue, cool, charismatique et imperturbable du bon vieux Santa, loin de l’imagerie d’Epinal véhiculée par les publicités (et notamment par la marque Coca Cola). Son agacement face à sa représentation systématiquement ventripotente et sa manière désabusée d’expliquer que le fameux « oh oh oh » est une pure invention sont des moments savoureux. Les Chroniques de Noël repose en très grande partie sur ses épaules, le duo d’enfants agissant principalement comme faire-valoir de ce Pépère Noël. Pour autant, Caly Kaytis n’oublie pas son passé dans le cinéma d’animation et s’appuie sur le scénario de Matt Lieberman pour doter son film d’un rythme extrêmement soutenu. Généreuse, l’aventure se veut 100% distrayante, quitte à partir dans toutes les directions : les séquences de voltige spectaculaires, les poursuites de voitures dans les rues de Chicago, les gags visuels à répétition et même une séquence de comédie musicale (dans laquelle Kurt Russell nous rappelle qu’il fut Elvis Presley le temps d’un téléfilm réalisé par John Carpenter). L’animation elle-même a son droit de cité à travers les facéties de lutins et des rennes (dont le rendu cartoonesque aurait sans doute mérité d’être plus soigné), aux accents d’une partition épique de Christophe Beck. Souvent drôle, Les Chroniques de Noël sait aussi faire vibrer la corde sensible en évoquant de manière récurrente les douleurs successives à l’absence du père et les difficultés de reconstruction d’une chaîne familiale dont on a brisé un maillon. Diffusé directement sur Netflix, le film eut un tel succès qu’il entraîna deux ans plus tard la mise en chantier d’une séquelle dirigée cette fois-ci par Chris Columbus.

 

© Gilles Penso

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A CHRISTMAS HORROR STORY (2015)

Un lycée hanté, des elfes morts-vivants, un enfant possédé et un démon ancestral sont au menu de ce conte de Noël pas comme les autres…

A CHRISTMAS HORROR STORY

 

2015 – CANADA

 

Réalisé par Grant Harvey, Steven Hoban, Brett Sullivan

 

Avec William Shatner, George Buza, Rob Archer, Zoé De Grand Maison, Alex Ozerov, Shannon Kook, Amy Forsyth, Jeff Clark, Michelle Nolden

 

THEMA CONTES I DIABLE ET DÉMONS I ENFANTS I FANTÔMES

C’est l’équipe à la tête de la trilogie Ginger Snaps, relecture audacieuse du mythe du loup-garou sous un angle adolescent contemporain et féminin, qui est à l’initiative de A Christmas Horror Story. Steven Hoban qui en a eu l’idée originale, est le producteur des trois Ginger Snaps. A ses côtés, Grant Harvey fut réalisateur de deuxième équipe du premier puis co-producteur des deux suivants. Quant à Brett Sullivan, il fut monteur du Ginger Snaps original et réalisateur de ses séquelles. Hoban, Harvey et Sullivan décident donc d’unir leurs forces pour réaliser ensemble cette « Histoire d’horreur de Noël » qu’ils situent dans la petite ville fictive de Bailey Down… où se déroulaient justement les trois Ginger Snaps. A Christmas Horror Story est un film à sketches en quatre segments dont le fil conducteur est assuré par William Shatner, dans le rôle d’un animateur radio bourru et porté sur la bouteille répondant au sobriquet de Dangerous Dan. La première originalité du film repose sur le fait que les sketches ne se succèdent pas l’un après l’autre, comme dans les films d’anthologie classiques, mais sont montés en parallèle. Les histoires avancent donc ensemble et se dénouent au fur et à mesure, chacune renforçant l’impact et l’effet de suspense des autres. D’autre part, tous ces récits se déroulent simultanément – la nuit de Noël – et sont reliés par des personnages ou des événements communs.

La première histoire concerne Dylan, Ben et Molly, trois adolescents qui décident de s’introduire par effraction dans leur lycée, qui fut autrefois un couvent cachant de lourds secrets, pour y enquêter sur le meurtre de deux étudiants survenus dans le sous-sol de l’établissement l’année précédente. La seconde s’intéresse à Scott, qui convainc sa femme et leur jeune fils de pénétrer dans un grand bois pour y couper un sapin afin de le ramener dans leur salon et de le décorer. Dans le troisième récit, Taylor, Diane et leurs enfants partent rendre visite à contrecœur à leur vieille tante Edda, visiblement obsédée par le légendaire Krampus qui hanterait les nuits hivernales. Le héros de la quatrième histoire est le Père Noël en personne (George Buza, qui n’est pas sans présenter d’étonnantes ressemblances avec Michael Lonsdale), troublé par une épidémie de rage qui semble gagner un à un tous ses lutins. Tandis que Dangerous Dan continue d’alimenter les ondes radio de réflexions désabusées et de standards musicaux de fin d’année, les trois lycéens s’enfoncent dans les souterrains lugubres de leur école, le fils de Scott disparaît dans les bois, le séjour chez tante Edda tourne au vinaigre et le Père Noël se retrouve seul face à une armée d’elfes zombies !

Santa versus Krampus !

Le fait d’entremêler de manière quasiment organique chacun des courts récits permet de doter A Christmas Horror Story d’une unité et d’une cohésion dont bénéficient rarement les films à sketches, tout en jouant sur l’attente des spectateurs. A chaque moment crucial, l’action s’interrompt pour aller découvrir ce qui se passe en parallèle. Réalisé avec soin, interprété avec conviction, le long-métrage parvient à surprendre sans cesse tout en déployant un bestiaire généreux : les fameux elfes morts-vivants (il fallait y penser !) mais aussi des Trolls cachés dans les ténèbres et surtout le redoutable Krampus. En tous points conforme à l’imagerie traditionnelle, ce monstre cornu aux attributs sataniques se prépare à un duel au sommet contre le Père Noël mué en guerrier impitoyable, le tout dans un décor glacial déstabilisant qui ressemble bien plus à une administration lugubre qu’à l’usine à jouets multicolore que nous décrit habituellement l’imagerie classique. Très réussis, les maquillages spéciaux et les effets animatroniques sont supervisés par David Scott (à l’œuvre sur Ginger Snaps bien sûr, mais aussi sur Jack Brooks et Solomon Kane). Riche en rebondissements, A Christmas Horror Story s’achève sur une chute inattendue, savoureuse et cruellement ironique, cerise sur le gâteau de ce quadruple conte de Noël horrifique très recommandable.

 

© Gilles Penso

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SANTA CLAUS (1985)

L’équipe de Supergirl se réunit pour raconter les origines d’un autre super-héros : le Père Noël !

SANTA CLAUS : THE MOVIE

 

1985 – GB / USA

 

Réalisé par Jeannot Szwarc

 

Avec David Huddleston, Dudley Moore, John Lithgow, Burgess Meredith, Judy Cornwell, Jeffrey Kramer, Christian Fitzpatrick, Carrie Kei Heim, John Barrard

 

THEMA CONTES

En 1985, l’étoile des producteurs Alexander et Ilya Salkind ne brille plus avec autant d’éclat qu’avant. Les succès de Superman et Superman 2 commencent un peu à dater, Superman 3 n’a pas remporté tous les suffrages et Supergirl a peiné à convaincre le grand public. Il est sans doute temps de s’éloigner des super-héros de DC pour tenter une autre aventure. En s’appuyant sur un scénario co-écrit par David et Leslie Newman, les Salkind décident donc de réinventer sous forme de blockbuster le mythe du Père Noël. Plusieurs réalisateurs sont envisagés, notamment John Carpenter, Robert Wise, Lewis Gilbert et Guy Hamilton (ces deux derniers étant des piliers de la saga James Bond). Mais aucun ne réussit à s’entendre pleinement avec les producteurs, qui optent finalement pour Jeannot Szwarc, heureux de leur collaboration avec lui sur Supergirl. Le concept du film consiste à raconter les origines du Père Noël pour ensuite le confronter à un vilain dans le New York contemporain. Nous avons donc affaire à une « origin story » en tous points conforme à ce qui se pratique dans le domaine des adaptations de comic books. Le titre original, Santa Claus : The Movie, rappelle d’ailleurs celui de Superman : The Movie. Contrairement au vieil homme malicieux qu’on aurait pu imaginer dans le rôle principal, Szwarc opte pour un colosse barbu et quinquagénaire qui aurait pu se mesurer à Arnold Schwarzenegger dans Conan le barbare. Il s’agit de l’acteur David Huddleston, un vétéran du petit et du grand écran qu’on allait ensuite retrouver dans le rôle-titre de The Big Lebowsky.

Nous voilà d’abord dans un moyen-âge de carte postale, quelque part dans le grand nord. Un sympathique bûcheron nommé Claus (Huddleston) livre chaque année à Noël des jouets sculptés à la main aux enfants de son village, accompagné de sa femme Anya (Judy Cornwell) et de leurs rennes Donner et Blitzen. Une nuit, pris au milieu d’une tempête de neige, ils sont sauvés par des elfes et emmenés dans leur atelier magique au pôle Nord. Tous deux découvrent avec stupeur que leur venue a été prophétisée, que le destin de Claus est de livrer aux enfants du monde entier les jouets fabriqués par les elfes et qu’ils vivront éternellement. Le plus vieux des elfes rebaptise alors Claus « Père Noël. » « Le temps voyagera à ton côté et la nuit du monde sera suspendue en dehors du temps pour toi », explique-t-il non sans poésie, lorsque Claus émet des doutes quant à sa capacité à apporter des jouets à tous les enfants du monde en une seule nuit. Ce don s’assortit d’un autre pouvoir qui le rapproche comme par hasard de Superman : il pourra voler. C’est ainsi que se met en place la mythologie du Père Noël…

Un traîneau à la traîne…

Soyons honnêtes : Santa Claus est un film désespérément kitsch, gorgé de chansons sirupeuses, de cantiques religieux et d’images d’Epinal difficiles à appréhender au premier degré. Au bout d’une heure de métrage, un semblant d’intrigue se met enfin en place, avec l’amitié improbable entre une petite fille riche et un jeune vagabond, les facéties d’un elfe incarné par Dudley Moore qui débite à un rythme effréné de joyeux calembours (« Je suis un elfe made man », « je n’aime pas que le traîneau traîne ») et les plans machiavéliques d’un fabricant de jouets sans scrupule incarné par John Lithgow. Malgré son important déploiement de moyens, ses grands décors, sa figuration nombreuse et ses effets visuels inventifs (quoique sérieusement datés) conçus par l’équipe de la saga Superman (Derek Meddings, Roy Field, David Lane), Santa Claus ne distille qu’avec beaucoup de parcimonie la magie qu’il est censé délivrer aux spectateurs, entravé par un scénario paresseux et pataud dénué du moindre enjeu digne de ce nom. Le film échouera à déplacer les foules dans les salles de cinéma, poussant les Salkind à revoir leurs ambitions à la baisse pour la suite de leur carrière. Ce sera par ailleurs la dernière réalisation de grande envergure de Jeannot Szwarc, qui signera ensuite quelques comédies françaises anecdotiques (La Vengeance d’une blonde, Hercule & Sherlock, Les Sœurs soleil) puis se spécialisera avec succès dans la réalisation d’épisodes de séries TV.

 

© Gilles Penso

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CHRISTMAS BLOODY CHRISTMAS (2022)

Le Père Noël animatronique d’un magasin de jouets se dérègle et massacre tous ceux qu’il trouve sur son chemin…

CHRISTMAS BLOODY CHRISTMAS

 

2022 – USA

 

Réalisé par Joe Begos

 

Avec Riley Dandy, Sam Delich, Jonah Ray, Dora Madison, Jeff Daniel Philips, Abraham Benrubi, Jeremy Gardner, Graham Skipper, Kansas Bowling

 

THEMA ROBOTS

Réalisateur des thrillers de science-fiction Almost Human et The Mind’s Eye, du film d’épouvante Bliss et du polar horrifique VFW, Joe Begos ambitionne dans la foulée de mettre en scène un remake de Douce nuit sanglante nuit, le fameux slasher de 1984 dans lequel se déchaînait un père Noël psychopathe armé d’une hache. Pour varier les plaisirs (un remake a déjà été produit en 2012), Begos imagine que son tueur n’est pas un simple désaxé mais un robot indestructible qui se dérègle. Plus il le développe, plus le projet s’éloigne du film original, et l’idée de remake est finalement abandonnée. Begos ne lâche pourtant pas l’affaire et décide de mettre sur pied un film d’horreur autonome dont il écrit le scénario pendant la pandémie du Covid-19. Ainsi naît Christmas Bloody Christmas, mixage pour le moins surprenant entre Douce nuit sanglante nuit et Terminator, pour lequel le réalisateur tient à utiliser des effets spéciaux à l’ancienne. Son androïde assassin sera donc incarné par un comédien (Abraham Benrubi, vétéran de la série Urgences), d’astucieux effets animatroniques prendront le relais pour montrer les mécanismes du monstre et de véritables cascades et effets pyrotechniques (pour le moins ambitieux, si l’on tient compte du modeste budget du film) jailliront régulièrement à l’écran.

Le ton du film s’annonce d’emblée impertinent, dynamique et très rock’n roll. Saturée de dialogues échangés à un rythme effréné (dans lesquels le mot « fuck » surgit toutes les dix secondes), l’ouverture nous familiarise avec deux des personnages principaux du récit : Tori (Riley Dandy), propriétaire d’un magasin de disques, et Robbie (Sam Delich), son employé. Alors qu’ils ferment boutique le soir de Noël, tous deux décident d’aller boire un dernier verre avant de se séparer. A deux pas, dans une boutique de jouets tenue par un jeune couple (Jonah Ray et Dora Madison), se trouve l’un des animatroniques dernier cri de la marque RoboSanta + : une machine humanoïde en forme de Père Noël dotée d’une intelligence artificielle. Or un flash d’informations nous a appris en tout début de métrage que les robots de cette génération ont été rappelés en raison d’un certain nombre de dysfonctionnements liés à leur technologie première issue du département de la Défense du gouvernement américain. Ce qui devait arriver arrive : l’androïde se réveille, s’arme d’une hache et se lance dans un massacre que rien ne semble pouvoir arrêter…

Santarminator

La liberté de ton du film, ses répliques qui fusent et sa patine extrêmement soignée emportent assez rapidement l’adhésion. L’abattage naturel et la justesse des deux acteurs principaux aident beaucoup à les crédibiliser et permettent d’accepter ces innombrables références pop émaillant leurs répliques (Black Christmas, Simetierre 2, La Fin de Freddy, Hellraiser 2, Chucky 2, Alien Covenant, Blair Witch 2 et le hard rock des années 80/90) qui, dans un autre contexte, auraient pu sembler artificielles et inutilement post-modernes. Parallèlement, Joe Begos filme les exactions de son « Robot Santa » sanguinaire avec une brutalité et une violence déconcertantes, comme si les univers de Quentin Tarantino et Rob Zombie fusionnaient pour donner naissance à un film contre-nature rétif à toutes les étiquettes. Le concept premier (un Père Noël robot tueur, tout de même !) aurait logiquement dû générer une parodie ou tout du moins une série B ne se prenant pas du tout au sérieux. Or si Christmas Boloody Christmas ne manque pas d’humour, les méfaits de son monstre animatronique sont traités au premier degré et sans la moindre concession. Quand elle n’est pas surchargée de morceaux de hard rock, la bande son électronique se laisse volontiers inspirer par les musiques de John Carpenter. Le dernier acte cligne d’ailleurs de l’œil vers Assaut et Halloween, même si la référence majeure du film reste Terminator, comme en témoigne ce climax mouvementé et cauchemardesque.

 

© Gilles Penso


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DOUCE NUIT SANGLANTE NUIT : COMA DÉPASSÉ (1989)

Plongé dans le coma, le tueur du film précédent entre en contact avec une jeune médium aveugle qui l’aperçoit dans ses cauchemars…

SILENT NIGHT DEADLY NIGHT 3 : BETTER WATCH OUT!

 

1989 – USA

 

Réalisé par Monte Hellman

 

Avec Bill Moseley, Richard Beymer, Samantha Scully, Eric Da Re, Laura Harring, Robert Culp, Elizabeth Hoffman, Richard C. Adams, Melissa Hellman

 

THEMA TUEURS I SAGA DOUCE NUIT SANGLANTE NUIT

Ancien poulain de Roger Corman, Monte Hellman a notamment réalisé pour son compte La Bête de la caverne hantée et L’Halluciné (un film patchwork co-dirigé officieusement par Corman, Jack Hill, Francis Ford Coppola et Jack Nicholson !). Après deux décennies de séries B habilement ficelées, le producteur Arthur Gorson propose à Hellman de diriger la deuxième suite de Douce nuit sanglante nuit. Peu convaincu par le scénario co-écrit par Gorson et S.J. Smith, le cinéaste propose de le réécrire avec l’aide de Rex Werner, de Steven Gaydos et de sa propre fille Melissa Hellman. Le premier script rejeté ne sera pas totalement abandonné, puisqu’il servira de base au film suivant, Douce nuit sanglante nuit : l’initiation. Ces nombreuses réécritures entraînent une mise en production précipitée. Le scénario final de Douce nuit sanglante nuit 3 est donc rédigé en mars 1989, le tournage s’achève un mois plus tard, le montage est effectué en mai et le film projeté pour la première fois au mois de juillet. Hellman a l’habitude de ce rythme effréné, mais le résultat final en pâtit forcément. Car autant le dire tout de suite : ce Douce nuit sanglante nuit 3 (dont le sous-titre original, Better Watch Out, fait référence aux premières paroles du standard de Noël « Santa Claus is coming to town ») est terriblement bâclé. À ses côtés, le deuxième volet, pourtant pas un modèle d’excellence, passerait presque pour un chef d’œuvre, c’est dire !

La scène d’ouverture est déjà parfaitement improbable. La jeune Laura Anderson (Samantha Scully) se réveille dans une pièce immaculée, vient au chevet d’un homme dans le coma qui se réveille soudain, un scalpel à la main, et la pourchasse dans les couloirs. Paniquée, elle rencontre soudain le Père Noël, monte sur ses genoux et lui énonce la liste des cadeaux qu’elle voudrait (une poupée Barbie, une bicyclette, des chaussons de danse, une montre Mickey) mais s’interrompt lorsque le bon gros Santa brandit un couteau acéré dans sa direction. Elle hurle et se réveille en sursaut. C’était un cauchemar, bien sûr. Laura a des pouvoirs de medium, et le docteur Newbury (Richard Beymer, le Tony de West Side Story) souhaite les utiliser pour entrer en contact avec un homme dans le coma. Ce dernier n’est pas n’importe qui. Il s’agit de Ricky Caldwell, l’assassin qui sévissait dans Douce nuit sanglante nuit 2. La police l’avait abattu d’une myriade de coups de feu, mais il est toujours en vie, maintenu dans un sommeil artificiel grâce à un appareillage médical. Beymer en fait des tonnes dans le rôle de ce médecin obsédé par ses recherches (sourcils froncés, regards écarquillés, mâchoire crispée, voix sentencieuse). Au chevet de son patient comateux comme un docteur Frankenstein observerait sa créature, il dit pour lui-même : « Je veux pénétrer son subconscient, voir ce qu’il voit. » Au moment où Laura prend congé du docteur pour passer la soirée de Noël chez sa grand-mère, Rick sort du coma, tue deux ou trois personnes sur son chemin puis décide de la retrouver…

Les yeux de Laura

Les liens scénaristiques qui unissent ce film au précédent sont tellement ténus qu’on a du mal à les considérer comme faisant partie de la même franchise. Rick n’est d’ailleurs plus interprété par Eric Freeman (dont la prestation « over the top » en avait marqué plus d’un) mais par Bill Moseley, révélé dans Massacre à la tronçonneuse 2 et futur spécialiste du cinéma d’horreur (l’un des sommets de sa carrière future étant le diptyque La Maison des 1000 morts / The Devil’s Rejects). Ici, autant dire que Moseley n’a pas grand-chose à faire, à part déambuler comme un zombie avec un casque translucide sur la tête qui lui donne les allures d’un mutant échappé d’un film de Ed Wood. Entravé par des dialogues idiots (avec des pointes de vulgarité totalement hors-propos), des acteurs peu convaincants, d’interminables passages à vide (les discussions insipides entre le médecin et le policier), une désespérante absence de suspense, des meurtres banals et une intrigue dénuée de péripéties dignes de ce nom, Douce nuit sanglante nuit 3 est un ratage complet. Son visionnage est en soi une épreuve de force. Sorti directement en vidéo, il donnera pourtant suite à deux autres épisodes qui, pour leur part, ne chercheront pas à se raccorder aux films précédents.

 

© Gilles Penso


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MIRACLE SUR LA 34ème RUE (1947)

Un sympathique vieil homme embauché par un grand magasin affirme qu’il est le véritable Père Noël…

MIRACLE ON 34th STREET

 

1847 – USA

 

Réalisé par George Seaton

 

Avec Maureen O’Hara, John Payne, Edmund Gwenn, Gene Lockhart, Natalie Wood, Porter Hall, William Frawley, Jerome Cowan, Philip Tonge

 

THEMA CONTES

C’est pendant les fêtes de fin d’années, alors qu’il brave la foule de consommateurs massés dans les grands magasins en quête de cadeaux, que le scénariste Valentine Davies se met à se demander comment agirait le véritable Père Noël s’il se retrouvait au beau milieu de cette « fièvre acheteuse ». Peu à peu, cette idée se transforme en histoire complète que Davies soumet à la Twentieth Century Fox. George Seaton (ancien collaborateur des Marx Brothers et co-auteur non crédité du Magicien d’Oz) est alors chargé d’en tirer un scénario complet et de diriger lui-même le film, sous la houlette du puissant producteur Darryl Zanuck. La très influente Motion Picture Association, qui veille alors aux intérêts de l’industrie cinématographique américaine afin de favoriser l’exportation des films, passe quatre mois à scruter le script et à le commenter, incitant le studio à le réviser tout en envisageant toutes sortes de titres possibles, de The Big Heart (« Le grand cœur ») à Meet Me at Dawn (« Retrouvez-moi à l’aube ») en passant par It’s Only Human (« C’est humain »). Celui qui est finalement sélectionné, A Christmas Miracle on 34th Street, change encore à la demande de Zanuck, qui souhaite sortir le film au mois de juin et non pendant l’hiver (au prétexte que les spectateurs sont plus nombreux dans les salles en été). Toute allusion à Noël sera donc effacée du matériel publicitaire et le film s’appellera Miracle on 34th Street (Miracle sur la 34ème rue).

Maureen O’Hara, qui fut une très convaincante Esmeralda face à Charles Laughton dans le Quasimodo de 1939, incarne Doris Walker, une employée du grand magasin Macy’s de la 34ème rue de New York. Elle élève seule sa fille Susan (Natalie Wood, à l’affiche la même année de L’Aventure de Madame Muir) et porte la responsabilité d’une grande parade de Thanksgiving qui doit traverser toute la ville. En découvrant que le père Noël qu’elle a engagé est complètement ivre, elle le renvoie et le remplace au pied levé par un vieil homme affable qui se porte volontaire (Edmund Gwenn). Il s’avère tellement convaincant que le magasin Macy’s l’embauche pour en faire son père Noël officiel. Le problème, c’est que cet homme affirme sans sourciller qu’il s’appelle Kris Kringle et qu’il est le vrai père Noël. Le psychiatre Granville Sawyer (Porter Hall), chargé de son évaluation psychologique, déclare que cet homme est déséquilibré et potentiellement dangereux. Mais le doute finit s’immiscer, face à la bonté, la bonhomie et la malice de ce Kringle plus vrai que nature…

L’affaire Kringle

Le film joue sans cesse sur la suspension d’incrédulité de ses personnages mais aussi de ses spectateurs. Après tout, pourquoi ce sympathique bonhomme ne serait pas vraiment le Père Noël ? Des deux côtés de l’écran, personne n’y croit mais tout le monde veut y croire. A ce titre, la prestation incroyablement convaincante d’Edmund Gwenn (qui fut pourtant un second choix, après le refus de l’acteur Cecil Kellaway) s’avère renversante. Si Santa Claus existait vraiment, c’est sans conteste à cet homme qu’il ressemblerait. Habile, le scénario nous laisse libres de faire notre choix, même si les indices faisant pencher la balance vers la fantasmagorie et le merveilleux s’accumulent sans cesse. C’est là toute la force de ce conte moderne qui s’amuse à questionner la foi et les croyances de chacun, quitte à ridiculiser les sceptiques les plus virulents en retournant contre eux leur propre logique. D’où cette dernière demi-heure consacrée à un procès absurde et pourtant crucial au cours duquel le jeune avocat Fred Gailey (John Payne) va devoir prouver l’impensable face à une cour stricte et conservatrice : non seulement le Père Noël existe mais en plus il s’agit de ce vieil homme assis sur le banc des accusés. Film totem du public américain depuis sa sortie en 1947, Miracle sur la 34ème rue a remporté l’Oscar du meilleur acteur dans un second rôle pour Edmund Gwenn, de la meilleure histoire originale pour Valentine Davies et de la meilleure réalisation pour George Seaton. Joli tiercé gagnant.

 

© Gilles Penso

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VIOLENT NIGHT (2022)

Imaginez une variante de Piège de cristal dans laquelle Bruce Willis serait remplacé par un Père Noël massif et brutal…

VIOLENT NIGHT

 

2022 – USA

 

Réalisé par Tommy Wirkola

 

Avec David Harbour, John Leguizamo, Alex Hassell, Alexis Louder, Edi Patterson, Cam Gigandet, Leah Brady, Beverly D’Angelo, Brendan Fletcher, André Eriksen

 

THEMA CONTES

Un Père Noël vulgaire, impertinent et politiquement très incorrect n’est pas un concept inédit au cinéma. Il suffit de se souvenir du fameux Bad Santa de Terry Zwigoff. Mais dans le cas présent, nous avons affaire au vrai Santa Claus, celui qui se déplace en volant dans son traîneau tiré par huit rennes et qui distribue des cadeaux aux enfants du monde entier. Un bonhomme désabusé, fatigué et cynique qui va se retrouver plongé dans une échauffourée sanglante très éloignée du fameux « esprit de Noël ». L’entrée en matière de Violent Night donne le ton. Entre deux livraisons, ce bon vieux père Noël se saoule dans un bar de Bristol, persuadé que les enfants – devenus désespérément matérialistes – se comportent désormais face à leurs cadeaux comme des junkies sans joie. Après avoir vidé sa pinte, il s’envole avec son attelage dans les cieux nocturnes du mois de décembre puis vomit tout ce qu’il a sur l’estomac, direct sur la tête de la propriétaire du bar qui n’en croit pas ses yeux. Voilà donc un Kris Kringle bien peu orthodoxe. Et c’est David Harbour, coqueluche des geeks du monde entier grâce à son personnage de shérif Jim Hopper dans Stranger Things et successeur plutôt honorable de Ron Perlman dans le reboot d’Hellboy, qui hérite du rôle. Un rôle qui lui va comme un gant, il faut bien l’avouer.

La soirée de Noël de la famille Lighstone s’annonce glaciale, hypocrite et bien peu festive. La matriarche Gertrude (Beverly D’Angelo), richissime, a convoqué ses enfants et leurs « pièces rapportées » dans son manoir. Il y a là Jason (Alex Hassell) qui essaie de se rabibocher avec sa femme Linda (Alexis Louder), tous deux accompagnés de leur fille Trudy (Leah Brady). La sœur de Jason, alcoolique (Edi Patterson), est venue avec son flirt du moment, l’acteur insipide Morgan Steel (Cam Gigandet), et avec son fils adolescent Bert (Alexander Elliot). Tout ce beau monde, qui semble se détester cordialement, voit la routine des fêtes de fin d’année brutalement secouée par l’intrusion d’un commando de mercenaires armés jusqu’aux dents. Leur chef, qui se fait appeler Scrooge (John Leguizamo), prend la famille en otage. Son objectif : forcer le coffre-fort de Gertrude et récupérer les 300 millions de dollars en espèce qui s’y trouvent. Or le Père Noël vient de débarquer dans le manoir pour y déposer ses cadeaux et se retrouve donc dans une situation bien épineuse. Va-t-il se retirer sur la pointe des pieds pour continuer sa livraison ou intervenir manu militari pour sauver les Lighstone ?

Une soirée en enfer

Le scénario co-écrit par Pat Casey et Josh Miller (Sonic, le film) repose donc sur une idée délirante qui pourrait se résumer ainsi : « Piège de cristal avec un Père Noël. » Assumant ses références, le film fait des allusions directes au premier Die Hard mais aussi à Maman j’ai raté l’avion et à 58 minutes pour vivre (dans lequel jouait d’ailleurs John Leguizamo). Mais au-delà de ce concept décalé, le film allait-il pouvoir tenir la distance sur la longueur ? L’ajout d’une couche de second degré postmoderne, de violence crue et de vulgarité allait-il suffire à faire fonctionner cette intrigue en équilibre instable ? Bizarrement, le cocktail prend plutôt bien, en grande partie grâce au savoir-faire du réalisateur Tommy Wirkola (Dead Snow, Seven Sisters) qui dote son long-métrage d’une énergie folle exempte de temps mort et trouve miraculeusement le ton juste entre l’action violente, la comédie satirique et la féerie pure. David Harbour porte lui aussi une partie de la réussite du film sur ses épaules, véhiculant un mélange complexe de désœuvrement, de bienveillance refoulée et de furie endormie. L’étonnante backstory dont le dote le scénario (avant d’être Père Noël, il fut un guerrier viking sanguinaire, vil et cupide, désormais en quête de rédemption) aide à mieux comprendre l’état d’esprit du personnage. Bien sûr, Violent Night n’est pas exempt de défauts, de raccourcis scénaristiques un peu faciles et de caractérisations souvent caricaturales. Mais il remplit son contrat, honore ses ambitions somme toute modestes et nous offre un conte de Noël d’un genre résolument inédit.

 

© Gilles Penso

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FANTÔMES EN FÊTE (1988)

Richard Donner et Bill Murray réinventent le classique de Charles Dickens dans ce conte de Noël moderne et satirique…

SCROOGED

 

1988 – USA

 

Réalisé par Richard Donner

 

Avec Bill Murray, Karen Allen, John Forsythe, John Glover, Bob Goldthwait, David Johansen, Carol Kane, Robert Mitchum, Nicholas Philips, Michael J. Pollard

 

THEMA FANTÔMES I CONTES

Richard Donner hésita un moment avant de se lancer dans Scrooged, variante moderne et humoristique du fameux « Christmas Carol » écrit par Charles Dickens en 1843. Après avoir pesé le pour et le contre, le cinéaste décida finalement de s’embarquer dans l’aventure, histoire de varier les plaisirs entre L’Arme fatale et L’Arme fatale 2. Sollicité pour le rôle principal, Bill Murray se laisse lui aussi le temps de la réflexion, pas sûr de vouloir reprendre ses activités d’acteur après les quatre ans de pause qui suivirent S.O.S fantômes. Le scénario co-rédigé par Mitch Glazer et Michael O’Donoghue le séduit, mais il souhaite y ajouter son grain de sel et le fait entièrement retravailler. La présence du comédien dans le film pousse les distributeurs à capitaliser sur sa popularité gigantesque acquise grâce à Ghostbusters. Les posters américains annoncent donc fièrement : « Bill Murray est de retour parmi les fantômes, mais cette fois, c’est trois contre un ! » La France, quant à elle, choisit le titre Fantômes en fête pour évoquer le plus frontalement possible S.O.S. fantômes, quitte à oublier au passage toute référence au célèbre conte de Noël dont s’inspire le scénario.

Tout commence sur des chapeaux de roue. Après un plan aérien soutenu par des chœurs féerique à mi-chemin entre Beetlejuice et L’Étrange Noël de Monsieur Jack, nous assistons à une séquence de fusillade au cours de laquelle le Père Noël et ses lutins prennent les armes face à une armada d’assaillants, jusqu’à ce que Lee Majors (L’Homme qui valait trois milliards lui-même, dans son propre rôle) ne vienne leur prêter main forte. Cette séquence invraisemblable est extraite d’un des nombreux programmes absurdes que s’apprête à diffuser IBC pour la soirée de Noël. A la tête de cette chaîne de télévision, Frank Cross (Murray) est un président odieux, cynique, arriviste et âpre au gain. Pour couronner sa programmation, il décide de produire une version personnelle du « Christmas Carol » de Charles Dickens en y ajoutant tous les ingrédients racoleurs susceptibles d’attirer l’audience. Il ne se doute évidemment pas qu’il s’apprête à vivre lui-même les mésaventures du détestable Scrooge, héros du classique de Dickens. Trois fantômes sont en effet sur le point de lui rendre visite pour ouvrir ses yeux et sa conscience sur ses erreurs passées, présentes et futures…

En roue libre

Habitué jusqu’alors au travail d’équipe (pour le petit et le grand écran), Bill Murray se retrouve ici seul en tête d’affiche, ce qui le pousse à en faire des caisses, à surcharger le tournage d’une énergie dévastatrice, à improviser la majeure partie de ses répliques et finalement à épuiser Richard Donner. Car les deux hommes ont beaucoup de mal à s’accorder pendant le tournage. Le réalisateur n’a aucun contrôle sur sa star, l’acteur essaie sans cesse d’apporter de nouvelles idées pour tenter d’enrichir le scénario, et Fantômes en fêtes finit par ressembler à un produit hybride en quête d’identité. Alternant les passages cyniques et les moments gorgés de bons sentiments, sous-exploitant la présence pourtant toujours réjouissante de Karen Allen, le film cherche la bonne tonalité et finit par ressembler à une fausse bonne idée. Il y a pourtant de belles choses dans Scrooged : une partition lyrique de Danny Elfman, des spectres surprenants (dont l’impressionnant fantôme des Noëls futurs aux allures de grande Camarde dont les entrailles abritent des visages grimaçants et difformes, œuvre du maquilleur Tom Burman) et quelques gags qui font mouche (les sans-abris qui confondent le héros avec Richard Burton). Et puis il y a Bill Murray. Souvent agaçant, cabotin jusqu’au point de non-retour, il sait aussi se montrer irrésistible, drôle et même touchant, comme toujours. Modeste succès au box-office, Fantômes en fête s’est depuis mué en programme incontournable des fêtes de fin d’année, grâce à ses innombrables diffusions sur les chaînes américaines.

 

© Gilles Penso

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DOUCE NUIT SANGLANTE NUIT 2 (1987)

Le jeune frère de l’assassin psychopathe du film précédent prend fièrement la relève, bien décidé à châtier tous les « vilains »…

SILENT NIGHT DEADLY NIGHT PART 2

 

ANNEE – USA

 

Réalisé par Lee Harry

 

Avec Eric Freeman, James L. Newman, Elizabeth Kaitan, Corinne Gelfan, Michael Combatti, Jill K. Allen, Darrel Guilbeau, Brian Michael Henley, Ken Weichert

 

THEMA TUEURS I SAGA DOUCE NUIT SANGLANTE NUIT

Face aux résultats honorables de Douce nuit sanglante nuit, les producteurs souhaitent capitaliser sur ce petit succès mais n’ont pas le budget nécessaire pour la mise en chantier d’un nouveau long-métrage. Ils demandent donc au monteur Lee Harry de partir tourner quelques scènes avec le comédien Eric Freeman, dans le rôle d’un malade mental enfermé dans un institut psychiatrique qui raconterait les péripéties principales du premier film. L’idée initiale est donc de ressortir Douce nuit sanglante nuit dans un nouveau montage, comme une sorte d’« édition spéciale ». Mais Harry trouve cette proposition frustrante. À l’aide du micro-budget à sa disposition, il décide de tourner beaucoup plus de séquences que prévu, notamment une série de meurtres perpétrés par ce nouveau personnage et racontés sous forme de flash-back, et de mêler ce nouveau matériau avec de larges extraits du premier film. Le résultat – très étrange – est donc une suite officielle baptisée Douce nuit sanglante nuit 2. L’action prend place la veille de Noël dans la chambre d’un hôpital psychiatrique où sévit Ricky Caldwell (Eric Freeman). Un psychiatre flegmatique, le docteur Henry Bloom (James Newman), vient écouter son témoignage et l’enregistre sur un magnétophone à bande. Rick raconte alors son enfance et celle de son frère, puis les méfaits de ce dernier à l’âge adulte. Les quarante premières minutes du métrage ressemblent ainsi à une version accélérée du premier film, entrecoupée régulièrement de brefs dialogues entre le jeune homme et le médecin.

Pour qui est déjà familier avec Douce nuit sanglante nuit, cette première partie n’offre donc qu’un intérêt très limité, si ce n’est les roulements d’yeux et les soulèvements de sourcil excessifs d’Eric Freeman. Mais à mi-parcours, les choses évoluent enfin. Le récit du jeune désaxé s’achevant sur la mort de son frère, il s’emploie ensuite à raconter ses propres méfaits. Traumatisé lui aussi dans son enfance par le meurtre de ses parents des mains d’un assassin déguisé en père Noël, martyrisé à son tour par la mère supérieure tyrannique d’un orphelinat, il a suivi le même parcours que son aîné. Sous ses allures de jeune homme bien comme il faut, Ricky s’est donc parfois laissé aller à des accès de folie meurtrière, s’en prenant à tous les « vilains » (brutes, malotrus, voyous) qui croisent son chemin. Cette croisade vengeresse prend une tournure encore plus inquiétante lorsque toute notion de bien et de mal finit par s’effacer dans son esprit malade…

« Ramassage des poubelles ! »

Les flash-backs de cette seconde partie sont bien sûr les éléments les plus réjouissants (toutes proportions gardées) du film, car leur exubérance n’a pas de limite. Le rouge excite Ricky comme un taureau dans une arène parce que cette couleur lui rappelle le Père Noël. De fait, dès qu’un rideau, une carrosserie ou un mouchoir écarlate traverse son champ de vision, le meurtre n’est pas loin. Il fait alors justice en criant « vilain ! » à tous ceux qu’il punit. Avant d’opter pour la hache comme le fit son frère, Ricky varie les plaisirs en matière d’arme du crime (l’assassinat au parapluie et le meurtre à la batterie de voiture sont gratinés !). Lorsqu’il bascule définitivement dans la folie, tirant sur tout ce qui bouge en ricanant et en lâchant des phrases absurdes (dont le fameux « ramassage des poubelles ! » qui a fait la grande joie d’Internet), Douce nuit sanglante nuit 2 devient un grand film comique involontaire. Si Eric Freeman n’est pas un acteur d’une grande subtilité, il faut reconnaître qu’il ne fut guère aidé par les indications contradictoires de l’équipe du film. Lee Harry le dirigeait comme s’il était Freddy Krueger, le co-scénariste Joseph Earle le poussait à en faire des tonnes. Le comédien, lui, penchait plutôt pour une approche taciturne et introvertie. D’où une prestation hybride du plus curieux effet. Le dernier acte du film reprend à son compte l’imagerie de Noël, quelque peu délaissée en cours de route, et nous offre un climax mouvementé dans la maison de la mère supérieure qui habite au numéro 666 ! La saga ainsi amorcée donnera suite à trois autres épisodes et un remake.

 

© Gilles Penso


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DON’T OPEN TILL CHRISTMAS (1984)

Panique dans la ville : tous ceux qui sont habillés en Père Noël sont sauvagement assassinés les uns après les autres, au grand dam de Scotland Yard…

DON’T OPEN TILL CHRISTMAS

 

1984 – GB

 

Réalisé par Edmund Purdom

 

Avec Edmund Purdom, Alan Lake, Belinda Mayne, Gerry Sundquist, Mark Jones, Kelly Baker, Caroline Munro, Kevin Lloyd, Pat Astley, Wendy Danvers

 

THEMA TUEURS

Don’t open till Christmas est le seul film qu’Edmund Purdom ait réalisé, et ce ne fut pas une partie de plaisir. Connu pour ses rôles dans des films aussi variés que Le Château de l’horreur (le préfet), Horrible (le père), Le Sadique à la tronçonneuse (le doyen) ou 2019 après la chute de New York (le président de la confédération pan-américaine), cet acteur charismatique alors quasiment sexagénaire accepte de jouer le rôle principal de Don’t open till Christmas si on lui en confie la réalisation. Le tournage commence en 1982 et ressemble à un parcours du combattant. Incapable de s’entendre avec la production, Purdom finit par jeter l’éponge et c’est le scénariste du film, Derek Ford, qui est chargé de le remplacer. Mais au bout de deux jours, Ford est remercié et remplacé par le monteur Ray Selfie. Le script est alors en grande partie réécrit par Alan Birkinshaw. L’acteur vedette n’étant plus là, l’intrigue est revue de fond en comble. Or Purdom décide finalement de revenir pour terminer le tournage et reprendre son rôle. Les prises de vues se seront donc étalées sur deux années, et l’on comprend mieux pourquoi le film peine à conserver sa cohérence jusqu’au bout. Cela dit, quand on connaît les conditions chaotiques de sa création, le fait que Don’t open till Christmas possède un début, un milieu et une fin tient déjà presque du miracle.

C’est la nuit. Un homme en costume de Père Noël et une jeune femme se rejoignent dans une ruelle puis trouvent refuge sur la banquette d’une voiture pour se livrer à des ébats fébriles. Mais quelqu’un hors-champ les observe et respire fort comme Michael Myers dans Halloween, puis s’approche d’eux, accompagné d’une musique qui plagie le thème des Dents de la mer version synthétiseur des années 80. La caméra tourne autour de la voiture et les deux tourtereaux finissent poignardés. Cette introduction en plan-séquence, prometteuse, annonce la couleur. D’autres hommes déguisés en Santa Claus sont violemment assassinés au cours des journées suivantes, frappés par un tueur psychopathe qui cache son visage derrière un masque en plastique souriant et qui aime varier les plaisirs dans ses mises à mort, pourvu qu’elles soient inventives et spectaculaires. À New Scotland Yard, l’inspecteur principal Ian Harris (Edmund Purdom) et le sergent-détective Powell (Mark Jones) mènent l’enquête, notamment auprès de Kate (Belinda Mayne), dont le père fut l’une des victimes de l’assassin…

« Ne pas ouvrir avant Noël »

Le concept est assez amusant, dans la mesure où le film prend le contrepied des slashers habituels situés pendant la période des fêtes de fin d’année. Contrairement à Christmas Evil ou Douce nuit sanglante nuit, par exemple, le Père Noël n’est donc pas le meurtrier mais la victime. Tous ceux qui ont le malheur de revêtir la panoplie rouge et la barbe blanche (fêtards, vendeurs, poivrots) sont donc des cadavres potentiels. Brutaux, parfois même un peu gore, les meurtres obéissent à la mécanique définie par les sagas Halloween et Vendredi 13 et se complètent d’une enquête policière menée avec flegme par deux policiers « so british ». Les suspects possibles se profilent donc progressivement au fil d’une intrigue laissant la part belle à l’humour noir et à une pointe d’érotisme. Quelques scènes de poursuite se déroulent dans des décors très photogéniques – à défaut d’être vraisemblables – comme un sinistre « donjon de l’horreur » délicieusement gothique ou les coulisses d’une salle de spectacle sur la scène de laquelle se produit une chanteuse sexy incarnée par Caroline Munro. Le film souffre surtout de sa direction d’acteur approximative (le jeune couple joue sans une once de subtilité) et de l’absurdité des situations liées à des comportements souvent incompréhensibles (la fille à moitié nue sous sa cape de père Noël qui fuit la police dans la rue puis réagit de manière parfaitement invraisemblable face au tueur, ou encore l’assassin qui décide subitement d’agir à découvert et sans la moindre discrétion pour éliminer un témoin gênant). Les dernières séquences accusent la confusion dans laquelle le film fut réalisé, s’agençant sans logique et s’acheminant vers un final décevant expédié en deux coups de cuiller à pot.

 

© Gilles Penso


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