GODZILLA (2014)

Le jeune réalisateur britannique Gareth Edwards réinvente le Roi des Monstres avec une flamboyance qu'on n'espérait plus

GODZILLA

2014 – USA

Réalisé par Gareth Edwards

Avec Aaron Taylor-Johnson, Ken Watanabe, Elizabeth Olsen, Bryan Cranston, Juliette Binoche, Sally Hawkins, David Strathairn 

THEMA DINOSAURES I SAGA GODZILLA I MONSTERVERSE

Malgré l’échec cuisant du Godzilla hollywoodien réalisé par Roland Emmrich, la Toho confia à nouveau à un studio américain son monstre vedette pour célébrer ses 60 années de bons et loyaux services. Mais le projet partait cette fois avec deux atouts de taille : un producteur amoureux du genre, Thomas Tull (la trilogie Dark KnightMan of SteelPacific Rim), et surtout un réalisateur surdoué dont le premier long-métrage, Monsters, nous avait conquis par sa finesse et son intelligence. Verdict ? Affirmons-le sans entrave : Godzilla cru 2014 est une réussite exemplaire qui s’affirme haut la main comme l’un des meilleurs opus d’une saga qui compte pourtant une bonne trentaine d’épisodes. En dépit du budget colossal mis à sa disposition (200 fois plus important que celui de Monsters !), Gareth Edwards conserve intacts sa personnalité et surtout sa sensibilité. Ainsi ne se livre-t-il pas à la surexposition immédiate d’effets spéciaux spectaculaires. Ses monstres restent longtemps dans l’ombre, nimbés de mystère, pour mieux laisser l’imagination du spectateur vagabonder, et le récompenser enfin lorsqu’ils paraissent dans toute leur monstrueuse splendeur.

Maître dans l’art de la retenue, Edwards cultive le hors-champ avec une virtuosité d’autant plus grande qu’il s’agissait d’une démarche nécessaire sur son premier film, la faiblesse de ses moyens l’empêchant alors de trop montrer ses créatures. Ici, la nécessité est devenue parti pris, et l’on sent bien que le jeune cinéaste se laisse porter ouvertement par l’influence de Steven Spielberg. En ne montrant de Godzilla que ses crêtes dorsales surgissant des eaux, Edwards s’inspire évidemment de l’aileron du Grand Blanc des Dents de la mer. En optant pour le point de vue d’enfants coincés dans un bus scolaire sous la pluie battante, il revisite l’un des moments les plus forts de Jurassic Park. En nous livrant l’image surréaliste d’un navire échoué en pleine jungle, il évoque le bateau dans le désert de Rencontres du troisième type. En choisissant de placer sa caméra à hauteur humaine, quitte à ce que les belligérants géants soient difficiles à percevoir dans leur intégralité, il s’inscrit dans le sillage de La Guerre des mondes. Mais s’il reprend à son compte les figures de style de Spielberg (son personnage principal s’appelle même Brody, comme Roy Scheider dans Les Dents de la mer), c’est pour mieux les transcender à travers un style très personnel.

L'art de la retenue et du hors-champ

Les monstres eux-mêmes sont sublimes. Godzilla respecte la morphologie originelle de 1954 et se déchaîne dans des séquences délicieusement iconiques. Gareth Edwards respecte même l’idée de l’homme costumé inhérente à toutes les versions japonaises en anthropomorphisant la créature et en s’appuyant sur l’expertise du comédien Andy Serkis, expert en performance capture. Face à Godzilla, les terrifiants Mutos, mi-insectes mi-dinosaures, se livrent à des actes de destruction extrêmement spectaculaires, au sein de séquences d’action à couper le souffle. Certes, tout n’est pas parfait dans ce nouveau Godzilla. Les incohérences et les clichés s’y glissent par endroits. Mais ce ne sont que des détails, tant le film nous procure de plaisir et de sensations fortes. Cerise sur le gâteau : Alexandre Desplat nous offre une partition flamboyante et emphatique, ses cuivres vigoureux accompagnant pas à pas la plus belle échauffourée de monstres qu’on ait vue depuis bien longtemps.

 

© Gilles Penso

 

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MONSTERS (2010)

Un jeune couple à fleur de peau et des monstres titanesques se rencontrent dans ce premier long-métrage magistral

MONSTERS

2010 – GB

Réalisé par Gareth Edwards

Avec Scoot McNairy, Whitney Able, Mario Zuniga Benavides, Annalee Jeffries, Justin Hall, Ricky Catter, Paul Archer 

THEMA EXTRA-TERRESTRES

Monsters est une merveille, un film en état de grâce qui prit tout le monde par surprise, d’autant que son réalisateur, Gareth Edwards, était alors totalement inconnu du public. Sa maîtrise précoce des trucages numériques lui permit de faire ses premières armes à la télévision britannique, où ses talents profitèrent à une demi-douzaine de téléfilms, documentaires et séries. En 2009, Edwards décida de passer à la vitesse supérieure en se lançant dans un projet totalement insensé : mettre en chantier un long-métrage de science-fiction avec un budget de 800 000 dollars, une équipe réduite à sa plus simple expression et des décors naturels, et occuper lui-même tous les postes clefs : écriture, réalisation, direction artistique, photographie et effets spéciaux. Monsters aurait pu n’être qu’une bande démo de technicien surdoué ou un fan-film malin et opportuniste. Il n’en est rien. Son savoir-faire, le jeune cinéaste britannique le met tout entier au service de son récit initiatique et de ses personnages à fleur de peau. Filmé avec la sensibilité et le supplément d’âme des meilleurs longs-métrages indépendants de la nouvelle vague anglo-saxonne, Monsters porte un titre volontairement trompeur. Ici, les monstres ne sont que des figurants. C’est surtout l’homme qui nous intéresse. Et pour renforcer le naturalisme de son premier long-métrage, le cinéaste choisit comme acteurs principaux un véritable couple (Scoot McNairy et Whitney Able). L’audace du film repose donc principalement sur le décalage surprenant qui s’opère entre sa mise en forme minimaliste et son postulat de science-fiction pure et dure.

Un texte introductif nous annonce qu’après la chute en Amérique du Sud d’une sonde de la NASA contenant une forme de vie extraterrestre, des créatures gigantesques se sont multipliées dans un périmètre mis en quarantaine au sud de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique. Six ans plus tard, la menace n’a pas été éradiquée, et le photographe Andrew Kaulder est envoyé au cœur de cette zone hostile pour récupérer Samantha Wynden, la fille de son patron. Les moyens de rapatriement les moins dangereux n’étant plus disponibles, ils vont devoir s’enfoncer dans une jungle effrayante, tandis que partout rodent les créatures monstrueuses… 

Le monstre révèle l'homme

En constituant à lui seul le plus gros de son équipe technique, Gareth Edwards peut non seulement réduire les frais de son film mais aussi en garder le contrôle artistique total. Sans la pression d’un studio, il peaufine ainsi pendant un an ses effets visuels jusqu’à obtenir un résultat de très haute qualité. Extrêmement spectaculaires, les monstres du film restent pourtant très discrets à l’écran. Edwards pallie ainsi son maque de moyens par une gestion intelligente du hors champ, héritée du cinéma de Steven Spielberg (notamment des Dents de la merJurassic Park et La Guerre des Mondes). Tout en retenue, Monsters ménage ses effets pour mieux nous surprendre, porté par une bande originale envoûtante de Jon Hopkins. On sent bien, au fil de son découpage millimétré, que le filme marque les débuts d’un cinéaste extrêmement prometteur. La suite de la carrière d’Edwards confirmera tous les espoirs suscités par Monsters.

 

© Gilles Penso

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GODZILLA CONTRE BIOLLANTE (1989)

Quelques années après sa résurrection, Godzilla affronte un monstre végétal qui abrite l'âme d'une jeune défunte

GOJIRA TAï BEOLANTE

1989 – JAPON

Réalisé par Kazuri Omori

Avec Kuniko Mitamura, Yoshiko Tanaka, Masanobu Takashima, Megumi Odaka, Toru Minegishi, Koji Takahashi

THEMA DINOSAURES I VEGETAUX I SAGA GODZILLA

Godzilla contre Biollante commence exactement là où Le Retour de Godzilla s’arrêtait. Tandis que le corps du grand saurien radioactif gît au fond d’un volcan, de nombreuses équipes s’activent au milieu des ruines encore fumantes de Tokyo. La découverte de cellules encore actives de Godzilla suscite bien des convoitises dans le milieu des « bio-majors », en particulier celles qui envisagent de créer des armes bactériologiques. Ces cellules échouent dans les mains du docteur Shiragami, un savant japonais installé dans un pays arabe imaginaire baptisé Saradia. Un attentat détruit bientôt son laboratoire et tue sa fille Erika. Effondré, Shiragami décide de mener jusqu’au bout ses étranges recherches. En mixant les cellules de Godzilla, celles d’une rose et celles de sa défunte fille, il crée un hybride monstrueux qu’il nomme Biollante, d’après l’âme spirituelle de la mythologie nordique. En mutation permanente, la créature atteint des proportions gigantesques et prend les allures d’un arbre anthropomorphe affublé d’une tête en forme de rose et de tentacules se terminant par des gueules reptiliennes. Mise en scène dans de très beaux cadrages surréalistes, Biollante pousse des cris de baleine du plus curieux effet. Entre-temps, des terroristes bombardent le volcan où repose Godzilla, et ce dernier ne tarde pas à faire sa réapparition. S’ensuit une extraordinaire séquence de bataille navale dans laquelle Godzilla est bombardé par des navires de guerre et des hélicoptères en pleine mer.

La qualité des maquettes, des effets pyrotechniques et du montage font de cet affrontement l’un des moments forts du film. Mais le morceau de bravoure est bien évidemment le combat annoncé dans le titre. Godzilla se lance donc dans une violente échauffourée avec Biollante. Au stade ultime de sa mutation, cette dernière prend les allures d’un monstre colossal, peut-être l’un des plus impressionnants de toute la série. Croisement contre-nature entre un dinosaure aux dents acérées et une plante carnivore bardée de tentacules mouvants, cette créature n’aurait pas dépareillé dans un récit de Lovecraft, et son combat avec Godzilla vaut son pesant de brutalité, le sang verdâtre y giclant sans retenue. 

Quelques salves anti-américaines

Godzilla contre Biollante s’inscrit donc dans la continuité du renouveau du mythe amorcé en 1984, ajoutant au palmarès du dinosaure radioactif un nouvel adversaire mémorable. L’inventivité des séquences d’action nous fait facilement oublier l’incongruité du scénario et la banalité des séquences entre humains. Dommage tout de même que les éléments d’espionnage industriel soient terriblement sous-exploités, le scénario se contentant d’aligner des clichés grotesques (fusillades cartoonesques, cascades automobiles de kermesse, méchant aux grosses lunettes noires) au lieu de traiter ouvertement la thématique de la course à l’armement. On sent poindre aux détours du récit quelques salves anti-américaines qui prendront toute leur ampleur au cours de l’épisode suivant, le délirant Godzilla contre King Ghidorah.

 

© Gilles Penso

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GODZILLA (1998)

Roland Emmerich américanise l'icône la plus populaire du cinéma japonais… et fait hurler tous les fans du Roi des Monstres !

GODZILLA

1998 – USA

Réalisé par Roland Emmerich

Avec Matthew Broderick, Jean Reno, Maria Pitillo, Hank Azaria, Kevin Dunn, Michael Lerner, Harry Shearer 

THEMA DINOSAURES I SAGA GODZILLA

C’est au début des années 90 que commence à circuler à Hollywood l’idée d’une version américaine de Godzilla, idée qui prit tout son sens suite au succès de Jurassic Park. Après tout, la Toho avait réalisé sa propre version de King Kong dans les années 60. Cet échange des stars locales était donc de bonne guerre. Le projet fut d’abord développé par le réalisateur Jan de Bont (Speed, Twister), épaulé par de splendides croquis issus du studio de Stan Winston. Mais son approche, jugée trop onéreuse, effraya le studio. C’est finalement Roland Emmerich, fort du succès d’Independence Day, qui lui succéda. Tous les Godzilla réalisés jusqu’à présent utilisaient invariablement un acteur dans un costume en latex dans le rôle du reptile géant. Il était évident que la version américaine allait plutôt opter pour les techniques portées aux nues dans Jurassic Park. Emmerich a donc mis sur pied sa propre société d’effets spéciaux, Centropolis Effects, à qui il a confié la majeure partie des images de synthèse du film. Comme toujours, le réalisateur de Stargate réussit à faire démarrer son film sur des chapeaux de roues, puisant d’abord son inspiration dans Les Dents de la mer. Mais ce n’est qu’un des nombreux emprunts à son maître à penser Steven Spielberg. Ainsi fait-il intervenir son monstre la nuit et sous la pluie, comme le T-Rex de Jurassic Park. Le dinosaure lâché dans la ville rappelle énormément celui qui attaque San Diego dans Le Monde Perdu, et les bébés de Godzilla sont les portraits crachés des vélociraptors des deux Jurassic Park. Quant au pétrolier échoué en pleine plage panamienne, il évoque bien sûr le navire perdu dans le désert de Rencontres du Troisième Type.

Mais cette collection d’emprunts serait presque touchante si la linéarité du scénario ne venait pas tout gâcher. Emmerich s’efforce certes d’accumuler les séquences fortes (l’attaque de New-York en plein jour, l’assaut des hélicoptères, l’affrontement sur le pont…), mais celles-ci s’enchaînent en dépit du bon sens, voire confinent au ridicule dans la mesure où le spectaculaire l’emporte systématiquement sur la logique la plus élémentaire, notamment au cours de la poursuite finale entre le monstre et un taxi. Les effets du film sont supervisés par le Français Patrick Tatopoulos, dont Emmerich apprécie tant le travail qu’il donne son nom au personnage principal incarné par Matthew Broderick. Il faut reconnaître que le talentueux designer effectue un travail impressionnant, même si on reste un peu circonspect sur l’aspect général du monstre vedette. Parfois, on jurerait voir un homme en costume reconstitué en 3D, avec une tête démesurée et des proportions hasardeuses. 

« Godzilla In Name Only »

Comme en outre les personnages humains sont des stéréotypes caricaturaux, on ne s’étonnera pas outre mesure que l’accueil réservé à ce Godzilla ait été des plus mitigés. Les deux séquelles envisagées par Columbia furent donc abandonnées au profit d’une série animée baptisée Godzilla the Series. Fort déçus par cette version, les fans de Godzilla rebaptisèrent ironiquement la créature de Roland Emmerich « Zilla », ou encore « GINO », acronyme signifiant « Godzilla In Name Only » (« Godzilla uniquement par le nom »). Tomoyuki Tanaka, producteur de tous les Godzilla japonais, étant décédé un mois avant l’entrée en production de la version d’Emmerich, le film lui est dédié.

 

© Gilles Penso

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CABAL (1990)

Après Hellraiser, Clive Barker nous transporte dans le monde cauchemardesque de Midian où les monstres ne sont pas toujours ceux qu'on croit…

NIGHTBREED

1990 – USA

Réalisé par Clive Barker

Avec Craig Sheffer, Anne Bobby, David Cronenberg, Charles Haid, Hugh Quarshie, Hugh Ross, Doug Bradley

THEMA DIABLES ET DEMONS

Hellraiser avait été une excellente surprise au moment de sa sortie sur les écrans en 1987, générant un véritable culte auprès de la vaste communauté des fans de films d’horreur. Rasséréné par ce succès, le talentueux Clive Barker s’attela dans la foulée à une autre adaptation d’un de ses romans, « Cabal », qu’il porta à l’écran sous le titre Nightbreed (autrement dit « les rejetons de la nuit »). Craig Sheffer y incarne Boone, un jeune homme tourmenté par des cauchemars se situant dans un monde parallèle et souterrain appelé Midian. En se confiant au psychiatre Decker (incarné par David Cronenberg, marquant une pause « récréative » entre Faux-semblants et Le Festin Nu), Boone finit par se demander s’il n’est pas sans le savoir le tueur psychopathe recherché par tous les policiers du pays. Bientôt traqué par les autorités, il essaie de retrouver le chemin de Midian qui s’avère être un cimetière abandonné. Mais sous terre, des créatures étranges et changeantes errent à l’abri du regard des humains. L’une d’elles plonge ses crocs dans sa chair, le métamorphosant pour toujours. Ainsi, lorsque Boone est abattu sans autre forme de procès par la police, il revient d’entre les morts et regagne Midian. Sa petite amie Lori (Anne Bobby) fera tout pour le ramener parmi les vivants. Mais elle est suivie de près par Decker, qui semble avoir d’autres objectifs en tête…

Variante horrifique du mythe d’Orphée dans laquelle les sexes auraient été inversés (comme si cette fois c’est Eurydice qui tentait de ramener son bien aimé des Enfers), Cabal bénéficie d’un incroyable bestiaire conçu par l’atelier de Bob Keen (L’Histoire sans Fin, Highlander, Hellraiser), d’une prestation savoureuse de David Cronenberg qui nous fait regretter la rareté de ses interventions devant la caméra, et d’une partition onirique d’un Danny Elfman très inspiré (alors en pleine vogue grâce à son travail sur Batman). Mais le résultat est décousu, comme s’il s’agissait d’une sorte de brainstorming délirant qui aurait été filmé tel quel, le manque de cohérence de l’univers de Midian ne laissant guère au public la possibilité de mieux l’apprécier. On sait Clive Barker adepte du « premier jet » et de la « création spontanée », notamment à travers ses œuvres picturales. Mais les problèmes structurels de Cabal trouvent probablement leur explication ailleurs.

50 minutes coupées au montage !

Car juste avant la distribution du film en salles, les cadres de la 20th Century Fox, effrayés par les excès sanglants du montage, exigèrent des coupes franches sans souci de préservation de l’essence du travail de Barker. Allégé de la plupart de ses débordements gore, amputé de plusieurs séquences clefs (le métrage est passé de 150 minutes à 100 minutes !), Cabal n’est plus vraiment le film qu’envisageait son auteur. Si l’on ajoute un manque de moyens empêchant à la bataille finale d’atteindre l’ampleur qu’elle méritait et une campagne publicitaire le présentant comme un simple slasher anonyme, on comprend mieux la tiédeur de son accueil par le public et la critique. Mais, comme à peu près tout ce qui touche à Clive Barker, il gagna progressivement ses galons de film culte.

 

© Gilles Penso 

 

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LA PLANETE DES VAMPIRES (1965)

Mario Bava adapte ses dons d'esthète à un space opera horrifique qui sera l'une des sources d'inspiration d'Alien

TERRORE NELLO SPAZIO

1965 – ITALIE / ESPAGNE

Réalisé par Mario Bava

Avec Barry Sullivan, Norma Bengell, Angel Aranda, Evi Marandi, Stelio Candelli, Massimo Righi, Franco Andei 

THEMA SPACE OPERA I FUTUR I EXTRA-TERRESTRES

A l’orée des années 60, Mario Bava se tailla une réputation de maître du cinéma d’épouvante italien grâce à de petits bijoux tels que Le Masque du démon, Six femmes pour l’assassin ou Les Trois visages de la peur. Avec La Planète des vampires, il s’attaquait pour la première fois à la science-fiction futuriste, ce qui ne l’empêcha pas pour autant d’y injecter une bonne dose d’éléments gothico-horrifiques. Cela dit, le titre s’avère quelque peu trompeur, aucun suceur de sang ne pointant le bout de ses canines sur la planète en question. Alors qu’ils traversent l’espace, l’Argos et le Goliath sont alertés par des signaux de détresse provenant d’une planète inconnue. Les vaisseaux se déportent aussitôt dans cette direction, mais à l’atterrissage l’Argos s’écrase. L’équipage du Goliath découvre bientôt les corps sans vie de ses compagnons horriblement mutilés. Accompagné de son assistante Sonya (Norma Bengell), le capitaine Mark Markary (Barry Sullivan) explore la planète, cherchant le point d’émission du signal fatal. Lorsqu’’ils parviennent à le localiser, ils trouvent ce qui fut jadis un équipage extra-terrestre. Revenus à bord du Goliath, le capitaine et Sonya sont témoins d’étranges phénomènes. Leurs hommes semblent être possédés par des entités invisibles, tandis que les hommes de l’Argos, dont la mort ne faisait pourtant aucun doute, sont là, bien vivants…

Dès les premières images de La Planète des vampires, l’amateur de SF pop acidulée est aux anges : maquettes de vaisseaux spatiaux évoluant avec un charme indicible devant un fond étoilé, cockpit futuriste empli de boutons clignotants, astronautes tout de skaï vêtus, tout y est ! La planète elle-même, théâtre de l’action entièrement reconstituée en studio à Cineccita, use et abuse des fumigènes, des lumières bleu-rouges et des bruits de vents sifflants. Parmi les images fortes du film, on se souvient surtout de la résurrection des astronautes morts, enveloppés dans un linceul de cellophane, et de la découverte des squelettes géants dans le vaisseau échoué, à l’intérieur duquel le capitaine et son assistante se retrouvent bloqués avant d’être assaillis par des voix caverneuses extrêmement inquiétantes. Et il faut avouer que le cinéaste n’a pas son pareil pour bâtir des atmosphères oppressantes malgré des budgets souvent anémiques.

La pop acidulée des années 60

De toute évidence, La Planète des vampires a inspiré plusieurs éléments du scénario d’Alien. Ainsi, comme chez Ridley Scott, l’équipage débarque sur la planète morte suite à un appel de détresse, puis découvre une ancienne civilisation fossilisée aux proportions énormes (les fameux squelettes géants), et enfin meurt progressivement dans des circonstances étranges. Comme souvent chez Bava, les dialogues de La Planète des vampires exhalent une naïveté à la lisière du comique involontaire. Le dénouement savoureux, quant à lui, évoque quelques-unes des plus belles chutes de la série La Quatrième dimension. C’est sur ce film que Lamberto Bava, fils du cinéaste, fit ses débuts d’assistant réalisateur. Quinze ans plus tard, il dirigeait lui-même son premier long-métrage, Baiser macabre.

© Gilles Penso

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GODZILLA 1980 (1973)

Qu'elle semble loin l'époque du premier Godzilla d'Inoshiro Honda ! Désormais, le dinosaure radioactif partage l'affiche avec un super-héros en armure, un oiseau mutant et un dragon étoilé

GOJIRA TAÏ MEGARO

1973 – JAPON

Réalisé par Jun Fukuda

Avec Katshuhiko Sasaki, Yutaka Hayashi, Hiroyuki Kawase, Kanta Mori, Kataro Tomita, Wolf Ohtsuki, Robert Dunham

THEMA DINOSAURES I DRAGONS I SAGA GODZILLA

Toujours très sensibles à l’accueil du jeune public qui assure la majeure partie de leur chiffre d’affaires, les cadres de la Toho ont l’idée en 1972 de lancer un concours auprès des écoliers en leur demandant d’imaginer leur super-héros favori. Le vainqueur a donc la joie de voir son invention (un robot super-perfectionné à mi-chemin entre Ultraman et Spectreman) portée à l’écran dans une nouvelle aventure de Godzilla. Dans le film, le robot en question, rebaptisé Jet-Jaguar, est l’invention du jeune ingénieur Goro Ibuki. Malgré l’intervention musclée de son ami Hiroshi Jinkawa, des malfaiteurs cambriolent l’appartement du savant et volent le robot. Or ces bandits ne sont pas des humains ordinaires. Ils viennent du royaume de Cytopia, jadis englouti dans les océans il y a trois millions d’années, et ont décidé d’éradiquer la race humaine avant que celle-ci ne détruise la Terre avec la bombe nucléaire. Les Cytopiens vivent dans un décor improbable, aux allures d’Île de Pâque de studio, et portent des tenues de péplum, tandis que les femmes exécutent des chorégraphies risibles autour d’un trône en carton-pâte. Pour parvenir à leurs fins, ces vilains anachroniques lâchent à la surface de la Terre Mégalon, une sorte d’insecte géant improbable avec des foreuses à la place des bras et une espèce d’étoile de sapin de Noël qui brille au-dessus de sa tête. Lorsqu’il prend son envol, un vrombissement de fusée retentit. Grâce aux ultra-sons, nos héros reprennent le contrôle de Jet-Jaguar, qui s’en va prévenir Godzilla. Entre-temps, Mégalon casse tout ce qui est à sa portée et ridiculise l’armée. Jet-Jaguar vient donc l’affronter.

Par un processus technique inexpliqué, le gentil robot grandit d’un seul coup jusqu’à atteindre la taille voulue. Face à ce spectacle, le créateur de cette machine décidément pleine de ressources n’a qu’une explication : « sa détermination l’a certainement fait grandir ». Mais soudain surgit Gigan, tout juste échappé du film précédent. Son apparence beaucoup moins menaçante que dans Objectif Terre, Mission Apocalypse s’explique par la fabrication d’une toute nouvelle panoplie, la précédente ayant été sérieusement altérée pendant le tournage. Les deux bêtes féroces s’acharnent sur le valeureux robot, jusqu’à l’arrivée triomphale de Godzilla (au bout d’une heure de métrage, il était temps !). La bataille qui s’ensuit traîne en longueurs, les monstres encerclant nos justiciers géants en provoquant un incendie tandis que les héros humains contemplent le spectacle dans une série d’inserts très artificiels. 

« Jet Jaguar, tu es notre héros ! »

Au petit matin, le combat devient franchement absurde. Les méchants y sont en effet éliminés à coups de pieds avant de s’enfuir la queue entre les pattes, tandis qu’une musiquette à la guitare et à la flûte détend l’atmosphère. Godzilla et Jet Jaguar se serrent alors chaleureusement la main, Godzilla regagne ses pénates, le robot reprend sa taille initiale, et tout le monde rentre à la maison en riant.  A peine le spectateur a-t-il le temps de se remettre de ses émotions que retentit la chanson du générique de fin : « C’est bel et bien un robot créé par l’homme. Jet Jaguar ! Jet Jaguar ! Tu es notre héros. Tu vas sauver la paix du monde entier. Tu feras preuve de courage. Godzilla et Jaguar, punch, punch, punch ! Ne pleurons pas ! Devenons aussi forts que toi ! » Les poètes apprécieront.

 

© Gilles Penso

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THE AMAZING SPIDER-MAN : LE DESTIN D’UN HEROS (2014)

Marc Webb donne une suite peu convaincante à son Amazing Spider-Man en convoquant cette fois trois super-vilains

THE AMAZING SPIDER-MAN 2

2014 – USA

Réalisé par Marc Webb

Avec Andrew Garfield, Emma Stone, Jamie Foxx, Dane Dehaan, Campbell Scott Michael, Embeth Davidtz, Colm Feore

THEMA SUPER-HEROS I SAGA SPIDER-MAN I MARVEL

La vaste entreprise d’effacement des mémoires amorcée par le studio Sony avec le premier The Amazing Spider-Man consistait dans un premier temps à faire passer la trilogie de Sam Raimi pour une adaptation vieillotte et dépassée des aventures de l’homme-araignée (alors que sept ans à peine séparent Spider-Man 3 du film de Marc Webb !) et dans un second temps à la faire totalement oublier. Or les fans de la première heure de Peter Parker ne retrouvèrent dans ce reboot inutile ni l’émotion, ni la passion, ni le grain de folie des pages de Stan Lee et Steve Ditko, cette essence que seuls les enfants ayant grandi en lisant le comics original (et dont Sam Raimi fait partie) peuvent tenter de saisir.

Contrairement au père d’Evil Dead, Marc Webb se désintéresse de toute évidence du matériau original, n’appréhendant le personnage de Spider-Man comme rien d’autre qu’un moyen d’entrer dans la cour des grands d’Hollywood, de se faire la main avec de nouveaux joujoux technologiques et d’empocher un gros chèque. Comment interpréter autrement le cynisme glacial et l’ineptie scénaristique de ce second Amazing Spider-Man ? Entre deux scènes d’action dénuées du moindre parti pris de mise en scène et singeant avec quinze ans de retard le « bullet time » de Matrix, Webb attarde sa caméra sur des scènes de dialogues interminables entre Peter Parker et Gwen Stacy qui, condamnés au sur-place émotionnel, se séparent et se rabibochent toutes les cinq minutes. Comment s’attacher à ce super-héros dont toutes les faiblesses intrinsèques (maladresse, timidité, crise d’identité) ont été balayées au profit d’un cabotinage permanent ?

Jamie Foxx en émule de Mister Freeze

Incapable de faire les bons choix – ou de faire des choix tout court, d’ailleurs – le scénario de The Amazing Spider-Man 2 refuse toute progression dramatique au profit d’un collage de scènes courtes et indépendantes n’en finissant plus de se juxtaposer pendant près de deux heures et demie. D’où la surmultiplication d’enjeux et de super-vilains, du ridicule Electro (un Jamie Foxx sous-exploité qui nous embarrasse avec sa prestation caricaturale d’un technicien extrêmement introverti se muant en sosie du Mister Freeze de Batman et Robin) à l’affreux Bouffon Vert (qui n’intervient que pour combler un trou scénaristique et relancer une intrigue en perte de vitesse) en passant par l’improbable Rhino (relooké façon Transformers le temps d’une apparition éclair totalement gratuite). Bourré d’incohérences éléphantesques, plombé par une bande originale balourde de Hans Zimmer à base de synthétiseurs et de trompettes (attention les oreilles !), The Amazing Spider-Man 2 cherche à tout prix à caresser le fan/consommateur dans le sens du poil en annonçant les nouveaux personnages (héros, alliés et vilains) des épisodes suivants, et prend ainsi les allures d’une gigantesque bande annonce mixée avec un spot publicitaire (le logo Sony apparaît un nombre incalculable de fois à l’écran). Bref, voilà une belle opération marketing qui devrait remplir les tiroirs-caisses du monde entier. Mais au bout du compte, c’est un grand sentiment de vide qui nous étreint. 

 

© Gilles Penso

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CAPTAIN AMERICA : LE SOLDAT DE L’HIVER (2014)

Sous l'influence des thrillers politiques des années 70, ce second épisode positionne le First Avenger comme une figure active du contre-pouvoir

CAPTAIN AMERICA – THE WINTER SOLDIER

2014 – USA

Réalisé par Anthony et Joe Russo

Avec Chris Evans, Scarlett Johansson, Samuel L. Jackson, Sebsatian Stan, Anthony Mackie, Frank Grillo, Robert Redford

THEMA SUPER-HEROS I SAGA CAPTAIN AMERICA I AVENGERS I MARVEL

Malgré une écriture au cordeau et un soin tout particulier accordé à chacun de ses protagonistes, Avengers n’avait pas vraiment eu le loisir de détailler l’une des facettes les plus intéressantes du capitaine Steve Rogers : sa difficile adaptation au monde moderne après une période d’hibernation de presque sept décennies. La constitution du groupe de super-héros le plus déséquilibré qui soit (« une bombe à retardement » selon le docteur Bruce Banner) et la menace extra-terrestre s’abatant sur New York prirent fatalement le dessus sur cette crise identitaire. En réalité, plusieurs séquences illustrant le décalage entre le justicier des années 40 et la société du 21ème siècle étaient prévues au sein du film de Josh Whedon, mais le foisonnement du récit l’empêcha de les intégrer. Elles sont donc reprises telles quelles dans Captain America : le Soldat de l’Hiver, qui constitue une séquelle idéale au premier Captain America de Joe Johnston, prolongeant habilement plusieurs thématiques en germe dans le premier volet. Au-delà du déracinement de son héros, Captain America : le Soldat de l’Hiver approfondit ses relations avec Natasha Romanov et son rapport complexe à l’autorité représentée par Nick Fury.

L’aspect humain prime donc sur le spectaculaire, un parti pris probablement dicté par un duo de réalisateurs jusqu’alors spécialisés dans la comédie. Le scénario révèle bien vite ses sources d’inspiration majeures : les thrillers politiques et paranoïaques des années 70, notamment Les Trois Jours du Condor de Sydney Pollack. La présence de Robert Redford au générique du film n’est donc pas fortuite et traduit une volonté manifeste d’orienter cette séquelle sur le territoire de l’espionnage à l’ancienne. Captain America : le Soldat de l’Hiver s’écarte ainsi un peu des canons du film de super-héros traditionnel, détachant le Faucon des clichés en vigueur chez les personnages de sidekicks et offrant au Soldat de l’Hiver beaucoup plus de complexité qu’un « super-vilain » classique.

Quelques échauffourées ébouriffantes

L’action n’est pas en reste pour autant, chaque belligérant opérant selon des techniques de combat distinctes au sein d’affrontement d’autant plus spectaculaires qu’ils semblent solliciter de véritables cascades. De l’intervention de Captain America sur un bateau pris en otage en tout début de métrage, suivie en plan-séquence par une prise de vue aérienne, à la bataille finale sise à des centaines de mètres au-dessus du sol entre Steve Rogers et sa Nemesis, le film s’avère généreux en échauffourées musclées. Le bouclier bleu blanc rouge dépasse largement sa fonction d’élément décoratif patriotique pour révéler son efficace potentiel offensif, les ailes télescopiques du Faucon nous offrent quelques envolées vertigineuses ébouriffantes, la Veuve Noire lutte avec une grâce acrobatique toujours aussi sensuelle et le Soldat d’Hiver surprend par la brutalité et la précision de ses assauts. La bande originale d’Henry Jackman (signataire de la superbe partition d’X-Men, le commencement) n’est pas à la hauteur du spectacle, foulant tranquillement les sentiers battus musicaux de rigueur, mais c’est l’une des rares faiblesses de ce qui s’affirme comme l’un des meilleurs épisodes de la saga Marvel.

 

© Gilles Penso

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TURBO INTERCEPTOR (1985)

Un pur produit des années 80 dans lequel Charlie Sheen incarne un spectre vengeur au volant d'une voiture surpuissante

THE WRAITH

1985 – USA

Réalisé par Mike Marvin

Avec Charlie Sheen, Nick Cassavetes, Sherilyn Fenn, Randy Quaid, Matthew Barry, David Sherrill, Jamie Bozian, Clint Howard

THEMA FANTÔMES

Ecrit et réalisé par un Mike Marvin n’ayant alors guère plus qu’un épisode de la série McGyver à son actif, The Wraith (autrement dit « Le Spectre ») est un long-métrage étrange qui semble autant s’inspirer de La Fureur de Vivre que des films de science-fiction à succès de la fin des années 70 et du début des années 80, comme en témoignent ces nuits étoilées traversées d’objets lumineux non identifiés à la Rencontres du Troisième Type, ces voyous aux véhicules customisés semant la terreur et se jouant des policiers à la manière de Mad Max ou cet inquiétant personnage casqué tout de noir vêtu aux lointaines allures de Dark Vador. L’intrigue prend place dans une petite ville américaine où Packard Walsh (Nick Cassavetes, fils du cinéaste John Cassavetes et futur bad guy de Volte/Face) dirige un petit gang de bons à riens motorisés dont l’activité principale consiste à organiser des courses automobiles illégales pour pouvoir rançonner tous les possesseurs de voitures à leur goût. Possessif, violent et maladivement jaloux, Packard agresse tous ceux qui osent tourner autour de sa petite amie Keri Johnson (Sherilyn Fenn, dont les yeux doux envoûteront cinq ans plus tard les protagonistes de la série Twin Peaks). C’est ainsi qu’un jeune homme ayant couché avec Keri est retrouvé assassiné, même si sa mort n’a officiellement pas été élucidée.

Un jour, un mystérieux motard, Jake Kasey (Charlie Sheen, en tout début de carrière) débarque en ville et séduit Keri. Son arrivée correspond au surgissement soudain d’une voiture noire et de son occupant mystérieux, défiant la bande de Packard et semant la mort sur son passage. Étant donné le titre original et sa « traduction » lors de la première distribution du film en France (Phantom), il n’est pas difficile de comprendre que nous avons affaire à un fantôme vengeur ayant troqué le drap blanc et les chaines traditionnelles contre un bolide et une tenue de pilote futuriste. Pourquoi un revenant aux pouvoirs surnaturels a-t-il besoin d’attributs aussi terre-à-terre qu’une voiture ou un fusil pour réclamer une justice d’outre-tombe ? Le mystère reste entier.

L'ancêtre du motard de Hot Shots ?

Mais il est rapidement évident que le scénario de Turbo Interceptor ne cherche pas spécialement à s’embarrasser de cohérence. Son objectif principal reste la mise en scène d’un maximum de poursuites automobiles spectaculaires riches en cascades et en effets pyrotechniques, rythmées sur le tempo d’une musique résolument eighties composée par Michael Hoenig et J. Peter Robinson, alors grands spécialistes du synthétiseur. Visiblement conçu pour devenir culte, le film de Mike Marvin sombrera pourtant quelque peu dans l’oubli, ses clichés sur la jeunesse des années 80, le jeu outrancier de la plupart de ses comédiens et son intrigue abracadabrante ne jouant pas particulièrement en sa faveur. Charlie Sheen auto-parodiera d’ailleurs son personnage de motard ténébreux dans Hot Shots six ans plus tard. Cela dit, il faut reconnaître que le personnage central de Turbo Interceptor possède un fort potentiel iconique et que ses apparitions en contre-plongée devant son véhicule noir, sous les éclairages de faisceaux bleutés perçant la brume nocturne, ne manquent pas d’attraits visuels.

 

© Gilles Penso

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