DOG SOLDIERS (2002)

Un groupe de militaires en plein exercice dans la lande écossaise se heurte à une meute de loups-garous

DOG SOLDIERS

 

2002 – GB

 

Réalisé par Neil Marshall

 

Avec Kevin McKidd, Sean Pertwee, Emma Cleasby, Liam Cunningham, Thomas Lockyer, Darren Morfitt, Chris Robson

 

THEMA LOUPS-GAROUS

Au début des années 2000, le cinéma anglais s’est mis en tête de revisiter les grands thèmes du fantastique en les réactualisant. Sans atteindre le panache des œuvres de la Hammer (la barre avait tout de même été fixée sacrément haut !), cette réjouissante initiative a donné naissances à quelques petits bijoux comme 28 jours plus tard de Danny Boyle, qui redonnait un coup de jeune à la thématique du zombie. Quelques mois avant les morts-vivants de Boyle, Dog Soldiers s’attaquait pour sa part aux lycanthropes. D’une ambition modeste, le film de Neil Marshall n’entend pas révolutionner le genre, ni même le moderniser, mais s’amuse à lui opposer un nouveau type de victimes potentielles : un groupe de militaires en plein exercice au milieu de la lande écossaise. D’où de magnifiques décors naturels (captés pour la plupart dans la forêt luxembourgeoise) et une poignée de comédiens solides tournant gentiment en dérision l’armée et ses archétypes.

Mais bien vite, Dog Soldiers rentre sagement dans le rang, cédant à toutes les figures imposées par le cinéma fantastique classique. Ainsi, la traque des soldats en pleine forêt par des monstres quasi-invisibles rappelle irrésistiblement Predator, et la seconde partie du film, dans laquelle nos héros sont assaillis par les créatures nocturnes dans une petite maison abandonnée, obéit servilement au schéma défini par La Nuit des morts-vivants. La surprise n’est donc pas vraiment au rendez-vous, et le scénario de Neil Marshall (qui réalise là son premier long-métrage après une formation de monteur) se prive même d’une idée dramatique passionnante qui n’est qu’à peine ébauchée, et qui aurait pu renouveler le suspense paranoïaque développé par John Carpenter dans The Thing : certains des protagonistes enfermés dans la maison sont peut-être eux-mêmes des loups-garous, mais lesquels ?

Effets spéciaux à l’ancienne

Entre deux scènes d’action relativement conventionnelles, le jeune cinéaste se permet tout de même quelques écarts outrageusement gores : un homme empalé sur un arbre, un autre dont les tripes sortent du ventre avec force hémoglobine, un troisième décapité par un lycanthrope à coups de dents ! Les monstres eux-mêmes, œuvre de Bob Keen et son équipe (Hellraiser, Candyman, Event Horizon), sont de vraies réussites. Très inspirés par ceux créés par Rob Bottin pour Hurlements, ils sont mis en scène avec beaucoup d’efficacité, les lumières tamisées et la courte durée des plans empêchant d’appréhender clairement leur forme globale et leurs mouvements. L’usage des effets numériques a d’ailleurs été soigneusement évité par Marshall, à la fois pour des raisons de goûts personnels et de contraintes budgétaires, au profit de costumes animatroniques du plus bel effet. On est en revanche frustrés de ne pas avoir droit à une belle séquence de transformation d’homme en loup, comme à la bonne vieille époque de Rick Baker. En bon fantasticophile, Marshall s’est amusé à donner des patronymes référentiels à ses protagonistes, comme H.G. Wells ou Bruce Campbell ! Prévus à l’origine pour figurer parmi les rôles principaux, Jason Statham et Simon Pegg déclinèrent l’offre pour jouer respectivement dans Ghost of Mars et Shaun of the Dead.

 

© Gilles Penso

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SHARKNADO 6 (2018)

Le dernier épisode de la longue saga des tornades de requins transporte ses héros à travers les couloirs du temps

THE LAST SHARKNADO, IT’S ABOUT TIME

 

2018 – USA

 

Réalisé par Anthony C. Ferrante

 

Avec Ian Ziering, Tara Reid, Cassie Scerbo, Porsha Williams, Vivica A. Fox, Tori Spelling, Jonathan Bennett, Latoya Jackson

 

THEMA MONSTRES MARINS I CATASTROPHES I VOYAGES DANS LE TEMPS I DINOSAURES I DRAGONS I SAGA SHARKNADO

Pour le dernier épisode de la saga Sharknado, l’équipe de The Asylum devait frapper fort. Il faut dire que le final de l’opus précédent avait placé la barre assez haut. Fin Shepard (Ian Ziering) errait dans un monde post-apocalyptique avec la tête robotisée de son épouse cyborg April (Tara Reid) dans un sac, puis était récupéré par son fils devenu adulte (Dolph Lundgren) qui l’emmenait remonter le temps à bord d’une voiture volante ! The Last Sharknado commence donc dans le passé, plus précisément en pleine préhistoire. Le grand Dolph étant occupé ailleurs (il était alors en plein tournage de Creed II et Aquaman), le scénario utilise un prétexte évasif pour expliquer son absence soudaine, puis confronte Fin à un troupeau de dinosaures en images de synthèse au rendu très discutable. Un gigantesque tyrannosaure menace de le croquer avant de finir entre les dents d’un mégalodon qu’on croirait échappé de la saga Mega Shark, autre franchise aquatique de la compagnie The Asylum. Dans cette préhistoire bricolée avec les moyens du bord, Fin retrouve les membres de son équipe qu’il croyait morts (April, Nova, Brian) et s’en va détruire la première tempête de requins de l’histoire de notre planète.

Mais une fois cette mission accomplie, la petite équipe se retrouve aspirée par un vortex et atterit au moyen-âge. Reprenant un concept voisin de celui du film précédent, Sharknado 6 transporte ainsi ses héros d’un portail tumultueux à l’autre, si ce n’est que cette fois-ci ils ne voyagent pas dans l’espace mais dans le temps. Partant de ce principe, de nouveaux délires qui n’avaient pas encore été expérimentés par les scénaristes de la saga, pourtant prompts à imaginer toutes les folies, sont désormais envisageables : des requins-dragons cracheurs de feu, une Excalibur-tronçonneuse qui lance des éclairs, un squale dans la gueule duquel le bras tranché d’un cowboy continue à utiliser son colt, un train du Far-West qui s’envole comme à la fin de Retour vers le futur 3, un poisson vorace qui fait du surf sur une plage des années 60, des requins robots volants venus du futur… La qualité toujours aussi évasive des effets spéciaux numériques qui surchargent l’écran pendant près de 90 minutes ne semble poser aucun problème au réalisateur Anthony C. Ferrante, toujours fidèle au poste depuis le tout premier Sharknado en 2013, ni à ses producteurs et encore moins à la chaîne Sy-Fy, spécialisée depuis longtemps dans la diffusion de « creature features » aux budgets ridicules.

Il était temps !

Le concept des sauts dans le temps successifs dote presque cet ultime Sharknado d’une structure de film à sketches et permet de créer une surprise permanente, ni les spectateurs ni les héros ne sachant où le prochain vortex les transportera, un peu comme dans une série d’épisodes de la série Code Quantum (vers laquelle Fin cligne de l’œil dès le début du film en reprenant la fameuse interjection « Oh boy ! »). Si quelques vedettes invitées (principalement des célébrités sur le retour) continuent de faire « coucou » devant la caméra, le scénario mise surtout sur les « guest-stars historiques », autrement dit des personnages réels réinventés à loisir par un scénario en roue libre, de Merlin l’enchanteur à Benjamin Franklin en passant par George Washington, Billy the Kid, Mohamed Ali et même adolph hitler. Au milieu de tout ce délire, le scénario propose une intéressante séquence de paradoxe temporel située à la fin des années 90, poursuivant cet étrange grand-écart que la franchise cultive depuis le tout début en jouant la carte du décalage entre l’absurdité assumée et une certaine forme de premier degré. Le titre de ce dernier opus est une habile trouvaille, sa double traduction pouvant se lire comme « C’est à propos du temps » mais aussi « Il était temps ». En effet, toutes les bonnes choses ont une fin, y compris les tempêtes de requins.

 

© Gilles Penso

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PARANORMAL ACTIVITY (2007)

Un jeune couple menacé par une entité diabolique décide de se filmer en continu pour identifier l’origine du mal

PARANORMAL ACTIVITY

 

2007 – USA

 

Réalisé par Oren Peli

 

Avec Katie Featherston, Micah Sloat, Mark Fredrichs, Amber Armstrong, Ashley Palmer, Crystal Cartwright, Tim Piper

 

THEMA DIABLE ET DÉMONS I SAGA PARANORMAL ACTIVITY

Tourné en dix jours par un réalisateur débutant dans sa propre maison, avec un budget de moins de quinze mille dollars, Paranormal Activity a rapporté plus de neuf millions de dollars lors de sa première semaine d’exploitation en salle aux États-Unis. Un tel succès éclair ne pouvait laisser indifférent, et le premier long-métrage d’Oren Peli a aussitôt divisé l’opinion. Négation opportuniste de toute mise en scène pour les uns, film le plus terrifiant de la décennie pour les autres, Paranormal Activity a fait couler beaucoup d’encre, d’autant qu’un certain Steven Spielberg aurait été – dit-on – fort impressionné par le métrage avant sa distribution, influant même sur le tournage de son climax. Qu’en est-il au juste ?

Quelques mots du scénario s’imposent. Paranormal Activity raconte la mésaventure d’un jeune couple, Katie et Micah, dont l’appartement devient, la nuit, le théâtre de phénomènes paranormaux de plus en plus inquiétants. Résolu à éclaircir le mystère, Micah s’équipe d’une caméra vidéo qu’il relie à son ordinateur et décide de filmer leur chambre à coucher, épicentre des phénomènes, chaque nuit, afin de visionner le lendemain les images en accéléré. Le reste du temps, il se filme lui-même avec sa compagne, au grand dam de celle-ci qui finit par trouver cette omniprésence vidéo trop envahissante. Lorsque les manifestations surnaturelles s’amplifient, nos tourtereaux convoquent un spécialiste de l’occultisme. Ce dernier, persuadé qu’aucun fantôme ne hante l’appartement, est convaincu en revanche de la présence d’un démon, pourchassant Katie depuis son plus jeune âge, et bien décidé à s’emparer d’elle…

Coup d’arnaque ou coup de génie ?

Le sujet est intrigant, il faut bien le reconnaître, et le jeune réalisateur décide de sacrifier à la mode du tournage vidéo amateur en caméra subjective pour respecter son maigre budget. Le Projet Blair Witch affleure donc forcément à notre mémoire, ainsi que d’autres tentatives plus récentes telles [Rec] ou Cloverfield. Mais Paranormal Activity se distingue de ses aînés par une composante essentielle : la plupart du temps, sa caméra n’est pas en mouvement mais fixe, puisqu’elle filme en plan-séquence le couple endormi. L’astuce consiste alors à accélérer l’image, avec un décompte des heures qui passent, jusqu’à un brusque retour à la vitesse réelle, prélude de chaque événement étrange. Conditionné, le public se prépare alors au pire. Dès lors, les effets les plus basiques (bruit sourd, porte qui bouge seule, ombre qui se déplace, lumière qui s’allume ou s’éteint) ont un impact inouï sur les spectateurs, dont l’imagination est activement sollicitée pour combler les vides. Plus le film avance, plus la thèse du démon semble se confirmer, jusqu’à ce que Micah emprunte un stratagème au Maupassant du « Horla » : couvrir le sol d’une poudre blanche pour voir si des empreintes y apparaissent. Le résultat s’avèrera des plus troublants… Alors, Paranormal Activity est-il une esbroufe pour midinettes en mal d’émotions fortes ou un nouveau chef d’œuvre de l’épouvante cinématographique ? Honnêtement, ni l’un ni l’autre. C’est un film malin dans son concept mais limité dans ses ambitions, qui fonctionne très bien dans l’instant mais ne laissera probablement aucun souvenir impérissable.

 

© Gilles Penso

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SHARKNADO 5 (2017)

Toutes les grandes villes des États-Unis ayant été dévastées dans les épisodes précédents, la tornade Sharknado s’étend désormais sur la planète entière

SHARKNADO : GLOBAL SWARMING

 

2017 – USA

 

Réalisé par Anthony C. Ferrante

 

Avec Ian Ziering, Cassie Scerbo, Tara Reid, Billy Barratt, Yanet Garcia, Porsha Williams, Masiela Lusha, Cody Linley, Dolph Lundgren, Olivia Newton-John

 

THEMA MONSTRES MARINS I CATASTROPHES I SAGA SHARKNADO

La fin de Sharknado 4 annonçait assez clairement la suite possible des événements : après que la quasi-totalité des États-Unis ait été frappée par une infinité de tornades de requins déclinées à toutes les sauces, la Tour Eiffel traversait l’Atlantique pour venir s’écraser devant nos héros médusés. C’est donc le vieux continent qui semble désormais dans le collimateur de la catastrophe, à moins que la menace ne s’étende au monde entier, comme le suggère le sous-titre Global Swarming. Tandis qu’April Shepard (Tara Reid) et son fils cadet Gil (Billy Barratt) sont reçus à Londres par les services secrets du MI6 afin de trouver un moyen de lutter efficacement contre les prochains cataclysmes, son mari Fin (Ian Ziering) retrouve la combattante Nova (Cassie Scerbo) au fin fond d’une grotte de Stonehenge pour découvrir des peintures antiques prouvant que les tornades de requins existent depuis l’aube de l’humanité. En récupérant un artefact sur place, le duo d’aventuriers provoque une réaction en chaîne qui détruit le site. Dans la foulée, une tornade de requins frappe Londres de plein fouet, point de départ d’une nouvelle série de séquences délirantes : une poursuite survoltée en autobus double étage, la folle cavalcade de la grande roue détachée de son axe, April qui s’envole pour tender de redresser Big Ben, Fin qui jaillit dans le palais de Buckingham à cheval sur un requin, ou encore le décollage de nos héros à bord d’un dirigeable nommé Hindenburg XP 3000.

Trimballés aux quatre coins du monde par une série de portails s’ouvrant et se fermant au cœur du cyclone, Fin et April sont à la recherche de leur fils, aspiré par le vortex. Digne d’un généreux guide touristique, l’action de Sharknado 5 se poursuit ainsi en Suisse (où les requins attaquent skieurs et patineurs sur les pistes enneigées), en Australie (où l’opéra de Sidney se transforme en arme sophistiquée anti-squales), en Chine (où un cyclone tourne autour d’un tanker pour aspirer des barils de déchets radioactifs), au Brésil (où la statue géante de Jésus s’envole pour transporter nos héros dans sa gigantesque main), en Italie (où le pape en personne remet à Fin une tronçonneuse sacrée), au Japon (où une gigantesque masse gélatineuse de requins logiquement surnommée « Sharkzilla » sème la panique dans la ville), en Afrique (où la tornade arrache du sol lions et gazelles et hérite donc de l’appellation « Safari-nado ») ou encore en Égypte qui sera le siège d’un climax apocalyptique…

Le grand écart

La grande farandole des références cinématographiques, qui est devenue l’une des signatures de cette saga extravagante, se déploie en tous sens. Pêle-mêle sont ainsi cités Les Aventuriers de l’Arche Perdue, Mission Impossible, la saga James Bond, Terminator, Retour vers le futur, mais aussi (plus surprenant) Le Loup-garou de Londres, The Monty Python Flying Circus ou Halloween 3, preuve que les joyeux drilles à la tête de cette franchise en folie sont aussi des cinéphiles compulsifs. Côté guest stars, il y a encore du beau monde qui se bouscule au portillon, de Nichelle Nicols à Samantha Fox en passant par Olivia Newton John, David Naughton ou encore Dolph Lundgren. Quelque peu insaisissable, le ton du film semble hésiter comme toujours entre la parodie et une certaine forme de premier degré étrange. Ainsi, entre deux scènes délirantes et deux dialogues improbables (« Je sais faire plein de trucs mais je ne suis pas un hélicoptère humain ! »), la comédienne Cassie Scerbo se livre soudain à une scène grandiloquente, la voix tremblante, les larmes aux yeux, comme si elle espérait gagner un Oscar… Diffusé pour la première fois sur SyFy le 6 août 2017, Sharknado 5 est dédié au comédien John Heard, qui jouait dans le premier film de la série et qui décéda quelques semaines plus tôt.

 

© Gilles Penso

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DÉMONS 2 (1986)

Une entité démoniaque surgit d’une télévision et contamine les habitants d’un immeuble ultra-moderne

DEMONI 2

 

1986 – ITALIE

 

Réalisé par Lamberto Bava

 

Avec David Knight, Nancy Brilli, Coralina Catadi-Tassoni, Bobby Rhodes, Asia Argento

 

THEMA DIABLE ET DÉMONS I CINÉMA ET TÉLÉVISION

Démons étant l’un des plus grands succès de Lamberto Bava, une séquelle est concoctée dès l’année suivante. Dans Démons 2, l’action ne se situe plus dans une salle de cinéma mais dans l’appartement d’un immeuble ultra-moderne où la jeune Sally fête ses seize ans en compagnie de plusieurs amis. Chacun des protagonistes du futur drame nous est présenté à la manière d’un film catastrophe : les joyeux fêtards, une femme enceinte et son époux, des enfants, une voisine et son chien, les adeptes d’un club de sport… La menace est déjà palpable à tous les étages, même si elle n’est pour l’instant qu’insidieuse. S’éclipsant dans sa chambre pour regarder la télévision, Sally découvre un film d’horreur dans lequel un groupe de jeunes gens se promène dans une zone interdite laissée à l’abandon. Plus intéressant et visuellement plus original que le mausolée de Démons, ce site sinistre est hérissé de bâtiments désaffectés et jonché de voitures poussiéreuses. Malencontreusement, une des filles du groupe se coupe, et son sang se met à couler sur le cadavre pétrifié d’un démon qui, illico, revient à la vie par l’entremise d’effets spéciaux inventifs et très graphiques.

La résurrection du démon est obtenue en faisant fondre une tête en cire et en passant la séquence à l’envers.  Le visage du monstre se couvre ensuite de veines rouges image par image, tandis que sa peau pétrifiée reprend des couleurs. La suite de la séquence ne démérite pas, puisque le démon surgit alors de l’écran de télévision, qui semble devenu étrangement souple, et agresse Sally. Cette image surréaliste évoque Vidéodrome et Freddy 3, et annonce même avec douze ans d’avance l’un des moments les plus mythiques du Ring de Hideo Nakata. S’il reprend le principe de Démons pour l’adapter au petit écran, Démons 2 bénéficie d’une mise en scène plus nerveuses, d’effets spéciaux mieux soignés, de décors plus riches et de situations plus originales. Une fois n’est pas coutume, cette séquelle ne se contente donc pas de surenchérir mais plutôt d’enrichir le potentiel du film qui la précéda. Attaquée par le démon surgi de son téléviseur, Sally se métamorphose à son tour en créature infernale, toujours sous les bons auspices du maquilleur spécial Sergio Stivaletti. La contamination va progressivement gagner l’ensemble de ses invités, les monstres semant dès lors la terreur à tous les étages. A l’instar d’Alien, le sang des démons est acide et traverse les planchers, d’étage en étage, accélérant la propagation de la contagion et coupant l’électricité dans tout l’immeuble.

Une débutante nommée Asia Argento

Lamberto Bava déborde d’imagination et de folie pour exploiter au maximum son postulat délirant, osant des scènes impensables comme cet enfant démon qui attaque une femme enceinte puis s’écroule, son ventre s’ouvrant alors pour expulser une espèce de Gremlin grimaçant du plus curieux effet ! Nous avons également droit à un chien démon particulièrement impressionnant qui attaque sa maîtresse après une métamorphose particulièrement baveuse. Réservant la part belle aux scènes d’action musclées (l’escalade dans la cage d’ascenseur, les explosions et cascades de voitures dans le parking), Démons 2 se réserve aussi quelques moments d’humour décomplexés, à travers le groupe de bodybuilders qui s’efforce d’organiser une résistance dans le sous-sol du bâtiment, sous la poigne de fer d’un professeur de sport (Bobby Rhodes) qui assure un maigre lien entre les deux films. Plus eighties que jamais (le look des personnages, les décors et les costumes font presque office de pièces de musées !), le film bénéficie comme le précédent d’une bande originale compilant les morceaux de groupes de rock de l’époque, même si le hard rock cède ici volontiers le pas à la new wave, signe des temps. Suivant la trace de sa sœur aînée Fiore sur le premier Démons, on note qu’Asia Argento, alors âgée de neuf ans, fait ici sa première apparition à l’écran, sous la supervision de papa Dario qui, bientôt, fera d’elle son actrice fétiche.

 

© Gilles Penso

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SHARKNADO 4 (2016)

Rien ne va plus : l’Amérique toute entière est menacée par une série de tornades de requins en perpétuelle mutations !

SHARKNADO : THE 4th AWAKENS

 

2016 – USA

 

Réalisé par Anthony C. Ferrante

 

Avec Ian Ziering, Tara Reid, Masiela Lusha, Cody Linley, Ryan Newman, Imani Hakim, David Hasselhoff, Tommy Davidson, Cheryl Tiegs

 

THEMA MONSTRES MARINS I CATASTROPHES I SAGA SHARKNADO

Sharknado 3 s’achevait sur un cliffhanger excessif. Après que l’humanité ait encore été sauvée, le personnage d’April Shepard (Tara Reid) était écrasé par un débris de navette spatiale tombé du ciel. Qu’allait-il se passer ensuite ? Très consciente du rôle majeur joué par les réseaux sociaux dans la promotion et le succès de la franchise Sharknado, l’équipe de la compagnie de production The Asylum inscrivit donc sur son générique de fin la mention #aprillives et #aprildies, incitant les spectateurs à faire leur choix en votant sur Twitter pour la survie ou la mort de l’héroïne. Quel est le verdict ? Nous vous le donnons en mille, la belle a survécu et revient sous forme d’une femme bio-ionique à côté de laquelle Super Jaimie fait bien pâle figure. Désormais, son bras est équipé d’une lame, d’une tronçonneuse et d’un sabre laser. Dotée d’une force surhumaine, elle vole et lance des rayons destructeurs comme Iron Man ! On le voit, la barrière du « n’importe quoi » ayant été franchie depuis longtemps, plus rien n’arrête le scénariste Thunder Levin. Si le titre et le générique de ce quatrième opus se réfèrent directement à Star Wars épisode IV : le Réveil de la Force, la trame ne se déroule plus dans l’espace (comme à la fin de l’épisode précédent) mais redescend sur Terre.

Le scénario nous apprend que ces cinq dernières années furent paisibles, grâce aux modules spatiaux Astro X disposés en orbite autour de notre planète pour prévenir toute nouvelle « tornade de requins ». Mais alors qu’il se rend à Las Vegas pour y retrouver son fils aîné et sa jeune épouse, Fin Shepard (Ian Ziering) assiste au déclenchement d’une gigantesque tempête de sable. Et au cœur de ce phénomène météorologique inattendu, des centaines de squales jaillissent bien sûr en tous sens pour croquer tout ce qui passe à leur portée. Les casinos, les hôtels, les manèges, tout y passe, prétexte à une nouvelle succession de séquences insensées : une voiture surfe sur la tornade, le panneau « Welcome to Las Vegas » est pris dans un tsunami, les héros empruntent le bateau pirate de l’hôtel « Treasure Island » pour voguer sur le strip inondé (tandis que la musique imite brièvement celle de Pirates des Caraïbes), bref tous les excès sont rois… Et nous n’en sommes encore qu’au pré-générique ! Dans cet épisode, la nouveauté réside dans la capacité de mutation des tornades, qui n’ont plus besoin d’eau pour se déployer. Après le « sable-nado », nous avons donc droit à la « roche-nado », le « pétrole-nado », l’« éclair-nado », le « magma-nado », la « grêle-nado »… Les requins volants eux-mêmes se transforment selon la nature de la tornade qui les transporte, certains voyant leur flanc incrusté de rochers, d’autres étant carrément incandescents. Les choses prennent une tournure encore plus inquiétante lorsque l’une de ces tornades frappe une centrale nucléaire et se transforme donc en… « nucléo-nado » !

La tornade nucléaire

Visiblement enchanté par son expérience sur le film précédent, David Hasselhoff (qui n’est plus à une autoparodie près) revient jouer le colonel Shepard, tandis que Gary Busey hérite du rôle du père d’April. Outre Star Wars et Pirates des Caraïbes, les clins d’œil appuyés s’enchaînent avec régularité, de Massacre à la tronçonneuse (le vendeur de tronçonneuse prénommé Gunnar et interprété par le Leatherface de Texas Chainsaw 3D) au Magicien d’Oz (la route de briques jaunes et la maison qui tombe sur la sorcière) en passant par Terminator (« I’ll be back », « Viens avec moi si tu veux vivre »), Christine (la Plymouth Fury qu’empruntent nos héros), Alerte à Malibu (Gena Lee Nolin et Alexandra Paul qui courent au ralenti), Excalibur (la tronçonneuse retirée du rocher) et même la couverture d’Action Comics qui marquait les débuts de Superman (April qui soulève une voiture des années 40). Le combat final, quant à lui, voit Fin endosser une combinaison volante en forme d’exo-squelette qui semble tout droit sortie d’Aliens. Toutes ces références seraient réjouissantes si elles ne s’alignaient pas avec autant d’artificialité, au fil d’un festival d’autodérision sans doute trop calculé pour convaincre totalement. La dernière image du film annonce déjà le cinquième opus, la tradition voulant qu’un nouveau Sharknado sorte systématiquement tous les ans.

 

© Gilles Penso

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THE VOICES (2014)

Ryan Reynolds entend les voix de ses animaux familiers et finit par basculer dans le meurtre en série

THE VOICES

 

2014 – USA / ALLEMAGNE

 

Réalisé par Marjane Satrapi

 

Avec Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick, Jacki Weaver, Ella Smith, Stanley Townsend, Paul Chahidi, Adi Shankar, Sam Spruell, Valerie Koch

 

THEMA TUEURS

Spécialisé jusqu’alors dans l’écriture d’épisodes de séries TV (The Practice, Millenium, American Gothic, New York Police Blues), Michael R. Perry séduit tout Hollywood lorsqu’il fait circuler son scénario de The Voices. Le concept résolument original de cette comédie légère basculant dans l’horreur attire de nombreux producteurs, mais le film peine à se concrétiser. En 2009, le réalisateur Mark Romanek (Photo Obsession) est en bonne position pour le mettre en scène, avec en tête d’affiche rien moins que Ben Stiller. Mais le budget grimpe de manière alarmante et finit par étouffer le projet dans l’œuf. Finalement, c’est Marjane Satrapi qui hérite du bébé. Cette artiste franco-iranienne, qui a signé plusieurs bandes dessinées à succès dans les années 2000, a créé l’événement en adaptant à l’écran sa BD Persepolis. Cette chronique autobiographique est à mille lieues de l’univers insolite de The Voices. La cinéaste s’empare pourtant du scénario de Perry sans aucune entrave, s’attaquant pour la première fois à un long-métrage en prises de vues réelles, et donne le premier rôle à Ryan Reynolds.

La future star de Deadpool incarne Jerry Hickfang, un homme simple et enthousiaste qui travaille dans une usine de baignoires et mène une vie tranquille. Au cours d’une petite fête de bureau organisée pour souder les équipes, Jerry tombe amoureux d’une de ses collègues, Fiona (Gemma Arterton) pour qui ce sentiment n’est manifestement pas réciproque. Il essaie malgré tout de la courtiser maladroitement, mais leur premier rendez-vous va virer au drame. Il faut dire que Jerry n’est pas un homme ordinaire. Sous la patine de son affabilité à la lisière de l’euphorie se cachent les fêlures d’un être profondément traumatisé par un drame d’enfance. Souffrant d’une psychose aigue à tendance schizophrénique, il entend son chat et son chien lui parler et se laisse influencer par leurs conseils. Mais si le brave toutou témoigne d’une bonhomie inoffensive, la personnalité du félin est beaucoup moins délicate. Misanthrope, acariâtre, irascible, le chat va pousser Jerry au crime et le transformer malgré lui en serial killer…

La farandole des émotions contraires

The Voices est un film assez insaisissable, qui alterne les scènes de comédie décalée, les passages horrifiques, les séquences d’humour noir et des moments empreints d’une profonde tristesse. Or la sensibilité toute personnelle de Marjane Satrapi permet de faire alterner toutes ces émotions contraires sans que le film perde sa cohérence, presque miraculeusement. Tout le talent de la cinéaste aura été de faire entrer la tonalité du film en phase avec la personnalité de son protagoniste, sans cesse en proie à des sentiments contradictoires. C’est parce qu’il refuse le traitement médicamenteux ordonné par la justice et les psychiatres que Jerry flotte dans une sorte de réalité alternative. A travers ses yeux, le désordre devient harmonieux, la saleté n’existe pas, la symétrie s’impose et les pires horreurs s’estompent. Pourtant, quelque part au fond de lui, notre homme sait que tout n’est qu’illusion et que les voix qu’il entend sont les différentes facettes de sa propre personnalité. A ce titre, la séquence au cours de laquelle il découvre la véritable apparence de son appartement, après avoir absorbé les médicaments prescrits par son médecin, fait froid dans le dos. Sans ostentation ni effet démonstratif trop flagrant, Marjane Satrapi nous laisse entrevoir la faille vertigineuse qui marque la séparation entre a réalité et le fantasme. Tirant parti du jeu tout en finesse d’un Ryan Reynolds par encore porté sur l’auto-caricature, The Voices a divisé l’opinion lors de sa sortie. Comment pourrait-il en être autrement pour une œuvre aussi insolite ?

 

© Gilles Penso



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SHARKNADO 3 (2015)

Après Los Angeles et New York, une tempête de requins volants menace toute la côte est des États-Unis !

SHARKNADO 3 : OH HELL NO !

 

2015 – USA

 

Réalisé par Anthony C. Ferrante

 

Avec Ian Ziering, Tara Reid, Cassandra Scerbo, Frankie Muniz, Ryan Newman, David Hasselhoff, Bo Derek, Mark Cuban, Bruno Salomone

 

THEMA MONSTRES MARINS I CATASTROPHES I SAGA SHARKNADO

« Oh Hell No ! » est le sous-titre de ce troisième Sharknado, autrement dit « Oh bon sang, non ! », un cri que n’importe quel spectateur normalement constitué est en droit de pousser chaque fois qu’un nouvel opus de cette franchise saugrenue est annoncé avec son lot croissant d’absurdités. C’est dire si l’équipe de la compagnie de production Asylum est consciente de la joyeuse inconséquence de cette saga, presque née d’une blague (un jeu de mot sur la fusion des mots « requin » et « tornade ») et quasiment muée en mini-phénomène de société. Au point que les guest-stars finissent par se bousculer pour y faire leur petite apparition, à la manière d’ados turbulents qui glousseraient à l’idée de participer à une blague potache. Donald Trump lui-même aurait sérieusement envisagé d’apparaître dans le rôle du président des USA, avant que le lancement de sa campagne présidentielle réelle ne l’en empêche ! D’autres ont allègrement franchi le pas, comme David Hasselhoff dans le rôle du père de Fin Shepard (l’indéboulonnable Ian Ziering), Bo Derek dans celui de la mère d’April (toujours Tara Reid) ou encore Lou Ferrigno – ex Incroyable Hulk – sous le costume d’un garde du corps nommé Banner qui conseille à son entourage de ne pas le mettre en colère !

L’introduction de Sharknado 3 donne le ton, s’adonnant à une double parodie de James Bond et Mission Impossible. Après la reprise du gunbarrel (où une mâchoire de requin remplace le canon de l’arme à feu et où la silhouette de notre héros dégaine une tronçonneuse), Fin Shepard court comme un dératé en plein Washington. Il a rendez-vous avec le président des USA, qui lui remet une distinction honorifique, et avec le maire de New York, qui le fait membre de l’ordre de la tronçonneuse d’or. Or il y a un avis de tempête sur Washington, et les requins volants s’abattent bientôt sur la Maison Blanche. Tous les monuments de la ville cèdent sous la catastrophe, comme dans le climax des Soucoupes volantes attaquent. Entre deux images outrageusement iconiques (un requin qui atterrit sur les genoux de la statue de Lincoln, les héros qui empalent un squale avec un drapeau américain en pastichant la célèbre photo de guerre prise en 1945 à Iwo Jima), Fin sauve le président. Mais entre-temps, la tempête se déplace et menace toute la côte est des États-Unis…

Shark Wars

Les clins d’œil répétés aux Dents de la mer s’alignent à travers le nom des personnages secondaires empruntés soit aux équipes techniques du classique de Spielberg (Benchley, Gottlieb, Alves), soit à ses personnages (Martin Brody) soit carrément au requin animatronique (Bruce), tandis que les héros sont rejoints par un duo de chasseurs de squales évoluant dans un camping-car customisé façon Mad Max 2. Follement ambitieux, et doté d’effets visuels un peu plus soignés qu’à l’accoutumée, le film multiplie les séquences de destruction épiques, notamment une pluie de requins affamés sur une base militaire, au milieu d’une course automobile, en plein parc d’attractions Universal ou dans un centre spatial de la NASA. La multiplication des décors et des actions n’empêche pas une certaine routine (les gens crient, des requins en image de synthèse surgissent et tout finit dans un bain de sang numérique). Conscients de ce handicap, le scénariste Thunder Levin et le réalisateur Anthony C. Ferrante s’appliquent à accumuler les séquences les plus improbables, comme s’ils cherchaient à s’inscrire dans le livre Guiness des records de l’absurdité. D’où cette fuite à l’intérieur de la sphère Universal lancée à toute allure dans les allées du parc, ce climax à bord d’une navette spatiale pilotée par David Hasselhoff, ce combat contre les squales avec une tronçonneuse laser ou cette scène d’accouchement invraisemblable. A peine Sharknado 3 était-il diffusé qu’un quatrième épisode était bien sûr officiellement annoncé.

 

© Gilles Penso

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EVIL ANGEL (2009)

Le mythe de la démoniaque Lilith ressurgit dans le Chicago des années 2000…

EVIL ANGEL

 

2009 – USA

 

Réalisé par Richard Dutcher

 

Avec Ving Rhames, Ava Gaudet, Kristopher Shepard, Richard Dutcher, Marie Westbrook, Jontille Gerard, Bart Johnson, J.J. Neward

 

THEMA DIABLE ET DÉMONS

Dans le Talmud, Lilith aurait été la première femme d’Adam, avant même qu’Ève ne soit créée. Souvent décrite comme un démon féminin séducteur et redoutable, elle se prête à toutes les interprétations, de la plus misogyne (elle représente la tentatrice qui sommeillerait chez toutes les femmes) à la plus féministe (contrairement à Ève elle est née en même temps qu’Adam, et peut donc être considérée comme son égale). Déclinée dans de nombreuses mythologies, Lilith est surtout présentée comme un succube, un monstre démoniaque qui cache sa malice sous des atours attrayants, comme cette belle rousse que John Collier peignit en 1892, sur la peau blanche et nue de laquelle s’enroulent les longs anneaux d’un serpent (autre symbole biblique de la tentation). Producteur, scénariste, réalisateur, monteur et acteur, l’homme à tout faire Richard Dutcher décide au début des années 2000 de s’appuyer sur ce personnage fascinant pour écrire et mettre en scène un long-métrage à mi-chemin entre l’enquête policière et le film d’horreur. Financé avec des capitaux privés (dont certains étaient visiblement destinés au départ à des biens immobiliers, ce qui entraîna par la suite des poursuites juridiques), Evil Angel est tourné à l’économie dans l’Utah, principalement à Salt Lake City.

Dans un premier temps, le film présente une série d’événements étranges qui sont a priori sans lien les uns avec les autres : un homme paniqué, qui voit toutes les femmes autour de lui arborer un visage démoniaque, se précipite du haut d’un immeuble sous les yeux médusés des passants ; un ambulancier (Kristopher Shepard) tombe sur une jeune victime poignardée qu’il croit connaître sans savoir d’où et tente en vain de la ranimer ; un détective (Ving Rhames) enquête sur la mort d’une prostituée survenue dans des circonstances mystérieuses ; la patiente d’un hôpital (J.J. Neward) sort soudain de son coma, tue deux personnes et prend la fuite… Les pièces du puzzle mettent du temps à s’assembler, et finissent par graviter autour du redoutable personnage de Lilith, entité maléfique qui possède la capacité de voyager de corps en corps pour posséder des jeunes femmes innocentes et les transformer en monstres assoiffés de mort et de vengeance…

Un film oublié…

A vrai dire, Evil Angel est moins racoleur qu’il n’y paraît. Certes, le sang y gicle abondamment lors de mises à morts particulièrement brutales et la nudité s’invite à l’occasion d’une poignée de séquences de déshabillage. Mais le sang et le sexe sont intrinsèquement liés au sujet de la succube diabolique et ne imposent pas de manière excessivement démonstrative, le scénario de Richard Dutcher s’intéressant surtout aux tourments moraux et mentaux de ses personnages. La mise en forme du film s’avère très soignée : une très belle photo soignée Bill Butler  (Les Dents de la mer, Vol au-dessus d’un nid de coucou, Rocky II), une bande originale envoûtante de John Frizell à mi-chemin entre les violons de Bernard Herrmann et les chœurs religieux de Jerry Goldsmith, des acteurs convaincants et une intrigue qui mène ses spectateurs dans le bout du nez, avec en prime quelques séquences extrêmement tendues (l’agression de la jeune prostituée incarnée par Jontille Gerard ou un final riche en rebondissements). Bref Evil Angel ne manque pas de qualités. Mais il passa inaperçu, malgré quelques prix raflés dans les festivals où il fut présenté, et n’eut jamais droit à une sortie en salles digne de ce nom. Il méritait pourtant mieux que l’oubli dans lequel il tomba presque totalement.

 

© Gilles Penso

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SHARKNADO 2 (2014)

Dans ce second épisode aussi absurde que le précédent, des tornades emplies de requins s’abattent sur New York

SHARKNADO 2 : THE SECOND ONE

 

2014 – USA

 

Réalisé par Anthony C. Ferrante

 

Avec Ian Ziering, Tara Reid, Vivica A. Fox, Mark McGrath, Kari Wuhrer, Courtney Baxter, Dante Palminteri, Judd Hirsch, Kurt Angle

 

THEMA MONSTRES MARINS I CATASTROPHES I SAGA SHARKNADO

L’aileron du vol 209 émerge d’une mer de nuages comme celui d’un requin. Aux commandes de ce Boeing 747, un pilote incarné par Robert Hayes demande à l’hôtesse si elle a eu du poulet ou du poisson pour le déjeuner. Non, nous ne sommes pas dans Y’a-t-il un pilote dans l’avion ? mais dans Sharknado 2, qui tient à rendre hommage à la célèbre parodie de Zucker, Abrahams et Zucker pendant son prologue. S’il n’arrive pas à la cheville du chef d’œuvre aérien des ZAZ, l’humour de cette séquelle du plus absurde des films de requins tente de capitaliser sur un principe voisin : des situations plus ridicules les unes que les autres désamorcées par le sérieux imperturbable des protagonistes. C’est dans le prolongement logique du succès inespéré du premier Sharknado que le réalisateur Anthony C. Ferrante reprend du service pour un second volet amené lui-même à générer de nombreuses suites. Et c’est donc dans un avion en perdition que commence l’action, transportant à New York un Fin Shepard stressé (Ian Ziering) et son épouse April (Tara Reid). Lorsque Fin croit voir à travers le hublot un requin posé sur l’aile de l’appareil, il panique et donne l’alerte à tous les passagers, exactement comme William Shatner dans l’épisode « Cauchemar à 20 000 pieds » de La Quatrième dimension. Personne ne le croit, jusqu’à ce qu’une pluie de squales apparaisse bientôt au milieu des turbulences, poussant Shepard à prononcer une phrase sans appel : « Ça recommence ! »

Alors qu’une nuée de requins entrent dans l’avion pour dévorer à belles dents le personnel et les passagers, April se faisant même croquer la main gauche, Fin parvient à faire atterrir le 747 en catastrophe. A présent, une tempête d’une ampleur jamais vue s’apprête à s’abattre sur New York. Et bien sûr, elle transporte avec elle une multitude de poissons carnivores à l’appétit insatiable. Le scénario survenu à Los Angeles s’apprête donc à se répéter dans la Grande Pomme, poussant le scénariste Thunder Levin (déjà auteur du premier Sharknado mais aussi de films aux titres aussi impensables que Mutant Vampire Zombies from the Hood, Apocalypse Earth ou Atlantic Rim : World’s End) à imaginer toute une nouvelle série de situations absurdes et spectaculaires. Les requins attaquent ainsi un stade, un ferry-boat, le métro et bientôt la ville toute entière, tandis que des bulletins météo scandent régulièrement le film pour expliquer la progression alarmantes dans la cité de ces « tornades avec des dents ».

Massacres à la tronçonneuse

Plus le film avance, plus la barre du délire est placée haut : les ouvriers attaqués par un alligator dans un souterrain, la tête décapitée de la statue de la liberté qui écrase un passant puis roule à toute allure en direction d’un camion poubelle, les rues de New York totalement inondées, la course de Fin qui saute sur les requins pour s’échapper (une idée empruntée à Vivre et laisser mourir), les poissons mangeurs d’homme coupés en deux à coups d’épée médiévale… Sans oublier l’image « signature » de la franchise : Fin qui pourfend du squale au ralenti à coup de tronçonneuse. Les effets spéciaux font ce qu’ils peuvent pour visualiser les énormités prévues dans le scénario, sans résultats très probants hélas. Les images de synthèse sont souvent hideuses, les incrustations s’avèrent ratées pour la plupart, et il faut beaucoup de bonne volonté aux spectateurs pour croire à ce qu’ils voient. Féru de références, Sharknado 2 rend hommage à la saga Evil Dead en fin de métrage, April installant une scie circulaire à la place de sa main tranchée pour découper les monstres, tandis que Fin qui s’envole dans un vortex en brandissant sa tronçonneuse. Moins inventif que le film précédent, ce second opus ne bénéficie pas du même effet de surprise, mais le « culte » Sharknado est lancé et rien ne semble désormais pouvoir l’arrêter.

 

© Gilles Penso

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