LE MAGICIEN D’OZ (1939)

Le conte de fées ultime, un émerveillement de tous les instants dont la gestation ne fut pourtant pas une partie de plaisir

THE WIZARD OF OZ

1939 – USA

Réalisé par Victor Fleming

Avec Judy Garland, Ray Bolger, Bert Lahr, Margaret Hamilton, Jack Haley, Frank Morgan, Billie Burke, Charley Grapewin

THEMA CONTES

Aujourd’hui, Le Magicien d’Oz est considéré comme l’archétype du succès hollywoodien, le conte de fées familial ultime. Pourtant, l’élaboration du film fut semée d’embûches et son triomphe n’était pas vraiment acquis. Le premier roman du cycle d’Oz, écrit en 1900 par L. Frank Baum, avait tôt fait l’objet d’adaptations théâtrales et cinématographiques. Mais un grand long-métrage en couleurs restait encore à consacrer à cet univers féerique, et c’est le parolier Arthur Freed qui en eut l’initiative. Persuadé que l’œuvre de Baum et la jeune comédienne Judy Garland feraient bon ménage, il convainquit le studio MGM de se lancer dans l’aventure. La major au logo rugissant cherchait justement à surfer sur le succès du Blanche Neige et les sept nains de Disney sans pour autant se soumettre aux complications d’un film d’animation. Tout semblait bien parti, mais un gigantesque jeu de chaises musicales s’amorça bientôt, menaçant la bonne fin du projet. Une dizaine de scénaristes se succéda dans la confusion la plus totale pour s’efforcer d’établir un script cohérent, tandis que les réalisateurs se passèrent le relais à la vitesse grand V : Norman Taurog, Richard Thorpe, George Cukor et enfin Victor Fleming.

En termes d’unité artistique, on a connu meilleures conditions, sans compter le remplacement précipité de l’acteur Buddy Ebsen par Jack Haley pour cause d’allergie grave aux produits de maquillage. Judy Garland elle-même, malgré son joli minois, ne semblait pas être le choix le plus logique pour incarner Dorothy. Déguiser une adolescente de seize ans en fillette et comprimer sa poitrine derrière un tablier d’écolière pour dissimuler ses formes aurait pu friser le ridicule. Or, allez savoir pourquoi, la magie opère. Le Magicien d’Oz est un véritable miracle, un émerveillement de tous les instants dont la somptueuse direction artistique ne laisse jamais imaginer le chaos qui présida à son élaboration. Les yeux écarquillés et le cœur léger, nous suivons les pérégrinations de Dorothy, tyrannisée par l’affreuse Miss Gulch, puis emportée avec son chien Toto par une tornade au-delà de l’arc-en-ciel, dans le pays d’Oz où règne un magicien tout-puissant.

« Mais c'est toi, l'épouvantail, qui me manquera le plus… »

Les effets spéciaux d’Arnold Gillespie saturent l’écran de visions inoubliables (la tornade titanesque, la cité d’Emeraude, l’envol des singes volants) et doivent souvent leur efficacité à la simplicité de leur mise en œuvre (comme ce plan-séquence génial qui nous fait basculer du noir et blanc vers la couleur). A ces trouvailles s’ajoutent les superbes maquillages spéciaux de Jack Dawn, qui révolutionne la technique des prothèses en donnant corps aux fameux compagnons de Dorothy (l’épouvantail, l’homme en fer blanc, le lion peureux) ainsi qu’aux 136 comédiens incarnant les Munchkins. Les célèbres dessins de John R. Neil s’animent ainsi dans un flamboyant Technicolor. Hasard des calendriers, Le Magicien d’Oz sortit le 25 août 1939, soit quelques jours avant le déclenchement de la deuxième guerre mondiale. Noyé dans la tourmente, il n’accéda à son statut de classique que plus tard. Et désormais, il fait rêver les spectateurs du monde entier qui n’en finissent plus de le redécouvrir avec la naïveté qui sied aux fontaines de jouvence.

© Gilles Penso

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THE LORDS OF SALEM (2012)

Rob Zombie prend son public à revers en s'intéressant au fameux procès des sorcières de Salem dans une atmosphère lourde et oppressante

THE LORDS OF SALEM

2012 – USA

Réalisé par Rob Zombie

Avec Sheri Moon Zombie, Bruce Davison, Jeff Daniel Philips, Judy Geeson, Meg Foster, Patricia Quinn, Ken Foree, Dee Wallace

THEMA SORCELLERIE ET MAGIE

Le cas Zombie est des plus originaux. Musicien de métal fan de film de genre, propulsé nouveau pape des réalisateurs horrifiques grâce à son premier effort à la frénésie bariolée, La maison des 1000 morts, et surtout par la bombe The Devil’s Rejects, qui lorgnait déjà plus vers le western à la Peckinpah et le naturalisme cru des 70’s, l’ami Rob a rapidement déchanté. Phagocyté par Universal d’abord puis par les frères Weinstein sur ses deux réactualisations d’Halloween, le mercenaire chevelu décide de revenir à un budget moindre, abandonnant ses projets en cours, un remake du Blob et le film de boxe Tyrannosaurus Rex. S’inspirant du fameux procès des sorcières de Salem du XVIIe siècle, The Lords of Salem prend son public potentiel à contrepied. Exit les débordements gore et choquants, le montage cut et le rythme soutenu : à l’image des deux superbes morceaux du Velvet Underground de sa B.O., le film fait le choix culotté du lancinant, de l’ambiant, de l’oblique. Pour le meilleur et pour le pire.

Rien n’est vraiment attendu. Les influences affichées ne sont pas dans l’air du temps, Zombie citant allègrement le Ken Russell du Repaire du Ver Blanc, le John Carpenter de Fog et Prince des ténèbres, le Polanski de Rosemary’s Baby et du Locataire, la Hammer des Vierges de Satan… Le ton est grave, une forme d’inéluctabilité et de désespoir enveloppant doucement le métrage, montant crescendo jusqu’à un final halluciné et élégiaque. La surprise majeure vient du soin apporté aux scènes intimistes (qu’on pouvait entrevoir dans The Devil’s Rejects), le récit s’attardant avec sensibilité sur le couple avorté formé par l’héroïne et son collègue timide et protecteur. Le fan de frissons lambdas en sera pour ses frais : pas de jump scares faisandés, uniquement des visions furtives et des cauchemars psychédéliques à l’ancienne, portés par le score hypnotique de John 5 (ex Marilyn Manson et actuel guitariste de Rob), sachant se faire tour à tour mélancolique et inquiétant, épaulé par Mozart et Bach.

Une série B old school

Mais alors, où le bât blesse-t-il ? Premièrement au niveau scénaristique. Très étrangement, Zombie ne cherche jamais à transcender un postulat de départ rebattu, visiblement plus axé sur l’atmosphère, le sensitif et le visuel. Le récit se perd en intrigues secondaires (le personnage de Bruce Davison, malgré le charisme de l’acteur, paraît placé là artificiellement pour faire avancer l’intrigue), marquant le pas, manquant cruellement d’enjeux et ne trouvant pas d’aboutissement. Le film ne décolle donc jamais vraiment de son statut de série B old school, malgré ses élans lyriques. Ensuite, face aux séquences contemporaines très réussies, les inserts du passé de Salem font pâle figure, flirtant parfois avec le ridicule (un manque de moyens ?). Enfin, on se demande parfois si la pourtant douée Sheri Moon (que son mari, malgré tous ses efforts, ne parvient pas à enlaidir) est taillée pour tenir un rôle principal, quelque peu éclipsée par un très juste et touchant Jeff Daniel Phillips et une terrifiante Meg Foster (dont personne n’a pu oublier le regard perçant depuis Invasion Los Angeles). Rob Zombie pèche donc, au choix, par laxisme ou trop-plein d’ambition. Difficile cette fois de cerner ses véritables intentions, écartelé entre sa position de Messie du bis et d’auteur maudit, risquant de se perdre et de perdre son troupeau avec lui. Il reste que les sorties de route du bonhomme sont mille fois plus passionnantes que celles des autres.

 

© Julien Cassarino

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LES HORIZONS PERDUS (1937)

Frank Capra nous invite à un voyage initiatique et exotique dans une cité perdue qui semble avoir percé le secret de l'immortalité

THE LOST HORIZON

1937 – USA

Réalisé par Frank Capra

Avec Ronald Colman, Jane Wyatt, Edward Everett Horton, John Howard, Thomas Mitchell, Margo, Isabel Jewell, Sam Jaffe 

THEMA EXOTISME FANTASTIQUE

Quels que soient les genres cinématographiques abordés, Frank Capra s’est toujours servi des films comme véhicules de ses prises de position humanistes et utopiques. Avec Les Horizons Perdus, il s’attaquait à l’adaptation d’un roman de James Hilton, délaissant les comédies douces-amères auxquelles il était généralement associé pour se plonger dans une aventure exotique et mystérieuse fortement teintée de fantastique. Alter-ego glamour du cinéaste, Robert Conway (Edward Everett Horton) est un officier britannique chargé de faire évacuer de la ville de Baskul quatre-vingt-dix ressortissants occidentaux. C’est au cœur d’une Chine secouée par la révolution que s’ouvre donc le film, en un prologue frénétique situé en mars 1935, empli de cris et de fureur et scandé par une partition tonitruante de Dimitri Tiomkin. Le dernier avion fuyant la foule paniquée et les incendies à répétition embarque Conway et quatre passagers : Lovett, un paléontologue tout fier d’avoir découvert une vertèbre de mégathérium, Gloria Stone, une jeune femme aigrie et condamnée par la médecine, Charmers Bryant, un industriel ruiné, et George, le frère impulsif et fougueux de Conway. Bientôt, nos cinq passagers découvrent qu’un mystérieux Chinois a pris les commandes de l’avion.

A l’issue d’un voyage interminable et fort oppressant au-dessus du désert et des montagnes, l’avion finit par s’écraser dans la neige. Tous s’en sortent à l’exception du pilote clandestin. Le mystère reste donc entier. Et lorsque des autochtones secourent nos naufragés pour leur proposer le refuge de leur lamaserie, chacun finit par se demander si tout ceci n’était pas prévu d’avance. Au sein du vénérable palais de Shangri-La érigé à 3000 pieds au-dessus de la vallée, Conway et ses compagnons découvrent une véritable oasis à l’abri de l’hiver et des tempêtes grâce aux montagnes qui le protègent. Ayant rejeté tout modernisme et tous modes de communications, le lieu est entouré de mystère. Les gens y vivent à l’abri du crime, de l’avarice et de la jalousie, car le manque est une notion qui leur est étrangère. L’argent non plus n’a pas droit de cité, le troc étant en vigueur et la vallée regorgeant d’or.

Atemporel et pacifiste

On retrouve là les élans idéalistes du réalisateur de la Vie est Belle, décrivant un monde heureux, loin d’une civilisation frénétique vouée à l’autodestruction où l’on se « tue au travail » et où l’on « meurt de chagrin ». La camarde semble d’ailleurs ne jamais pénétrer l’enceinte de Shangri-La, comme si ses habitants avaient percé le secret de l’immortalité. C’est en tout cas ce que laisse imaginer à nos héros le grand lama, un ancien prêtre belge nommé Perrault qui aurait fondé cette communauté en 1713… Séduit par la philosophie locale et amoureux de la belle et mystérieuse Sondra, Conway est tenté de finir ses jours dans ce monde féerique. Mais y aurait-il vraiment sa place ? N’a-t-il pas un rôle à jouer dans son propre monde ? C’est sur ce dilemme que s’articule la dernière partie des Horizons Perdus, un film décidément atemporel dont le message pacifiste est d’autant plus fort qu’il sortit sur les écrans deux ans avant la seconde guerre mondiale.

 

© Gilles Penso

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NE TE RETOURNE PAS (2009)

Un film troublant au concept fou dans lequel Sophie Marceau se transforme progressivement en Monica Bellucci

NE TE RETOURNE PAS

2009 – FRANCE

Réalisé par Marina de Van

Avec Sophie Marceau, Monica Bellucci, Thierry Neuvic, Andrea di Stefano, Brigitte Catillon, Vittoria Meneganti, Thaïs Fischer 

THEMA DOUBLES

Quelque part entre Roman Polanski et David Lynch, mais avec une sensibilité toute personnelle, Marina de Van raconte à travers Ne te retourne pas le récit torturé d’une détresse féminine virant au cauchemar. Sept ans après son premier long-métrage Dans ma peau, l’actrice/réalisatrice récidive autour de la thématique de la perte d’identité et de la fuite de repères qui marquent la fragile frontière entre raison et folie. La présence en tête d’affiche de Sophie Marceau et Monica Bellucci a fait frémir tous les tabloïds durant le 62ème festival de Cannes où le film fut présenté en compétition officielle. Mais Ne te retourne pas n’a rien de glamour, pas plus qu’il ne capitalise sur la popularité ou la beauté iconique de ses deux stars. Le film est dérangeant, difficile d’approche et profondément singulier. L’ex-James Bond girl du Monde ne suffit pas incarne Jeanne, une mère de famille épanouie qui travaille comme biographe et décide un beau jour de se lancer dans un roman autobiographique. Son premier jet n’est pas du goût de son éditeur, qui n’y trouve aucun intérêt littéraire. Or, chez Jeanne, l’initiative de ce livre a des répercussions plus complexes, comme si elle remuait des souvenirs enfouis depuis longtemps dans son inconscient. Une série de détails insolites parsèment dès lors son quotidien : l’aménagement de son appartement semble se modifier peu à peu, sa propre apparence s’altère progressivement, tout comme celle de son époux (Andrea di Stefano) et de ses deux enfants…

Épaulée par les incroyables effets visuels de l’équipe de Mikros Image, la réalisatrice met dès lors en image l’impensable : la métamorphose insidieuse d’une comédienne en une autre, en l’occurrence de Sophie Marceau en Monica Bellucci. La performance technique est indéniable (fruit de dix mois de travail au sein d’une équipe d’infographistes fébriles), même si le résultat visuel de certaines étapes intermédiaires laisse perplexe (un œil plus gros que l’autre, un visage bizarrement asymétrique), mais c’est surtout la difformité passagère des étapes transitoires qui surprend le plus. Et c’est là que Marina de Van fait preuve de génie, détournant l’image populaire de ses comédiennes pour relativiser la notion même de beauté. Car en juxtaposant l’harmonie de ces deux visages gracieux, elle frôle la monstruosité, prouvant bien à quel point le « beau » est subjectif et surtout le résultat de mille nuances. L’une des références picturales de Marina de Van semble d’ailleurs avoir été l’œuvre disloquée et paroxystique du peintre Francis Bacon.

Une femme peut en cacher une autre

La Française Sophie devient donc l’Italienne Monica, et le seul moyen pour l’héroïne de ne pas s’abandonner définitivement à la démence est d’aller trouver la clef du mystère, quelque part au fin fond d’un village italien. Car il y a une explication, une raison rationnelle qui rend plausible cet argument purement fantastique et permet en fin de compte de réinterpréter tous les événements du film avec une nouvelle grille de lecture. Bref, voilà un essai passionnant, certes non exempt de pertes de rythme et parfois embarrassé des inévitables minauderies de Sophie Marceau, mais qui se paie le luxe de l’originalité folle tout en s’en offrant les moyens techniques.

 

© Gilles Penso

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LES POUPÉES DU DIABLE (1936)

Un bagnard évadé utilise des êtres humains miniaturisés pour commettre des forfaits et assouvir sa soif de vengeance

THE DEVIL-DOLL

1936 – USA

Réalisé par Tod Browning

Avec Lionel Barrymore, Maureen O’Sullivan, Frank Lawton, Rafaela Ottiano, Robert Greig, Lucy Beaumont, Henry B. Walthall 

THEMA NAINS ET GEANTS

Pour son avant-dernier long-métrage, le génial réalisateur de DraculaFreaks et La Marque du vampire a puisé son inspiration dans le roman « Brûle Sorcière Brûle ! » écrit en 1932 par Abraham Merritt. Comme toujours, Tod Browning s’intéresse ici à l’aspect ambigu de la monstruosité et fait démarrer son film sur des chapeaux de roues. Deux prisonniers s’évadent d’un bagne en pleine nuit et évoquent leurs projets respectifs. Tandis que le premier, un chimiste prénommé Marcel, affirme en guise de réhabilitation « je veux aider le monde à vivre », le second, un ancien banquier du nom de Paul Lavond, lui rétorque aussitôt : « Je veux aider trois hommes à mourir ! » Ses trois associés ont en effet comploté pour le faire accuser d’escroquerie et de meurtre.

Après avoir croupi pendant dix-sept ans entre quatre murs, Lavond rumine sa vengeance, et Marcel l’accueille chez lui pour la nuit. Là, l’ex-banquier découvre les expériences étranges du vieux scientifique. En guise de projet humanitaire, Marcel et sa femme Marita ont trouvé le moyen de rétrécir les êtres vivants au sixième de leur taille, afin qu’il y ait assez de nourriture pour tout le monde sur Terre. « J’ai réussi à réduire tous les atomes d’un corps sans interrompre la vie ! » s’enthousiasme le chimiste, expérimentant la miniaturisation sur des chiens puis sur sa servante Lachna. Seul petit problème : pour l’instant, les cobayes n’ont pas de fonctionnement cervical normal, et ne peuvent donc qu’obéir à une volonté extérieure. Lavond s’offusque quelque peu de ces expériences contre-nature, mais lorsque Marcel meurt, terrassé par une crise cardiaque, et que son épouse décide d’aller à Paris pour poursuivre son œuvre, l’ex-banquier voit là une occasion inespérée de se venger enfin. Se faisant passer pour une vieille fabricante de jouets artisanaux répondant au doux nom de Madame Mandilip, il utilise des humains miniaturisés pour attaquer ceux qui le firent condamner…

Des séquences follement surréalistes

Fort de ce scénario tout à fait démentiel, Les Poupées du Diable se pare d’un casting de choix, avec en tête Lionel Barrymore, surprenant en travesti vengeur, la toute belle Maureen O’Sullivan, devenue star depuis Tarzan l’homme-singe, et Rafaela Ottiano, inquiétante dans le rôle d’une Marita à la mèche blanche, à la démarche claudicante et au regard fou. Mais le film de Browning étonne surtout par l’extraordinaire qualité de ses effets spéciaux, portés aux nues dans cette séquence folle où une jeune femme miniature s’anime dans les bras d’une petite fille endormie, s’échappe de son lit, évolue dans sa chambre, grimpe jusqu’à un tiroir pour voler des bijoux, puis escalade le lit d’un banquier pour le poignarder avec une dague minuscule. Les caches, les incrustations et les décors surdimensionnés y sont remarquables. Les Poupées du Diable regorge de scènes surréalistes du même acabit, comme le cheval rétréci qui gambade sur un bureau, le couple miniature qui danse sur une table emplie de jouets, ou encore l’homme minuscule qui gravit un sapin de Noël. Cette œuvre d’exception s’assortit de surcroît d’une belle partition de Franz Waxman et d’un dénouement étrangement émouvant.

© Gilles Penso

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SPIDERS 3D (2013)

Des araignées mutantes et géantes grouillent dans les couloirs du métro puis sèment la panique en pleine ville

SPIDERS 3D

2013 – USA

Réalisé par Tibor Takacs

Avec Patrick Muldoon, Christa Campbell, William Hope, Shelly Varod, Christian Contreras, Jon Mack, Atanas Srebrev 

THEMA ARAIGNEES

L’histoire d’amour qui lie Tibor Takacs aux monstres n’est plus à prouver, et l’on ne finirait plus de citer tous les films que ce cinéaste prolifique consacra aux démons miniatures, aux robots tueurs, aux envahisseurs extraterrestres, aux rats agressifs, aux hommes-insectes, aux pieuvres monstrueuses ou aux serpents surdimensionnés. Les araignées géantes figuraient déjà à son tableau de chasse, via le dispensable Ice Spiders, mais il faut croire que les arthropodes titillent notre homme, puisqu’il les retrouve à l’occasion de ce Spiders aux ambitions revues à la hausse. Autre point commun entre les deux films : le comédien Patrick Muldoon, qui campait dans Ice Spiders un ancien champion de ski et incarne ici l’un des responsables du trafic des métros new-yorkais, aux premières loges du drame qui couve. Car des araignées mutantes confinées dans une station spatiale en orbite autour de la Terre s’écrasent bientôtt sur le plancher des vaches… Ou plutôt sous le plancher des vaches, puisqu’elles errent parmi les débris de leur station déchue dans les souterrains du métro. L’alerte est donnée par les hordes de rats qui, soudain, fuient les tunnels au beau milieu des usagers terrifiés. Les bestioles qui donnent leur titre au film mesurent d’abord la taille d’un chien, puis atteignent celle d’un cheval, avant que ne se révèle une reine mère grande comme King Kong, monstre principal d’un climax mouvementé lui donnant généreusement la vedette.

Bien mieux troussés que ceux d’Ice Spiders, les effets visuels se parent ici de l’atout de la stéréoscopie et nous offrent quelques séquences fort distrayantes : l’affrontement entre un détachement militaire et les créatures à huit pattes dans les rues nocturnes de New York, la traque d’une fillette par les monstres dans un magasin de jouets abandonné, ou encore l’assaut final de la reine des araignées contre une rame de métro. Les créatures elles-mêmes bénéficient d’un design original conçu pour accentuer la répulsion que les arachnides inspirent naturellement aux hommes : un corps mi-écailleux mi-velu, de longues mandibules acérées et un faciès grimaçant arborant une gueule garnie de dents pointues. Chaque apparition des vilaines bêtes procure donc son petit lot de frissons. Hélas, en matière de scénario, Takacs et ses co-auteurs n’assurent que le service minimum et ne reculent devant aucune incohérence.

Des écailles, des poils et un faciès grimaçant

La nature même des monstres laisse rêveur, leur création par des savants russes en pleine guerre froide ayant été motivée par l’obtention d’une toile d’araignée à la solidité remarquable (le même prétexte grotesque étayait déjà le scénario anémique d’Ice Spiders). Côté péripéties, le dépouillement est également de mise, le héros et son ex-femme passant leur temps à arpenter les artères désertées de New York (toujours les mêmes rues, filmées sous tous les angles possibles) pour retrouver leur fille mise en quarantaine, tandis que les araignées grossissent à vue d’œil en rampant un peu partout. Basique, certes, mais à côté du redoutable L’Invasion des Araignées Géantes qui reposait sur un principe voisin, ce Spiders 3D ferait presque figure de chef d’œuvre. Belle démonstration des lois de la relativité.
 

© Gilles Penso

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TARZAN ET SA COMPAGNE (1934)

Dans cette suite directe de Tarzan l'homme-singe, la vie tranquille du couple le plus glamour de la jungle s'apprête à être bousculée…

TARZAN AND HIS MATE

1934 – USA

Réalisé par Jack Conway

Avec Johnny Weismuller, Maureen O’Sullivan, Paul Cavanagh, Forrester Harvey, Neil Hamilton, Nathan Curry, Doris Lloyd 

THEMA EXOTISME FANTASTIQUE I THEMA TARZAN

Dans ce second Tarzan produit par la MGM, nous retrouvons Harry Holt (Neil Hamilton), ancien partenaire de James Parker, toujours appâté par le cimetière des éléphants dont il espère tirer une petite fortune. Pour y parvenir, il s’adjoint les services de son ami Martin Arlington (Paul Cavanagh). Mais son but inavoué est aussi de retrouver Jane, dont il est secrètement amoureux. Hélas, une expédition concurrente a volé le plan des lieux qu’il avait dessinés de mémoire et réquisitionné tous les hommes du village. Holt et Arlington constituent donc d’urgence une nouvelle équipe et foncent à leur suite.Tandis que les « oui bwana » saturent une fois de plus la bande son, le colonialisme et le racisme inhérents au concept initial s’avèrent plus prégnants que jamais. Ainsi découvre-t-on que nos gentils blancs avaient tranquillement envisagé de sacrifier une dizaine d’hommes au cours de l’équipée, mais que le nombre risque d’être plus élevé que prévu ! Arlington abat même de sang-froid l’un des hommes qui refusent d’avancer, puis a des remords : cet homme aurait pu transporter quinze kilos d’ivoire ! En chemin, nos aventuriers de l’ivoire perdu sont attaqués par les Gabonis, une tribu de redoutables guerriers cannibales. Les scènes d’action qui s’ensuivent sont très efficaces et la violence plutôt crue (des cadavres ensanglantés et criblés de flèches pendent aux arbres).

Enfin parvenus au sommet de la montagne, les hommes sont ensuite agressés par une horde de gorilles surexcités (des hommes déguisés, comme dans le film précédent) qui les bombardent de rochers. Indigènes et singes tombent dans le vide en hurlant au cours d’une séquence époustouflante, jusqu’à ce que le cri de Tarzan n’interrompe le massacre. Ce sont alors les retrouvailles avec le couple le plus en vue de l’Afrique. Pour tenter Jane de rentrer à Londres, Holt a apporté des robes et des toilettes, mais rien ne semble pouvoir l’arracher à la jungle et ses charmes. En robe de soirée, elle déclare à ses deux courtisans, qui en ont presque la bave aux lèvres, que « la meilleure arme de la femme, c’est l’imagination de l’homme. »

Adam et Eve dans la jungle

Ce deuxième épisode nous permet de découvrir la vie quotidienne de Tarzan et Jane. Installés dans une cabane arboricole (une idée proche du mythe d’Adam et Eve qui s’avère absente des romans de Burroughs), ils s’ébattent joyeusement dans la rivière (la scène fit hurler la censure car Jane, doublée à l’occasion par la nageuse olympique Josephine McKim, y exécute un plongeon entièrement nue !) et s’amusent à des exercices de haute voltige entre les arbres. Notre sauvageonne pousse même un cri aigu guère convaincant qui imite celui de Tarzan, pour l’appeler en cas de danger. Et des dangers, le film en regorge : la charge très impressionnante d’un rhinocéros, l’attaque aquatique d’un énorme crocodile, une nouvelle cavalcade d’éléphants virulents, et la grande scène finale dans laquelle nos héros sont doublement agressés par une tribu de guerriers et une meute de lions affamés tandis que Tarzan et un groupe de singes arrivent à la rescousse. 

 

© Gilles Penso

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LES CHASSES DU COMTE ZAROFF (1932)

Une chasse à l'homme impitoyable tournée en même temps que King Kong et dans les mêmes décors

THE MOST DANGEROUS GAME

1932 – USA

Réalisé par Ernest B. Schoedsack et Irving Pichel

Avec Joel McCrea, Fay Wray, Leslie Banks, Robert Armstrong, Noble Johnson, Steve Clemento

THEMA SUPER-VILAINS

Les Chasses du Comte Zaroff est étroitement lié à King Kong, avec lequel il partage de nombreux points communs : les auteurs Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper, le producteur David O. Selznick, les comédiens Fay Wray, Robert Armstrong, Noble Johnson et Steve Clemento, le compositeur Max Steiner et les mêmes décors de jungle reconstitués en studio. Les deux films furent d’ailleurs tournés simultanément, le budget modeste de Zaroff (200 000 dollars) et celui – bien plus conséquent – de Kong (600 000 dollars) s’équilibrant ainsi intelligemment. Les Chasses du Comte Zaroff est une adaptation de la nouvelle « The Most Dangerous Game » de Richard Connell, dont il restitue à merveille le rythme nerveux et le climat oppressant. Dès les premières minutes, une réplique d’un des protagonistes met en exergue la thématique du film : « L’animal de la jungle qui tue pour se nourrir est appelé sauvage, alors que l’homme qui tue pour le plaisir est qualifié de civilisé. N’est-ce pas contradictoire ? » Après le naufrage du yacht de ses amis (probablement inspiré à Schoedsack et Cooper par une mésaventure similaire qu’ils vécurent lors du tournage d’un documentaire ethnologique), le célèbre chasseur de fauves Bob Rainsford (Joel McCrea) s’échoue sur une île des Caraïbes. Il trouve refuge dans le château du comte Zaroff, un ancien aristocrate russe qui vit entouré de domestiques tartares patibulaires et d’une meute de chiens de chasse.

Le comédien britannique Leslie Banks campe cet étrange personnage avec une savoureuse duplicité, arborant un accent cosaque du plus bel effet. Bizarrement, Zaroff abrite également deux autres rescapés d’un naufrage, Martin Trowbridge et sa sœur Eve (Robert Armstrong et Fay Wray), les récifs de son île n’ayant visiblement aucune sympathie pour les coques des bateaux. Il ne s’agit évidemment pas d’un hasard, car Zaroff, féru de chasse ayant traqué tous les gibiers possibles et imaginables aux quatre coins du monde, a décidé pour varier les plaisirs de chasser désormais des proies humaines. « Dieu a créé certains hommes pour être des poètes, de certains autres il a fait des rois ou des mendiants. De moi, il a fait un chasseur » déclare-t-il à Rainsford avec emphase, avant d’ajouter, en jetant un regard mauvais à la belle Eve : « ce n’est qu’après avoir tué qu’on connaît l’extase de l’amour. »

Une jungle inquiétante digne de Gustave Doré

Au bout d’une demi-heure de métrage, un impitoyable chasse à l’homme s’amorce donc, dans une jungle inquiétante qui semble emprunter ses clairs obscurs aux gravures de Gustave Doré. L’action ne se relâche plus, les séquences de suspense savent savamment jouer avec les nerfs des spectateurs, et quelques morceaux de bravoure comme l’affrontement avec les chiens au sommet de la cascade évoquent la saga Tarzan des studios MGM, qui s’amorça d’ailleurs la même année. Les Chasses du Comte Zaroff est donc un classique indémodable, et probablement la meilleure adaptation du récit de Richard Connell. Joel McCrea, qui tient ici le devant de la scène, deviendra par la suite le héros de nombreux westerns tels que Buffalo Bill, La fille du désert ou Coups de feu dans la Sierra.

 

© Gilles Penso

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BATMAN LE DEFI (1992)

Plus libre de ses mouvements que sur le premier opus, Tim Burton réalise un second Batman qui s'intéresse plus aux monstres qu'aux héros

BATMAN RETURNS

1992 – USA

Réalisé par Tim Burton

Avec Michael Keaton, Danny de Vito, Michelle Pfeiffer, Christopher Walken

THEMA SUPER-HEROS I SAGA BATMAN I DC COMICS I TIM BURTON

A la demande de Warner, Tim Burton réalisa Batman le défi après avoir signé l’un de ses films les plus intimes, Edward aux mains d’argent. Cette séquelle est considérée par beaucoup de fans comme supérieure au premier Batman. S’il ne cherche pas à développer davantage la personnalité complexe de Bruce Wayne, toujours campé par l’excellent Michael Keaton, le réalisateur lui oppose deux vilains exceptionnels : le pathétique Pingouin (Danny de Vito, défiguré par un étonnant maquillage de Stan Winston) et la schizophrène Catwoman (Michelle Pfeiffer, dans l’un des rôles les plus mémorables de sa carrière). Bien loin du dandy caricatural et de la vamp évanescente généralement décrits dans la bande dessinée initiale et dans la série TV pop des années soixante, ces deux antagonistes permettent au cinéaste de développer l’un des motifs phares de sa filmographie : l’attachement pour les « monstres », pour les parias, pour les êtres à part que la société rejette sans discernement. Des liens étroits se tissent ainsi entre Batman le Défi et Edward aux mains d’argent. Plus sombre et gothique que jamais, ce second Batman puise aussi son inspiration dans le cinéma expressionniste germanique, comme en témoignent les apparitions de Christopher Walken dans le rôle du sinistre Max Schreck (nom de l’interprète du Nosferatu de F.W. Murnau).

Libéré des contraintes de producteurs trop encombrants ou trop peu confiants, Burton signe donc un film plus cohérent, y compris d’un point de vue stylistique. Ici, Gotham City bénéficie de décors, de maquettes et de peintures sur verre lui conférant magnifiquement la singularité qui lui échoit. Le problème majeur du film demeure l’impossibilité, dans les limites temporelles immuables d’un long-métrage, de s’attarder correctement sur chacun des personnages. Batman se retrouve ainsi presque déchu au statut de guest-star, au profit des super-vilains qui, pour leur part, ont droit à toute l’attention du réalisateur. Mais on le sait, Burton a toujours préféré les monstres aux héros, un penchant qui remonte à ses plus jeunes années. 

Plus sombre et gothique que jamais

« Dans un cadre banlieusard tranquille, comme celui où j’ai grandi, vous cherchez le contraste », se remémore-t-il. « Les films d’horreur et les films expressionnistes m’apportaient cette part d’ombre, ce sens du cauchemar. Pour 55 cents, vous pouviez aller voir trois film sur grand écran. Je me souviens des Godzilla, de Scream Blacula Scream, de Dr Jekyll et Sister Hyde. Je voyais beaucoup de films de série B à l’époque. Ces films m’ont aidé à me construire. Les monstres y étaient souvent les personnages les plus attachants. » (1) Si le Joker incarné par Jack Nicholson versait trop dans la caricature (et fut éclipsé quelques années plus tard par la prestation d’Heath Ledger dans The Dark Knight), il semble difficile d’imaginer, aujourd’hui encore, un Pingouin aussi poignant ou une Catwoman plus envoûtante. Quant à Danny Elfman, il prolonge le thème magnifique qu’il composa pour le premier Batman en y adjoignant des motifs empruntés aux contes de fées, à la musique de cirque et au folklore tzigane.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en mars 2012

 

© Gilles Penso

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MONSIEUR JOE (1949)

L'équipe de King Kong met en scène un nouveau gorille géant dans cette aventure monumentale riche en rebondissements

MIGHTY JOE YOUNG

1949 – USA

Réalisé par Ernest B. Schoedsack

Avec Terry Moore, Ben Johnson, Robert Armstrong, Frank McHugh, Douglas Fowley, Dennis Green, Paul Guilfoyle

THEMA SINGES

L’équipe de King Kong se lança 16 ans plus tard dans les aventures d’un nouveau gorille géant, Monsieur Joe. Inspiré du roman « Toto et Moi », le film raconte les aventures de Jill Young, une fillette qui vit en Afrique avec son père et a pour compagnon de jeu un bébé gorille nommé Joe. Plusieurs années plus tard, Max O’Hara (Robert Armstrong, reprenant quasiment le rôle de Carl Denham), un impresario américain, vient en Afrique pour capturer des fauves. Mais en découvrant la beauté de Jill et le gigantisme de Joe, devenu entre-temps un émule de King Kong, O’Hara se laisse largement séduire. Il convainc la jeune fille de venir à New York pour se produire avec son gorille dans un cabaret. Mais Joe ne supporte guère d’être devenu un animal de cirque. Un soir, alors que des ivrognes le saoulent dans sa cage, il se révolte, détruit la boîte de nuit et s’échappe dans la ville, où il sème la panique…

Vouloir réitérer l’exploit de King Kong était un pari difficile, d’autant que tout le monde a gardé en mémoire le chef d’œuvre de 1933. C’était à prévoir, le public n’a pas porté aux nues ce Monsieur Joe, sans doute à cause d’un scénario un peu déséquilibré, dénué d’une romance digne de ce nom et cédant aux facilités du mélodrame à rebondissements. Cela dit, même sans faire abstraction de l’œuvre maîtresse réalisée par Schoedsack et Cooper, cette histoire gentillette exhale plein de charmes et d’attraits. Formellement, le film est une petite merveille, grâce aux talents combinés du maître des effets spéciaux Willis O’Brien et de son brillant disciple Ray Harryhausen, lesquels vont parfois jusqu’à surpasser l’animation de Kong en dotant Joe d’une personnalité et d’une crédibilité tout à fait remarquables. « J’ai pratiquement fait l’animation seul, ce qui m’a pris environ six mois », nous raconte Harryhausen. « Nous avions envoyé un cameraman au zoo de chicago pour y filmer un vrai gorille, afin que ça puisse nous servir de référence pour l’animation. Mais le singe se contentait de se promener dans sa cage en se curant le nez ! Ça n’était donc pas très utilisable… » (1)

L'Oscar des meilleurs effets spéciaux

Le film regorge de morceaux de bravoure comme l’affrontement de Joe et des cavaliers (annonçant l’une des scènes clefs de La Vallée de Gwangi), le spectacle dans le cabaret où le gorille soulève Jill en train de jouer du piano, les dix lutteurs (dont Primo Carnera dans son propre rôle) se mesurant au grand singe, le combat contre les lions (tour à tour réels ou animés) ou encore l’incendie final dans l’orphelinat. Du coup, malgré son semi-échec, Monsieur Joe permit à O’Brien de remporter en 1949 l’Oscar des meilleurs effets spéciaux. Quarante ans plus tard, les studios Disney rachetèrent les droits du film et confièrent à Ron Underwood (réalisateur de Tremors) la mise en scène d’un remake titré en français Mon ami Joe. Signe des temps, l’image de synthèse de Dream Quest et d’ILM et les costumes animatroniques de Rick Baker ont remplacé l’animation image par image. Ray Harryhausen se prêta au jeu en venant rendre visite à l’équipe des effets visuels et en figurant même dans une scène de réception aux côtés de Terry Moore, l’interprète originale de Jill Young.  

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en février 2004

 

© Gilles Penso

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