DES FILLES POUR UN VAMPIRE (1960)

Une troupe de danseuses de music-hall se retrouve coincée dans un château isolé où règne un comte assoiffé de sang…

L’ULTIMA PREDA DEL VAMPIRO

 

1960 – ITALIE

 

Réalisé par Piero Regnoli

 

Avec Walter Brandi, Lyla Rocco, Maria Giovannini, Alfredo Rizzo, Marisa Quattrini, Leonardo Botta, Antoine Nicos, Corinne Fontaine

 

THEMA VAMPIRES

Une demi-douzaine de danseuses écervelées, leur impresario radin et leur chauffeur/pianiste taciturne sont bloqués par une tempête alors qu’ils voyagent dans leur minibus. En quête d’un refuge qui ne coûtera pas un centime, notre petite troupe passe outre les recommandations des autochtones effrayés et décident de dormir dans un château isolé au sommet d’une montagne. Là, ils sont accueillis par un comte mystérieux et ténébreux, comme il se doit, qui répond au nom exotique de Gabor Kernassy et qui semble très intéressé par Vera, la vedette de la compagnie. En effet, celle-ci – refrain connu – est le portrait craché de la défunte Marguerita qu’il portait jadis dans son cœur. Au milieu de la nuit, Katia, l’une des danseuses les plus cruches du groupe, arpente les couloirs obscurs en quête d’une salle de bains… et est retrouvée morte au pied du château le lendemain matin. Le deuil est de courte durée, puisque sitôt la donzelle enterrée, la troupe se remet à répéter son spectacle dans l’une des vastes pièces du château, en attendant que le fleuve qui a détruit le pont les reliant à la grand-route veuille bien cesser sa crue. L’une des danseuses se livre même à un long strip-tease en musique qui s’avère d’une folle gratuité mais permet de combler agréablement plusieurs minutes d’un métrage au scénario bien maigre.

On le voit, Des Filles pour un vampire est une production fauchée, qui ne recule devant aucun cliché (le château dans la montagne, la nuit frappée d’orages, le chat qui miaule dans les couloirs sombres, le serviteur qui s’appelle Zoltan, le laboratoire empli de cornues fumantes, de squelettes et d’animaux empaillés) et mise beaucoup sur la photogénie de ses comédiennes. L’humour n’y est pas absent pour autant, comme en témoigne l’oraison funèbre que le pianiste dédie à la première défunte : « Ce qui lui ferait le plus de plaisir, c’est qu’on se souvienne d’elle comme ce qu’elle a toujours voulu être : les plus jolies jambes d’Europe ! » Au détour de quelques séquences inspirées, Des Filles pour un vampire sait cependant créer des ambiances troubles et mémorables, comme lors de l’irruption nocturne d’une accorte femme vampire nue comme un ver et assoiffée de sang.

Épouvante rétro et érotisme naïf

La visite de la crypte souterraine par l’héroïne esseulée, dans un décor orné de torches, de tombes séculaires et de toiles d’araignées magnifiquement éclairées, n’a quant à elle rien à envier aux travaux picturaux d’un Mario Bava ou d’un Antonio Margheriti (le réalisateur Piero Regnoli fut d’ailleurs l’assistant de Riccardo Freda sur Les Vampires). Ainsi, malgré son scénario famélique et son comte vampire cruellement dénué de magnétisme (Walter Brandi ressemble plus à un présentateur télé des années 60 qu’à un émule italien de Christopher Lee !), Des Filles pour un vampire sait satisfaire l’attente des amateurs d’un fantastique rétro graphique et atmosphérique, saupoudré d’un soupçon d’érotisme, à défaut de posséder des personnages dignes de ce nom et des péripéties foncièrement originales. Le film se clôt sur un climax rocambolesque et sur un trucage d’une touchante naïveté symbolisant l’éradication – définitive ? – du mal…

 

© Gilles Penso

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CALVAIRE (2004)

Un chanteur trouve refuge en pleine campagne chez un aubergiste psychopathe qui lui fait subir les derniers outrages…

CALVAIRE

 

2004 – FRANCE / BELGIQUE / LUXEMBOURG

 

Réalisé par Fabrice du Welz

 

Avec Laurent Lucas, Jackie Berroyer, Philippe Nahon, Jean-Luc Couchard, Brigitte Lahaie, Gigi Coursigni, Philippe Grand’Henry

 

THEMA TUEURS

Dire que Délivrance et Massacre à la tronçonneuse sont les références absolues en matière de survival est une cause entendue. Faut-il pour autant que le cinéma de genre francophone se sente obligé de restreindre ses références à ces deux seules œuvres ? Haute tension, Sheitan, Frontières… Tous paient leur tribut à John Boorman et Tobe Hooper avec un talent très variable. Premier long-métrage de Fabrice de Welz, Calvaire n’échappe pas à la règle, reprenant à son compte tous les clichés inhérents à cette double influence sans chercher spécialement à en extraire autre chose qu’une atmosphère malsaine et des péripéties glauques. Dès les premières minutes, le réalisateur met en place un climat inconfortable. Ses mouvements de caméra accidentés et son image granuleuse s’attardent sur une poignée de retraités cafardeux rivant leur regard sur Marc Stevens (Laurent Lucas), un chanteur mondain au petit numéro bien rôdé. Tous les désespérés semblent se raccrocher à lui comme à une bouée de sauvetage : une vieille dame émoustillée lui fait les yeux doux, l’infirmière gironde (Brigitte Lahaie) lui glisse des photos dénudées d’elle-même, mais ce n’est rien à côté de ce qui attend notre infortuné protagoniste.

Sur la route qui le mène vers un gala, il se perd dans une forêt embrumée et tombe en panne en pleine nuit, sous une pluie battante. C’est dans l’auberge de Paul Bartel (hommage au réalisateur de La Course à la mort de l’an 2000) que Stevens trouve refuge. Bartel, qu’interprète un Jackie Berroyer tout à fait étonnant, est un ancien humoriste qui ne s’est toujours pas remis du départ de sa femme Gloria. Malgré sa bonhomie et ses airs avenants, une sensation de malaise persistante s’installe dès sa première apparition. La longue conversation qu’il a avec Marc, tandis que celui-ci prend son repas, est d’ailleurs calquée plan par plan sur une scène équivalente de Psychose, Berroyer jouant le rôle d’Anthony Perkins et Lucas celui de Janet Leigh. La psychopathie de Bartel se révèle pleinement lorsqu’il met le feu à la camionnette de Marc, l’assomme, l’habille avec une robe de sa femme, le tond et l’appelle désormais Gloria. Car le chanteur de charme focalise une fois de plus les fantasmes de son entourage, au mépris de toute logique et de toute raison.

France profonde

La France profonde que nous décrit Calvaire n’a aucun sens. Les villageois confondent chiens et vaches, ont des rapports sexuels avec les cochons, se livrent à d’improbables chorégraphies dans les bars… Faut-il y lire du surréalisme ? Du cynisme ? Un simple goût pour l’absurde ? Difficile de se prononcer. Au milieu de cette dégénérescence, Laurent Lucas joue avec son apathie habituelle, qui était efficace dans Harry un ami qui vous veut du bien mais s’avère ici rapidement irritable. Passif au-delà de tout, pleurnichard, il n’engendre guère l’empathie et ne construit aucune évolution émotive. Il geint dès le début de son martyre et se contente de cette palette monochromatique, même dans les moments les plus intenses (comme lorsque Bartel le crucifie !). L’assaut final vire au n’importe quoi (on hurle, on se tire dessus, on se sodomise !) et la chute, en queue de poisson, confirme le caractère vain de l’entreprise.

 

© Gilles Penso


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MASQUES DE CIRE (1933)

Un sculpteur fou crée un musée de cire avec le corps de véritables êtres humains qu’il assassine pour l’occasion !

MYSTERY OF THE WAX MUSEUM

 

1933 – USA

 

Réalisé par Michael Curtiz

 

Avec Lionel Atwill, Fay Wray, Glenda Farrell, Holmes Herbert, Frank McHugh, Allen Vincent, Gavin Gordon, Edwin Maxwell

 

THEMA SUPER-VILAINS

Apprécier un film de 1933 tourné en Technicolor est déjà un spectacle hors du commun en soi, mais lorsqu’en plus le film en question s’avère être un monument de l’âge d’or du cinéma fantastique, le plaisir est évidemment décuplé. Après pas moins de 90 films à son actif, dont un mémorable Docteur X déjà en couleurs, le talentueux Michael Curtiz signait ainsi ce Masques de cire inspiré d’une pièce de Charles Belden. Ce fut l’occasion, pour le studio Warner, de marcher à sa manière sur les plates-bandes d’Universal, qui triomphait à l’époque avec Dracula, Frankenstein et La Momie. L’infortuné héros de Masques de cire, Ivan Igor, est comme Michael Curtiz un artiste expatrié venu des pays de l’Est. Sculpteur de grand talent, il crée des personnages historiques pour un musée de cire londonien. Pour visualiser l’extrême réalisme des sculptures, le réalisateur emploie de véritables comédiens grimés dans les plans serrés. Certains d’entre eux ne parviennent guère à conserver un parfait immobilisme, gâchant un peu l’effet souhaité, mais la magnifique naïveté de cette idée visuelle et le surréalisme du résultat obtenu sont du meilleur aloi.

Manque de chance, le musée tenu par Igor n’est guère florissant, et son associé choisit de mettre le feu aux lieux pour toucher la prime de l’assurance incendie. L’artiste tente évidemment de l’en empêcher. Au cours de la lutte qui s’ensuit, le musée part en fumée, et Igor perd l’usage de ses mains et de ses jambes. Douze ans plus tard, il parvient à remettre sur pied un musée similaire, à force de persévérance et d’obstination. Ses sculptures sont plus réalistes que jamais. Et pour cause : elles sont obtenues en recouvrant de cire des êtres humains assassinés ! Car Igor a basculé dans la folie. Désormais, il est prêt à tout pour obtenir le succès et se venger de son associé peu scrupuleux, y compris le meurtre. Le sculpteur fou cache son visage horriblement défiguré sous un masque qui lui donne des traits humains, et se met en tête de recouvrir de cire la belle Fay Wray (héroïne la même année de King Kong) pour la transformer en Marie-Antoinette !

Triste cire

Masques de cire joue à fond la carte du mystère à la Fantomas, avec criminels masqués, portes cachées, passages secrets et cadavres qui disparaissent. Le film se pare en outre de dialogues incisifs, notamment au cours des savoureuses joutes verbales opposant la journaliste qui enquête sur l’affaire et son rédacteur en chef. La mise en scène de Curtiz est magistrale, les comédiens brillants. On regrettera simplement l’absence de musique – si l’on excepte celle du générique. En effet, certaines séquences auraient beaucoup gagné à être soutenues par une partition dramatique, notamment l’incendie du début et le climax mouvementé. Ivan Igor, interprété par un Lionel Atwill délicieusement odieux et paré d’un saisissant maquillage spécial signé Perc Westmore et Ray Romero, marquera tant le public qu’il inspirera un remake officiel (L’Homme au masque de cire de Andre de Toth) et bon nombre d’imitations en tous genres (notamment Le Masque de cire de Sergio Stivaletti et La Maison de cire de Jaume Collet-Serra).

 

© Gilles Penso


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HARPIES (2007)

Dans ce nanar de très haut vol, Stephen Baldwin affronte des monstres de carnaval en se prenant pour le Bruce Campbell de L’Armée des ténèbres

STAN LEE’S HARPIES

 

2007 – USA

 

Réalisé par Josh Becker

 

Avec Stephen Baldwin, Peter Jason, Kristin Richardson, Scott Valentine, Velizar Binev, Jonas Talkington, Atanas Srebrev

 

THEMA SORCELLERIE ET MAGIE

Josh Becker ayant eu l’occasion de diriger un film de science-fiction pour Sci-Fi Channel, le sympathique mais très facultatif Alien Apocalypse avec en tête d’affiche son vieil ami Bruce Campbell, la chaîne lui commande un autre long-métrage du même acabit. Plus inspiré que jamais par L’Armée des ténèbres, Becker concocte donc Harpies, qui prend par moments les allures d’un véritable remake du troisième Evil Dead, tant les emprunts à Sam Raimi sont nombreux et gros comme le nez au milieu de la figure. Qu’on en juge : Stephen Baldwin y incarne Jason, gardien de nuit du Muséum d’histoire naturelle de New York. Un soir, un commando armé fait irruption dans les lieux pour s’emparer d’une amulette aux pouvoirs surnaturels. S’efforçant de leur barrer la route, Jason se retrouve projeté dans les terres de Moldavia, en l’an 972. Là, il découvre des villageois terrorisés par les harpies, d’horribles créatures ailées conçues par l’alchimiste Voran pour le comte de Lord Castor. Armé d’un fusil, Jason est dès lors considéré comme l’Élu, seul capable de vaincre les forces du mal, même si notre homme cherche surtout à trouver le moyen de regagner son époque. N’y aurait-il pas là-dedans un petit air de déjà vu ?

A vrai dire, le quasi-plagiat de L’Armée des ténèbres et l’étrange choix de transposer des créatures de la mythologie grecque en plein moyen âge ne sont que les moindres faiblesses de Harpies. Car le film, tourné dans des extérieurs naturels bulgares comme Alien Apocalypse, souffre de bien d’autres problèmes. Le scénario, déjà gratiné, s’encombre de dialogues d’une rare stupidité, prononcés par des comédiens incroyablement insipides. En tête de casting, Stephen Baldwin cabotine jusqu’à l’outrance, prouvant qu’il est hélas le moins exigeant des membres de sa glorieuse fratrie d’acteurs (quelle dégringolade depuis sa prestation dans Usual Suspects !).

Mais qu’est-ce que Stan Lee fait là ?

Les effets visuels eux-mêmes sont risibles. Car les harpies mises en scène par Becker figurent probablement parmi les monstres les plus grotesques de l’histoire du cinéma, toutes époques confondues. Comment ne pas réfréner d’irrépressibles fous rires face à ces pauvres comédiennes badigeonnées de fond de teint, affublées de dents de vampire en plastique, gesticulant comme si des mouches les agaçaient et poussant des petits cris perçants ? Lorsqu’elles volent, des ailes en image de synthèse s’animent maladroitement dans leur dos et des incrustations hideuses les projettent sur des arrière-plans nuageux. Sans doute se réfèrent-elles quelque part aux monstres légendaires de Ray Harryhausen, comme le laisse imaginer le choix du prénom du héros, mais le créateur des effets spéciaux de Jason et les Argonautes et du Choc des Titans n’avait nul besoin de s’embarrasser d’une si pathétique descendance. Comment diable Stan Lee, le père des super-héros de Marvel, s’est-il retrouvé embarqué dans cette galère ? Producteur exécutif de la chose, il voit son nom orner le titre sur toutes les jaquettes du film, dans un souci évident de doter ce piètre direct-to-video d’une certaine respectabilité. Peine perdue. Car si Harpies échoue par hasard dans un lecteur DVD, il finira probablement dans un lieu qui lui sied davantage : les oubliettes.

 

© Gilles Penso


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CLASH (1983)

Une jeune femme perturbée se cache dans un entrepôt désert avec de l’argent sale et bascule bientôt dans le cauchemar…

CLASH

 

1983 – FRANCE / YOUGOSLAVIE

 

Réalisé par Raphaël Delpard

 

Avec Catherine Alric, Pierre Clementi, Bernard Fresson, Vjenceslak Kapural, Christian Forges, Jean-Claude Benhamou, Iva Potocnik

 

THEMA RÊVES

Dans la foulée de sa Nuit de la mort, l’acteur-scénariste-réalisateur Raphaël Delpard se lance trois ans plus tard dans un autre essai fantastico-horrifique, Clash, coproduit par la France et la Yougoslavie et intégralement tourné à Zagreb. Échappée d’une poignée de comédies bien franchouillardes comme on les aime (L’incorrigible, On a volé la cuisse de Jupiter et autre T’empêches tout le monde de dormir), Catherine Alric, dont la ressemblance avec Catherine Deneuve est toujours frappante, incarne ici Martine, une jeune femme solitaire dont le seul réconfort semble être l’amitié de Be Schmuller (qui a la trogne et la voix inimitables de Bernard Fresson). Ce dernier est un gangster, mais Martine n’en a que faire, et lorsqu’il lui demande de passer pour lui la frontière franco-suisse avec 500 000 francs, elle accepte sans hésiter. La voilà donc réfugiée pour quelques jours dans une planque, en attendant des nouvelles de son ami, et le film prend donc à priori les allures d’un polar. Mais bien vite, tout bascule.

Le lieu lui-même n’est pas des plus engageants. Sinistre, sombre et poussiéreuse, la planque est une ancienne usine de mannequins désaffectée qui semble animée d’une vie propre. Alentour, quelques clochards traînent le pas, notamment un vagabond au rire dément qui ne cesse de clamer « pourquoi ne pas vivre derrière les ombres ? ». Peu à peu, Martine perd pied avec la réalité. Elle est terrifiée par un chien errant, voit les mannequins s’animer soudain, rêve de sa propre enfance hantée de cauchemars nocturnes, et se retrouve un matin prisonnière de son sac de couchage. C’est un jeune homme mystérieux (Pierre Clementi), gominé, ganté et tout de noir vêtu, qui la libère. Refusant de parler, pleurant du sang et se lançant sans crier gare dans des vocalises opératiques, l’individu non identifié fait définitivement basculer Martine dans la démence. Elle subit le fameux « clash » du titre, c’est-à-dire un choc nerveux qui l’empêchera dès lors de distinguer le rêve du monde réel.

« Monstres de nos nuits… »

Raphaël Delpard mixe alors les genres et les influences, hésitant entre les phénomènes paranormaux propres aux classiques « ghost sories » (les objets s’animent seuls, le vent siffle en hurlant), le surréalisme à la Dali-Buñuel (les étranges souvenirs d’enfance de Martine qui reviennent la harceler) et le gore pur et dur servi par les maquillages bien saignants de Benoît Lestang et Dominique de Vorges (main mutilée, joue arrachée, visage en décomposition). Au milieu de tout ce fatras, il est bien difficile de savoir où le cinéaste veut en venir, au-delà de l’expérience scénaristique elle-même, qui s’avère pour le moins originale et atypique. Pour échapper à une irréversible folie, sa belle protagoniste devra se réconcilier avec sa propre enfance et chasser de son esprit cet homme en noir qui semble personnifier plusieurs figures masculines, du croquemitaine au père en passant par l’amant… Clash s’avère donc fort nébuleux, et Delpard croit bon d’achever son film sur un curieux épitaphe qui n’aurait guère dépareillé dans une œuvre de Jean Rollin : « Monstres de nos nuits, vêtus de soufre et de ténèbres, venez parfois nous visiter dans le plein soleil de midi, nous avons tant de choses à nous dire. »

 

© Gilles Penso

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BLOOD SURF (2000)

Deux surfeurs intrépides décident d’aller chevaucher les vagues au milieu des requins… et se heurtent à un crocodile géant affamé !

KROKODYLUS

 

2000 – USA

 

Réalisé par James D.R. Hickox

 

Avec Dax Miller, Taryn Reif, Kate Fischer, Duncan Regehr, Joel West, Matt Borlenghi

 

THEMA REPTILES ET VOLATILES I MONSTRES MARINS

Frère d’Anthony Hickox (Waxwork), et fils de Douglas Hickox (Théâtre de sang), James D.R. Hickox a décidé de suivre la voie familiale en réalisant lui aussi des films de genre, comme Les Démons du maïs 3 sur lequel il fit ses premières armes. Avec Blood Surf, il s’engouffre dans la voie tracée par Lake Placid et Anaconda, et on mentirait en disant qu’il en ressort grandi. Les prémisses même du film sont tellement absurdes qu’il est bien difficile d’essayer d’y croire. Il y est en effet question de deux surfeurs intrépides qui acceptent de chevaucher des vagues infestées de requins mangeurs d’homme pour les besoins d’un documentaire… Si seulement la question du « snuff movie » ou les dérives de la télé-réalité étaient un tant soit peu traitées par le scénario, on comprendrait l’intérêt d’un tel point de départ. Mais l’ambition de Blood Surf ne va pas aussi loin. L’objectif est simple : nous présenter une poignée de protagonistes bardés de clichés pour mieux les jeter en pâture à un monstre affamé. Nous avons donc droit au surfeur beau et romantique, à son copain tout fou et censé nous faire rire, à la belle réalisatrice qui a du cran, au jeune producteur appâté par le gain et sans scrupule, au capitaine bourru et buriné, à sa copine exhibitionniste qui aguiche volontiers le chaland, à la jolie indigène amoureuse et à ses parents superstitieux.

La séquence du surf au milieu des requins est plutôt convaincante et filmée avec dynamisme, mais le reste du métrage s’avère grotesque. Les dialogues sont stupides, les acteurs sans charisme, et le sommet du ridicule est probablement atteint avec l’intervention d’un groupe de pirates improbables. Ici, les requins ne sont que des amuse-bouche, le véritable monstre étant un crocodile affamé de dix mètres de long et de 2500 kilos répondant au nom scientifique de « krokodylus Porosus ». Aussi à l’aise en mer que sur terre, le saurien est une création animatronique un peu inerte créée par l’équipe de John Buechler (Re-Animator), relayée par une maquette miniature au caoutchouc relativement apparent pour les plans larges.

Place au Krokodylus Porosus !

Le film emploie d’ailleurs un certain nombre de décors miniatures pas très convaincants, ainsi que quelques incrustations qui ressemblent à de vieilles transparences des années 50. Étrangement, le film se passe de tout effet numérique, et met même la pédale douce sur le gore, à l’exception d’un homme coupé en deux au niveau de la taille par les mâchoires du croco, ou d’un pirate empalé dans la jungle par un piège acéré. Inévitablement, Blood Surf subit l’influence des Dents de la mer, via sa caméra subjective sous-marine qui suit les nageurs, sa découverte en gros plan d’un cadavre défiguré dans l’épave d’un bateau ou encore sa chasse au monstre en pleine mer. L’autre source d’inspiration fort prévisible du scénario est « Moby Dick », à travers la relation haineuse qui lie le capitaine et le monstre. Rien de bien neuf à l’horizon, donc, dans ce petit direct-to-video qui s’assortit d’un soupçon d’érotisme pour tenter de distraire le spectateur et qui fut diffusé en nos contrées sous l’absurde titre de Terreur bleue.

 

© Gilles Penso


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FIRESTARTER 2 (2002)

La petite Charlie de Stephen King est devenue une jeune femme aux pouvoirs toujours aussi incendiaires…

FIRESTARTER 2 : REKINDLED

 

2002 – USA

 

Réalisé par Robert Iscove

 

Avec Marguerite Moreau, Malcolm McDowell, Danny Nucci, Dennis Hopper, Skye McCole Bartusiak

 

THEMA POUVOIRS PARANORMAUX I SAGA STEPHEN KING

18 ans après le Firestarter de Mark Lester, le téléaste canadien Robert Iscove en réalise une séquelle de trois heures pour le petit écran. Nous avions quitté Charlie sous les traits d’une petite fille boudeuse de neuf ans incarnée par Drew Barrymore. Aujourd’hui, c’est une ravissante jeune femme interprétée par Marguerite Moreau. Les dix dernières années de sa vie n’ont été que fuite et cavale pour échapper aux agents gouvernementaux sans scrupules lancés à ses trousses. Employée dans une bibliothèque sous un faux nom, elle n’a aucune possibilité de développer une quelconque relation sentimentale. Car dès que ses émotions sont trop fortes, elle embrase tout autour d’elle, sans aucun contrôle possible. Charlie collectionne d’ailleurs les extincteurs dans son appartement ! Conformément au roman de Stephen King, ses parents faisaient partie des étudiants cobayes sur lesquels le gouvernement américain fit secrètement des expériences en 1979 à base de psychotropes pour développer leurs pouvoirs parapsychiques. Un flash-back spectaculaire nous montre la fillette déchaîner les feux de l’enfer dans une ferme pour tuer tous les agents du gouvernement venus les arrêter, elle et son père.

Le sympathique Vincent Sforza (Danny Nucci) mène l’enquête sans se douter de la véritable nature de sa mission. On lui fait croire qu’il est à la recherche d’une liste de personnes ayant participé à des expériences médicales pour leur remettre un chèque suite à un recours collectif en justice. En réalité l’organisation veut les éliminer. Vincent et Charlie finissent par tomber amoureux. Ils sont l’image même de la beauté, de la jeunesse et de l’innocence dans un monde d’hommes corrompus et malfaisants. La paranoïa gagne très efficacement le scénario écrit par Philip Eisner, notamment lorsque nos deux héros fuient dans une espèce de ville témoin factice, construite comme un décor de cinéma, truffée de tueurs en costumes d’agents du gouvernement. Cette façade cache un laboratoire abritant des enfants doués de pouvoirs impressionnants, sortes d’émules en culottes courtes des X-Men. L’un agit sur la volonté, l’autre pousse des hurlements destructeurs, un troisième est extralucide, un quatrième a des dons de télékinésie, un dernier absorbe l’énergie vitale. C’est l’occasion d’une séquence de bataille spectaculaire.

Des X-Men en culottes courtes

Au détour du casting, le téléspectateur reconnaît Malcolm McDowell et Dennis Hopper. L’ancien anti-héros d’Orange mécanique joue John Rainbird, un homme au visage à moitié brûlé (grâce à un excellent maquillage de Tom et Barri Burman) à la tête de l’organisation qui, jadis, kidnappa Charlie et son père. Ce sinistre scientifique tue tous ceux qui barrent sa route avec une petite pointe acérée. Hopper, qui n’apparaît à l’écran qu’au bout d’une heure et demie de métrage, est Richardson, un ancien cobaye aux pouvoirs médiumniques qui a connu les parents de Charlie. Avec ses comédiens convaincants, sa mise en scène solide et ses effets pyrotechniques et numériques impressionnants, Firestarter 2 (tour à tour sous-titré Sous l’emprise du feu ou Charlie : la revanche lors de ses diverses exploitations sur le petit écran) est une suite très honorable qui s’achemine vers un climax d’un nihilisme étonnant.

 

© Gilles Penso


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TRUCKS (1997)

Après Maximum Overdrive, voici une seconde adaptation de la nouvelle routière de Stephen King… pas beaucoup plus réussie hélas !

TRUCKS

 

1997 – USA

 

Réalisé par Chris Thomson

 

Avec Timothy Busfield, Brenda Bakke, Brendan Fletcher, Sharon Bajer, Victor Cowie, Aidan Devine, Roman Podhora, Jay Brazeau

 

THEMA OBJETS VIVANTS I SAGA STEPHEN KING

L’idée d’une seconde adaptation de la nouvelle « Trucks » de Stephen King, après l’échec cuisant de Maximum Overdrive, pouvait sembler incongrue. Et le résultat, directement conçu pour le petit écran, n’a effectivement rien de très mémorable, malgré une volonté manifeste de se rapprocher du texte original. Nous sommes à Bridgeton, au fin fond de la campagne américaine, où se tient le Lunar Motel, repaire régulier des camionneurs et lieu de villégiature de quelques touristes amateurs d’ovnis. En effet, le lieu est assez propice aux extrapolations à la X-Files. Non seulement la fameuse base 51 est censée se trouver dans les parages, mais en plus une météorite s’est écrasée sur le site cent ans plus tôt. Sans parler de ce témoignage datant des années 70 lié à l’apparition d’une soucoupe volante et d’extra-terrestres. Un petit groupe de curieux vient donc séjourner au Lunar Motel : un ex-militaire divorcé et sa fille adolescente, un ancien soixante-huitard un peu illuminé et un couple à la libido exacerbée. C’est le moment que choisissent les camions pour se révolter contre les humains.

Tout commence avec un vieux fourgon délabré qui se remet tout seul en état comme dans Christine (le phare se répare et s’allume, les rétroviseurs s’ajustent) puis tue son propriétaire avant d’errer sur la route. Ensuite vient le tour d’un poids lourd frigorifique qui enferme son chauffeur dans la chambre froide et sème la destruction aux alentours. Dans la foulée, un autre semi-remorque échappe au contrôle de son conducteur et part s’écraser contre la centrale électrique du coin. Étant donné que le camion contenait un redoutable produit chimique, les routes vers la ville sont barrées et on envoie sur place une unité de décontamination. Bientôt, tous ceux qui se trouvent au Lunar Motel sont obligés de se barricader, sous peine de finir sous les roues des poids lourds qui tournent en rond comme des lions en cage. Et l’ex-hippie de clamer « j’ai toujours su que le monde industriel finirait dans le chaos » avant de développer une théorie selon laquelle une pluie de météorites tombée quinze jours plus tôt aurait affecté toutes les ondes électromagnétiques. Les camionneurs, eux, accusent plutôt la base 51, tandis qu’une jeune femme déclare sombrement : « c’est peut-être la fin du règne de l’homme sur Terre ».

La fin du règne de l’homme sur Terre…

Cette vaine quête d’explication rationnelle n’est pas sans évoquer Les Oiseaux, Chris Thomson empruntant au passage d’autres motifs à Alfred Hitchcock, notamment la métaphorique fumée noire expulsée par les cheminées des camions maléfiques (une idée présente via le train de L’Ombre d’un doute et reprise par Steven Spielberg dans Duel). Trucks parvient bon gré mal gré à construire un huis clos efficace, agrémenté de quelques séquences bien troussées (les adolescents coincés dans le conduit souterrain, le camion radiocommandé qui attaque le facteur), de cascades automobiles généreuses et d’une bande son saturée de moteurs rugissants. Mais le film souffre de situations répétitives, de personnages caricaturaux, de dialogues assez ineptes et d’une musique exempte de toute finesse. Reste un retournement de situation final plutôt bien vu, qui dépasse en audace la fin convenue de Maximum Overdrive.

 

© Gilles Penso


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LE GÉANT DE THESSALIE (1960)

Une relecture fantaisiste de la légende de Jason dans laquelle les Argonautes affrontent de jolies sorcières et un improbable cyclope…

IL GIGANTI DELLA TESSAGLIA

 

1960 – ITALIE / FRANCE

 

Réalisé par Riccardo Freda

 

Avec Roland Carey, Ziva Rodann, Massimo Girotti, Luciano Marin, Alberto Farnese, Nadia Sanders, Cathia Caro, Alfredo varelli

 

THEMA MYTHOLOGIE

Vaguement inspiré de la légende de Jason, Le Géant de Thessalie calque surtout ses péripéties sur celles de l’Odyssée d’Homère et bénéficie des qualités habituelles des films de Riccardo Freda (Les Vampires, Caltiki, Maciste en enfer), notamment une direction artistique extrêmement soignée et des décors somptueux. Nous sommes en l’an 1250 avant JC. Jason, incarné par l’athlétique Roland Carey, est parti depuis un an, confiant le trône à son cousin Adraste (Alberto Farnese), sous la protection duquel il a mis sa femme et son fils. Avec ses cinquante Argonautes, il est parti vers la Colchide pour ramener la Toison d’Or, afin d’apaiser les dieux et faire cesser les éruptions volcaniques qui ravagent la Thessalie. Mais Adraste espère secrètement que cette expédition va échouer, car il est éperdument amoureux de la femme de Jason, le fourbe ! Or à bord du navire Argo (une belle maquette pour les plans larges, une construction grandeur nature pour les plans serrés), le moral des troupes n’est pas à son fort.

Après avoir essuyé une redoutable tempête, les hommes souffrent de la faim et de la soif. Jusqu’à ce qu’ils accostent sur une île paradisiaque peuplée de femmes magnifiques qui se pâment face au récit de leurs exploits. Leur reine, Gaïa (Nadia Sanders), vit dans un palais digne de Cléopâtre et se déplace dans sa piscine à bulles à l’aide d’un petit bateau biplace ! C’est tout le charme de la mythologie gréco-romaine passée au filtre des sixties pop italiennes. Or à l’instar de Circé, les femmes de cette île étrange sont des sorcières qui transforment les hommes en animaux, en arbres ou en rochers. Gaïa elle-même n’a que l’apparence de la beauté et la jeunesse, grâce aux pouvoirs de son père Apollon. Car en réalité, c’est une vieille sorcière décrépie.

La bataille de la Toison d’or

Nos héros réchappent de justesse au maléfice de l’ensorceleuse puis atteignent une autre île, où tous les habitants sont en train de prendre la fuite. Chaque année, en effet, un monstre terrible y commet des ravages, et personne n’ose l’affronter. Jason, qui en a vu d’autres, décide de terrasser cette infernale créature. Il s’enfonce donc dans sa grotte, avec ses hommes, et lorsque la bête paraît enfin… le spectateur ne peut s’empêcher de pouffer de rire. Car il s’agit d’un comédien engoncé dans un ridicule costume de singe avec des oreilles décollées, une bouche s’ouvrant mécaniquement et un œil de cyclope exorbité. Le créateur de cette chose improbable est Carlo Rambaldi, futur concepteur du King Kong de Dino de Laurentiis. Cela dit, la bataille qui s’ensuit fonctionne plutôt bien, grâce à des angles de prise de vue donnant l’illusion du gigantisme du monstre, à un montage nerveux, et à l’utilisation d’une tête surdimensionnée pour les plans d’interaction entre la créature les humains. Toujours sous l’influence d’Ulysse, Jason élimine finalement le cyclope en lui enfonçant sa lance dans l’œil. Après une pluie de rochers qui manque de détruire leur navire, les Argonautes approchent enfin de la Colchide. Pour respecter l’oracle, Jason décide d’y aller seul. La Toison d’or tant convoitée gît dans la main d’une gigantesque statue que notre héros escalade à grand peine et qu’on rêverait de voir s’animer. Mais pour pouvoir jouir d’un tel spectacle, il allait falloir attendre le prodigieux Jason et les Argonautes, bien plus fidèle à la légende originale et bien moins avare en monstres dignes de ce nom.

 

© Gilles Penso


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LA BÊTE DE YUCCA FLATS (1961)

Sans doute l’un des films de science-fiction les plus ratés et les plus involontairement drôles de l’histoire du cinéma

THE BEAST OF YUCCA FLATS

 

1961 – USA

 

Réalisé par Coleman Francis

 

Avec Tor Johnson, Douglas Mellor, Barbara Francis, Bing Stafford, Conrad Brooks, Linda Aten, Linda Bielema

 

THEMA MUTATIONS

Plan 9 From Outer Space, Robot Monster et Attack of the 50 Foot Woman ont longtemps concouru dans la catégorie « pires films de science-fiction de l’histoire du cinéma », mais ils sont allègrement coiffés au poteau par La Bête de Yucca Flats, un objet filmique tellement incongru qu’il laisse sans voix. Et pour cause ! Sa mise en forme elle-même défie l’entendement, puisqu’il s’agit d’un film muet déguisé en film sonore. L’intégralité du métrage a été en effet tournée sans prise de son, probablement pour faire des économies, laissant une voix off extrêmement pompeuse assurer la majeure partie de la narration. Ce commentaire omniprésent paraphrase l’action, présente les personnages, introduit et conclut chaque scène, n’en finit plus de répéter les mêmes informations en faisant office de remplissage et s’efforce de dramatiser à outrance les nombreux moments où il ne se passe absolument rien à l’écran. Les dialogues sont donc inexistants dans le film. Lors des rares moments où un personnage s’exprime vocalement, sa voix est off (il est de dos, hors champ ou très loin de la caméra), le subterfuge s’avérant immédiatement détectable. D’autant que de nombreux plans montrent les acteurs remuer les lèvres sans qu’aucun son ne sorte de leur bouche.

Si au moins l’intrigue parvenait à captiver les spectateurs, peut-être passeraient-ils outre ce parti pris sonore quasi surréaliste. Mais il n’en est rien, hélas ! Le colossal Tor Johnson incarne gauchement Joseph Javorsky, un savant échappé du bloc de l’est qui se réfugie aux États-Unis en possession d’une sacoche contenant des documents ultra secrets liés au lancement d’une fusée nucléaire. Deux espions russes sont à ses trousses. En voulant leur échapper, il traverse un champ de Yucca Flats où explose soudain une bombe atomique. Le voilà transformé en monstre : une chemise déchirée, un visage vaguement peinturluré (mais pas toujours, visiblement le maquilleur n’était pas disponible tous les jours) et quelques grimaces font l’affaire. Pour le reste, le réalisateur mise tout sur la corpulence impressionnante du catcheur suédois. Dès lors, « la bête » agresse mollement les gens qui passent à sa portée (un couple de vacanciers, une famille), mobilisant les forces de l’ordre de la région, autrement dit deux policiers.

L’ancêtre de Hulk ?

Bizarrement, le film commence par une scène qui n’a rien à voir avec le reste de l’intrigue : avec comme seule bande son un tic-tac de montre, une femme entièrement nue se regarde dans le miroir de sa salle de bains, se dirige dans sa chambre avec pour seul vêtement une serviette, puis se fait agresser par un homme qui l’étrangle et qui – visiblement – la viole. Manifestement conçue pour un autre film, cette introduction racoleuse permet de gagner quelques minutes et de faire démarrer le récit sur une note supposément choquante. Interminable malgré sa très courte durée (moins d’une heure), La Bête de Yucca Flats n’est notable que pour une seule raison : son postulat de départ (le savant se muant en colosse incontrôlable après avoir été frappé par une explosion expérimentale) semble avoir influencé Stan Lee lorsqu’il créa le personnage de « L’incroyable Hulk ». Le film étant sorti le 2 mai 1961 et le « Titan Vert » ayant fait ses premiers pas dessinés le 1er mai 1962, l’hypothèse se tient.

 

© Gilles Penso

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