CUBE 2 : HYPERCUBE (2002)

Le succès surprise du premier long-métrage de Vincenzo Natali engendra inévitablement cette suite parfaitement facultative…

HYPERCUBE : CUBE 2

 

2002 – USA

 

Réalisé par Andrzej Sekula

 

Avec Kari Matchett, Geraint Wyn Davies, Grace Lynn Kung, Matthew Ferguson, Neil Crone, Barbara Gordon, Lindsey Connell, Greer Kent, Bruce Gray

 

THEMA MÉDECINE EN FOLIE

La fin ouverte de Cube laissait planer mille hypothèses, d’où cette séquelle conçue principalement pour tirer parti du succès inespéré du film de Vincenzo Natali. Car si son scénario fait mine d’éclaircir quelque peu le mystère de l’impitoyable prison à géométrie variable, Cube 2 est avant tout un remake appauvri du premier opus dont il s’efforce maladroitement de retrouver la recette miracle. Nous faisons ainsi connaissance avec huit nouveaux captifs qui ne se connaissent pas et se réveillent avec stupeur dans le cube : un ingénieur, une psychothérapeute, une retraitée sénile, une étudiante aveugle, un détective privé, une jeune avocate, un concepteur de jeux vidéo et un employé du Pentagone. Contrairement aux infortunés protagonistes du film précédent, ceux-ci semblent tous avoir un lien étroit avec le lieu dans lequel ils sont incarcérés, et leur kidnapping ne semble pas dû au hasard. Quelques brefs flash-backs nous laissent d’ailleurs entrevoir certains des prisonniers avant leur enlèvement, surveillés par des caméras vidéo, tandis que des scientifiques en blouse blanche semblent s’affairer sur de mystérieuses recherches. Peu à peu, tout semble converger vers un génie du piratage informatique nommé Alex Trusk et vers un consortium spécialisé dans l’armement dernier cri.

Au-delà de cet effacement du caractère aléatoire des captifs, l’autre grosse différence avec le film précédent réside dans le fait que le cube qui retient prisonnier nos huit héros n’est pas en trois mais en quatre dimensions, d’où le sous-titre « hypercube ». Nous nageons donc en plein paradoxe spatio-temporel : les événements se répètent, les univers parallèles s’entrechoquent, les différentes pièces ne sont pas soumises aux mêmes lois d’attraction ou aux mêmes vitesses d’écoulement du temps. Pour pouvoir échapper à cette prison d’un nouveau genre, chacun va devoir essayer de comprendre les raisons de sa présence dans le cube tout en cherchant à percer le mystère du nombre 60759 qui apparaît régulièrement sur les parois et qui pourrait bien être un code d’accès vers la liberté…

Le nombre mystérieux

Le plus gros handicap de cette séquelle est lié à l’intangibilité de la menace qui pèse sur les captifs. En lieu et place des redoutables pièges imaginés par Vincenzo Natali, nous n’avons droit ici qu’à des formes géométriques en image de synthèse (à peine plus élaborées que celles de Tron réalisé pourtant vingt ans plus tôt !) qui surgissent au gré d’un scénario erratique et désintègrent ceux qui les touchent. Difficile de s’émouvoir face à un danger si peu palpable. Les personnages eux-mêmes, construits d’un seul bloc et exempts de la moindre finesse, constituent l’autre énorme faiblesse du film. Les « gentils » le sont jusqu’au bout, les psychopathes se révèlent d’emblée, et à part un petit coup de théâtre absolument pas crédible, aucun d’entre eux ne réserve la moindre surprise. D’autant que les comédiens ne semblent jamais vraiment croire à la situation, adoptant parfois une décontraction déplacée, voire des comportements incohérents (la scène d’amour, à ce titre, vaut son pesant de cacahouètes). Cube 2 cumule ainsi bon nombre de maladresses et de frustrations, cette sensation étant renforcée par un dénouement incompréhensible censé pourtant nous donner les clefs du mystère.

 

© Gilles Penso


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LE MYSTÈRE DE LA BÊTE HUMAINE (1973)

Une demi-douzaine de convives réunis dans une vaste demeure cherche à deviner lequel d’entre eux est un loup-garou…

THE BEAST MUST DIE !

 

1974 – GB

 

Réalisé par Paul Annett

 

Avec Calvin Lockhart, Charles Gray, Michael Gambon, Peter Cushing, Anton Diffring, Marlene Clark, Ciaran Madden

 

THEMA LOUPS-GAROUS

Le prologue du Mystère de la bête humaine laisse un temps imaginer que nous avons affaire à une relecture du thème des Chasses du comte Zaroff. Un athlétique Afro-Américain (Calvin Lockhart) court en effet à perdre haleine, au milieu d’une forêt dense, tandis que des chasseurs embusqués le traquent sous la surveillance d’un hélicoptère et d’une dizaine de moniteurs vidéo. Mais ce n’est qu’un faux départ. Le « gibier humain » est en fait un chasseur millionnaire répondant au nom de Tom Newcliffe, et l’exercice auquel il se livrait visait à vérifier l’efficacité du système de sécurité de sa luxueuse propriété. Or notre homme vient d’inviter une demi-douzaine de personnalités dans un but un peu particulier : déterminer lequel d’entre eux est un loup-garou. Obsessionnel, Newcliffe a en effet réuni un certain nombre d’indices l’amenant à croire que l’un de ses convives se muera en monstre velu dès la prochaine pleine lune. Mais lequel ? La jolie Davina Gilmore (Cirana Madden) ? Le professeur expert en lycanthropie (Peter Cushing) ? Le diplomate en disgrâce (Charles Gray) ? L’artiste maudit (Tom Chadbon) ? Le concertiste (Michael Gambon) ? A moins que ce ne soit sa propre épouse (Marlene Clark) ?

Dès lors, le récit prend les allures d’un mixage contre-nature entre La Nuit du loup-garou et Dix petits nègres. L’aspect « cluedo » du film nous est d’ailleurs annoncé dès le pré-générique, au cours duquel une voix-off sentencieuse déclare : « Ce film est une enquête dans laquelle vous êtes le détective. La question n’est pas “qui est l’assassin ?” mais “qui est le loup-garou ?” Quand tous les indices vous auront été exposés, il vous sera demandé de formuler votre réponse. Saurez-vous alors qui est le loup-garou ? » Certes, le Mystère de la bête humaine n’est pas vraiment un film interactif, mais cette entrée en matière cultive inévitablement une certaine curiosité. D’ailleurs, lorsque le film s’achemine vers son dénouement, le récit s’interrompt le temps de laisser au spectateur la possibilité de déterminer qui, selon lui, est le coupable.

Dix petits lycanthropes

L’originalité de cette production Amicus s’arrête hélas ici, car le scénario se contente principalement de son argument à la Agatha Christie pour agencer des morceaux de suspense moyennement palpitants, malgré le charisme de la belle brochette de comédiens qui y sont réunis. Il faut dire que le réalisateur Paul Annett, surtout connu pour ses travaux de téléaste, assure le service minimum. Reconnaissons tout de même l’extrême dynamisme des scènes d’action mettant en scène le monstre, incarné par un véritable loup, et l’audace de cette séquence inédite au cours de laquelle il affronte un chien jusqu’à la mort. Outre les influences déjà citées, on note une forte imprégnation de la blaxploitation qui régnait alors sur les écrans, à travers la partition funky de Douglas Gamley (apparemment inspirée de celle de Shaft) et le rôle principal tenu par Calvin Lockhart. Cette réorientation du film fut d’ailleurs tardive, puisque le casting définitif ne fut établi qu’à la dernière minute, Robert Quarry (qui jouait le vampire vedette de Count Yorga) ayant initialement été contacté pour le rôle de Newcliffe.

 

© Gilles Penso


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THE BREED (2006)

Un petit groupe d’amis se retrouve isolé sur une île, en proie aux attaques virulentes d’une meute de chiens mutants…

THE BREED

 

2006 – USA / ALLEMAGNE / AFRIQUE DU SUD

 

Réalisé par Nicholas Mastandrea

 

Avec Michelle Rodriguez, Oliver Hudson, Taryn Manning, Eric Lively, Hill Harper, Nick Boraine, Lisa-Marie Schneider

 

THEMA MAMMIFÈRES

Pour son premier long-métrage, Nicholas Mastrandea n’a pas choisi la facilité : un tournage en extérieurs, des effets spéciaux complexes, des cascades en série, des animaux à dresser… Mais notre homme n’est pas un débutant. Voilà des années qu’il collabore avec Wes Craven et George Romero, d’abord en tant que machiniste puis au poste d’assistant réalisateur et de producteur associé. Sous la tutelle du réalisateur de Scream, il fait donc son baptême de la mise en scène à travers un film d’horreur obéissant gentiment à tous les codes du genre. Après un prologue bâti sur le modèle des Dents de la mer (une jeune femme est attaquée par un animal hors champ qui la traîne par les jambes pendant qu’elle hurle), nous subissons les éclats de rire niais et hystériques de cinq jeunes gens, archétypes caricaturaux de la « chair à saucisse » préférée des réalisateurs de films d’horreur. Nous sommes donc en terrain connu et la suite ne démentira pas ce penchant un pour le lieu commun.

Les héros sont John et Matt, deux frères qui viennent d’hériter d’une grande maison au beau milieu d’une île perdue. Ils y débarquent un week-end avec trois de leurs amis pour faire la fête, boire des bières et pousser des râles hilares. Jusqu’ici, tout va bien. Seulement voilà : des chiens enragés venus d’un centre de dressage désaffecté se mettent bientôt à surgir partout et les attaquent. Plusieurs blessés se comptent parmi les rangs des humains, et il devient urgent pour le petit groupe de quitter les lieux. Mais les chiens en ont décidé autrement, rendant inutilisable l’hydravion qui semblait être leur seule porte de sortie. Comment expliquer l’intelligence criminelle de ces toutous qui semblent avoir trop regardé Les Oiseaux ? L’explication réside dans les méandres d’un laboratoire abandonné où l’armée de terre faisait subir aux chiens des tests pas très catholiques. « Ils modifiaient leur ADN, ils jouaient à Dieu » s’exclame aussitôt l’un des héros, frappé par un éclair soudain de génie.

Les crocs du diable

Chaque protagoniste obéit tellement aux stéréotypes de rigueur qu’il s’agit d’un véritable catalogue : le Noir rigolo et trouillard (Hill Harper), l’étudiant en médecine consciencieux qui sait gérer le stress (Eric Lively), la bimbo délurée qui porte à merveille le bikini (Taryn Manning), la sportive qui n’a pas froid aux yeux (Michelle Rodriguez) et le bad boy spécialiste des armes et des avions (Oliver Hudson). Le fait que l’un d’entre eux énumère cette liste de clichés (ou lance quelques répliques « méta » telles que « pourquoi faut-il toujours que les plombs soient dans la cave ? ») démontre une certaine prise de conscience au second degré mais n’enlève rien au manque de finesse général du film. Le scénario ne cherche même pas à développer une idée pourtant intéressante, à peine amorcée, laissant entendre que ceux qui sont mordus par les chiens subissent une mutation. The Breed vaut donc principalement le coup d’œil pour ses scènes d’action surprenantes au cours desquelles humains et canins sont en interaction souvent très étroites (les comédiens passèrent d’ailleurs plusieurs journées d’entraînement en compagnie des chiens du film avant d’attaquer le tournage, et ça se sent à l’écran). Pour le reste, rien de bien palpitant à se mettre sous les crocs…

 

© Gilles Penso

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AND NOW THE SCREAMING STARTS ! (1973)

Dans l’Angleterre du 18ème siècle, une jeune femme est hantée par les visions macabres d’une main tranchée encore vivante…

AND NOW THE SCREAMING STARTS !

 

1973 – GB

 

Réalisé par Roy Ward Baker

 

Avec Stephanie Beacham, Peter Cushing, Ian Ogilvy, Geoffrey Whitehead, Herbert Lom, Patrick Magee, Rosalie Crutchley, Gillian Lind

 

THEMA MAINS VIVANTES

Habituée jusqu’alors aux films à sketches d’épouvante marchant sur les traces de la Hammer, la compagnie anglaise Amicus s’essaie ici au thème classique de la maison hantée en y greffant un élément déjà mis en scène avec succès dans Le Train des épouvantes : la main vivante maléfique et meurtrière. Le scénario de Roger Marshall s’inspire donc directement d’un roman déclinant ces deux motifs, « Fengriffen » de David Case. À la mise en scène, on retrouve Roy Ward Baker, qui signa quelques petits joyaux filmiques pour la Hammer, notamment The Vampire Lovers, Les Monstres de l’espace et Docteur Jekyll et Sister Hyde. Le tournage se met en place à 0akley Court, où se dérouleront trois ans plus tard les prises de vues du mythique Rocky Horror Picture Show. Dans l’Angleterre aristocrate de 1795, Catherine (Stephanie Beacham) célèbre ses noces avec Charles Fengriffen (Ian Ogilvy), descendant d’une longue lignée d’hommes illustres. Dans leur vaste château, une galerie de portraits orne les coursives. Or Catherine est fascinée par l’un d’entre eux, représentant Henry Fengriffen, l’inquiétant grand-père de Charles. D’inquiétantes visions surviennent alors.

C’est d’abord une main crispée qui déchire le tableau pour menacer la jeune femme. Hallucination ? Probablement. Mais alors comment expliquer cette main coupée qui rampe plus tard dans les couloirs du château ? Ou cet homme au poignet tranché qui agresse ensuite Catherine dans son lit ? « Son imagination lui a joué des tours » conclue hâtivement Charles, ne semblant croire lui-même qu’à moitié à son explication rationnelle. Mais les visions continuent, s’incarnant cette fois sous forme d’un homme au visage ravagé, aux yeux crevés et à la main coupée. Les morts violentes ne tardent pas à s’enchaîner dès lors : le notaire de la famille est assassiné à coup de hache dans les bois, la servante est agressée par la main fantôme et fait une chute mortelle dans un escalier, puis c’est la tante Edith (Gillian Lind) qui est étranglée par les doigts d’outre-tombe… Apparemment, tous ceux qui s’apprêtent à révéler à Catherine les origines du mal passent aussitôt de vie à trépas, par bête à cinq doigts interposée.

Et maintenant le hurlement commence !

Pour illustrer cette histoire de malédiction ancestrale somme toute assez classique, le cinéaste ne recule devant aucun artifice visuel : les fenêtres s’ouvrent toutes seules, le vent souffle lugubrement, les miroirs se brisent, les lustres se balancent en grinçant… Et pour ne pas faire mentir le titre du film, qu’on pourrait traduire par « Et maintenant le hurlement commence ! », la très photogénique Stephanie Beacham crie à gorge déployée chaque fois que l’occasion se présente, autrement dit assez souvent. Si le couple vedette ne déborde pas de charisme, les seconds rôles font quelques étincelles, notamment Patrick Magee en médecin sirupeux, Peter Cushing en psychiatre flegmatique et Herbert Lom en sinistre ancêtre à l’origine de la malédiction (un flash back nous révèle ses agissements innommables, dignes de Sir Hugo dans Le Chien des Baskerville). Mais la vraie star du film demeure la main coupée, qui ne fait que de parcimonieuses apparitions à l’écran mais déambule sur les planchers via un trucage mécanique extrêmement habile. Correctement mis en boîte, incarné avec conviction et mis en musique par un Douglas Gamley assez inspiré, And Now The Screaming Starts ! s’apprécie sans déplaisir mais demeure une œuvre mineure dans le parcours prestigieux de Roy Ward Baker.

 

© Gilles Penso


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LE VILAIN PETIT CANARD (1959)

Une très curieuse déclinaison parodique et musicale du mythe de Dr. Jekyll et Mr. Hyde produite par la Hammer…

THE UGLY DUCKLING

 

1959 – GB

 

Réalisé par Lance Comfort

 

Avec Bernard Bresslaw, John Pertwee, Maudie Edwards, Norma Marla, Reginald Beckwith, Richard Wattis, Jean Muir

 

THEMA JEKYLL ET HYDE

A la fin des années cinquante, le studio Hammer décide d’enrichir son patrimoine fantastique en ajoutant aux incontournables adaptations des Universal Monsters (Frankenstein s’est échappé, Le Cauchemar de Dracula, La Malédiction des pharaons) d’autres figures emblématiques. D’où l’idée de réinventer le célèbre docteur Jekyll. Bizarrement, l’approche choisie n’est cette fois-ci pas celle d’un film d’épouvante classique mais la parodie. Le générique, défilant sur une musique jazzy enjouée, annonce la couleur puisqu’on peut y lire : « avec des idées volées à Robert Louis Stevenson ». Descendants du fameux docteur Jekyll qui, jadis, provoqua le scandale, Henry, Victor et Henrietta tiennent une pharmacie en ville. Si Victor et Henrietta ont la tête sur les épaules (passant leurs soirées dans un club de jazz où le premier officie comme chef d’orchestre et la seconde comme danseuse), Henry est la honte de la famille. Maladroit, débraillé, timide et un peu idiot, il tombe un jour par hasard sur la formule de son aïeul, qui promet de réveiller en chacun sa pleine potentialité. Il la fabrique, l’absorbe, et devient soudain un autre homme, répondant désormais au nom de Teddy Hyde.

Le vilain petit canard du titre se réfère donc à Henry, le grand dadais de la famille à qui le comédien Bernard Bresslaw prête sa silhouette dégingandée. Lorsqu’il avale la formule de son ancêtre, il est soudain saisi de convulsions tandis que la musique de Joe Loss semble reprendre le thème de James Bernard écrit pour Le Cauchemar de Dracula. Soudain, il arbore une petite moustache à la Clark Gable, une coupe gominée, un port altier et une démarche assurée, sa grande taille lui donnant presque les allures d’un Christopher Lee de seconde zone. Au mépris de la cohérence la plus élémentaire, il se fait embaucher en quelques secondes par les gangsters qui détiennent le plus grand night-club de la ville pour se joindre à un cambriolage de grande envergure.

Une descendance prestigieuse

Quelques idées amusantes ponctuent le métrage, comme le vieux portrait de l’aïeul strict et chauve qui prend des allures de monstre velu lorsque Henry le regarde (clin d’œil manifeste au « Portrait de Dorian Gray »). Mais Le Vilain petit canard reste une comédie poussive et très anecdotique, multipliant les longues et inutiles séquences de danse et enchaînant les quiproquos et autres situations absurdes au cours d’un climax balourd. Pour autant, le film de Lance Comfort est au moins notable pour un élément clé de son scénario : l’idée d’un Jekyll banal – voire laid – et d’un Hyde séduisant. Ce concept sera réutilisé tel quel dans une seconde adaptation du mythe par le studio Hammer, produite quasi-simultanément et réalisée avec panache par Terence Fisher, l’excellent Les Deux visages du docteur Jekyll. Il sera même recyclé dans la remarquable parodie de Jerry Lewis, Docteur Jerry et Mister Love. Ainsi, même si Le Vilain petit canard est aujourd’hui tombé dans l’oubli, sa descendance s’avère prestigieuse.

 

© Gilles Penso


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INFESTED (2002)

Un groupe d’anciens amis se réunit après la mort de l’un d’entre eux et se retrouve soudain assailli par un essaim de mouches mutantes…

INFESTED

 

2002 – USA

 

Réalisé par Josh Olson

 

Avec Zach Galligan, Lisa Ann Hadley, Daniel Jenkins, Amy Jo Johnson, Nahanni Johnstone, Robert Duncan McNeill

 

THEMA INSECTES ET INVERTÉBRÉS

Infested est une œuvre pour le moins étrange, dans la mesure où elle s’essaie à un mélange des genres audacieux et inhabituel : la comédie dramatique trentenaire et le film d’horreur de série B. Tout commence comme un remake des Copains d’abord de Lawrence Kasdan. Un groupe d’anciens amis se réunit à l’occasion de la mort d’un d’entre eux et décide de prolonger les retrouvailles dans une grande maison de campagne. Les blagues fusent, les sentiments s’exacerbent, l’ambiance fluctue entre la mélancolie teintée de nostalgie et la joie potache, les tubes des années 80 retentissent sur les platines 45 tours, et le film part plutôt sur un bon pied. D’autant que la mise en scène de Josh Olson s’avère dynamique et que le casting se pare de quelques figures populaires, comme le sympathique Zach Calligan (héros inoubliable des deux Gremlins), le charismatique Robert Duncan McNeill (figure récurrente de la série Star Trek Voyager) ou la craquante Amy Jo Johnson (ex-membre des Power Rangers, et oui !).

Tout va bien tant que l’intrigue reste réaliste. Mais dès que l’épouvante pointe le bout de son nez, c’est du grand n’importe quoi. Brusquement, nos héros sont attaqués par des nuées de mouches mutantes agressives qui investissent leurs corps, se reproduisent et les transforment en zombies agressifs. Infested se mue alors en mixage contre-nature de L’Inévitable catastrophe, L’Invasion des profanateurs de sépulture et La Nuit des morts-vivants. Le problème ne provient pas tant du choc des genres mais de la terrible banalité des situations qui s’ensuivent – collection de clichés sans surprise – et surtout de l’abominable médiocrité des effets spéciaux. Comment croire une seule seconde à ces essaims de mouches en image de synthèse qui ressemblent à de petits points noirs issus d’un jeu vidéo des années 80 ? Mal animées, mal incrustées, elles décrédibilisent toutes les scènes où elles interviennent.

Le mélange des genres

Visiblement en mal de budget décent, le réalisateur eut mieux fait de jouer la carte de la suggestion et de ne montrer qu’une poignée d’insectes réels pour évoquer la menace. D’autant que la scène la plus efficace, en matière de répulsion, est celle où Amy Jo Johnson prend sa douche et malaxe sans le savoir du shampoing infesté de mouches. Sans parler de cette ultime explosion, dont l’indigence du trucage numérique prête fatalement au rire. Et les comédiens de déclamer des répliques improbables, du genre : « Nom de Dieu, c’est pire qu’un cauchemar ! » Quant au plan final, faux happy-end pour le moins convenu, il s’agit tout simplement d’un plagiat de celui de L’Invasion des profanateurs de Philip Kaufman. Bref, Infested est un film complètement à côté de la plaque, dont la seule originalité aura été de tenter un mariage de styles à priori antithétiques. C’est d’autant plus dommage qu’un crossover entre le film de copains, de zombies et d’insectes tueurs aurait été des plus réjouissants avec un scénario décent et des effets spéciaux dignes de ce nom. Josh Olson allait se rattraper trois ans plus tard en écrivant le scénario de l’excellent History of Violence réalisé par David Cronenberg.

 

© Gilles Penso


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DEUX NIGAUDS CONTRE L’HOMME INVISIBLE (1951)

Le duo comique Abbott et Costello se confronte à un boxeur invisible accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis…

ABBOTT AND COSTELLO MEET THE INVISIBLE MAN

 

1951 – USA

 

Réalisé par Charles Lamont

 

Avec Bud Abbott, Lou Costello, Arthur Franz, Nancy Guild, Adele Jergens, Sheldon Leonard, William Frawley, Gavin Muir

 

THEMA HOMMES INVISIBLES I SAGA UNIVERSAL MONSTERS

Rançon de la gloire et signe des temps, l’homme invisible connaît au début des années 1950 le sort qui fut réservé à la majeure partie des monstres du catalogue Universal : une reconversion dans la parodie, via une inévitable rencontre avec Bud Abbot et Lou Costello, les célèbres « deux nigauds » émules de Laurel et Hardy. Certaines aventures précédentes de notre homme transparent versaient déjà volontiers dans la comédie, notamment La Femme invisible et L’Homme invisible contre la gestapo, mais ici le scénario s’en donne à cœur joie, s’inspirant en partie de celui, beaucoup plus sérieux, du Retour de l’homme invisible. D’ailleurs, à l’origine, le projet s’appelait The Invisible Man Strikes Back (« L’homme invisible contre-attaque ») et était conçu comme une séquelle non parodique de La Revanche de l’homme invisible, jusqu’à ce que Bud Abbott et Lou Costello ne s’emparent du mythe suite au succès de Deux nigauds contre Frankenstein.

Ici, notre protagoniste est un boxeur accusé par erreur du meurtre de son manager. L’invisibilité lui permettra donc de prouver son innocence, tout en permettant plusieurs séquences étonnantes, comme cette partie de cartes improbable, ces spaghettis qui se mangent seuls ou cette silhouette humaine apparaissant quelques secondes dans un nuage de fumée. Succédant à John P. Fulton, David S. Horsley signe des trucages admirables, supports indispensables de ce récit rocambolesque. Quelques plans directement tirés du Retour de l’homme invisible sont réutilisés tels quels, comme le cobaye sur lequel est testé le sérum, se muant d’abord en squelette avant de disparaître complètement, ou la valise contenant des vêtements qui s’ouvre toute seule. Et pour assurer le lien avec le tout premier Homme invisible de James Whale, une photo de Jack Griffin (Claude Rains) est accrochée au mur du laboratoire du savant expérimentant le sérum.

Retour aux sources ?

Car on sent quelque part une certaine volonté de « retour aux sources » à travers ce pastiche, l’épée de Damoclès inhérente au roman de Wells (l’invisibilité s’accompagne tôt ou tard de folie destructrice) étant à nouveau au cœur de l’intrigue, même s’il ne s’agit finalement que d’un prétexte assez peu exploité. Abbott et Costello, qui rencontraient déjà furtivement l’homme invisible dans Deux nigauds contre Frankenstein, incarnent ici deux détectives privés exaspérants, et les gags liés à leur comportement absurde s’étirent indéfiniment dans le but d’augmenter les rires… souvent en vain. Reste tout de même ce climax très inventif au cours duquel Lou, se faisant passer pour un boxeur surnommé « Louis la bedaine », affronte un redoutable adversaire par l’entremise de l’homme invisible. Les coups pleuvent du néant, le match prend une tournure burlesque et la chorégraphie des combattants est quasiment surréaliste, sans que le moindre effet spécial ne soit nécessaire au bon fonctionnement de la scène. Nouveau succès pour le studio Universal, Deux nigauds contre l’homme invisible prouva une fois de plus la popularité d’un mariage des grands mythes du fantastique avec le célèbre duo comique.

 

© Gilles Penso


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L’ÎLE DU NON RETOUR (1973)

Dans un futur indéterminé, une île au large de la Californie s’est transformée en prison où les criminels sont livrés à eux-mêmes…

TERMINAL ISLAND

 

1973 – USA

 

Réalisé par Stephanie Rothman

 

Avec Don Marshall, Phyllis Davis, Ena Hartman, Marta Kristen, Barbara Leigh, Randy Boone, Tom Selleck

 

THEMA FUTUR

« L’Île du non-retour : l’endroit où nous déversons nos poubelles humaines ! » clamait la voix off de la bande annonce de l’époque. Avant d’être une fable d’anticipation et de politique-fiction, L’Île du non-retour est d’abord et surtout un film d’exploitation typique des années 70, avec des héros noirs et blancs, de l’action, de la violence, un zeste d’érotisme et une musique à la Shaft (avec en prime une improbable chanson de générique vaguement country, titrée « Too Damn Bad » et interprétée par Jeff Thomas). L’originalité du film (connu aussi en France sous le titre Le Dernier pénitencier) tient dans son postulat de départ, qu’on retrouvera restitué quasi-intégralement dans Absolom 2022, mais aussi partiellement dans New York 1997. Nous sommes dans un futur indéterminé, et l’île de San Bruno, au large de la Californie, a été transformée par le gouvernement en prison d’état. Tous les meurtriers au premier degré y sont laissés à l’abandon, libres de s’organiser et de survivre comme ils l’entendent, du moment qu’ils ne s’échappent pas de l’île.

C’est dans cet environnement barbare et inhospitalier, sans loi ni gardiens, qu’est exilée la détenue Carmen Sims (Eva Hartman). « Conformément au code pénal californien, vous êtes aujourd’hui légalement morte », lui annonce avant son transfert un fonctionnaire en lui tendant un formulaire, « signez ici ». Ce à quoi la belle, qui n’a pas froid aux yeux, rétorque : « je n’ai jamais entendu dire qu’un cadavre savait signer ! ». Tombée sous le giron du sinistre Bobby Farr (Sean Kenney), Carmen se retrouve dans une communauté exagérément machiste où les filles sont réduites en esclavage, servant tour à tour de bêtes de somme, de cuisinières, de femmes de ménage et de prostituées ! Bientôt, elles sont libérées par un groupe de rebelles et révèlent dès lors des capacités de fines guerrières. C’est le coup d’envoi d’une guerre ouverte entre les deux clans…

Tom Selleck en guest-star

Toutes les conventions du film de prison de femmes sont donc réunies, mais l’intrigue de L’Île du Non-retour est somme toute assez palpitante, notamment au moment de l’affrontement final, terriblement déséquilibré, entre les « méchants », une quarantaine de sauvages armés, et les « gentils », une poignée de héros équipés de grenades de fortune et de projectiles explosifs artisanaux. Par un heureux caprice du hasard, toutes les filles exilées sur cette île prison sont jeunes, girondes et sculpturales, tandis que les images finales du film laissent entrevoir une ébauche de paradis sur une île sauvage devenue édénique. Tom Selleck, future superstar de la série Magnum, promène nonchalamment sa grande silhouette dans le rôle de Norman Milford, un docteur injustement accusé de meurtre qui se drogue pour oublier ses malheurs. « Tout le monde sur cette île est un assassin, sauf moi… Je suis innocent » déclare-t-il à Carmen lors de leur première rencontre. « Ouais », se contente-t-elle de répondre. Stephanie Rothman, réalisatrice, co-productrice et co-scénariste de cette œuvrette divertissante, est une ancienne disciple de Roger Corman, et même si sa mise en scène n’est pas exempte de maladresses, sa patte personnelle et ses amusantes touches de féminisme confèrent à L’Île du non-retour un style à part.

 

© Gilles Penso


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NOTRE DAME DE PARIS (1956)

Anthony Quinn et Gina Lollobrigida incarnent Quasimodo et Esmeralda dans cette adaptation luxueuse du classique de Victor Hugo…

NOTRE DAME DE PARIS

 

1956 – FRANCE / ITALIE

 

Réalisé par Jean Delannoy

 

Avec Gina Lollobrigida, Anthony Quinn, Jean Danet, Alain Cuny, Valentine Tessier, Jacques Dufilho, Piéral

 

THEMA FREAKS

Au milieu des années 50, Jean Delannoy avait déjà prouvé un indiscutable savoir-faire en matière de reconstitutions historiques et de superproductions marquées sous le signe de l’épopée et de l’aventure. Appuyée sur un scénario de Jean Aurenche, son approche du récit de Victor Hugo s’avère relativement fidèle au texte initial. Nous sommes à Paris, en 1482, sous le règne de Louis XI. Alors que la fête des fous agite la population, la belle bohémienne Esméralda (Gina Lollobrigida) s’exhibe sur le parvis de la cathédrale Notre Dame. Réveillant le désir de tous les hommes, elle est surveillée du haut des tours par le sinistre alchimiste Frollo (Alain Cuny), dont les ardents désirs sont sévèrement refoulés… D’autres hommes interviennent dans sa vie, notamment le poète Pierre Gringoire (Robert Hirsch), qu’elle épousera afin de lui sauver la vie, et surtout le monstrueux Quasimodo (Anthony Quinn), le sonneur des cloches de Notre Dame auquel elle a prêté secours au moment où la foule le fouettait en place publique. Sans oublier le beau capitaine Phœbus de Châteauners (Jean Danet), qu’elle s’est mise à aimer dès le premier regard. Au lendemain de la fête des fous, Phœbus a rendez-vous avec Esméralda, mais Frollo veille, poignarde son rival et fait condamner la Bohémienne…

Même si l’impressionnante reconstitution du Paris du 15ème siècle (bâtie de toutes pièces dans les vastes studios de Boulogne) n’est pas avare en détails pittoresques, en couleurs bigarrées et en populaces excentriques (mille figurants se bousculent parfois dans les décors somptueux de René Renoux), cette troisième grande adaptation du roman de Victor Hugo manque singulièrement de panache et d’emphase, d’autant que le scénario de cette co-production franco-italienne (co-écrit par deux très belles plumes au demeurant, Jacques Prévert et Jean Aurenche) pêche par une narration un peu lâche et un enchaînement de péripéties aux enjeux pas toujours bien définis. Le choix de la pulpeuse Gina Lollobrigida en Esméralda (à coup sûr la plus mémorable de toutes celles qui incarnèrent l’envoûtante Gitane) est certes judicieux. Mais on ne peut pas en dire autant de celui d’Anthony Quinn en Quasimodo…

Anthony couine

Après les performances de Lon Chaney et Charles Laughton, Quinn, dont le charisme et le talent n’étaient pourtant plus à prouver depuis belle lurette, manque ici de crédibilité et se prête mal aux gesticulations et aux grimaces du sonneur de cloches. Monstrueusement pathétique dans le texte d’Hugo, il se mue ici en simple d’esprit aux traits disgracieux, perdant en cours de route la majeure partie de son aura. Ce parti pris est à l’image du film tout entier, évacuant le caractère gothico-fantastique du récit – très présent dans les deux films précédents – au profit d’un grand spectacle en Cinémascope et en Technicolor plus proche du style et des goûts de Jean Delannoy. Anthony Quinn se tire tout de même de ce rôle complexe sans sombrer dans le ridicule, ce qui n’est pas évident en pareil contexte. Le reste du casting, plutôt heureux, nous offre une galerie de personnages surprenants et mémorables. Dommage que le monument lui-même, qui donne pourtant son nom au titre, n’ait pas été mieux exploité, et que l’éclat des costumes l’emporte bien souvent sur celui des décors. Sans le savoir, ce Notre Dame de Paris plantait les graines d’une future comédie musicale de Richard Cocciante et Luc Plamondon amenée à triompher en Europe à la fin des années 90.

© Gilles Penso

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LA MAISON DE DRACULA (1944)

Dans ce grand « medley » estampillé Universal, les grands monstres du répertoire classique se croisent et s’affrontent au fil d’un scénario rocambolesque…

HOUSE OF DRACULA

 

1944 – USA

 

Réalisé par Erle C. Kenton

 

Avec Lon Chaney Jr, John Carradine, Glenn Strange, Martha O’Driscoll, Lionel Atwill, Jane Adams, Onslow Stevens

 

THEMA FRANKENSTEIN I DRACULA I LOUPS-GAROUS I SAGA UNIVERSAL MONSTERS

Dans cette suite directe de La Maison de Frankenstein, toute la galerie monstrueuse échappée du bestiaire Universal revient faire un tour de piste sauf Boris Karloff, qui a définitivement déserté la série. Ici, le comte Dracula (John Carradine, arborant fièrement un haut-de-forme et un costume à queue de pie d’un autre âge) et un Larry Talbot moustachu (Lon Chaney Jr) demandent au respectable docteur Edelmann (Onslow Stevens) de les soigner de leurs maux respectifs : le vampirisme et la lycanthropie. Le médecin détecte une toxine étrange dans le sang de Dracula, et s’efforce de procéder à une série de transfusions tout en créant un antidote. Quant à Talbot, une radiographie révèle une pression sur son cerveau qui crée une sécrétion glandulaire anormale. Edelmann se propose de remodeler sa boîte crânienne grâce à la moisissure d’une plante tropicale qui ramollit les os sans intervention chirurgicale. Il y a donc un espoir pour notre lycanthrope. Mais Talbot ne se sent pas capable d’attendre et se jette dans la mer du haut d’une falaise. Edelmann le retrouve vivant – et très poilu – dans une grotte sous-marine.

Un hasard ne venant jamais seul, la grotte en question présente les caractéristiques idéales pour faire pousser les fameuses plantes tropicales, et abrite en outre le squelette du docteur Niemann et le corps toujours vivant du monstre de Frankenstein (nous les avions quittés enlisés dans un marais à la fin du film précédent mais bon, nous ne sommes plus à une aberration près). Edelmann résiste à son envie de ranimer le corps et se voit contraint de se débarrasser de Dracula, qui tentait de vampiriser Miliza (Matha O’Driscoll), une de ses assistantes. Il ouvre donc son cercueil en plein jour, et c’en est fini du saigneur des ténèbres. Edelmann réussit à soigner Talbot (enfin !), mais il a été contaminé par le sang de Dracula lors d’une transfusion. Il commence alors à se transformer physiquement au cours d’une scène étonnante où son reflet disparaît progressivement du miroir qui le reflète. Émule du docteur Jekyll, il libère sa bestialité la nuit, assassinant son employé Siegfried et son infirmière Nina, puis ranimant le monstre de Frankenstein (incarné par Glenn Strange pour la seconde fois) afin de percer le secret de l’immortalité. C’est donc la grosse pagaille. Et ce n’est pas fini !

Rebondissements en série

Les derniers rebondissements de La Maison de Dracula s’avèrent aussi rocambolesques que ceux d’un serial mâtiné de Vaudeville. Alors que le loup-garou Talbot parvient à abattre le docteur d’un coup de revolver et à s’enfuir du château avec Miliza, le monstre de Frankenstein soudain ranimé intervient trois minutes avant le carton « The End » pour menacer les paysans. Mais un court-circuit l’enflamme et le détruit, ce qui permet à Erle C. Kenton de réutiliser à l’occasion des stock-shots du Spectre de Frankenstein. Le final prend donc une fois de plus la forme d’un grand incendie qui réduit à néant la quasi-totalité du casting… Sauf Talbot et sa nouvelle dulcinée, la belle Miliza, qui assistent à la catastrophe, tendrement enlacés. Il était temps que ce bon vieux lycanthrope ait droit à un happy end digne de ce nom. Si le scénario n’apporte aucune réelle nouveauté, il est traité de manière moins découpée que La Maison de Frankenstein, préférant mêler davantage les trois monstres principaux et leurs intrigues. Ce sera la dernière exploitation « sérieuse » du patrimoine monstrueux des studios Universal, avant le recyclage parodique orchestré par Abbott et Costello.

 

© Gilles Penso

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