

Dans ce septième et dernier épisode de la saga des vers géants, l’indéboulonnable Burt Gummer affronte des monstres génétiquement modifiés…
TREMORS : SHRIEKER ISLAND
2020 – USA
Réalisé par Don Michael Paul
Avec Michael Gross, Jon Heder, Richard Brake, Caroline Langrishe, Jackie Cruz, Cassie Clare, Sahajak Boonthanakit, Matthew Douglas, Randy Kalsi, Bear Williams
THEMA INSECTES ET INVERTÉBRÉS I SAGA TREMORS
Un petit dernier pour la route ? La cote de popularité de la saga Tremors étant encore vivace, le studio Universal décide de lui offrir un septième opus, malgré l’âge avancé (73 ans) de son acteur principal Michael Gross, fil conducteur reliant tous les épisodes de cette franchise mouvementée née en 1990. Responsable de la « renaissance » de la série après le long gap séparant Tremors 4 (2004) de Tremors 5 (2015), le réalisateur Don Michael Paul rempile en conservant les ingrédients qui surent séduire les spectateurs des films précédents : une mise en scène solide, de beaux extérieurs naturels, des effets visuels très performants et un savant mélange d’action et d’humour. Pour varier les plaisirs, on change tout de même de décor. Après les déserts de westerns, les plaines africaines et les panoramas arctiques, nous voici désormais dans la jungle d’une île tropicale. Cette relocalisation permet à Tremors : Shrieker Island de se rapprocher beaucoup de l’atmosphère de Jurassic Park et du Monde perdu, double référence allègrement assumée par le film. L’équipe de tournage s’installe donc en Thaïlande en novembre 2019, pour des prises de vues qui s’amorcent sous le titre de travail Island Fury. Et c’est le directeur de la photographie Alexander Krumov, grand habitué des séries B à petit budget, qui est chargé de saisir du mieux qu’il peut la photogénie des lieux.


Sur Dark Island, une réserve privée exploitée par l’entreprise Avex-Bio Tech, Bill (Richard Brake), chasseur de gros gibier, organise des safaris clandestins pour riches amateurs de sensations fortes. Flanqué de sa partenaire Anna (Cassie Clare), il propose à ses clients de traquer de redoutables Graboïdes, qu’il a secrètement modifiés génétiquement pour les rendre plus intelligents et plus féroces. À proximité, la scientifique Jas Welker (Caroline Langrishe) et son collègue Jimmy (Jon Heder) étudient d’étranges secousses sismiques. Intriguée par les activités de Bill, Jas mène l’enquête avec l’aide de Jimmy et de leur ami Ishimon (Manop Vanasinsathrapron). Leur exploration les conduit à la découverte d’un Graboïde mort… bientôt suivi de l’émergence de Shriekers, ses progénitures, qui attaquent et tuent Ishimon. Comprenant que la situation échappe à tout contrôle, Jas demande à Jimmy de partir à la recherche de Burt Gummer, spécialiste des Graboïdes, retiré du monde et hostile à toute nouvelle implication. Malgré ses réticences et un passé conflictuel avec Jas, Burt accepte finalement d’intervenir. Face à la menace devenue incontrôlable, une course contre la montre s’engage pour survivre sur l’île désormais livrée aux prédateurs…
Bouquet final
Force est de constater que Michael Gross est toujours en grande forme et joue d’ailleurs volontiers avec son image. La première fois que nous le découvrons dans le film, c’est sous les allures d’une sorte de Robinson Crusoé revenu à l’état sauvage. Seul sur son île de Papouasie, torse-nu, hirsute, la barbe blanche, il se nourrit de poissons et vit en ermite. Bien sûr, il ne tarde pas à retrouver son look de survivaliste fou des armes, la casquette vissée sur la tête et les Ray-Ban solaires sur le nez. Si son fils Travis, qui partageait l’affiche avec lui dans les deux films précédents, n’est pas de la fête, nous découvrons en revanche sa mère Jas (Caroline Langrishe), ex-compagne de Burt, ce qui permet de pimenter un peu l’intrigue. Du côté des antagonistes, le très charismatique Richard Brake (Mandy, 31, 3 From Hell) campe une sorte de comte Zaroff ayant troqué le gibier humain contre des vers géants, et Cassie Clare incarne une émule de Lara Croft, virtuose du tir à l’arc qui commence à émettre de sérieuses réserves sur le bien-fondé de ces parties de chasse aux monstres. Les créatures elles-mêmes restent de haute tenue, dotées d’une vision infrarouge qui pousse l’un des protagonistes à s’écrier : « Ils chassent par signature thermique, comme dans Predator ! », Les clins d’œil de cet acabit abondent dans les dialogues, de Godzilla à Rambo en passant par Evil Dead. Sans compter l’influence spielbergienne qui pousse Don Michael Paul à filmer le Graboïde final comme un T-rex et les Shriekers comme des raptors. Tremors : Shrieker Island ne brille certes pas par sa finesse mais ne nous trompe jamais sur la marchandise. Primaire, généreux, décomplexé, il clôt avec panache cette longue saga pétaradante.
© Gilles Penso
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