SAMEDI 14 (1981)

Une parodie très modérément drôle dans laquelle une famille tranquille est envahie par une série de monstres improbables issus d’un livre maléfique…

SATURDAY THE 14th

 

1981 – USA

 

Réalisé par Howard R. Cohen

 

Avec Richard Benjamin, Paula Prentiss, Jeffrey Tambor, Severn Darden, Kari Michaelsen, Kevin Brando, Rosemary DeCamp, Stacy Keach Sr., Carole Androsky

 

THEMA VAMPIRES I MONSTRES MARINS I SORCELLERIE ET MAGIE

Scénariste d’une poignée de séries B depuis le début des années 1970, Howard R. Cohen se voit offrir sa première chance derrière la caméra par Julie Corman, l’épouse de Roger, qui finance elle-même Samedi 14. Pensé comme une parodie déjantée du cinéma d’horreur, le film ne vise pourtant pas directement Vendredi 13, malgré ce que son titre pourrait laisser croire. Bizarrement, Cohen puise davantage son inspiration dans la saga des Universal Monsters, les récits de fantômes et les histoires de sorcellerie. Si le scénario, qui s’appuie sur une histoire originale de Jeff Begun, ne manque pas d’ambition, Samedi 14 doit composer avec des moyens très modestes (productions Corman obligent) et un tournage expédié en seulement trois semaines. La fabrication du film est même précipitée vers la fin – pour ne pas dire bâclée – afin de permettre sa sortie avant celle d’une autre comédie horrifique réalisée par Alfred Sole, au titre presque identique : Thursday the 12 (autrement dit « Jeudi 12 »). Pari réussi : Samedi 14 arrive en salles le premier, tandis que son concurrent, rebaptisé entretemps Pandemonium pour éviter toute confusion, ne sort finalement que l’année suivante. Pour l’anecdote, les deux interprètes principaux de Samedi 14, Paula Prentiss (Les Femmes de Stepford) et Richard Benjamin (Mondwest), qui jouent un couple à l’écran, sont alors mariés dans la vraie vie. 

Le générique qui ouvre Samedi 14 est un dessin animé extrêmement sommaire qui annonce déjà les limites du film. Originaires de Transylvanie, le vampire Waldemar (Jeffrey Tambor) et sa femme Yolanda (Nancy Lee Andrews) se rendent en Pennsylvanie dans l’espoir d’acheter un manoir délabré afin de mettre la main sur un grimoire maléfique. Mais il leur faut patienter, car la vieille demeure, dont le propriétaire vient de passer l’arme à gauche, est désormais occupée par les héritiers, autrement dit la famille Hyatt : John (Richard Benjamin), sa femme Mary (Paula Prentiss), leur fille ado Debbie (Kari Michaelsen) et le petit Billy (Kevin Brando). L’endroit est sinistre, mais les parents sont persuadés de pouvoir le transformer en nid douillet. Lorsque Billy découvre le fameux « Livre du Mal » et commence à le feuilleter, les choses se gâtent. Tous les monstres qui apparaissent au fil des pages se volatilisent du vieil ouvrage pour se matérialiser à l’intérieur de la maison : une bestiole simiesque aux oreilles pointues et aux yeux en forme de périscopes, une momie poussiéreuse, une espèce de yéti, un émule de L’Étrange créature du lac noir, des Trolls de toutes sortes… Lorsque Mary découvre que le grenier est envahi par des chauves-souris, John fait appel au professeur Van Helsing (Severn Darden), qui semble être le dernier recours face à cette invasion improbable…

Fourrure et caoutchouc

Samedi 14 fait preuve de générosité, c’est indéniable. Confiées aux bons soins de Steve Neill (Destruction planète Terre, Rayon Laser, Mutant) et Rick Stratton (La Galaxie de la terreur, Les Mercenaires de l’espace, Starfighter), les nombreuses créatures qui viennent hanter les lieux n’ont certes pas une once de réalisme (ça sent le caoutchouc et la fourrure à plein nez) mais savent égayer les péripéties par ailleurs assez mornes de ce pastiche paresseux. Le spécialiste des effets visuels Ernest Farino entre même dans la danse pour une poignée de séquences en stop-motion au cours desquelles notre couple de vampire se transforme en chauves-souris qui volètent dans le grenier. Un rat bizarre dans le frigo, une tête coupée dans la cuisine et des yeux qui flottent dans une tasse à café viennent compléter le tableau. Si le scénario s’efforce de cligner de l’œil vers plusieurs classiques du genre (le monstre aquatique qui imite l’aileron des Dents de la mer, l’allusion à Rosemary’s Baby, la télé qui ne diffuse que des épisodes de La Quatrième dimension, une plante carnivore qui dit « feed me! » comme dans La Petite boutique des horreurs, des céréales Count Chocula), les gags du film tombent la plupart du temps à plat. Pas très drôle, pas bien rythmé, Samedi 14 nous embarrasse plus qu’il ne nous amuse, notamment lors de ce combat de grimaces final. Étrangement, deux éléments de Samedi 14 annoncent Les Griffes de la nuit, qui ne sortira que quatre ans plus tard : l’adresse de la maison (située à Elm Street) et la scène de la fille attaquée dans sa baignoire. Même si le film ne rencontre qu’un succès très modéré au box-office, il donnera tout de même suite à un deuxième épisode, Samedi 14 contre-attaque, tourné et sorti sept ans plus tard.

 

© Gilles Penso

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BLUE DEMON CONTRE LE POUVOIR SATANIQUE (1966)

Le catcheur au masque bleu affronte un super-vilain surgi de son cercueil après 50 ans de repos et capable d’imposer sa volonté par hypnose…

BLUE DEMON VS EL PODER SATANICO

 

1966 – MEXIQUE

 

Réalisé par Chano Urueta

 

Avec Alejandro Moreno, Martha Elena Cervantes, Jaime Fernandez, Queta Garay, Glenda Castro, Fernando Osés, Mario Orea, Guillermo Hernandez, Margarito Luna

 

THEMA SUPER-HÉROS I POUVOIRS PARANORMAUX I SAGA BLUE DEMON I SANTO

Concurrent du célèbre catcheur Santo, dont il finit par envier la carrière au cinéma, Alejandro Moreno, alias Blue Demon (« Le démon bleu »), fait ses débuts sur les écrans en 1965 avec Blue Demon : El Demonio Azul, dans lequel il affronte un loup-garou. Pour son aventure suivante, Blue Demon contre le pouvoir satanique, le producteur Luis Enrique Vergara pense à un coup marketing imparable : demander à Santo de faire équipe avec lui. Le lutteur au masque d’argent participe certes au film, mais en réalité de manière très anecdotique. Il se livre en effet à un combat sur le ring – parfaitement déconnecté du reste de l’intrigue – puis vient saluer son confrère dans sa loge, en lui affirmant solennellement que la lutte contre le mal est noble, même si elle est semée de déconvenues. Pour le reste du métrage, Blue Demon devra se passer de ses services. Ici, notre fier catcheur au masque azur va devoir se frotter à un ennemi particulièrement redoutable : un criminel sadique aux pouvoirs paranormaux répondant au nom de Gustavo Fernandez et interprété avec un indiscutable charisme par l’acteur Jaime Fernandez. Nous le découvrons d’abord en 1914, où il est emprisonné et condamné à mort pour une série de crimes qu’on imagine abominables. Or Fernandez accepte la sentence sans broncher, un étrange sourire aux lèvres.

Ce super-vilain mi-sorcier mi-alchimiste a en effet prévu de se plonger dans un état de transe imitant la mort pour pouvoir s’échapper de la morgue dès que l’occasion se présentera. « La catalepsie se distingue de la mort par une seule chose : il n’y a pas de putréfaction », explique-t-il à son compagnon de cellule. Mais avant qu’il puisse s’évader, on l’enterre vivant. Il va donc lui falloir s’armer de beaucoup de patience. Cinquante ans plus tard, deux pilleurs de tombe découvrent son cercueil et sont naturellement surpris lorsqu’il en surgit, tel un vampire assoiffé de sang, pour les agresser avant de prendre la fuite. Fernandez regagne alors son repaire secret et décide sans plus tarder de recommencer ses actes criminels. En errant dans les bois, il croise un jeune homme et sa fiancée. Ce seront ses premières victimes du vingtième siècle. Par la force de sa pensée, à l’instar des futurs Scanners de David Cronenberg, il tue l’homme (qui s’avère être le cousin de Blue Demon), puis enlève la jeune femme. Hypnotisée, celle-ci satisfait ses appétits sexuels, avant de finir brûlée vive dans une pièce spécialement aménagée dans l’antre du monstre. D’autres demoiselles ne tarderont pas à tomber entre ses griffes, pour connaître le même sort. Entre deux combats de catch, Blue Demon décide de mener l’enquête. Mais comment mettre la main sur un criminel aussi insaisissable ?

Le vrai commencement de l’existence cosmique

Blue Demon contre le pouvoir satanique cultive savamment son atmosphère gothique, très proche d’autres films mexicains de la même époque tels que La Marque de la mort, Les Larmes de la malédiction ou Les Mystères d’outre-tombe. Le réalisateur Chano Urueta lui-même est un coutumier du genre, puisque nous lui devons des titres tels que La Tête vivante, Le Baron de la terreur ou Le Miroir de la sorcière. Notre vilain joue ainsi du piano, seul dans sa vaste demeure tapissée de toiles d’araignée et ornée de chandeliers, cerné par des tableaux d’un autre âge. Son regard hypnotique est filmé comme celui de Bela Lugosi dans Les Morts-vivants, avec une lumière directionnelle laissant émerger de l’obscurité ses yeux écarquillés, tandis que les ombres portées rampent sur les murs sous haute influence du cinéma expressionniste. Beaucoup de scènes sont d’ailleurs muettes, construites uniquement sur les échanges de regards. Ce qui n’empêche pas une voix off de traduire régulièrement les sombres pensées de Fernandez. « Vivre, c’est merveilleux », dit-il à l’une des femmes qu’il s’apprête à sacrifier dans un brasier. « Il est encore plus merveilleux de comprendre que la vie ne sert qu’à mourir. C’est là le vrai commencement de l’existence cosmique. » Comme souvent dans ce genre de film, l’action s’interrompt régulièrement pour céder la place à des combats sur le ring mais aussi à des intermèdes musicaux terriblement datés (les vocalises d’une chanteuse pop affublée d’une perruque invraisemblable, un twist collectif endiablé ou encore un boléro sentimental dans un club huppé). La molle enquête de Blue Demon, elle, avance à pas de fourmis. Notre catcheur massif passe son temps à lire ou à arpenter la forêt avec sa lampe de poche, sans beaucoup de résultats. Puis soudain, à dix minutes de la fin, il trouve le repaire de Fernandez, bloque ses pouvoirs grâce à sa force mentale et le met hors d’état de nuire, le réduisant à l’état de momie desséchée ! Blue Demon tiendra la vedette de 23 autres films, jusqu’en 1979.

 

© Gilles Penso

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L’ODYSSÉE (2026)

Christopher Nolan nous propose une version introspective de L’Odyssée d’Homère…

THE ODYSSEY

 

2026 – USA / GB

 

Réalisé par Christopher Nolan

 

Avec Matt Damon, Tom Holland, Robert Pattinson, Anne Hathaway, Himesh Patel, John Leguizamo, Charlize Theron, Corey Hawkins, Jarreth J. Merz, Niko Nicotera

 

THEMA MYTHOLOGIE

Film évènement de l’année 2026, L’Odyssée a recueilli des critiques dithyrambiques, malgré (ou grâce à ?) des avant-premières dont furent exclus les influenceurs généralement courtisés par les studios, le réalisateur souhaitant officiellement redonner aux critiques professionnels leur place sur l’échiquier médiatique. Le casting prestigieux joue le jeu et inonde de son glamour tous les tapis rouges des capitales du monde pour vanter le génie de Nolan, conter les coulisses d’un tournage dans de nombreux pays (Maroc, Islande, Grèce, Ecosse et Californie pour les scènes en studio) et favorisant les décors naturels et construits « en dur », avec notamment la construction partielle mais grandiose de la cité de Troie, ainsi que son fameux cheval, des bateaux fonctionnels, du vrai sable, de la véritable eau de mer et du vrai vent, le tout filmé pour la première fois intégralement au format IMAX 70mm. Il est vrai qu’après avoir été sevré aux films super-héroïques tournés sur fond vert depuis 20 ans, le public a de quoi s’extasier devant ce qui s’annonce comme une superproduction hollywoodienne épique et spectaculaire… sauf que, tel un cheval de Troie justement, L’Odyssée est tout l’inverse : un film introspectif refusant tout spectacle ostentatoire, jusqu’à sa bande originale signée Ludwig Gorannson, qui s’amuse avec des sonorités ethniques et des nappes sonores, aux antipodes des compositions flamboyantes de Miklos Rosza pour Ben-Hur ou Dimitri Tiomkin pour La Chute de l’empire romain. Visuellement, Nolan privilégie comme à son habitude une approche réaliste, sobre et même ici un brin minimaliste, contrastant avec le discours superlatif des acteurs, dont le temps de présence à l’écran est parfois inversement proportionnel à leur omniprésence médiatique durant le press tour : Zendaya n’apparait ainsi pas plus de cinq minutes, Charlize Theron, Elliot Page ou Lupita N’Goyo guère plus. Tom Holland et Robert Pattinson tiennent certes des (seconds) rôles plus importants mais n’ont pas grand-chose à jouer, les sentiments et les motivations des personnages étant toujours sur-signifiés dans les dialogues ne laissant finalement que peu de place à l’interprétation. Sur le fond bien sûr, la pertinence et la dimension philosophique du texte d’Homère ne sont plus à démontrer.

Christopher Nolan ne souhaitant jamais faire simple, il impose comme à son habitude un montage alterné entre plusieurs temporalités : d’un côté, Télémaque (Tom Holland) et Pénélope (Anne Hathaway), attendant le retour d’Ulysse au présent ; de l’autre, le récit fragmenté de la guerre de Troie, des rencontres avec le cyclope ou la sorcière Circé, compliquant de façon artificielle un récit qui ne perdrait rien de son intérêt s’il avait suivi une structure linéaire. Le style du réalisateur serait-il en passe de devenir une formule ? Le procédé fait en tout cas long feu ici car en cours de métrage, sans doute conscient qu’il ne se passe plus grand-chose à Ithaque, Nolan recentre son récit les voyages d’Ulysse et ses péripéties de façon chronologique (à quelques classiques flashbacks près), peinant cependant à faire ressentir les vingt années qu’elles représentent en raison de leur nature épisodique. Mais en renonçant à intégrer ses obsessions temporelles habituelles et en se détournant de son traditionnel casting de seconds rôles (ou de figurants ?) « cinq étoiles », l’adaptation de L’Odyssée met en exergue une autre thématique récurrente, quoique plus discrète, de la filmographie de l’auteur d’Inception, Interstellar, The Dark Knight, Oppenheimer ou encore Le Prestige : le destin de protagonistes qui se lancent tête baissée dans une quête ou une mission personnelle, qu’ils perçoivent comme vertueuse, au prix du départ et de l’exil, ainsi que les conséquences de leurs actes sur le monde et sur ceux pour qui ils se battent ou pensent se battre , lesquels ne comprennent ni n’acceptent toujours leurs choix, à l’image des habitants de Gotham ou des enfants du personnage incarné par Matthew McConaughey dans Interstellar. Ils n’atteignent jamais leur objectif sans sacrifice, pas plus qu’en faisant l’unanimité. Pour endosser l’armure d’Ulysse défiant les dieux, Matt Damon (re-)sculpte son corps, ajuste son langage corporel et transforme même sa voix, afin de donner à son personnage la présence et la gravité nécessaires. Nolan peut dès lors choisir de raconter son histoire à hauteur d’homme, du strict point de vue de son héros, sans plans d’ensemble spectaculaires ni multi-angularité objective sur l’action, une approche identique à celle choisie par Spielberg pour La Guerre des mondes.

Heureux qui comme Chris

L’Odyssée ne ressemble donc en rien à Jason et les Argonautes, Le Choc des Titans et autres classiques mettant en avant des monstres animés par Ray Harryhausen. Pas plus qu’à un blockbuster de l’âge numérique qui pourrait se permettre de tout montrer. Le cyclope, par exemple, n’est jamais dévoilé en totalité, même dans la version IMAX 70mm, pour signifier sa taille imposante. Fidèle à sa volonté de filmer en direct devant la caméra, les équipes construisent une marionnette géante de près de 30 mètres de haut, maquette qui sera remplacée par l’incrustation d’un acteur maquillé dans la majorité des plans. Le secret le mieux gardé des films de Christopher Nolan est qu’il a bien recours à des images de synthèse sur tous ses films, principalement pour des ajouts ou effacements d’objets, personnages ou décors, ou simplement pour incruster des éléments tournés séparément. Pas de quoi crier à la publicité mensongère, car un effet spécial qui fonctionne est avant tout un effet dont on a du mal à déterminer la nature, ce qui est le cas ici : qu’il s’agisse du cyclope ou de la trombe marine, bien malin celui qui saura deviner comment ont été réalisées ces séquences. Et lorsque Circé transforme les compagnons d’Ulysse en cochons, on applaudit l’économie de moyens et l’efficacité de simples effets de substitutions et de dissimulations à l’ancienne. Mais la volonté de privilégier le « vrai » révèle parfois ses limites. Ainsi, une séquence de tempête en mer ressemble à ce qu’elle est : des acteurs sur un bateau raisonnablement stable s’agitant sous des lances à eau. La mise en scène s’appuie sur l’omniprésence de la musique et un montage très elliptique. Chez Nolan, on voit rarement un personnage entrer ou quitter le cadre, encore moins accomplir des gestes anodins : la moindre réplique est délivrée avec solennité et sans amorce de scène. Une densité et une intensité qui risquerait de se retourner contre le film, car à force pousser tous les curseurs en permanence, son approche pourrait finir par étouffer toute respiration organique en faveur d’une cérébralité empêchant toute émotion directe. L’Odyssée reste une belle proposition de cinéma « adulte », aux parti-pris radicaux mais aussi paradoxaux, notamment le refus un brin snob de céder au grand spectacle frontal et au glamour hollywoodien, ou encore le sous-emploi du casting le plus prestigieux qui soit, tout en dépensant tout de même quelques 250 millions de dollars de budget. Rappelons tout de même à ceux qui s’extasient, à juste titre, devant les défis et la magie d’un tournage dans des décors immenses, les effets spéciaux réalisés physiquement ou encore la précision des coupes irréversibles d’un montage effectué à même le fragile négatif original que, avant le mitan des années 2000, c’est comme ça qu’étaient confectionnés tous les films. Et si on peut remercier Christopher Nolan d’entretenir le prestige de ce savoir-faire et remplir à nouveau les salles de cinéma à l’été 2026 avec un sujet à priori peu vendeur, on ne peut pas non plus lui attribuer l’image du génie créatif absolu qu’il n’est pas. On recommandera aux curieux de voir ou revoir Valhalla Rising de Nicolas Winding Refn, qui emmenait déjà Mads Mikkelsen (et le spectateur) dans une expérience introspective au cœur de paysages naturels froids et humides, pour un budget cinquante fois inférieur à celui de L’Odyssée, sans que le résultat soit pour autant cinquante fois moins intéressant.

 

© Jérôme Muslewski

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MACISTE AUX ENFERS (1925)

Le roi des enfers envoie sur Terre un démon pour tenter de faire sombrer le valeureux Maciste dans le péché et pour pouvoir posséder son âme…

MACISTE ALL’INFERNO

 

1925 – ITALIE

 

Réalisé par Guido Brigone

 

Avec Bartolomeo Pagano, Umberto Guarracino, Mario Saio, Franz Sala, Elena Sango, Lucia Zanussi, Pauline Polaire, Domenico Serra, Sergio Amidei

 

THEMA DIABLE ET DÉMONS I MYTHOLOGIE I DRAGONS

Créé en 1913 par Gabriele d’Annunzio et Giovanni Pastrone, pour les besoins du film Cabiria, Maciste n’est au départ qu’un personnage secondaire. Il s’agit alors d’un esclave carthaginois incarné par un ancien docker bâti comme un catcheur, Bartolomeo Pagano (1 mètre 90, 120 kilos). Or cet Hercule en pagne impressionne tant le public qu’il devient le héros d’une vingtaine de films jusqu’au début des années 1930, toujours incarné par le massif Pagano. Si la plupart de ses aventures se situent dans un cadre antique, d’autres dérogent à cette règle chronologique. C’est le cas de Maciste aux enfers, dont l’action semble se dérouler autour du 16ème siècle. Le Maciste que nous découvrons ici n’est donc pas un Musclor en jupette mais un brave homme qui fume la pipe, cultive son lopin de terre, fait la sieste à l’ombre des arbres fruitiers, bref mène une vie tranquille et sans histoire. Sa voisine Graziella (Pauline Polaire) lui fait les yeux doux et lui offre des fleurs de son jardin pour s’excuser de l’avoir mouillé avec son arrosoir. C’est mignon tout plein, les bons sentiments abondent et nos deux êtres simples se comportent en bons chrétiens : un grand crucifix surplombe le lit de Maciste, tandis que Graziella se signe et prie tous les soirs avant de se coucher.

Mais ce trop-plein de vertu inquiète énormément le roi Pluton (Umberto Guarracino), qui règne sur les enfers aux côtés de son épouse Proserpine (Elena Sangro) et de sa fille Luciferina (Lucia Zanussi). Craignant pour sa couronne, il demande au sinistre Barbariccia (Franz Sala), qu’il avait banni de la salle du trône, de tout mettre en œuvre pour pervertir Maciste et Graziella. Accompagné de cinq démons, le vil lieutenant des enfers prend des traits humains respectables (costume, moustache, barbiche, haut de forme, cape) et tente d’abord auprès de Maciste le pacte classique : en échange de son âme, il aura droit aux richesses et au plaisir charnel. Mais Maciste répond du tac au tac : « Je ne suis pas Faust ! » Le démon provoque alors un accident qui pousse Graziella à porter secours à Giorgio (Domenico Serra), un cavalier blessé. Tous deux tombent aussitôt amoureux, ce qui suscite la jalousie et la colère de Maciste. Ce dernier se retourne alors contre Barbariccia et se retrouve précipité aux enfers, où il doit tenter de résister à toutes les tentations qui s’offrent à lui, sous peine d’être damné à jamais…

« Je ne suis pas Faust ! »

L’incroyable ambition visuelle du film saute aux yeux dès les premières minutes. À mi-chemin entre l’imagerie biblique et le bestiaire mythologique, cette vision des enfers se révèle très impressionnante, avec son vaste décor souterrain enfumé et son immense figuration costumée et maquillée. On y croise le nocher Charon (aux allures de vieillard chenu), des nuées de diablotins volants aux ailes de chauves-souris, des pêcheurs suppliciés à coups de fouets, des âmes tourmentées qui rampent en se tortillant sur le plafond rocheux, un dragon cracheur de feu, le gigantesque roi Minos… Toute cette sarabande démoniaque évoque beaucoup les tableaux concoctés par Francesco Bertolini et Adolfo Podovan pour L’Enfer de 1911. Les deux films montrent d’ailleurs une séquence rigoureusement identique, tout droit sortie des gravures de Gustave Doré : l’immense Lucifer qui dévore un humain en déployant ses ailes tandis que les damnés sont à moitié enterrés dans le sol glacé. D’autres visions saisissantes, comme les démons en contre-jour contemplant le monde des humains du haut de leur promontoire rocheux, annoncent le Faust de Murnau. La partie mélodramatique, qui implique une sorte de triangle amoureux pétri de bons sentiments entre Maciste, Graziella et Giorgio, pèche certes par sa grandiloquence et sa naïveté. Mais elle est sans cesse contrebalancée par le surréalisme macabre qui nimbe le reste du métrage. Nous ne sommes pas près d’oublier cette pieuvre géante qui flotte au-dessus de la ville pour symboliser les « tentacules du vice », Barbariccia qui s’envole dans les cieux nuageux en laissant sa cape flotter au vent, ou encore ce démon dont le visage déchiré se reconstitue en stop-motion. Maciste poursuivra ses exploits jusqu’à ce que l’arrivée du cinéma parlant ne le relègue aux oubliettes. Il faudra attendre le renouveau du péplum, à la fin des années 50, pour que le fier héros renaisse de ses cendres avec panache.

 

© Gilles Penso

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L’ÉTRANGE COULEUR DES LARMES DE TON CORPS (2013)

De retour d’un voyage d’affaires, un homme constate que sa femme a disparu. C’est le point de départ d’un cauchemar hallucinatoire…

L’ÉTRANGE COULEUR DES LARMES DE TON CORPS

 

2013 – FRANCE / BELGIQUE / LUXEMBOURG

 

Réalisé par Hélène Cattet et Bruno Forzani

 

Avec Klaus Tange, Ursula Bedenk, Joe Koener, Birgit Yew, Hans De Munter, Anna D’Annunzio, Jean-Michel Vovk, Manon Beuchot, Romain Roll, Lolita Oosterlynck

 

THEMA TUEURS

Dès leur premier long-métrage, Amer, Hélène Cattet et Bruno Forzani affirmaient un style et une personnalité très singuliers, puisant dans l’imagerie et les fantasmes du giallo des années 70 pour tenter d’en extraire la substantifique moelle. En reléguant volontairement la narration et l’intrigue à l’arrière-plan pour mieux laisser les sensations fortes et la confusion des sentiments envahir l’écran, les duettistes inventaient quasiment un sous-genre : le cinéma d’horreur conceptuel et sensitif. Leur univers étant bien établi, ils décident de pousser les expérimentations encore plus loin avec L’Étrange couleur des larmes de ton corps, quitte à désarçonner une partie du public. Véritable labyrinthe émotionnel dont les relations de cause à effet demeurent la plupart du temps incompréhensibles, ce second film mêle à l’influence des films horrifico-policiers italiens des seventies celles des récits étranges de l’écrivain belge Jean Ray et des exercices érotico-surréalistes d’Alain Robbe-Grillet. Le choix des décors induit une source d’inspiration supplémentaire : l’Art nouveau. En plantant leurs caméras dans la villa Majorelle et l’immeuble Bergeret de Nancy, dans les hôtels Hannon et Ciamberlani, dans la Bibliothèque Solvay, dans la Maison Blanche et le Palais de Bruxelles, Cattet et Forzani revendiquent ouvertement l’hommage aux arabesques, aux lignes courbes et aux motifs floraux de ce mouvement pictural né à la fin du 19ème siècle.

Il y a certes une intrigue dans L’Étrange couleur des larmes de ton corps, même si celle-ci vole très rapidement en éclats pour céder la place à un collage de vignettes hypnotiques et déstabilisantes. Revenant d’un voyage d’affaires, un homme (Klaus Tange) retrouve son appartement vide. Sa femme a disparu. Il se lance alors dans une quête désespérée, parasitée par divers personnages soupçonneux pour ne pas dire suspects (son propriétaire, un inspecteur de police, des voisins). Bientôt, ses investigations vont se transformer en plongée introspective kaléidoscopique, dans laquelle les souvenirs troubles et les traumas enfantins vont s’entremêler jusqu’au vertige. Dès lors, les figures humaines disparaissent, fusionnent, voire se dédoublent, comme dans cette séquence hallucinante au cours de laquelle notre protagoniste s’interpelle lui-même par interphone entreposé puis envahit son propre espace vital, un moment d’angoisse pur qui n’aurait pas dénoté dans Lost Highway. Une certaine porosité apparaît ainsi entre les mondes de Cattet & Forzani et ceux de David Lynch, comme dans ce flash-back en noir et blanc et au ralenti qui semble presque annoncer certains des égarements anxiogènes de Twin Peaks The Return.

Une femme disparaît

Radicalisant leurs effets de style, Cattet et Forzani annoncent la couleur dès le générique, fétichiste à outrance. Le cuir, les femmes sensuelles, l’imagerie SM, le détournement des codes du slasher sont tous là, quasiment iconisés jusqu’à la caricature. Le postulat hitchcockien du film étant celui d’une femme qui disparaît, les personnages féminins ne cessent de sortir du champ, de masquer leurs traits, de se dissimuler dans l’ombre, de nous tourner le dos. Nous n’en voyons longtemps que des simulacres, des photos, des peintures, des poupées ou des bouts de corps morcelés. Cultivant la frustration des spectateurs, le montage soustrait les visages à nos regards, interrompt les gestes, entrechoque les dialogues. Parfois même, les réalisateurs opèrent une brisure du quatrième mur, comme lorsqu’un des personnages demande à ce qu’un des effets sonores stridents du film soit coupé. Comme nous ne savons jamais exactement ce que nous voyons et ce que nous entendons, L’Étrange couleur des larmes de ton corps n’en finit pas de tromper nos perceptions et de mêler éros et thanatos (le sexe et la mort se succèdent ou se superposent), notamment lorsqu’une arme blanche agresse l’entrejambe d’une victime, reprenant l’une des images choc de Mais qu’avez-vous fait à Solange ? Après un dénouement abrupt qui ne résout rien, le titre du film apparaît plein écran. Mais même lui est transfiguré, puisqu’il devient L’Étrange « douleur » des larmes de ton corps. Jusqu’au bout, Cattet et Forzani nous aurons ainsi mené en bateau en perturbant nos sens et en bouleversant nos repères.

 

© Gilles Penso

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SANTO CONTRE L’ESPRIT DU MAL (1961)

Pour sa première apparition à l’écran, le célèbre catcheur masqué est kidnappé par un savant fou qui le transforme en zombie décérébré…

EL CEREBRO DEL MAL / SANTO CONTRA EL CEREBRO DEL MAL

 

1961 – Mexique

 

Réalisé par Joselito Rodriguez

 

Avec Joaquin Cordero, Fernando Osés, Santo, Norma Suarez, Enrique Zambrano, Alberto Insu, Juanito Tremble, Enrique Almirante, René Socarras, Mario Texas

 

THEMA SUPER-HÉROS I MÉDECINE EN FOLIE I SAGA SANTO

Star du ring au Mexique depuis les années 1940, le lutteur masqué Santo, autrement dit « Le Saint » (de son vrai nom Rodolfo Guzman Huerta), mettra du temps à débarquer sur les écrans. Après quelques faux départs, il fait ses premiers pas cinématographiques dans El Cerebro del Mal, quoique de manière encore timide. Dans ce film, en effet, il ne joue que les seconds couteaux et ne porte d’ailleurs pas son nom officiel, le scénario le nommant simplement « El Enmascarado », c’est-à-dire « l’homme au masque ». Ce n’est que plus tard, une fois son statut de super-héros vertueux bien établi, que le film sera rebaptisé Santo contra el Cerebro del Mal, et donc Santo contre l’esprit du mal en France. Tourné à la Havane en même temps qu’une autre aventure du même acabit, Cargamento Blanco (Santo contre les hommes infernaux), ce film est donc le premier des 54 dans lesquels le massif catcheur au masque d’argent démontre ses talents de bagarreur et de redresseur de torts. Santo restant ici à l’arrière-plan, le véritable héros du film est un autre lutteur, El Incognito, incarné par Fernando Osés. Celui-ci assure aussi la fonction de scénariste sur El Cerebro del Mal, comme il le fera pour près de quarante autres longs-métrages, parallèlement à ses activités d’acteur.

Une fois n’est pas coutume, le film ne commence pas par un combat de catch sur le ring mais par une bagarre de rue au cours de laquelle trois malfrats s’en prennent à Santo. Malgré sa force et son habile jeu de jambes, l’homme au masque d’argent ploie sous le poids de ses adversaires, qui s’emparent de lui et le transportent dans un repaire secret. Car nos voyous travaillent pour le compte du docteur Campos (Joaquin Cordero), féru d’expérimentations bizarres, qui se délecte déjà de voir ce nouveau cobaye à sa merci. « Avec cette injection et les rayons, je dominerai sa volonté » s’enthousiasme le savant, personne ne pensant au passage à retirer le masque du justicier pour découvrir son identité. Une piqûre dans le bras, quelques décharges électriques, et voilà notre bon Santo transformé en zombie au service de Campos. Ce dernier manipule d’autres hommes influents (un banquier, un scientifique) pour servir ses plans diaboliques, tout en couvant d’un regard concupiscent sa secrétaire Elisa (Norma Suarez), qu’il aimerait bien aussi soumettre à sa volonté. Mais El Incognito, un autre catcheur qui travaille main dans la main avec la police et les services secrets, va s’opposer à lui…

Mauvais esprit

Balbutiante, la mise en scène de Joselito Rodriguez s’encombre de nombreuses longueurs : les panoramas sur la ville n’en finissent plus, les trajets en voiture sont interminables. Plusieurs séquences nous semblent par ailleurs faire office de remplissage pour permettre au film d’atteindre la durée nécessaire, comme ce spectacle de flamenco ou cette chanson entonnée par un trio de guitaristes à la terrasse d’un café. Bref, Santo contre l’esprit du mal souffre de gros problèmes de rythme, peu aidé il est vrai par une musique parfaitement anonyme qui tapisse l’espace sonore de manière uniforme. Santo, ici, fait bien pâle figure. Non content d’avoir basculé malgré lui du côté des vilains, il nous semble toujours plus faible et pataud que ses adversaires, perdant quasiment tous ses combats. Passif la plupart du temps, il ne sort de sa torpeur qu’à dix minutes de la fin du métrage, mais sans beaucoup d’éclat. Le film nous offre tout de même un combat musclé entre lui et El incognito, jusqu’à ce que ce dernier – manifestement grand expert en chimie – ne mélange quelques liquides colorés dans des tubes à essai pour fabriquer un antidote et ramener Santo du côté des bons. Dans une œuvrette de ce genre, l’aspect psychologique est bien sûr ramené à sa plus simple expression. Pour justifier le basculement de son patron dans la mégalomanie diabolique, la trahison et le meurtre, l’assistant du Campos se contente ainsi d’affirmer que « l’excès de travail lui a fait perdre la raison », avant de s’en aller batifoler avec sa fiancée sous le regard béat des policiers. Les deux justiciers masqués, eux, feront leur retour dans Santo contre les hommes infernaux.

 

© Gilles Penso

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APE X MECHA APE : NEW WORLD ORDER (2024)

Un gorille grand comme King Kong et son double robotique unissent leurs forces pour affronter un monstre lovecraftien surgi des océans…

APE X MECHA APE: NEW WORLD ORDER

 

2024 – USA

 

Réalisé par Marc Gottlieb

 

Avec Ashley Ahlquist, Sean Young, Jared Rivet, Eric Rolland, Ashley Dakin, Jessica DeBonville, Bix Krieger, Shan Wang, Steven J. Oliver, Les Mahoney, Sharon Desiree

 

THEMA SINGES I ROBOTS I LOVECRAFT I SAGA APE

On peut toujours faire confiance aux sympathiques « artistes photocopieurs » de la compagnie Asylum pour se tenir aux aguets dès qu’il s’agit de couper l’herbe sous les pieds d’un gros succès sur le point de débarquer sur les écrans. Après Ape vs. Monster (qui anticipait sur Godzilla vs. Kong) et sa suite Ape vs. Mecha Ape (qui tentait une modernisation du concept du Mechanic Kong de King Kong s’est échappé), voici donc Ape x Mecha Ape : New World Order, qui entend bien semer la confusion avec Godzilla x Kong : le nouvel empire. Marc Gottlieb, déjà signataire du film précédent, rempile sur cette suite. Si les personnages humains ne sont plus les mêmes, ce nouvel opus s’affirme clairement comme le troisième épisode d’une trilogie, comme le prouve ce flash-back qui résume les péripéties précédentes juste après le générique de début. Parmi les nouveaux visages qui agrémentent Ape x Mecha Ape, on note la présence de Sean Young. L’ancienne femme fatale de Blade Runner assume pleinement son âge et son nouveau look, campant ici une femme autoritaire, masculine et ouvertement antipathique, Eve Lemuria, conseillère du président des États-Unis.

Connu aussi sous le titre War of Apes – les plus audacieux peuvent tenter de le dénicher sur Amazon Prime -, Ape x Mecha Ape raconte que le gouvernement japonais a décidé de construire un nouveau gorille géant mécanique, le Mark II, et ce malgré le désastre survenu à Chicago – et raconté dans Ape vs Mecha Ape. Son système d’exploitation ayant entièrement été révisé, son pilotage nécessitant obligatoirement une présence humaine et sa carcasse ne possédant aucune arme, il s’agit désormais d’une machine conçue pour sauver des vies, par exemple lors de catastrophes naturelles. Pendant ce temps, le singe géant Abraham continue à vaquer à ses occupations sauvages dans l’île Watkins qui lui a été réservée. Mais l’équipe de la NASA qui s’occupe de l’observer constate que son agressivité augmente bizarrement et qu’il devient accro à une espèce de plante locale. C’est le moment que choisit un monstre marin inconnu pour attaquer un navire de croisière dans le Pacifique, avant de s’en prendre à Abraham et à le blesser gravement. Désormais, le seul espoir de l’humanité semble reposer sur une alliance improbable entre Abraham et son double robotique…

King Kong contre Cthulhu !

Comme si l’association d’un gorille géant et de son sosie robotique ne suffisait pas, Ape x Mecha Ape pousse le délire très loin en convoquant carrément les mythes de l’écrivain H.P. Lovecraft. Car le monstre massif et tentaculaire qui s’en prend à nos titans est Cthulhu en personne – même si les personnages utilisent une prononciation très bizarre pour le nommer, en l’occurrence Kulalu. Le scénario nous apprend en effet qu’une secte d’adorateurs des « Grands Anciens » a décidé de provoquer un sacrifice humain pour réveiller cette entité d’origine extra-terrestre qui dormait sous les océans en attendant son heure. Prometteur n’est-ce pas ? Sauf que bien sûr les effets spéciaux ont beaucoup de mal à rendre justice à ce récit délirant. Les bestioles n’apparaissent donc que furtivement, dans une petite dizaine de plans à peine, générant une frustration bien légitime. Cthulhu/Kulalu est conforme à l’imagerie classique – le corps massif, le faciès reptilien orné de tentacules, les grandes ailes de chauve-souris – et Mecha Ape nous offre quelques passages iconiques intéressants. On ne peut pas en dire autant d’Abraham, un sous-King Kong très passablement modélisé, animé et incrusté. Pour jouer la montre entre les trop brèves séquences de kaijus, le film nous assène d’interminables dialogues jamais avares en jargon technique fantaisiste. Notre préféré ? « Il faut réactiver la pince métacarpe avec le protocole IVD ». Espérons au moins que les acteurs touchent un cachet décent, parce qu’un tel film dans un CV n’est pas forcément très vendeur.

 

© Gilles Penso

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EVIL DEAD BURN (2026)

Dans ce 6ème volet de la saga Evil Dead, une jeune Française est confrontée aux «deadites» ainsi qu’à la famille américaine de son défunt mari…

EVIL DEAD BURN

 

2026 – USA

 

Réalisé par Sébastien Vaniček

 

Avec Souheila Yacoub, Tandi Wright, Hunter Doohan, Luciane Buchanan, Erroll Shand, Maude Davey, George Pullar, Alyssa Sutherland

 

THEMA ZOMBIES I DIABLE ET DEMONS I SAGA EVIL DEAD

Sixième film de la saga initiée en 1981, Evil Dead Burn emboite le pas au Evil Dead de Fede Álvarez et Evil Dead Rise de Lee Cronin, délaissant le second degré cartoonesque de la trilogie originale au profit d’une violence plus âpre. Après l’Uruguay et l’Irlande, c’est en France que Sam Raimi a déniché le réalisateur Sébastien Vaniček après avoir été impressionné par son premier film Vermines. D’autres auteurs du fantastique français ont avant lui cédé aux sirènes hollywoodienne, laissant souvent à la douane une partie de leur spécificité culturelle au profit d’une américanisation de leur cinéma (Gothika, Crawl, Piranha 3D par exemple). Or, Ghost Pictures, la boîte de production de Raimi, a donné ici carte blanche à Vaniček pour réaliser SON film, du moment que le canevas relativement souple de la franchise était respecté : un lieu confiné (après la cabane et l’appartement, nous voilà dans une grande maison de famille), le Livre des Morts, les « deadites », le tout assaisonné de violence gore et sadique. On dit que le cinéma américain est avant tout basé sur l’histoire et l’action alors que le cinéma européen se focalise avant tout sur la psychologie des personnages. C’est justement sous cet angle que Vaniček et son co-scénariste Florent Bernard (un transfuge des univers parodiques des séries La Flamme et Le Flambeau et des sketches du Palmashow) parviennent à injecter leur ADN français à l’écran. En coulisse, ils obtiennent également d’effectuer la post-production dans l’hexagone (montage, mixage, musique et SFX inclus) après un tournage maintenu en Nouvelle-Zélande pour des raisons fiscales et logistiques, Sam Raimi ayant délocalisé ses productions au pays des kiwis depuis Hercule et Xena la guerrière.

Après un pré-générique embrayant sur la fin de Evil Dead Rise, Vaniček et Bernard introduisent en 5 minutes chrono leurs protagonistes : Alice (Souheila Yacoub) est française, mariée à Will (George Pullar), un chef cuisiner américain expatrié de retour pour l’anniversaire de son frère Joseph (Hunter Doohan), qui ambitionne de devenir écrivain. Des tensions apparaissent immédiatement, Will se montrant jaloux et directif envers Alice qui, loin de se laisser faire, fume sa cigarette pour signifier qu’elle n’est pas prête d’accepter de lui faire un bébé. Elle a de la personnalité, ce qui la mènera à se heurter à sa belle-famille après le décès de Will, au cours d’un séjour dans leur maison de campagne dont la décrépitude trahit d’emblée la nature réelle des relations familiales derrière les beaux sourires. Ainsi, la belle-mère, Susan (Tandi Wright), ne va cesser d’essayer de conformer l’impie aux règles de bienséance de sa famille « modèle ». Le beau-père (Erroll Shand) ne cache pas son mépris pour sa bru, pas plus que son dédain envers son second fils qui n’arrive pas à la cheville de son ainé selon lui. Et puis, il y a la grand-mère maternelle (Maude Davey), pas assez sénile pour oublier de reprocher à la « pièce rapportée » Alice d’être française, ou soupçonner Thya (Luciane Buchanan), la fiancée de Joseph, de vouloir leur voler leur argent. Dans Evil Dead Burn, les apparences sont trompeuses, les blessures cachées, et les rancunes silencieuses sont étouffées par les convenances. Même Alice finira par craquer et révéler le vrai visage de Will à ses parents. Vaniček dresse un portrait au vitriol d’une certaine Amérique et éclabousse littéralement les clichés de la famille parfaite, filmant à plusieurs reprises des photos aspergées de sang. Chacun membre de la famille se révèle blessé, frustré, vénal, prisonnier de ses propres principes, manipulateur ou violent ; des traits de caractère exacerbés lorsque ceux-ci se transformeront inévitablement en « deadites ». Iconoclaste, Vanicek ne résiste ainsi pas à l’envie de perturber le bon déroulement de l’enterrement de Will, montrant également l’employé des pompes funèbres incinérer des corps avec la même implication que s’il cuisait des steaks dans un fast-food. Les Français ne respectent donc rien, et tout est résumé dans le toast ironique porté par Thya « à votre si parfaite petite famille », qui sonnera le début des véritables hostilités.

Cochon qui s’en « deadite »

On oublierait presque que les spectateurs n’achèteront pas leur billet pour écouter des engueulades familiales dans un trois pièces-cuisine, mais pour voir un nouvel opus de l’opéra de la terreur promis par l’affiche originale d’Evil Dead en 1981. Que l’on se rassure : le sous-texte est un bonus dans lequel un certain public trouvera son compte mais jamais il ne détourne l’attention du « spectacle ». Vaniček avait déjà démontré avec Vermines qu’il savait y faire en termes de mise en scène : il passe au niveau supérieur en utilisant à bon escient tous les moyens techniques à sa disposition, sans jamais tomber dans l’esbroufe ostentatoire. Le découpage et le « blocking » sont limpides, et le plan-séquence dans le salon, qui a du rendre Sam Raimi vert de jalousie, est d’ores et déjà un sommet dans la saga. L’héroïne se fait bien sûr martyriser comme l’exige la tradition sadique de la franchise : on plante, on coupe, on perfore, peu importe l’outil tant qu’il y a du sang, le tout dans la bonne humeur transgressive. Car, derrière le premier degré revendiqué, le spectateur sain d’esprit saisira d’emblée le pacte tacite formulé par le réalisateur : tout va y passer, y compris deux catégories de victimes rares dans le cinéma américain. Un petit bémol toutefois à l’efficacité rageuse de ce Evil Dead Burn, sinon parfait dans son genre : la décision de recourir intégralement à des images de synthèse pour un personnage lors du climax en lieu et place de la combinaison de maquillages et de CGI utilisée jusque là. Cela n’ entache pas l’exploit de Vaniček, qui réussit à faire passer (en douce !) l’esprit satirique à la française dans une production américaine. Et il y a fort à parier que Sam Raimi, également coutumier du fait (Jusqu’en enfer, Le Monde fantastique d’Oz ou Send Help écorchent tous le corporatisme américain), l’a probablement remarqué mais a choisi de fermer les yeux et laisser faire. Grâce lui soit rendue, et souhaitons que Evil Dead Wrath, confié à Francis Galuppi (l’excellent néo-noir Last Stop in Yuma County), dont le tournage s’est achevé en Mai 2026 pour une sortie en 2028, fasse perdurer le sans-faute de ce que l’on peut considérer comme la saga horrifique la plus réussie de tous les temps.

© Jérôme Muslewski

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SLIME CITY (1988)

Après avoir goûté à un vin inconnu que lui proposent ses étranges voisins, un jeune homme se transforme en horrible créature visqueuse…

SLIME CITY

 

1988 – USA

 

Réalisé par Greg Lamberson

 

Avec Craig Sabin, Mary Huner, T.J. Merrick, Dennis Embry, Dick Biel, Jane Doniger Reibel, Bunny Levine, Marilyn Oran, T. Clay Dickinson, Terry Spivey, Eva Lee

 

THEMA MUTATIONS I SORCELLERIE ET MAGIE

Tourné à New York pour la somme dérisoire de 100 000 dollars, Slime City est le premier long-métrage de Greg Lamberson, qui continuera sur sa lancée avec une série de films d’horreur modestes aux budgets minuscules. Véritable couteau suisse ayant fait du système D son mode de fonctionnement, Lamberson cumule ici les postes de réalisateur, scénariste, producteur, co-monteur et directeur de casting. L’intrigue parfaitement absurde qui sert de prétexte à ce festival de viscosités n’aurait du reste jamais pu être prise en charge autrement que via une production fauchée et indépendante. Cherchant manifestement à suivre les pas des excès foutraques et gore de la Troma, le jeune cinéaste s’inscrit aussi dans le sillage de Street Trash. Ce n’est donc pas par hasard qu’il sollicite Jim Muro et Scott Coulter (respectivement réalisateur et créateur d’effets spéciaux de ce fameux film culte peuplé de clochards explosifs) pour lui prêter main-forte. Muro assure sur Slime City le poste d’opérateur steadicam (virtuose en ce domaine, il collabora à plusieurs reprises avec James Cameron et Kathryn Bigelow) et Coulter supervise la création des maquillages spéciaux. Ce dernier est largement habitué aux délires gluants à petit budget, puisqu’il œuvra aussi sur Atomic College, Robot Holocaust, Cellar Dweller, Les Crados ou Ghost Town, avant de participer à des productions plus ambitieuses comme Le Cauchemar de Freddy.

Slime City raconte l’histoire d’Alex Carmichael (Craig Sabin), un étudiant en art qui arrondit ses fins de mois en travaillant dans un vidéoclub. En quête d’autonomie, il emménage dans un appartement newyorkais que lui loue une vieille dame sympathique, Lizzy (Jane Doniger Reibel). Ses voisins sont les excentriques Nicole (Mary Huner) et Roman (Dennis Embry), mi-punks mi-grunge, qu’il considère avec une curiosité amusée. Les choses se corsent lorsque Nicole l’aguiche ouvertement et lorsque Roman l’invite à dîner, lui proposant de goûter à un vin spécial élaboré par un vieil alchimiste qui fut le père de Lizzy. Passablement éméché, il regagne tant bien que mal son appartement, s’estimant bon pour une gueule de bois. Mais au matin, c’est une surprise d’un tout autre genre qu’il attend : il est en train de se transformer en créature gluante et verdâtre dont la peau se décompose horriblement. Pour retrouver sa forme normale, il lui faut commettre des meurtres sanglants. Or plus il tue, plus il semble y prendre goût. Progressivement possédé par l’esprit de l’alchimiste, notre « homme-morve » n’a manifestement qu’un seul salut possible : sa petite-amie Lori (Mary Huner). Mais saura-t-elle le sauver de cette malédiction poisseuse ?

La morve aux trousses

Slime City nous offre en partie ce que nous attendons. Les effets gore surréalistes surgissent donc de manière relativement régulière dans le film : un bras arraché par le ventre visqueux d’Alex soudain transformé en mâchoires, les intestins de notre « héros » qui tombent de son abdomen et qu’il tente de remettre à leur place tant bien que mal, son corps découpé en morceaux qui continue à s’agiter, une espèce de cerveau-limace qui s’extrait de son crâne en rampant… Absolument pas réalistes mais très fun, ces trucages fleurent bon le bricolage et participent beaucoup au caractère distrayant du film, assortis de quelques dialogues improbables tels que « le slime doit être apaisé ! » On apprécie aussi le clin d’œil à L’Homme invisible (Alex qui se cache derrière des bandages et des lunettes noires dans les moments les plus extrêmes de ses dégoulinements) et la double prestation de l’actrice Mary Huner (tour à tour petite-amie très sage et tentatrice explosive au look de dominatrice). Mais Slime City n’atteint jamais le grain de folie d’un Toxic Avenger ou d’un Atomic College, passant beaucoup plus de temps à décrire les états d’âme de ses personnages qu’à montrer les effets de la métamorphose. Les nombreuses maladresses de la mise en scène (notamment en termes de montage) n’arrangent pas les choses. Slime City n’est donc pas devenu le film-culte qu’il ambitionnait d’être. Il mérite tout de même de sortir de l’oubli dans lequel il est tombé, ne serait-ce que pour la poignée de séquences hallucinantes qui agrémentent son climax.

 

© Gilles Penso

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PASSENGER (2026)

Un couple parti faire un road trip est harcelé par une créature démoniaque qui hante les routes nocturnes…

PASSENGER

 

2026 – USA

 

Réalisé par André Øvredal

 

Avec Jacob Scipio, Lou Llobell, Melissa Leo, Joseph Lopez, Miles Fowler, Alan Trong, Devielle Johnson, James William Clark, Tony Doupe, Charles Leggett

 

THEMA DIABLE ET DÉMONS

Passionnés de cinéma d’horreur, l’Américain Zachary Donohue et le Britannique T.W. Burgess se suivent depuis quelques années, chacun s’intéressant de près aux travaux de l’autre. Burgess est alors reconnu pour ses bandes dessinées et ses romans graphiques, tandis que Donohue s’est fait remarquer avec The Den (2013), un thriller horrifique qu’il a écrit et réalisé. En découvrant qu’ils travaillent chacun sur un concept de road movie surnaturel, ils décident de fusionner leurs idées pour donner naissance à un scénario commun. « Nous avions tous les deux un penchant pour des films comme Hitcher », raconte Burgess. « Mais nous avons commencé à nous demander pourquoi personne navait encore décliné ce principe sous un angle surnaturel. Nous voulions faire quelque chose de totalement différent. Ce nest pas simplement un fantôme sur la route, mais quelque chose de plus malveillant et de plus envahissant. » (1) Cette idée de route hantée donne naissance à Passenger. Leur scénario en poche, les deux hommes le présentent à des producteurs spécialisés dans le genre : Gary Dauberman (La Nonne, La Malédiction de la dame blanche, Until Dawn) et Walter Hamada (Ça, Joker, Primate). Passenger est produit indépendamment et distribué par le studio Paramount. La réalisation, elle, échoit à un grand habitué de films fantastiques aux concepts forts, en l’occurrence André Øvredal, à qui nous devons The Troll Hunter, The Jane Doe Identity, Scary Stories, Mortal et Le Dernier voyage du Demeter.

Drôle, surprenante et effrayante, l’entrée en matière de Passenger n’est pas sans évoquer celle de La Quatrième dimension – le film. Deux amis roulent en pleine nuit sur une route sombre. Alors quils se sont arrêtés sur le bas-côté pour que l’un d’entre eux puisse soulager sa vessie, l’autre est soudainement massacré par un agresseur invisible… Après ce prologue choc, le rythme ralentit pour prendre le temps de nous présenter les deux protagonistes du film : Maddie (Lou Llobell) et Tyler (Jacob Scipio). Tous deux viennent de quitter leur appartement et leur emploi pour s’embarquer dans un nouveau mode de vie. Ils sillonnent désormais les routes dans leur van aménagé comme une maison roulante, et campent chaque soir au gré de leurs déplacements. Ce changement de rythme s’assortit d’une décision importante. Alors qu’ils fêtent leurs six semaines de voyage, Tyler demande Maddie en mariage, et elle accepte. Tout roule, pourrait-on dire. Mais le soir venu, nos tourtereaux sont témoins d’un accident de la route. Et dès lors, une entité maléfique semble s’être accrochée à eux et ne plus vouloir les lâcher…

Highway to Hell

La première force de Passenger est sa capacité à nous intéresser à ses personnages et à leurs failles. Nous sommes de toute évidence en présence d’un couple amoureux et fusionnel, mais deux envies contraires les séparent. Déçu par la famille dans laquelle il a grandi, Tyler ne rêve plus que de liberté, de route, de camping permanent. Ballotée de foyer en foyer dans son enfance, Maddie désire au contraire une maison où se poser et où construire quelque chose. « La chose que tu fuis, c’est précisément mon rêve depuis toujours », finit-elle par lui dire, consciente de ce fossé qui se creuse peu à peu. Subtilement, sans trop appuyer ses effets, le film développe cette relation complexe et s’appuie sur l’interprétation impeccable de Lou Llobell et Jacob Scipio. Le monstre qui les persécute devient alors un obstacle allégorique, celui qu’il faudra surpasser ensemble pour effacer les divergences et se retrouver. La légende urbaine elle-même est le point le plus faible du film, parce qu’elle s’appuie sur des mécanismes connus, repose sur une imagerie chrétienne convenue et s’énonce au fil des révélations délivrées par un personnage secondaire bien pratique qui connaît les règles régissant son existence. Ces travers mettent à mal notre suspension d’incrédulité et amenuisent considérablement l’efficacité du climax de Passenger. Mais Øvredal connaît son affaire et parvient à concocter des séquences de suspense d’une redoutable efficacité dont trois au moins méritent largement le détour : la scène du parking extérieur nocturne (avec un clin d’œil savoureux à La Féline), de la forêt éclairée par le vidéoprojecteur et du changement de roue. Imparfait mais rudement bien construit, Passenger ne marquera certes pas les mémoires mais remplit parfaitement son contrat de film d’horreur soigné et inventif, serti de surcroît dans une magnifique photographie de Federico Verardi.

 

(1) Extrait d’une interview publiée dans Writing Studio en mai 2026.

 

© Gilles Penso

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