LA MARQUE DU DIABLE (1970)

Chasse aux sorcières, fanatisme religieux et tortures sanglantes sont au programme de ce film sans concession

HEXEN BIS AUFS BLUT GEQUÄLT / MARK OF THE DEVIL

1970 – ALLEMAGNE

Réalisé par Michael Armstrong

Avec Udo Kier, Herbert Lom, Reggie Nalder, OliveraVuco, Herbert Fux, Johannes Buzalski, Michael Maien

THEMA SORCELLERIE ET MAGIE

A la fin des années 60, les mœurs se libérèrent suffisamment pour que le champ des possibles du cinéma d’horreur s’élargisse et pour que de nouveaux thèmes s’y taillent une place de choix. Après les vampires et les monstres classiques magnifiés par la Hammer, les atrocités bien réelles de l’inquisition s’invitèrent donc sur les écrans, comme en témoigne l’impact du Grand inquisiteur de Michael Reeves. Désireux de surfer sur cette vague, le producteur Adrian Hoven concocta La Marque du Diable et Reeves fut même envisagé pour le réaliser, mais il décéda avant de pouvoir se lancer dans ce projet. Michael Armstrong (qui fut l’assistant de Reeves sur Le Grand inquisiteur) lui succéda donc et développa un scénario particulièrement audacieux. Dans un petit village européen, le sinistre évêque Albino (Reggie Nalder, dont le visage de rapace glace le sang), auto-proclamé chasseur de sorcières, torture et brûle à tout va, établissant sans scrupule de faux actes d’accusation pour mettre sur le bûcher les femmes qui refusent ses avances.

Lorsque le jeune juge Christian von Meruh (Udo Kier) débarque avec ses grands yeux clairs et son visage d’ange, un semblant de paix semble revenir sur les lieux, car cet homme d’église entend bien ramener un peu de justice et de morale en attendant l’arrivée de son maître, le vénérable Lord Cumberland (Herbert Lom, débordant de charisme). « Je vis pour servir Dieu et pour chasser le mal de ce monde », affirme-t-il d’ailleurs avec ferveur. Mais la tentation de la chair a raison de ses belles aspirations, et Christian succombe vite aux charmes de Vanessa Benedikt (Olivera Vuco), la plantureuse serveuse de l’auberge locale. Lorsque Cumberland s’installe dans le village, sa politique semble ferme mais juste. Moins charitable que Christian mais moins fanatique qu’Albino, il s’efforce de ne pas condamner ses prochains à la légère. Jusqu’au jour où quelqu’un remet en cause sa vigueur sexuelle et le fait sortir de ses gongs. Le juge durcit soudainement ses positions, accuse tout son entourage de sorcellerie et se laisse peu à peu aller aux tentations les plus viles…

Des sacs à vomi distribués dans les salles de cinéma !

La Marque du Diable est surtout connu pour ses scènes de tortures répétées et éprouvantes, dont le point d’orgue est la fameuse langue arrachée qui orne la plupart des posters du film. La campagne promotionnelle de cette production germanique abonda généreusement dans ce sens, jusqu’à la distribution de sacs à vomi dans les salles de cinéma ! Mais on ne peut réduire La Marque du Diable à ces gimmicks commerciaux. Le film est avant tout un violent pamphlet contre l’abus de pouvoir, dressant un portrait détestable du mâle dominant (lequel violente le sexe opposé pour tenter d’affirmer sa virilité défaillante) et du fanatisme religieux (l’église y est décrite comme spoliatrice et perfide). Débordant d’idées visuelles, Michael Armstrong fut jugé trop lent pour pouvoir respecter les délais imposés par la production. C’est donc Adrian Hoven qui termina le film à sa place en s’efforçant de respecter sa vision première et de conserver la terrible noirceur de cette œuvre troublante et vénéneuse.

 

© Gilles Penso

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QUEEN KONG (1976)

Égalité des sexes oblige, voici la version féminine de King Kong, dans une parodie délirante qui faillit faire de l'ombre à Dino de Laurentiis…

QUEEN KONG

1976 – GB

Réalisé par Frank Agrama

Avec Robin Askwith, Rula Lenska, Valerie Leon, Roger Hammond, John Clive, Carol Drinkwater, Brian Godfrey, Anthony Morton

THEMA SINGES I DINOSAURES

Lorsqu’il se lança joyeusement dans une parodie de King Kong, le réalisateur d’origine égyptienne Frank Agrama se heurta à un obstacle de taille : le colossal remake produit par Dino de Laurentiis. Le producteur italien ayant misé des sommes faramineuses sur son blockbuster, il était pour lui hors de question qu’un pastiche à petit budget lui fasse de l’ombre. Prêt à en découdre à grands coups de procès et d’avocats, il eut raison d’Agrama. Queen Kong ne sortit donc pas sur les écrans et demeura à ce point confidentiel que beaucoup doutèrent de son existence. C’est d’autant plus dommage que nous avons affaire là à un film très réjouissant, qui compense ses maladresses et ses problèmes de rythme par une sincérité manifeste. Le principe même de Queen Kong consiste à reprendre fidèlement la trame du King Kong de 1933 en la transposant dans les années 70 et surtout en inversant le sexe de tous les personnages. Le cinéaste Carl Denham a donc été remplacé par la réalisatrice Luce Habit (Rula Lenska), qui se met cette fois-ci en quête d’un acteur blond pour son prochain film. Elle jette son dévolu sur Ray Fay (Robin Askwith), un grand benêt surpris en train de voler un poster de King Kong sur la place d’un marché public.

Les voilà donc embarqués à bord du navire « Liberated Lady », avec un équipage exclusivement féminin (qui pousse une chansonnette très inspirée des « musicals » des années 50), en direction de l’île de Mazanga, au cœur de l’Afrique. Là, ils tombent sur une cérémonie indigène vouée à la déesse Queen Kong. L’autel sacrificiel a ici été remplacé par une chaise et une table géantes, où trône un gros gâteau fort appétissant. Ray Fay finit inévitablement dans la main de la titanesque guenon (un acteur costumé avec une coupe de cheveux façon choucroute et une volumineuse poitrine !). Tandis que les filles partent à la rescousse de Ray, croisant au passage des fleurs géantes carnivores qui pincent les fesses, Queen Kong affronte un tyrannosaure en caoutchouc (Ray le compare à Jimmy Carter à cause de ses dents) qu’elle vainc en lui assénant un coup de pied dans les parties, puis un ptérodactyle aux allures de Rodan.

L'émancipation de la guenon !

Les trucages à base de costumes évasifs, d’incrustations, de maquettes et de caches, ne sont pas beaucoup moins convaincants que ceux du King Kong de De Laurentiis, et les dialogues de Ray Fay valent bien ceux de Jessica Lange. Ramenée à Londres, la guenon géante est exhibée au cours d’un spectacle qui évoque bien plus Woodstock que Broadway, seventies obligent. Mine de rien, Queen Kong annonce quelque peu les délires des ZAZ avec quelques gags qu’on croirait issus de Y’a-t-il un Pilote dans l’Avion ? ou Top Secret !, notamment la pub pour Konga Kola, la scène de panique dans le village où chacun s’enfuit avec un objet absurde (arrêt de bus, téléphone, lunette de WC) ou encore la parodie d’Airport avec une none chantante et un curé nerveux. Au détour de son intrigue absurde, le film pastiche aussi les grands succès du moment (L’ExorcisteLes Dents de la mer) jusqu’à un final apocalyptique au sommet de Big Ben où Ray clame l’innocence de Queen Kong, gigantesque symbole à ses yeux de l’émancipation de la femme !

 

© Gilles Penso

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RABID GRANNIES (1988)

Deux charmantes grands-mères se transforment en monstres démoniaques et anthropophages

RABID GRANNIES / LES MÉMÉS CANNIBALES

1988 – BELGIQUE / FRANCE / HOLLANDE

Réalisé par Emmanuel Kervyn

Avec Anne-Marie Fox, Jacques Mayar, Elie Lison, Danielle Daven, Françoise Moens, Catherine Aymerie, Richard Cotica

THEMA DIABLE ET DEMONS

Surgi de nulle part, l’auteur/réalisateur belge Emmanuel Kervyn s’est lancé envers et contre tous dans un film gore burlesque ne reculant devant aucune outrance, et contournant les clichés du cinéma d’horreur américain et italien alors très en vogue en ces années 80 déclinantes. Offusqués par le résultat, les distributeurs belges refusèrent d’êtres associés au projet, et ce sont finalement les joyeux drilles de la Troma qui le diffusèrent dans le monde sous le titre de Rabid Grannies, traduit en français par Les Mémés Cannibales. Un double titre quelque peu trompeur, car il est moins question ici de rage et d’anthropophagie que de possession démoniaque. Le film s’amorce de fort paisible manière, brossant le portrait vitriolé des membres épars d’une famille se rendant au traditionnel anniversaire de Victoria et Elisabeth Remington, deux vieilles tantes fortunées habitant un luxueux manoir en pleine campagne. Du curé au playboy en passant par la lesbienne, la vierge et le marchand d’armes, chacun des cousins venus participer au repas familial est l’occasion pour Kervyn de se livrer à la caricature mordante. D’autant qu’il apparaît clairement que chacun attend patiemment la mort des deux aimables grand-mères pour pouvoir hériter de leur fort estimable magot.

Tout le monde est donc réuni, à l’exception de Christopher, déshérité par les siens depuis qu’il a rejoint une secte satanique. Mais ce dernier ne souhaite pas couper les ponts, et pour le prouver il leur envoie un petit coffret accompagné d’une gentille lettre. Mais en ouvrant le paquet, Victoria et Elisabeth découvrent qu’il s’agit d’un cadeau empoisonné… au sens propre. En effet, une substance vaporeuse s’échappe soudain du coffret, entre en possession des deux charmantes vieilles dames et les transforme subitement en créatures hideuses et démoniaques qu’on croirait directement issues du  Démons de Lamberto Bava. L’équipe des maquillages spéciaux réalise là un travail remarquable, tirant parti au mieux d’un budget anémique pour concocter des séquences abominablement délirantes.

« Les mémés cannibales »

D’abord vient la métamorphose, le visage des mamies s’ouvrant en deux pour découvrir une mâchoire vorace garnie de dents acérées et les doigts se déchirant pour révéler des ongles démesurés tranchants comme des rasoirs. Puis vient le massacre lui-même, le délire sanguinolent éclaboussant dès lors l’écran sans interruption et sans la moindre retenue. Et comme Emmanuel Kervyn cultive un humour bête et méchant, volontiers immoral et anticlérical, il dépasse en excès ses modèles d’outre-Atlantique, notamment lorsqu’une gamine se retrouve avec deux moignons sanguinolents à la place des jambes, ou lorsqu’un curé est contraint au suicide et aux flammes de l’Enfer sous peine d’être longuement torturé par les deux monstrueuses marâtres. Bénéficiant d’une photographie très soignée et d’un décor somptueux, le réalisateur joue talentueusement avec les codes du huis-clos, préférant systématiquement l’humour noir à l’épouvante traditionnelle. Seuls bémols : un jeu d’acteurs assez catastrophique et une partition synthétique horripilante.

 

© Gilles Penso

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MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE : LE COMMENCEMENT (2006)

Après le remake, voici la prequel… Une recette qui commence sérieusement à sentir le réchauffé

THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE : THE BEGINNING

2006 – USA

Réalisé par Réalisateur

Avec Jordana Brewster, Taylor Handley, Dira Baird, Matthew Bomer, R. Lee Ermey, Andrew Bryniarski

THEMA TUEURS I CANNIBALES I SAGA MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE

Le classique de Tobe Hooper ayant déjà été exploité jusqu’à la trogne sous forme de séquelles et de remakes successifs, il restait encore une alternative propre à en tirer quelques substantiels bénéfices supplémentaires : la préquelle. Après tout, Batman, James Bond, Dark Vador et même Hannibal Lecter ont connu les joies d’un film rétroactif narrant leurs premiers exploits. Pourquoi pas Leatherface, le célèbre cannibale au masque de chair et au bras prolongé d’une tronçonneuse rugissante ? L’idée n’était pas plus mauvaise qu’une autre, et les premières séquences du film laissent planer quelques espoirs.

Nous sommes en 1969, et la jeunesse américaine est principalement préoccupée par la guerre du Vietnam. Tout juste revenu du front, Eric (Matthew Bomer) décide d’y retourner afin de veiller sur son jeune frère Dean (Taylor Handley), qui vient d’être appelé pour aller guerroyer dans les rizières. Avant la date fatidique, Eric et Dean font une virée au Texas avec leurs petites amies respectives, Chrissie (Jordana Bewtsre) et Bailey (Diora Baird), histoire de passer un peu de bon temps. Mais sur la route, ils sont agressés par un motard, et la course-poursuite vire au carambolage. Tel la cavalerie, le shérif Hoyt (R. Lee Ermey) débarque soudain pour mettre un peu d’ordre dans le chaos. Mais Hoyt n’est pas un policier. Il n’en a que l’uniforme et le véhicule, volés au vrai shérif du coin qui mange désormais le pissenlit par la racine. Psychopathe comme tous les membres de sa famille, il s’apprête à livrer les jeunes accidentés aux appétits anthropophages des siens. Seule Chrissie, éjectée du véhicule au moment de la collision, semble désormais capable de sauver ses amis…

Le remake du remake…

Dès lors, Massacre à la Tronçonneuse : le Commencement se contente, à peu de choses près, d’être le remake du Massacre à la Tronçonneuse de 2003, lui-même remake du chef d’œuvre de 1974. A ce jeu des poupées russes, on perd vite son latin, et l’on comprend mal l’intérêt de l’exercice, au-delà de son potentiel commercial. Certes, le film est efficace, les moments de suspense franchement stressants, les massacres volontiers sanglants (nous sommes bien plus proches ici de Saw et Hostel que de Tobe Hooper, et une quinzaine de scènes nécessitèrent des coupes franches pour éviter l’interdiction aux moins de 17 ans aux Etats-Unis), mais l’ensemble demeure désespérément dénué de surprise. Chaque scène, chaque personnage, chaque dialogue semble calqué sur le métrage de Marcus Nispel, et l’aspect « prequel » lui-même est terriblement sous-exploité. Il aurait été intéressant de découvrir ce qui a poussé Thomas Hewitt à recouvrir pour la première fois son visage de masques de chair, et pourquoi il utilise une tronçonneuse pour commettre ses meurtres. Mais les explications dont nous devons nous contenter sont vagues et surtout expédiées en trois secondes et demi. Jonathan Liebesman ne nous avait guère convaincu avec Nuits de Terreur. Il confirme hélas la faible latitude de son talent, à moins que la pression du studio et les exigences pécuniaires de la franchise n’aient joué en sa défaveur.

 

© Gilles Penso

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TEXAS CHAINSAW (1994)

Matthew McConaughey et Renée Zellweger en roue libre, Leatherface qui se travestit… Rien ne va plus dans ce quatrième épisode de Massacre à la Tronçonneuse !

THE TEXAS CHAINSAW MASSACRE : THE NEXT GENERATION

1994 – USA

Réalisé par Kim Henkel

Avec Renée Zellweger, Matthew McConaughey, Robert Jacks, Tonie Perensky, Joe Stevens

THEMA TUEURS I CANNIBALES I SAGA MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE

Producteur associé et co-scénariste du premier Massacre à la Tronçonneuse, Kim Henkel a décidé de passer derrière la caméra 20 ans plus tard pour réaliser le premier remake « officiel » du classique de Tobe Hooper. Mais son Texas Chainsaw ressemble surtout à une énième séquelle qui semble hésiter entre la parodie et le sérieux sans parvenir à se décider. Les quatre jeunes amis qu’on nous présente au cours du prologue sont affligeants de stupidité, battant en quelques secondes tous les records du genre (et pourtant la « saga » Vendredi 13 avait placé la barre assez haut en la matière). Témoin l’une des répliques de la conductrice : « Vous ne voulez pas qu’on prenne une voiture de plein fouet et qu’on y reste tous ? Peut-être qu’on écrira une chanson sur nous ! » Ces joyeux drilles sont en partance vers un bal de fin d’année, d’où des smokings et des robes de soirées d’un goût fort discutable. Dans les bois, ils entrent en collision avec un jeune automobiliste qui perd connaissance. Tandis que nos héros s’en vont quérir du secours à pied, notre conductrice continue sur sa lancée : « une fois j’ai rêvé qu’un maniaque me poursuivait » lâche-t-elle, « sûrement un rêve prémonitoire ! ».

Ce quatrième opus s’annonce donc affligeant, et la suite ne dément pas cette première impression, mais le film présente tout de même un intérêt mineur pour les spectateurs curieux : il donne la vedette à Renée Zellweger et Matthew McConaughey, qui n’étaient alors que des comédiens débutants, et qui ont probablement rayé depuis ce film d’horreur embarrassant de leurs filmographies respectives. Tandis que Zellweger joue Jenny, la blonde nunuche aux grosses lunettes reprenant vaguement le rôle tenu par Marilyn Burns en 1974, McConaughey est Vilmer, un tueur affublé d’une prothèse articulée en guise de jambe et conduisant une vieille dépanneuse. Ce dernier, en totale roue libre, fait à peu près tout et n’importe quoi en un festival de séquences absurdo-hystériques.

Le massacre de la franchise

A leurs côtés s’agite une galerie de personnages tout aussi grotesques : la réceptionniste exhibitionniste, le redneck amateur de citations littéraires et un Leatherface qui se travestit en grosse bonne femme tout en poussant des mugissements pathétiques ! Kim Henkel reprend très maladroitement la séquence du frigo et du croc de boucher, n’hésitant devant aucune scène ridicule. La palme en la matière revient peut-être à l’affrontement sur le toit, au cours duquel Jenny, au lieu d’ouvrir la fenêtre, décide de passer à travers dans un grand fracas de verre brisé, tandis que Leatherface, énervé, tronçonne la cheminée ! Et tandis que notre « masque de cuir » rêve d’un nouveau visage, lorgnant sérieusement sur celui de Jenny, d’étranges commanditaires sadomasochistes entrent dans la danse, jusqu’à un climax absurde et incompréhensible. Lorsqu’à la fin un policier déclare « j’aimerais bien comprendre quelque chose à cette histoire », les infortunés spectateurs sont très tentés de répondre « Nous aussi ! ». Texas Chainsaw est donc l’assassinat en règle de la franchise, et il faudra attendre le remake de 2003 pour que Leatherface fasse enfin le come-back qu’il mérite. 

 

© Gilles Penso

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LEATHERFACE (1990)

Un troisième épisode qui se regarde sans trop de déplaisir, à condition bien sûr d'éviter la comparaison avec ses prédécesseurs

LEATHERFACE

1990 – USA

Réalisé par Jeff Burr

Avec R.A. Milhailoff, William Butler, Viggo Mortensen, Ken Foree, Kate Hodge, Toni Hudson, Joe Unger

THEMA TUEURS I CANNIBALES I SAGA MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE

Avec Massacre à la Tronçonneuse 2, Tobe Hooper avait prouvé que sa famille de cannibales texane pouvait être affublée d’un second film, pour peu que le réalisme glauque cède quelque peu le pas au second degré. Détenteur de la franchise, New Line décida évidemment de ne pas en rester là et envisagea de confier à Hooper la réalisation d’un troisième épisode, offre que le cinéaste déclina en partie à cause d’une incompatibilité de planning due au tournage du Feu de l’au-delà. Avec à son actif une poignée de films d’horreur pas vraiment marquants, Jeff Burr hérita du bébé. En guise de prologue, un résumé nous apprend que la seule survivante du massacre raconté dans le premier film est morte dans un hôpital psychiatrique, et que le dangereux Leatherface est toujours en liberté. Le scénario semble donc faire abstraction du second film. Michelle et Ryan, un jeune couple en villégiature dans les bois, fait une halte dans une station-service peu engageante où, d’emblée, le film s’offre une référence à Psychose, via un détraqué qui s’est ménagé un trou dans le mur pour espionner les filles aux toilettes. Ce peu recommandable individu menace ensuite ouvertement nos tourtereaux, qui prennent la fuite et sont bientôt attaqués en pleine nuit par Leatherface. Jeff Burr concocte à l’occasion une séquence de suspense plutôt réussie, nos infortunés protagonistes s’efforçant de changer au plus vite le pneu crevé de leur voiture tandis que le tueur approche inexorablement en faisant grincer sa jambe équipée d’une attelle.

Ce troisième épisode se permet par ailleurs quelques moments de poésie macabre du plus étonnant effet, comme cette maison jonchée d’ossements dans laquelle une petite fille joue avec une poupée dont la tête a été remplacée par un crâne humain. Le film nous gratifie aussi d’un brin d’humour noir plutôt bienvenu, comme lors de ce dialogue surréaliste entre un cannibale et l’une de ses victimes potentielles : « pourquoi vous ne nous foutez pas la paix ? » – « On a la dalle ! »  – « Vous n’aimez pas la pizza ? ». Mais pour le reste, Leatherface se contente des sentiers battus : l’héroïne est capturée par la famille anthropophage, le grand-père momifié est nourri avec du sang, les victimes sont accrochées à des crocs de bouchers…

« Vous n'aimez pas la pizza ? »

Rien de bien nouveau, donc, malgré l’ajout de nouveaux membres à cette joyeuse sarabande, notamment une marâtre sur un fauteuil roulant et un manchot dont le faux bras fait office de pince ou de torche. Leatherface lui-même, surnommé « Junior » pas sa famille, n’a plus aucune aura. Ce n’est qu’un vulgaire psychopathe affublé d’un masque hideux qui s’amuse à jouer au chat et à la souris dans les bois avec ses victimes. Au détour du casting, on reconnaît Ken Foree (héros de Zombie) en randonneur, et Viggo Mortensen (pas encore intronisé par Le Seigneur des Anneaux) dans le rôle du cowboy Tex. Le climax se déroule dans un marécage où Leatherface arbore fièrement la tronçonneuse flambant neuve que sa famille lui a offert, sur laquelle on peut lire l’inscription « The Saw is Family ». Et tandis que tout le monde se bat et hurle dans l’hystérie générale, le film s’achemine vers un épilogue un tant soit peu ridicule.

 

© Gilles Penso

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PARANORMAL ACTIVITY : THE MARKED ONES (2014)

Un cinquième épisode qui joue prudemment la carte de la routine et marque l'infléchissement inexorable de la franchise

PARANORMAL ACTIVITY : THE MARKED ONES

2014 – USA

Réalisé par Christopher Landon

Avec Molly Ephraïm, Andrew Jacobs, Crystal Santos, Richard Cabral, Chloe Csengery

THEMA DIABLE ET DEMONS I SAGA PARANORMAL ACTIVITY

Comme chaque année depuis 2009, la franchise Paranormal Activity se voit gratifiée d’un nouvel épisode destiné à remplir les poches de son petit malin de créateur, Oren Peli. On ne va pas lui en tenir rigueur, le bougre exploite son concept jusqu’à la corde et ne fait que répondre à la demande d’un public qui répond toujours présent. Il aurait tort de se priver. Si la franchise est d’une rentabilité à toute épreuve (les films ne coûtent pas grand-chose à la fabrication et ont déjà rapporté près d’un milliard de dollars), artistiquement on frôle le néant absolu. Mais il semblerait que les spectateurs commencent à renifler l’arnaque car le quatrième épisode marque un net recul en termes de recettes. Le but de ce nouvel épisode est donc de remonter la tendance, de faire le plein de pépettes et donc d’en mettre plein les yeux. Bon, évidemment tout cela est raté et le film ne fait que décrédibiliser encore plus le reste de la série via un scénario totalement illogique qui va jusqu’à défier les lois de continuum espace-temps en piétinant la « logique » chronologique interne de la saga.

En effet, le héros de ce cinquième film, le jeune Jesse, adolescent lambda, est âgé de 18 ans. Une photographie nous montre clairement que le bougre est né en 1994. On en déduit donc, grâce à un simple calcul, que l’action se situe en 2012. Jusque-là rien de bien compliqué. Mais dans une tentative désespérée de se raccrocher au reste de la saga, les scénaristes ont inclus dans leur film un passage se déroulant pendant le premier film. Les héros de ce cinquième épisode croisent donc le désormais fameux couple Katie et Micah lors d’une scène se déroulant durant le premier épisode qui, je le rappelle se déroule lui en 2006. De 2012 en début de métrage, on se retrouve donc plongés en pleine année 2006. Comment expliquer ce miracle ? Sorcellerie ? Satanerie ? Voyage dans le temps ? Quelques vagues pistes sont bien lancées çà et là mais sans aucune conviction. Chaque épisode nous réserve son lot d’objets du quotidien hantés. Après la piscine, le ventilateur, le Kinect de Microsoft dans l’épisode 4, c’est ici un « Simon », le jeu musical et lumineux de notre enfance qui est possédé par on ne sait toujours pas qui ni quoi. Un « Simon » qui annonce à Jesse qu’il va passer un sale quart d’heure sans que personne n’y trouve quoi que ce soit à redire. D’ailleurs le film lorgne honteusement sur le film Chronicle puisque Jesse est soudainement capable d’accomplir des choses surhumaines comme envoyer valdinguer deux malfrats, léviter et tout faire péter lorsqu’il se met en colère. On ne parlera pas de plagiat mais l’idée est là. Mais au moins le film envoie quelques jolis effets spéciaux, c’est toujours ça de pris.

Le vide narratif absolu

Toutefois ce cinquième film est plutôt plaisant, du moins dans sa première partie car le duo de bras cassés au cœur de l’intrigue s’avère finalement assez attachant, notamment Hector qui tient la camera et amène une bonne dose d’humour au film… pour une demi-heure du moins. Pour le reste rien à signaler, on est toujours face au vide narratif et esthétique comblé vaille que vaille à coup de jump scares, d’une bande-son tonitruante et d’écrans noirs. Dès qu’il se passe quelque chose on ne voit plus rien, ce qui est bien pratique… On sent clairement que le réalisateur est plus emmerdé par son concept qu’autre chose et on en vient à se demander pourquoi ces gens filment le moindre de leurs faits et gestes. Dans le premier film, ce procédé était justifié mais ce n’est vraiment plus le cas ici. Paranormal Activity The Marked Ones se lance dans l’occultisme, le satanisme et la sorcellerie sans vraie raison si ce n’est tenter vaguement d’expliquer le pourquoi du comment de l’intrigue. Il se réfère aux films antérieurs via quelques grossiers clins d’œil sans jamais éclaircir quoi que ce soit. Après cinq films censés s’entremêler, on n’en sait toujours pas plus sur la nature de l’entité, de la chose, ou de la personne qui venait chatouiller les pieds de Katie dans le premier film. On ressort encore plus embrouillé qu’avant et on n’a même plus le courage d’essayer de reconstituer un puzzle dont la majorité des pièces sont manquantes. Paranormal Activity The Marked Ones n’est qu’un volet de plus dans le grand n’importe quoi que représente cette saga. Au suivant. 

 

© Seb Lecocq

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LA VIE REVEE DE WALTER MITTY (2013)

Ben Stiller s'investit des deux côtés de la caméra dans ce remake poétique du petit classique de Norman McLeod

THE SECRET LIFE OF WALTER MITTY

2013 – USA

Réalisé par Ben Stiller

Avec Ben Stiller, Adam Scott, Sean Penn, Kristen Wiig, Kathryn Hahn, Jon Daly, Terence Bernie Hines

THEMA RÊVES

Dupont sans joie de l’administration du journal Life, avec sa chemise à manches courtes et sa petite cravate cousue dans un rideau, Walter Mitty est finalement comme pas mal d’entre nous : translucide, commun et définitivement anonyme. Alors, c’est vrai qu’on a tous des rêves mouillés où l’on aimerait ressembler à Indiana Jones, mais Walter a l’ambition modeste : tout ce qu’il souhaite, c’est pouvoir emballer Cheryl, du service de comptabilité. Et son gros souci, outre le fait de n’être personne, c’est que Walter a des rêves éveillés, où le bonhomme s’imagine tour à tour héros du jour, champion du monde des tatanes, globe-trotter invétéré ou encore grande gueule patentée… Bref, tout ce qu’il n’est pas. Jusqu’au jour où le négatif 25, envoyé par l’envoyé spécial mythique Sean O’Connell a disparu…

Ah ! Saint Exupéry traîne définitivement dans les parages : vis tes rêves plutôt que de rêver ta vie. Voilà à quoi pourrait se résumer le nouveau film de Ben Stiller. Et si on le connaissait surtout pour ses déconnades bas du front, telles que Zoolander ou Tropic Thunder (œuvres mythiques, on n’y touche pas !), notre ami Ben a clairement quitté le petit bassin du pipi-caca pour le grand large où croisent les chefs-d’œuvre. Oui, ne mâchons pas nos mots : Walter Mitty est une véritable perle qui a su réinventer une nouvelle désuète de James Thurber (adaptée déjà au cinéma en 1947 par Norman Z. Mcleod avec Danny Kaye).

Poésie, humour et métaphysique

On a beau lui coller plein de références (Terry Gilliam, Wes Anderson, un zeste de Dupontel et on en passe), le film de Stiller est à marquer d’une pierre blanche dans le sérail : qu’un grand studio se lance dans une telle aventure prouve qu’on est sur le point d’en finir avec les blockbusters décérébrés et que la prédiction de Spielberg et Lucas était assez juste (pour rappel, les deux principaux créateurs du « blockbuster » avaient prédit une implosion des films à gros budget et à effets spéciaux maousse lors d’une table ronde à l’Université de Californie du Sud. Lone Ranger et After Earth sont sortis juste après, c’est dire…). Pour en revenir à notre Walter chéri (et nous sommes impartiaux), Stiller réussit un alliage parfait entre poésie, humour, métaphysique de comptoir (dans le bon sens du terme) en mettant des effets spéciaux époustouflants au service d’une histoire universelle et magnifique. Que des stars telles que Shirley MacLaine ou Sean Penn se soient greffées au projet, c’est une évidence quand on voit le projet fini. Bref, chef d’œuvre ! Entre poésie et humour, Ben Stiller montre beaucoup plus de profondeur que dans ses précédentes – et très appréciées – conneries sur grand écran. Avec un film pareil, c’est SOS Suicide qui risque d’être en manque de clients. On conseille, on conseille et on conseille !

 

© Wizzdumb

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THE POSTMAN (1997)

Sept ans après Danse avec les loups, Kevin Costner se lance dans un ambitieux western post-apocalyptique

THE POSTMAN

1997 – USA

Réalisé par Kevin Costner

Avec Kevin Costner, Will Patton, Olivia Williams, Larenz Tate, James Russo 

THEMA FUTUR

L’année 1990 voit le sacre foudroyant d’un grand cinéaste : le pseudo-western Danse Avec Les Loups séduit les foules et critiques de tous horizons par sa mise en scène brillante et son propos universel (réinvesti à l’envi, entre autres par James Cameron dans son Avatar). Le cinéma américain regorge de ces essais, plus ou moins transformés, où des acteurs s’improvisent réalisateurs – mais peu auront d’emblée fait l’unanimité comme Kevin Costner. Dès lors, asseyant par là même son statut de star planétaire, l’homme se trouve attendu au tournant. Il enchaîne les grands succès en tant que comédien et souvent producteur, mais ce n’est que sept ans plus tard, avec le post-apocalyptique The Postman, qu’il récidive officiellement derrière la caméra. Perdu dans un monde à l’agonie où seuls subsistent de petits îlots de civilisation terrorisés par la secte armée des « holnistes », un vagabond sans idéal y subit une traversée du désert littérale qui le conduira à devenir – bien malgré lui – le symbole de l’espoir retrouvé. Et ce… en livrant le courrier !

Pour beaucoup, la déception est au rendez-vous et le film se fait d’abord massacrer par bon nombre de critiques, bouder par le plus large public, puis relativement oublier par tout le monde… Sans doute la faute à une ambition démesurée pas toujours bien perçue, à un trop grand écart formel avec le premier chef d’œuvre de Costner (en surface seulement) et surtout, pour le public mondial, à un « I believe in the United States » mal digéré – comme souvent. Il faudra encore six longues années à la vedette pour se remettre de cet échec (juste derrière celui de Waterworld dont il a lui-même supervisé la plus grande partie) et réaliser l’excellent Open Range dans son genre de prédilection. Ce genre, c’est évidemment le western – et contre les apparences The Postman en est un. Du reste, quel western ! Partant de la figure de « l’étranger » dérivée de Clint Eastwood pour s’achever sur le film de cavalerie façon John Ford en passant par John Sturges (Les 7 Mercenaires), John Wayne (Alamo) et bien d’autres, il profite également de son enrobage SF pour brasser les ersatz les plus fameux du film de cow-boys, du Mad Max 2 de George Miller (déjà cloné d’autre manière dans Waterworld) au plus récent Los Angeles 2013 de Carpenter, de Le Lion Et Le Vent de John Milius à sa propre version de Robin Des Bois, Prince Des Voleurs mise en boîte quelques temps plus tôt par Kevin Reynolds – au détour de nombreuses séquences-citations, ou plus généralement de choix qui ne trompent pas dans la direction artistique.

Un certain héritage moral et esthétique

Un tel brassage force autant le respect qu’il risque l’embourbement. Chacun se fera son opinion là-dessus. On peut tout de même affirmer que l’entreprise n’a jamais la prétention d’inventer la poudre, mais toujours la volonté de transmettre le mieux possible un certain héritage moral et esthétique. De prime abord, eu égard à cet idéalisme, ce classicisme, ce sens de l’humour très particulier, cette puissance iconique et cette obsession des valeurs traditionnelles véhiculés par son cinéma, on n’attend pas forcément Kevin Costner dans le registre de la science-fiction, plus sophistiqué et moins directement historique. En toute logique, The Postman ne constitue pas une date dans le cinéma de science-fiction mais rappelle de façon inattendue, et avec un incontestable panache, que Costner est sans doute ce qui est arrivé de mieux au western durant les années 1990 !

 

© Morgan Iadakan

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LE HOBBIT : LA DESOLATION DE SMAUG (2013)

L'épisode central de la trilogie du Hobbit nous met en présence avec l'un des dragons les plus impressionnants de tous les temps

THE HOBBIT : THE DESOLATION OF SMAUG

2013 – NOUVELLE-ZELANDE

Réalisé par Peter Jackson

Avec Martin Freeman, Ian McKellen, Richard Armitage, Ken Stott, Graham McTavish, Orlando Bloom, Evangeline Lily

THEMA HEROIC FANTASY I DRAGONS I ARAIGNÉES I SAGA LE SEIGNEUR DES ANNEAUX

L’Empire Contre-Attaque l’a prouvé en son temps : pour transcender le matériau développé dans le film qui le précède, le volet central d’une trilogie épique se doit de durcir ses enjeux, de complexifier ses liens inter-protagonistes et de noircir sa tonalité. Fidèle à cette règle dramaturgique imparable, La Désolation de Smaug nous plonge sans préambule dans les ténèbres d’une forêt ensorcelée, première étape d’un voyage initiatique semé d’embûches qui se vit autant comme un train fantôme que comme un rollercoaster déchaîné. Le jeu de Martin Freeman s’en trouve enrichi. Son remarquable sens du rythme et de la pantomime, jeté sous le feu des projecteurs dans l’épisode précédent, s’accompagne ici d’un enchaînement d’émotions contraires particulièrement impressionnant. Car ici, Bilbo vit le conflit interne ultime, celui de la tentation engendrée par les pouvoirs fascinants de l’anneau qu’il vola à Gollum. A l’issue du premier morceau de bravoure du film, un hallucinant combat contre d’hideuses araignées géantes, le Hobbit est au bord du précipice émotionnel, partagé entre sa bonhommie naturelle et les mauvais penchants que George Lucas popularisa sous l’appellation universelle de « côté obscur de la Force ». En ce moment clef, la performance du comédien touche au sublime et mériterait une avalanche d’Oscars.

Mais ce n’est que le début du parcours du combattant, et Peter Jackson nous réserve maints rebondissements, l’un des plus spectaculaires étant probablement une incroyable course-poursuite entre Orques, Elfes et Nains utilisant comme véhicules des tonneaux lancés à vive allure dans un torrent furieux. La virtuosité de la mise en scène, l’audace des péripéties et la multiplicité des enjeux dramatiques coupent le souffle. Alors que les séquences d’action d’Un Voyage Inattendu s’articulaient majoritairement autour d’exercices de déséquilibre vertigineux, celles de La Désolation de Smaug fonctionnent sur le mode de la fuite en avant, comme si rien ne pouvait ralentir la folle course du récit.

Le grand écart de Peter Jackson

Plus que jamais, Jackson effectue le grand écart entre la beauté décomplexée des grands sentiments (dilemmes, esprit de sacrifice, romances impossibles) et l’humour potache mâtiné de gore qui marqua ses débuts de cinéaste (les belligérants pratiquent ici la décapitation à grande échelle), étalant sur grand écran toute la latitude de son désemparant savoir-faire. Le dernier acte du film repose bien sûr sur la confrontation de notre petite troupe avec le redouté saurien incandescent qui couve le trésor de la cité d’Erebor. Et si nous conservons un attachement indéfectible pour le  Vermithrax Pejorative du Dragon du Lac de Feu, force est de reconnaître que Smaug est sans conteste le dragon le plus impressionnant de l’histoire du cinéma, exhibant fièrement et pesamment ses tonnes de folies destructrice tout en s’exprimant avec la voix de Benedict Cumberbatch, dont l’élocution caverneuse n’est pas sans évoquer l’immense Vincent Price. Encore une géniale idée de casting, au sein d’une œuvre sans faute dont le dénouement ouvert nous secoue de frissons.

 

© Gilles Penso

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