BLOOD ! THE LAST VAMPIRE (2009)

Chris Nahon adapte un moyen-métrage japonais pour aborder le racisme sous l'angle métaphorique du vampirisme

BLOOD ! THE LAST VAMPIRE

2009 – HONG-KONG / FRANCE / JAPON

Réalisé par Chris Nahon

Avec Giannu Jun, Masiela Lusha, Allison Miller, Liam Cunningham, J.J. Feild, Koyuki, Michael Byrne, Colin Salmon, Andrew Pleavin

THEMA VAMPIRES

Adaptation d’un moyen métrage d’animation réalisé en 2000 par Hiroyuki Kitakubo, Blood ! The Last Vampire prend place dans le Tokyo de 1966, au cœur du lycée d’une base militaire américaine où semblent régner l’insouciance et la désinvolture. Mais sous ce vernis, certaines fissures laissent entrevoir une tension raciale larvée, les stigmates de la catastrophe nucléaire et la paranoïa générée par la Guerre Froide… Un tel cadre est finalement idéal pour narrer sous l’angle de la métaphore les exactions d’une communauté de vampires se mêlant aux humains pour mieux s’en nourrir. Chargée d’infiltrer les lieux sous l’identité d’une lycéenne nippone, Saya est en réalité une chasseuse de vampires vieille de quatre cents ans. Hybride, fille d’un humain et d’une buveuse d’hémoglobine, elle présente bon nombre de points communs avec le héros éponyme de Blade, d’autant que les arts martiaux sont également ses armes les plus efficaces, que le maniement du sabre semble être sa seconde nature, et que ses adversaires ressemblent plus à des démons jaillis des portes de l’Enfer qu’aux dandys aux crocs pointus auxquels Bram Stoker et ses milliers d’imitateurs nous ont habitués.

Ji-Huyn Jun possède tous les atouts susceptibles de rendre son personnage touchant et crédible : un charme irrésistible, un charisme que ses aînés devraient lui jalouser et une aisance spectaculaire avec les techniques de combat et d’escrime. Oubliant son passé de faiseur de vidéoclips et de spots publicitaires (dont on sentait profondément les gimmicks dans ses deux précédents longs-métrages), Chris Nahon s’immerge dans l’atmosphère mi-nostalgique mi-oppressante de ce Japon d’après-guerre et compose dès la scène d’introduction une séquence de duel dans un métro qui ne cherche jamais à nous en mettre plein la vue mais plante d’emblée les thématiques du film et les composantes de son ambiance. Blood ! The Last Vampire est riche en combats mouvementés au cours desquels des myriades de démons vampires assaillent la taciturne Saya. Le premier de ces pugilats intervient suite à une séquence qu’on croirait presque issue d’Une nuit en enfer de Robert Rodriguez.

Un essaim de vampires ninjas

La chasseuse de vampire y découvre un bar dont tous les occupants – humains en apparence – révèlent soudain des traits monstrueux et grimaçants trahissant leur nature vampirique. L’échauffourée nocturne qui s’ensuit manque certes de lisibilité et d’enjeux dramatiques. Mais le cinéaste rectifie le tir en cours de métrage, nous réservant ensuite des affrontements de toute beauté, notamment celui d’un flash-back où le vieux mentor de Saya lutte contre un essaim de vampires ninjas dans une forêt dense, et le climax qui donne la vedette à l’inquiétante Onigen. Les vampires eux-mêmes sont des monstres aux allures de gargouilles. Au stade ultime de la métamorphose, ils déploient de grandes ailes de chauves-souris et poursuivent leurs exactions dans les airs en voletant sinistrement. La ressemblance physique avec les harpies de Jason et les Argonautes est alors frappante, d’autant que les images de synthèse employées à cet effet, peu réalistes, nous renvoient aux vieilles techniques d’animation de Ray Harryhausen.

 

© Gilles Penso

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MULBERRY STREET (2007)

Les habitants d'un quartier pauvre de New York sont en proie à une mutation qui les transforme en êtres bestiaux et agressifs

MULBERRY STREET

2007 – USA

Réalisé par Jim Mickle

Avec Nick Damici, Kim Blair, Ron Brice, Bo Corre, Tim House, Larry Fleischman, Larry Medich, Javier Picayo, Antoine Pagan

THEMA MUTATIONS I MAMMIFERES

Si, de prime abord, Mulberry Street semble tranquillement emprunter le terrain du film de zombies balisé par George Romero tout en présentant plusieurs similitudes avec [Rec], ce n’est qu’une apparence. Car le premier long-métrage de Jim Mickle, ancien storyboarder et machiniste, prend une tournure très personnelle, via un style naturaliste et libre le rattachant davantage au cinéma indépendant américain qu’au film d’horreur traditionnel. Le cadre de Mulberry Street, comme son titre l’indique, est la rue d’un quartier modeste de New York. Là, dans un immeuble vétuste, des vétérans de guerre, des retraités aux revenus misérables et des marginaux cohabitent et se serrent les coudes. L’un d’eux, l’ancien boxeur Clutch (Nick Damici), attend le retour de sa fille Kay (Bo Corre), blessée sur le front irakien et rapatriée à Manhattan. La canicule gagne la ville, l’immeuble menace d’être rasé par un grand promoteur, et c’est dans cette atmosphère moite et réaliste que s’immisce l’horreur. Car les informations diffusées à la télévision et à la radio relatent une série d’agressions inhabituelles. Plusieurs citoyens auraient été attaqués par des hordes de rats particulièrement agressifs, d’abord dans le métro, puis dans plusieurs quartiers new-yorkais. Plus étrange encore : les victimes des rongeurs se mettent à développer des symptômes qui altèrent leur comportement. Peu à peu, la panique s’installe et la nuit s’apprête à tomber, prélude d’un chaos indescriptible.

Ainsi, si le canevas narratif de Mulberry Street cultive un indéniable sentiment de déjà vu (à la différence près que les contaminés se muent ici progressivement en monstres mi-hommes mi-rongeurs), l’intérêt principal du film et son originalité résident dans son choix de personnages, sa mise en scène à contre-courant de ce qui se pratique généralement dans le genre, et sa description crue et désenchantée d’un quartier défavorisé de la Grande Pomme. La profession ne s’y est pas trompée, sélectionnant le film dans une multitude de festivals à travers le monde et le primant à trois reprises (meilleur film indépendant à Toronto, meilleur film à Amsterdam, meilleur long-métrage au Fantasia Film Festival). La conviction des comédiens est pour beaucoup dans l’impact du film.

Un essai attachant et très personnel

Cependant, Mulberry Street n’est pas dénué de défauts, l’un des plus problématiques étant la maladresse de sa gestion de l’épouvante. Car dès qu’il aborde le genre horrifique frontalement, Jim Mickle témoigne d’un manifeste manque d’inspiration et de savoir-faire. Certes, les attaques de rats et d’humains contaminés ne manquent pas d’impact – notamment grâce à un montage nerveux effectué par Mickle lui-même, à un éclairage composant savamment avec les zones d’ombre et à des maquillages souvent saisissants – mais elles souffrent d’un effet de répétition édulcorant peu à peu leur efficacité. Les courses-poursuites dans les rues nocturnes ou les huis-clos dans l’immeuble palissent donc de la comparaison avec les innombrables films de zombies post-Romero. Pour le reste, voilà un essai filmique attachant et très personnel qui laisse augurer une filmographie prometteuse chez son auteur.

 © Gilles Penso

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INTUITIONS (2000)

Une histoire de fantôme concoctée avec minutie par Sam Raimi, à mi-chemin entre les sagas Evil Dead et Spider-Man

THE GIFT

2000 – USA

Réalisé par Sam Raimi

Avec Cate Blanchett, Keanu Reeves, Katie Holmes, Giovanni Ribisi, Hilary Swank, Greg Kinnear, Michael Jeter, Kim Dickens

THEMA FANTÔMES

Intuitions s’inscrit dans le creux de la vague de la carrière de Sam Raimi. Après ses trois explosifs Evil Dead, le talentueux réalisateur poursuivit sa filmographie de manière assez inégale, alternant le meilleur (l’excellent thriller Un Plan simple), le banal (le très facultatif Pour l’amour du jeu avec Kevin Costner) et le passable (le western multi-stars Mort ou vif). En perte de vitesse, il signait avec Intuitions une histoire de fantômes post-Sixième sens et post-Hypnose. Mais là où l’on pouvait craindre un inévitable air de déjà vu, Raimi prouve qu’il a de beaux restes et que lorsque le sujet l’inspire, il sait encore faire des merveilles. Le scénario d’Intuitions, co-signé par Billy Bob Thornton et Tom Epperson, se déroule dans la petite ville de Brixton, en Georgie. Là, Annie Wilson (Cate Blanchett), une jeune veuve mère de trois enfants, arrondit ses fins de mois grâce à ses dons de médium, qu’elle monnaye au cours de séances de spiritisme à la demande de quelques-uns de ses voisins. Un jour, Annie conseille fortement à son amie Valerie (Hilary Swank) de quitter son mari Donnie Barksdale (Keanu Reeves), un homme rustre et violent qui la bat régulièrement. Furieux, l’intéressé traite Annie de sorcière (« Traiter avec le Diable te conduira au bûcher », lui lance-t-il, « tout le monde sait ça ! »). Il menace même ses enfants pour l’inciter à ne plus se mêler des affaires d’autrui.

Peu après, Jessica King (Katie Holmes), la fiancée d’un homme influent de la ville, est portée disparue. A contre-cœur, la police fait appel aux dons d’Annie pour démêler l’affaire. « Je ne crois pas en ce que vous faites, Miss Wilson », lui lâche le shérif Pearl Johnson (J.K. Simmons, futur J. Jonah Jameson de la trilogie Spider-Man). « Et pour être sincère avec vous, je n’aime pas ça. Mais nous sommes arrivés au bout de nos investigations… nous avons cherché sous chaque pierre… et nous aimerions que vous nous disiez ce que vous pouvez faire pour nous aider. » Face à cette demande pressante, Annie utilise ses dons et est frappée d’une vision qui conduit la police dans un marécage de la propriété de Donnie, où gît le corps de Jessica. En toute logique, l’indésirable voisin est arrêté et condamné. Jusqu’à ce que de nouvelles visions conduisent Annie à penser que l’assassin court toujours…

Keanu Reeves terrifiant

Si le scénario d’Intuitions ne déborde pas d’inventivité, le film sort du lot grâce à l’intelligence de son casting, au réalisme de ses personnages et de leur environnement (capté en extérieurs naturels en Georgie), et à quelques séquences d’anthologie au cours desquelles Raimi met nos nerfs à rude épreuve, provoquant maints sursauts des spectateurs sur leurs fauteuils. Intuitions représente également l’un des meilleurs contre-emplois jamais incarnés par Keanu Reeves, réellement terrifiant dans la peau d’un « redneck » jaloux et violent. Féru de clins d’œil référentiels, le réalisateur dote son héroïne d’une voiture légendaire, puisqu’il s’agit de la fameuse Oldsmobile d’Evil Dead, et demande à son compositeur Danny Elfman de faire une brève apparition sous forme d’un violoniste surgissant au beau milieu d’une des visions d’Annie.

© Gilles Penso

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SPIDER-MAN 3 (2007)

Un épisode inégal qui alterne d'incroyables morceaux de bravoure avec des passages d'une grande maladresse

SPIDER-MAN 3

2007 – USA

Réalisé par Sam Raimi

Avec Tobey Maguire, Kirsten Dunst, James Franco, Thomas Haden Church, Topher Grace, Bryce Dallas Howard

THEMA SUPER-HEROS I ARAIGNEES I SAGA SPIDER-MAN I MARVEL

Le succès colossal des deux premiers Spider-Man, dont les recettes mondiales atteignent les 1,6 milliards de dollars, incita Sony à programmer la date de sortie américaine de ce troisième épisode alors que le n°2 n’était pas encore distribué en salles ! Sam Raimi et son frère Ted imaginèrent donc une nouvelle aventure puisant une fois de plus son inspiration dans les comics des années 60 et 70, tout en empruntant des éléments aux épisodes conçus par Todd Mc Farlane dans les années 90. Spider-Man 3 reprend nos protagonistes là où le film précédent les laissait. Peter Parker a avoué sa flamme et sa double identité à Mary-Jane Watson, et tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais un nouveau super-vilain se pointe bientôt à l’horizon : Flint Marco, un criminel en cavale victime d’un accident radioactif dans un immense bac de sable. Les molécules de son corps fusionnent avec le sable, lui donnant la capacité de se métamorphoser à loisir. Un malheur ne venant jamais seul, Peter hérite du « symbiote », un blob d’origine extra-terrestre qui se colle à son costume.

Désormais revêtu d’une tenue noire, il possède de nouveaux pouvoirs… mais sa personnalité semble s’altérer. Il se laisse séduire par la belle Gwen Stacy, fille du capitaine de la police de New York, et sa relation avec Mary-Jane s’en trouve dégradée. Comme si ça ne suffisait pas, Harry Osborn, le meilleur ami de Peter, a juré sa perte. Héritant de l’arsenal du Bouffon Vert, Harry se mue en nouveau Bouffon et décide de le détruire définitivement… Sans compter le redoutable Venom, qui fait son apparition au dernier tiers du métrage. Malgré cette profusion de super-vilains, Spider-Man 3 parvient à éviter les travers des Batman de Tim Burton et Joel Schumacher et consacre la majeure partie de son scénario au développement de ses personnages. Du coup, Peter Parker est beaucoup plus présent à l’écran que son alter ego rouge et bleu, et de nombreuses séquences parviennent à émouvoir le plus endurci des spectateurs, même s’il eut été préférable que la bande originale de Christopher Young (remplaçant Danny Elfman tout en conservant ses thèmes musicaux) ne se sente pas obligée de surligner systématiquement chaque émotion.

La chorégraphie de Peter Parker

Qu’il s’agisse de moments de comédie (le dîner dans un restaurant français avec Bruce Campbell en hilarant maître d’hôtel) ou de scènes purement fantastiques (l’extraordinaire métamorphose de Marco en Homme-Sable, à la fois touchante et spectaculaire), Raimi conserve son style inimitable et sa personnalité malgré une pression croissante accrue par le pharaonique budget de 300 millions de dollars mis à sa disposition. Dommage cependant que certains procédés scénaristiques manquent singulièrement de cohérence, notamment le chantage intangible qu’Harry fait subir à Mary-Jane, ou son revirement de dernière minute occasionné par une révélation peu crédible et bien tardive. Dommage également que Gwen Stacy, magnifique personnage du comic book original, ne transcende guère ici le rôle de la potiche blonde platine. Sans compter quelques touches d’humour à la limite du grotesque, comme la chorégraphie qu’improvise Peter Parker dans un club de jazz, façon The Mask ! Le spectacle demeure tout de même de très haute tenue, et s’achève sur un bataille homérique opposant quatre belligérants fort déterminés.
 

© Gilles Penso

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L’ARMÉE DES TÉNÈBRES (1992)

Le troisième épisode de la saga Evil Dead oublie le huis-clos oppressant au profit d'une épopée d'heroic fantasy délirante

ARMY OF DARKNESS

1992 – USA

Réalisé par Sam Raimi

Avec Bruce Campbell, Embeth Davidtz, Marcus Gilbert, Ian Abercrombie, Richard Grove, Bridget Fonda

THEMA ZOMBIES I DIABLES ET DEMONS I VOYAGES DANS LE TEMPS I LOVECRAFT SAGA EVIL DEAD

Après un Evil Dead très sombre et un Evil Dead 2 oscillant entre l’horreur sordide et le burlesque cartoonesque, Sam Raimi et son producteur Robert Tapert se lancent dans une Armée des ténèbres complètement exempte de gore, laissant place à une épopée fantastique et médiévale à grand spectacle, ponctuée d’humour nonsensique. Ici, les influences ne sont donc plus L’ExorcisteLa Nuit des Morts-Vivants et H.P. Lovecraft, mais plutôt Jason et les Argonautes, les dessins de Frank Frazetta et les récits d’héroïc-fantasy. Une tronçonneuse greffée au poignet, un fusil à canon scié dans l’autre main, Ash (Bruce Campbell) remonte le cours du temps jusqu’à l’an 1300 face au roi Arthur. Poursuivi par des forces diaboliques, il doit retrouver le Necronomicon, ce fameux grimoire qui pourra le renvoyer à son époque. Mais par maladresse, il réveille une armée de cadavres, dirigée par Evil Ash qui n’est autre que son double maléfique. Armés de pied en cap, et se ralliant de nouveaux membres à chacune de leurs victimes, les morts assiègent le château d’Arthur.

Désireux de rendre hommage à Ray Harryhausen, Sam Raimi ponctue son film d’un bestiaire référentiel. Le premier est une harpie démoniaque arborant quatre bras crispés et des ailes translucides, qui attaque le château d’Arthur et enlève Sheila (Embeth Davidtz). Mais la référence au maître des monstres animés apparaît pleinement dans une séquence surréaliste au cours de laquelle une vingtaine de squelettes émergent dans un cimetière et, armés de pelles, déterrent leurs congénères. Puis vient le combat de Ash contre son double maléfique, réduit à l’état d’un sac d’os zombifié. Hélas, la qualité des effets visuels laisse souvent à désirer. Du coup, certains effets ne fonctionnent guère et ne réussissent jamais à dépasser le mètre étalon Harryhausen qui, il faut bien l’avouer, avait placé la barre très haut. « Ces squelettes ont été réalisés sur la base de jouets Mattel », raconte l’animateur Peter Kleinow. « Nous leur avons ajouté des rotules pour les articulations. Il y avait de nombreux plans complexes, notamment lorsque l’armée des squelettes avance vers le château, et que quatre d’entre eux transportent un bélier. Je ne suis pas entièrement satisfait du résultat, mais nous ne pouvions pas nous permettre de refaire les prises. » (1) Fort heureusement, les maladresses de certains de ces trucages optiques sont rattrapées par leur inventivité et leur grain de folie, notamment dans la séquence où Ash est attaqué par des clones miniatures de lui-même.

« Klaatu Barada Nikto »

L’humour, devenu omniprésent, est ici plus ou moins efficace. Si le recyclage de la formule « Klaatu Barada Nikto », issue du Jour où la Terre s’arrêta, fait mouche auprès des cinéphiles, on ne peut pas en dire autant des grimaces de Evil Ash, ou de l’épilogue ruinant par sa légèreté l’ampleur de l’aventure. Il faut dire aussi que ce troisième Evil Dead a souffert de sa sortie tardive, suite à de stupides démêlés juridiques, arrivant ainsi après le Robin des Bois de Kevin Reynolds (celui-ci s’étant indiscutablement inspiré de Sam Raimi pour filmer ses flèches) et Les Visiteurs de Poiré, dont il annonçait les thèmes et certaines situations. Jo Lo Duca, fidèle à la saga Evil Dead depuis le début, poursuit la veine symphonique amorcée avec l’opus 2. Il n’hésite pas ici à souligner les cavalcades d’envolées très lyriques, chœurs à l’appui, et se laisse aller avec bonheur aux mélodies médiévales. Danny Elfman lui-même, auteur de la BO de Darkman, signe un morceau, celui de la «marche des morts», qui évoque le thème du Pingouin de Batman le défi.

(1) Propos recueillis par votre serviteur en mars 1999

 

© Gilles Penso

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LA NUIT AU MUSÉE (2006)

Une comédie fantastique inventive dans laquelle Ben Stiller se retrouve gardien de nuit d'un musée très particulier

NIGHT AT THE MUSEUM

2006 – USA

Réalisé par Shawn Levy

Avec Ben Stiller, Carla Gugino, Dick Van Dyke, Mickey Rooney, Bill Cobbs, Jake Cherry, Ricky Gervais, Robin Williams

THEMA MOMIES I DINOSAURES I SAGA LA NUIT AU MUSEE

Si la comédie est en soi un exercice cinématographique difficile, son mixage avec le fantastique relève de l’alchimie la plus délicate. Un parfait équilibrage entre les deux genres est rare. Les aventures d’Abbott et Costello y parvenaient souvent, mais la référence ultime en la matière demeure S.O.S. fantômes d’Ivan Reitman. Désormais, il faudra ajouter La Nuit au musée à la petite liste privilégiée des croisements réussis entre pantalonnade jubilatoire et fantasmagorie à grand spectacle, aux côtés d’autres œuvres déjantées telles que Gremlins ou Chérie J’ai rétréci les gosses. Le film de Shawn Levy repose beaucoup sur les épaules de Ben Stiller, qui incarne ici Larry Daley, un homme instable incapable de conserver un travail régulier plus de quelques mois d’affilée.

Souffrant de l’image pathétique qu’il renvoie à son ex-femme Erica (Kim Raver) et à son jeune fils Nick (Jake Cherry), il accepte à la dernière minute un emploi de gardien de nuit dans le musée d’histoire naturelle de la ville. Ce qu’ont bien omis de lui préciser ses trois vénérables prédécesseurs, c’est qu’une tablette présente dans l’aile égyptienne du musée, appartenant à une momie parfaitement conservée dans son sarcophage, provoque un phénomène hors du commun : dès que tombe la nuit, tout ce qui est exposé est soudain ramené à la vie. Attila et ses Huns, Christophe Colomb, Theodore Roosevelt, une tribu d’hommes de Néanderthal, des hordes d’animaux empaillés et un squelette de tyrannosaure sèment donc la panique, sous les yeux affolés d’un Larry évidemment dépassé par les événements…

Un train fantôme débridé

Certes, le prétexte scénaristique utilisé pour donner vie au musée peut sembler quelque peu évasif, mais qu’importe. Ici, les qualités du divertissement l’emportent largement sur la rigueur du script, le film s’appréciant surtout comme un ride de parc d’attractions, à mi-chemin entre le Grand Huit et le train fantôme. Ben Stiller nous offre là une performance exceptionnelle, oscillant habilement entre la maladresse touchante (les séquences avec son ex-femme et son fils sont empreintes de sensibilité) et le burlesque débridé (la confrontation avec Attila et ses Huns est un très grand moment de fou rire). A ses côtés, le cinéphile savourera la présence de trois légendes vivantes de la comédie américaine, Dick Van Dyke (Mary Poppins), Mickey Rooney (Diamants sur canapé) et Bill Cobbs (Le Grand saut), dans le rôle des anciens gardiens de nuit hauts en couleur, tandis que Robin Williams nous offre la prestation savoureuse d’un Ted Roosevelt de cire s’efforçant de se montrer à la hauteur de son modèle historique. Les effets spéciaux ne sont pas en reste, grâce à la minutie et au savoir-faire des infographistes de Rythm & Hues. Les visions les plus spectaculaires et les plus surréalistes jaillissent ainsi à l’écran, des légions romaines miniatures attaquant les cow-boys lilliputiens aux élucubrations d’une massive statue de l’île de Pâques en passant par les hallucinantes cavalcades d’un monstrueux squelette de T-Rex, le tout aux accents d’une partition très énergique d’Alan Silvestri. Et si La Nuit au musée évoque par moments Jumanji et L’Indien du placard, il les dépasse largement par son grain de folie et son audace sans borne.

© Gilles Penso

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LA NUIT AU MUSEE 2 (2009)

Un deuxième épisode qui ne bénéficie plus de l'effet de surprise du précédent mais assure toujours le spectacle et les éclats de rire

NIGHT AT THE MUSEUM : BATTLE OF THE SMITHSONIAN

2009 – USA

Réalisé par Shawn Levy

Avec Ben Stiller, Amy Adams, Owen Wilson, Hank Azaria, Christopher Guest, Robin Williams, Alain Chabat, Steve Coogan

THEMA MOMIES I DINOSAURES I SAGA LA NUIT AU MUSEE

Le concept de La Nuit au musée avait tout pour plaire : drôle, original, surprenant, susceptible de provoquer les situations les plus surréalistes et les plus spectaculaires… Le succès ayant été au rendez-vous, la mise en chantier d’un deuxième épisode était inévitable. L’équipe du premier film se reforme donc, avec un enthousiasme palpable, sans parvenir cependant à éviter les deux défauts traditionnels des séquelles de ce type : la perte de l’effet de surprise, et une volonté un peu vaine de dépasser l’opus précédent en terme de surenchère visuelle, quitte à frôler l’indigestion. Le scénario lui-même peine à raccrocher les wagons. Au début du film, le sympathique Larry Daley incarné par Ben Stiller est devenu un inventeur à succès. A la tête d’une entreprise prospère, c’est désormais un homme comblé. Tout le contraire du personnage que nous découvrions au début du premier film – un raté incapable de garder un job ni d’assumer correctement son rôle de père. Dès lors, comment pousser ce protagoniste épanoui à réendosser l’uniforme d’un gardien de musée et à affronter de nouveaux dangers surnaturels ? Par l’entremise d’un prétexte scénaristique franchement évasif. Qu’on en juge : dans un souci de modernisation, toutes les figurines, animaux empaillés et autres vieilleries jadis exposées dans les vénérables galeries du musée d’histoire naturelle de la ville vont être déménagés dans un entrepôt du Smithsonian de Washington, le plus grand musée du monde.

Or la fameuse tablette égyptienne aux pouvoirs magiques fait également le voyage. La nuit venue, toutes les animations et personnages historiques prennent donc vie, y compris le maléfique pharaon Kahmunrah (Hank Azaria) qui décide de tyranniser le monde en s’adjoignant les services d’Al Capone, Ivan le Terrible et Napoléon. Pour éviter le pire, Larry reprend donc le costume bleu et la lampe de poche et s’en va guerroyer contre les artefacts du passé. Un plus grand musée, plus de personnages, plus d’effets spéciaux… La Nuit au musée 2 joue donc la carte du « toujours plus » sans trop se soucier de la rigueur de sa narration. Sans être une déception colossale de l’ampleur d’un S.O.S. Fantômes 2, la séquelle déçoit donc un peu.

Alain Chabat est Napoléon !

Mais le divertissement demeure total et la cocasserie des situations continue de stimuler régulièrement les zygomatiques, notamment lorsque Hank Azaria, hilarant en  pharaon déchu ivre de vengeance, essaie en vain de mener ses troupes et d’échafauder son plan machiavélique. Parmi ses lieutenants, on note la présence d’Alain Chabat sous la défroque de Napoléon. L’idée de casting est géniale, même si l’ex Nul force un peu trop sur la grimace et la gesticulation, gâchant une partie de son énorme potentiel comique. Côté effets spéciaux, on relèvera quelques réjouissantes nouveautés, notamment l’animation de toute une série d’œuvres artistiques (avec quelques passages « de l’autre côté du miroir ») ainsi que l’animation d’une gigantesque statue d’Abraham Lincoln et d’une pieuvre géante en quête d’eau. Ces deux « créatures » semblent tout droit issues d’un film de Ray Harryhausen, ce qui, évidemment, est loin de nous déplaire.

 

© Gilles Penso

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POSSESSION (1980)

Une histoire d'amour et de mort qui permet à Isabelle Adjani de livrer l'une de ses performances les plus incroyables

POSSESSION

1980 – FRANCE / ALLEMAGNE

Réalisé par Andrzej Zulawski

Avec Isabelle Adjani, Sam Neill, Heinz Bennent, Margit Carstensen, Johanna Hofer, Carl Duering, Shaun Lawton, Michael Hogben

THEMA DIABLE ET DEMONS

Le projet Possession est né de la plume d’Andrzej Zulawski alors que le cinéaste venait de vivre une cruelle déconvenue professionnelle : l’arrêt du tournage de son long-métrage de science-fiction Le Globe de verre par le régime communiste. L’amertume, le désenchantement et la douleur sont donc au cœur de Possession, qui se déroule dans l’atmosphère glaciale du Berlin des années 80, enserré par sa sinistre muraille que surveillent jour et nuit des soldats dociles. Après un long voyage, Marc (Sam Neill) retrouve son épouse Anna (Isabelle Adjani) et leur fils Bob (Michael Hogben). Très vite, il s’aperçoit que le comportement de sa femme est étrange. Lointaine, agressive, elle ne l’aime visiblement plus. Y’a-t-il un autre homme dans sa vie ? Un certain Heinrich (Heinz Bennent) fut en effet son amant pendant le voyage de Marc, mais leur histoire s’est achevée abruptement. Bientôt, la vérité apparaît dans toute son horreur : Anna est possédée par un monstre immonde qui la pousse à tuer ceux qui se mettent en travers de sa route et se mue progressivement en copie conforme d’un être humain…

Plusieurs points communs rapprochent Possession du Répulsion de Roman Polanski : un réalisateur polonais expatrié, une comédienne à l’aune de sa carrière appelée à devenir plus tard une véritable institution de la cinématographie française, une approche viscérale et inédite de l’horreur, un lourd secret enfermé dans les murs d’un appartement sordide et un basculement inexorable dans la folie… Possession est une des ces œuvres qui laisse des traces indélébiles longtemps après son visionnage. Isabelle Adjani y trouve probablement le rôle le plus intense de sa carrière tout entière, en une époque où la belle multipliait pourtant les rôles à fleur de peau (Nosferatu fantôme de la nuit, L’Eté meurtrier, Mortelle randonnée). Inoubliable, sa crise d’hystérie dans un couloir de métro est à la limite du supportable, tant la comédienne semble se déchirer de l’intérieur, hurlant, se roulant par terre, exsudant un liquide poisseux rouge et blanc… Zulawski lui-même avoue avoir été plus témoin que metteur en scène de cette séquence, ses seules indications ayant été : « fais l’amour avec l’air » !

État second

Tous les acteurs semblent d’ailleurs jouer dans un état second, comme si la possession d’Anna contaminait leurs personnages. Leurs comportements sont insolites, illogiques, décalés, renforçant le caractère cauchemardesque du métrage. Le monstre lui-même est une horreur visqueuse, sanglante et tentaculaire dont nous de devinons jamais la forme entière. Cette créature démoniaque demeure l’une des créations les plus inspirées de Carlo Rambaldi. Habitué aux budgets pharaoniques (King Kong, Rencontres du troisième type), l’artiste italien dut pour une fois pallier le manque de temps et d’argent par son inventivité, et la réussite de son travail s’en ressent. Comment oublier cette scène folle où la bête, mi-homme mi-pieuvre, fait l’amour à Isabelle Adjani sous le regard médusé de Sam Neill ? Longtemps avant L’Antre de la folie, le comédien australien côtoyait ainsi le seuil de la démence et une abomination digne de Lovecraft. Quant à Adjani, elle remporta en 1982 le César de la meilleure actrice.

© Gilles Penso

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MUTANTS (2009)

Une pathétique histoire d'amour sur fond de fin du monde entre une jeune femme et un homme en proie à une terrible mutation

MUTANTS

2009 – FRANCE

Réalisé par David Morley

Avec Hélène de Fougerolles, Francis Renaud, Dida Diafat, Marie-Sohna Condé, Nicolas Briançon, Luz Mando, Driss Ramdi 

THEMA MUTATIONS

« J’ai eu la chance d’être primé en 2005 à Gerardmer avec un court-métrage qui s’appelait Organic », raconte le réalisateur David Morley. « Les producteurs m’ont alors contacté pour faire un long. Mutants est donc un film de commande. » (1) De prime abord, nous sommes sur un terrain familier, balisé par George Romero, Danny Boyle et Juan-Carlo Fesnadillo, celui du monde qui bascule dans l’apocalypse suite à la propagation d’un terrible virus transformant chaque contaminé en créature bestiale assoiffée de chair humaine. Et de fait, l’entrée en matière de Mutants évoque beaucoup 28 jours plus tard et surtout sa séquelle 28 semaines plus tard. Morley ne renie absolument pas cette double référence, déclamant même sans complexes son penchant pour les films de zombies. Mais le moteur de son premier long-métrage, sa force et sa personnalité résident ailleurs. Car avant d’être un film de monstres, Mutants est une histoire d’amour, une romance d’autant plus poignante qu’on la sait d’emblée vouée à l’échec.

D’une certaine manière, le « film de commande » se mue ainsi en véritable « film d’auteur ». Ses héros sont Sonia et Marco (Hélène de Fougerolles et Francis Renaud), deux secouristes ayant miraculeusement échappé au virus et trouvant refuge dans un immense bâtiment désaffecté perdu au milieu d’une forêt sinistre drapée d’un linceul de neige. La trêve est courte, car Marco présente les premiers symptômes de la contamination. Mordu par un mutant, il s’apprête à devenir l’un d’entre eux, et l’amour inconditionnel que lui voue Sonia risque d’être mis à mal par cette monstruosité larvée qui ne saurait tarder à émerger.

L'horrible métamorphose

Contrairement à ce que sa filmographie précédente pourrait laisser penser, Hélène de Fougerolles est une fan inconditionnelle de cinéma de genre, sa culture encyclopédique en la matière ayant nourri sa prestation dans Mutants, qu’elle considère sans sourciller comme l’un de ses meilleurs rôles. Et on ne saurait lui donner tort. Fragile, sensible, à fleur de peau, elle nous touche et nous émeut avec une justesse désarmante. « David Morley voulait que je fasse un stage de maniement des armes et de cascades, mais j’ai préféré éviter », nous révèle-t-elle. « La fille que je joue n’a jamais tenu une seule arme de sa vie, elle est gauche, et il fallait que je joue le personnage comme ça. » (2) En ce sens, Sonia est moins proche de la Sigourney Weaver d’Aliens que de la Geena Davis de La Mouche. L’horrible métamorphose qui guette son âme sœur nous renvoie donc à l’univers de David Cronenberg, que le cinéaste adule depuis ses plus jeunes années. Quant à Francis Renaud, il s’avère hallucinant dans un registre difficile et intense. « J’avais deux références dans ma tête », nous dit-il. « Le jeu de Jack Nicholson dans Shining et  The Thing de Carpenter » Principalement centré sur ses personnages, Mutant n’en délaisse pas pour autant la mise en forme, magnifiant les décors naturels enneigés par une photographie somptueuse, décuplant l’impact des séquences de suspense par une bande son efficace (où plane l’ombre des compositions de Carpenter) et bénéficiant d’effets spéciaux de maquillage extraordinaires muant les comédiens en abominations n’ayant plus grand-chose d’humain.


(1), (2) et (3) Propos recueillis par votre serviteur en février 2009
 

© Gilles Penso

 

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X-MEN ORIGINS : WOLVERINE (2009)

Le plus célèbre des X-Men a droit à son propre film, revenant sur les origines de son pouvoir et de sa bestialité griffue

X-MEN ORIGINS : WOLVERINE

2009 – USA

Réalisé par Gavin Hood

Avec Hugh Jackman, Liev Schreiber, Danny Huston, Will.A.Am, Lynn Collins, Kevin Durand, Dominic Monaghan, Taylor Kitsch

THEMA SUPER-HEROS I MUTATIONS I SAGA X-MEN

Après la désertion de Bryan Singer et l’accueil très modéré que les fans réservèrent au troisième épisode, la franchise X-Men semblait mal en point. La Fox sortit donc de son chapeau une idée très à la mode : la prequel. Pourquoi ne pas reprendre le concept à reculons en racontant les origines des mutants les plus populaires du Marvel Comic Group ? L’idée se tient, d’autant que Wolverine, le X-Man favori des bédéphiles, est un personnage amnésique à la recherche de ses racines, et qu’une porte s’ouvrait vers d’intéressantes révélations dans les deux premiers X-Men. La série X-Men Origins s’inaugure donc logiquement avec Logan que nous découvrons dans sa prime enfance, déjà détenteur de deux capacités surhumaines : une guérison instantanée de toutes ses blessures et des griffes rétractiles qui surgissent de ses poings. Son frère Victor possède des pouvoirs très similaires. Inséparables, ils participent à toutes les guerres et s’engagent finalement dans une unité spéciale constituée de mutants comme eux. Mais face aux exactions du commando, Logan se retire et coule des jours heureux au fin fond du Canada en compagnie d’une institutrice dont il est éperdument amoureux. Jusqu’à ce que son passé ne le rattrape…

Investi plus que jamais dans le rôle de Wolverine, Hugh Jackman excelle comme toujours sous les traits de l’homme-bête aux griffes d’adamantium, tout en occupant sur le film un poste de producteur qui l’amène notamment à sélectionner ses partenaires de jeu. En ce sens, on ne peut que le féliciter du choix de Liev Schreiber pour incarner son frère et ennemi intime. Bestial, féroce, inquiétant, cet acteur aux mille visages (on a pu l’apprécier dans des films aussi variés que Scream, Jacob le menteur ou Un Crime dans la tête) constitue la nemesis idéale de Wolverine et participe aux séquences les plus intenses du film. Autre décision artistique inattendue : Gavin Hood derrière la caméra. Peu habitué au cinéma d’action, le réalisateur d’origine africaine s’était distingué avec Mon nom est Tsotsi, mais il faut bien avouer que sa patte transparaît peu dans X-Men Origins, tant le produit reste formaté aux normes du studio Fox.

La lutte avec « Dents de Sabre »

Cette carence de personnalité ôte au film le supplément d’âme qui distinguaient Spider-Man, Iron Man, The Dark Knight ou Watchmen de leurs pairs. Mais l’implication des comédiens et les trouvailles du scénario rachètent en grande partie l’anonymat stylistique du film. Wolverine parvient en effet à retracer les premiers pas du super-héros en s’inspirant le plus fidèlement possible du comics original (malgré un changement de taille : ici, le super-vilain « Dents de Sabre » est devenu le frère de Logan) tout en mettant en scène de nombreux mutants non encore exploités par la saga (notamment Gambit et Deadpool) et en conservant une cohérence totale avec les faits relatés dans les trois films précédents. S’il pèche un peu par excès de rebondissements au cours du climax, le script remplit donc son office avec les honneurs, et ménage une place raisonnable pour les affrontements inter-mutants qui constituent évidemment les inévitables morceaux de bravoure du métrage et étonnent souvent par leur férocité et leur bestialité.


© Gilles Penso

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