LE RETOUR DE LA MOUCHE (1959)

Une suite rocambolesque de La Mouche noire dans laquelle Vincent Price retrouve les machines à téléporter et les insectes humains…

RETURN OF THE FLY

 

1959 – USA

 

Réalisé par Edward Bernds

 

Avec Vincent Price, Brett Halsey, David Frankham, John Sutton, Dan Seymour, Danielle De Metz, Jack Daly, Janine Grandel

 

THEMA INSECTES ET INVERTÉBRÉS I SAGA LA MOUCHE

La motivation des producteurs de la Fox, lorsqu’ils initièrent Le Retour de la mouche, était pour le moins triviale : s’efforcer de capitaliser sur le succès de La Mouche noire en réutilisant simplement les décors du premier film et en engageant à nouveau Vincent Price. Cette suite étant qualitativement revue à la baisse, la couleur Deluxe fut troquée contre un moins coûteux noir et blanc et Edward Bernds, spécialiste de la science-fiction bon marché (The Bowery Boys Meet the Monsters, Un monde sans fin, Queen of Outer Space), se vit confier le scénario et la réalisation. Le film s’ouvre sur l’enterrement de la femme d’André Delambre, jadis accusée d’avoir assassiné son mari. Désormais adulte, leur fils Philippe (Brett Halsey) souhaite connaître la vérité sur ce passé trouble. Lorsque son oncle François (Vincent Price) la lui apprend, le jeune homme est estomaqué et développe dès lors une phobie pour les mouches. Mais cela ne fait qu’amplifier son désir de reprendre les travaux de son père sur les désintégrations et les réintégrations de la structure moléculaire. Il décide donc de reconstruire les machines brisées, d’employer le technicien Alan Hinds (David Frankham) et d’installer son laboratoire dans la cave de la luxueuse maison que lui légua son grand-père. À partir de là, les choses vont logiquement se gâter…

Pour éviter que Philippe ne connaisse le même sort que son père, François décide de l’aider dans son travail. Il le surveillera de près et espère surtout le dissuader d’aller jusqu’au bout. Nos savants parviennent à téléporter un cendrier, mais lorsqu’ils font l’expérience avec un rongeur, celui-ci est atteint de gigantisme au moment de sa réintégration. Une fois cette erreur corrigée, ils tentent la téléportation différée. Le principe consiste à désintégrer un autre rongeur et d’attendre le lendemain pour le réintégrer. Mais le soir même, un inspecteur vient arrêter le technicien Alan. Car tenez-vous bien, il s’agit en réalité d’un escroc britannique, nommé Ronald Holmes, qui envisage de voler la machine pour la revendre au plus offrant sur le marché international.

La grosse tête

Pris la main dans le sac, le vil Alan/Ronald assomme le policier et se débarrasse de lui en le désintégrant dans la machine. Lorsqu’il le réintègre, fatalement, le malheureux a des pattes de rongeur à la place des mains et des pieds ! Quant au petit cobaye, le voilà affublé de mains humaines. Alan écrase le mammifère horriblement hybride et se débarrasse des corps, mais Philippe le surprend. Alan l’enferme alors dans la cabine avec une mouche, le désintègre et s’enfuit en emportant les plans. Ce qui devait arriver arrive : lorsque le corps de Philippe est réintégré, notre jeune savant est affublé d’une tête de mouche encore plus grosse que celle de son père, ainsi que d’une patte d’insecte à la place de la main gauche et du pied droit… Mis en scène avec moins de sobriété que dans le premier film, ce monstre hydrocéphale sombre du coup dans le ridicule, tout comme la mouche en plastique avec la tête de Philippe, qui appelle à l’aide avec une voix de toon. Le film souffre également de bon nombre d’incohérences, saupoudrées dans un scénario rocambolesque s’efforçant de reproduire les situations du film original au mépris de toute logique (statistiquement, combien de chance y’avait-il, en plaçant une mouche et un homme dans la même machine, d’obtenir exactement les deux mêmes créatures ?) Quant au happy end, il frise dangereusement le grotesque. Une suite bien inutile, en somme.

 

© Gilles Penso


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LA RÉSURRECTION DE FRANKENSTEIN (1990)

Le vétéran Roger Corman passe derrière la caméra pour diriger une variante science-fictionnelle du célèbre mythe

FRANKENSTEIN UNBOUND

 

1990 – USA

 

Réalisé par Roger Corman

 

Avec John Hurt, Raul Julia, Bridget Fonda, Jason Patric, Michael Hutchence, Nick Brimble, Catherine Rabett

 

THEMA FRANKENSTEIN I VOYAGES DANS LE TEMPS

Alors qu’il avait promis en 1970 que Baron Rouge serait son cinquantième et dernier film en tant que réalisateur, Roger Corman, sous l’impulsion du producteur Thom Mount et du studio Warner Bros, fait un retour spectaculaire à la mise en scène avec cette variation étonnante autour du thème de Frankenstein. Bénéficiant d’un budget de neuf millions de dollars et de sept semaines de tournage, Corman et ses deux coscénaristes (FX Feeney et Ed Robocop Neumeier) adaptent un roman audacieux écrit en 1973 par Brian W. Adliss, « Frankenstein délivré ». Tout commence dans le Los Angeles de 2031, reconstitué avec de belles peintures sur verre. Le scientifique Joseph Buchanan (John Hurt) se livre aux essais d’une nouvelle arme destructrice. Malgré lui, il ouvre une fissure dans le temps et, suite à un orage magnétique, se retrouve à Genève en 1817. Là, Buchanan croise non seulement le Baron Frankenstein (Raul Julia) et son monstre (Nick Brimble), mais aussi la belle Mary Shelley (Bridget Fonda) qui n’a pas encore écrit le livre qui l’immortalisera, et dont les mœurs semblent assez frivoles. « Percy et Byron prêchent l’amour libre », dit-elle. « Pour ma part, je le pratique ». Malgré lui, le savant atomiste participe à la légende de Frankenstein, qui ira jusqu’à façonner un futur parallèle.

Cette œuvre surprenante s’efforce tant bien que mal de mêler gothisme et science-fiction, légende et réalité, Corman n’étant pas désireux de diriger une énième version « classique » du mythe. Mais il faut avouer que la mayonnaise ne prend pas tout à fait. La faute en incombe à un scénario pas toujours bien agencé, à des dialogues ampoulés, à une direction d’acteurs exagérément théâtrale et à une mise en scène mollassonne. Du coup, même si le casting est des plus prestigieux, les personnages ne nous touchent guère dans la mesure où leurs motivations semblent évasives, notamment celles de Buchanan qui flotte au-dessus de l’intrigue sans beaucoup de conviction. Au moment du climax, lorsque Buchanan tente de retrouver son époque en reliant sa voiture futuriste à un clocher par un câble électrique et en attendant la foudre, on ne peut s’empêcher de penser à Retour vers le futur.

Paradoxes temporels

Quand on écoute Corman parler du film, il évoque les questionnements métaphysiques et religieux que soulève une telle intrigue. Bien malin, cependant, sera celui qui en trouvera un reflet consistant à l’écran. Peut-être faut-il imputer certaines des maladresses du résultat final aux bâtons dans les roues que Corman, peu habitué à la politique des grands studios, a dû endurer pendant l’élaboration du film. Du coup, cette Résurrection de Frankenstein n’a finalement pas beaucoup plus d’ampleur qu’un téléfilm moyen, et ce malgré ses nombreuses qualités formelles. Parmi elles, on note un monstre de Frankenstein surprenant, sous un maquillage inédit signé Nick Dudman, qui finit ses jours de fort atroce manière, ainsi que des décors de toute beauté. Et puis, avouons-le, retrouver Corman derrière une caméra reste un vrai plaisir, même si nous sommes bien loin des joyaux de l’âge d’or Edgar Poe / Vincent Price.

 

© Gilles Penso


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LE SPECTRE DU PROFESSEUR HICHCOCK (1963)

Barbara Steele incarne une épouse vénale et diabolique soudain hantée par le fantôme de son défunt mari…

LO SPETTRO

 

1063 – ITALIE

 

Réalisé par Riccardo Freda

 

Avec Barbara Steele, Peter Baldwin, Leonard G. Elliot, Harriet Medin, Reginald Price Anderson, Carlo Kechler

 

THEMA FANTÔMES

Après avoir enchaîné plusieurs films d’horreur, Barbara Steele espère que sa présence dans le Huit et demi de Federico Fellini, même furtive, la fera remarquer par un nouveau public et lui permettra de changer de registre. Mais si elle joue par la suite dans le film d’aventures Il Capiteno di Ferro de Sergio Grieco et dans la comédie romantique Les Heures de l’amour de Luciano Salce, l’horreur la rappelle sous son giron. Riccardo Freda lui fait ainsi reprendre du service dans Le Spectre du professeur Hichcock qui, malgré les apparences, n’est pas la séquelle de L’Effroyable secret du docteur Hichcock mais plutôt une variante sur des thèmes voisins. L’intrigue se situe en Ecosse en 1910. Le professeur du titre, cette fois-ci incarné par Elio Jotta, vit dans une vieille maison isolée, en compagnie de sa jeune épouse Margaret (Barbara Steele) et de sa gouvernante Catherine (Harriet Meddin White). Passionné par les sciences occultes, il est gravement malade et cloué sur un fauteuil roulant. Le docteur Charles Livingstone (Peter Baldwin) expérimente sur lui une nouvelle thérapie, mais sa philanthropie est toute relative. En réalité, c’est l’amant de Margaret, et celle-ci n’attend qu’une chose : le trépas de son époux. « Libère moi » dit-elle à Charles, suggérant un « empoisonnement thérapeutique » discret et efficace. Charles hésite, entravé par un semblant d’éthique médicale, mais finit par céder face aux exigences de sa maîtresse.

Dans le rôle de cette épouse vénale, égoïste, capricieuse et manipulatrice, Barbara Steele s’avère délicieusement détestable. Pourtant, lorsque se déchaînent autour d’elle les phénomènes paranormaux, elle parvient par miracle à susciter notre empathie, écarquillant une nouvelle fois ses yeux immenses et déformant sa bouche bardée de tics nerveux. Il faut dire que le fauteuil roulant qui se déplace tout seul et dévale les escaliers (précurseur de celui de L’Enfant du diable) ou la voix lugubre du professeur qui sort de la bouche de la gouvernante soudain possédée (une séquence annonciatrice de L’Exorciste) ont de quoi faire craquer les nerfs les plus solides.

Un cadavre à la fenêtre

Ce n’est pourtant que le prélude d’une série d’événements terrifiants, tels quel l’apparition du cadavre du professeur à la fenêtre ; les gouttes de sang qui s’écoulent inexplicablement sur le lit ou les objets qui se mettent à voltiger en tous sens dans la chambre. Le Spectre du professeur Hichcock reste mémorable pour de nombreuses séquences de suspense, la plus fameuse d’entre elles étant celle où Barbara Steele, le regard habité par une pulsion assassine, rase son époux avec une lame effilée, tandis que retentit une valse lancinante sur une boîte à musique. Cette mélodie reviendra régulièrement hanter la bande originale du film. Quant au rasoir, ce sera l’arme d’un crime très graphique clignant de l’œil une fois de plus vers l’œuvre d’Alfred Hitchcock, en l’occurrence Psychose. Comme dans le Hichcock précédent, Riccardo Freda emprunte pour signer ce film le pseudonyme américanisé de Robert Hampton, procédé employé par une grande partie de l’équipe technique et artistique italienne.

 

© Gilles Penso

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L’EFFROYABLE SECRET DU DOCTEUR HICHCOCK (1962)

Barbara Steele incarne la nouvelle épouse d’un médecin réputé aux inquiétantes pulsions nécrophiles…

L’ORRIBLE SEGRETO DEL DR HICHCOCK

 

1962 – ITALIE

 

Réalisé par Riccardo Freda

 

Avec Robert Flemyng, Barbara Steele, Harriet Medin, Silvano Tranquilli, Maria Teresa Vianello

 

THEMA FANTÔMES

Le scénario sulfureux de L’Effroyable secret du docteur Hichcock prend place dans le Londres de 1885. Le respectable Bernard Hichcock (Robert Flemyng) a mis au point un anesthésique qui ralentit le rythme cardiaque. C’est une avancée importante pour la médecine, mais le docteur l’utilise surtout pour assouvir sa nécrophilie. Son épouse consentante, la belle Margaretha (Maria Teresa Vianello), accepte en effet de se laisser anesthésier dans une pièce secrète pour qu’Hichcock se livre à ses fantasmes. Mais une trop forte dose finit par la tuer, au grand dam de son époux. Sacrée reine de l’horreur grâce à ses prestations successives dans Le Masque du démon et La Chambre des tortures, Barbara Steele apparaît vingt minutes plus tard dans le rôle de Cynthia, la deuxième femme du médecin, alors que celui-ci décide de reprendre ses activités professionnelles et de regagner sa demeure douze ans après le drame. Elle est enjouée, rayonnante, ignorant tout des étranges instincts du brave docteur. Mais en arrivant sur les lieux, l’atmosphère se fait particulièrement pesante. Le portrait de Margherita orne tous les murs de la maison et la vieille gouvernante Martha (Harriet Medin) regarde Cynthia d’un mauvais œil.

Le film se laisse alors volontiers inspirer par Alfred Hitchcock, ce qui explique sans doute le choix du patronyme du personnage principal. La défunte qui hante son veuf et sa gouvernante est directement héritée de Rebecca, la découverte du crâne sur l’oreiller provient des Amants du Capricorne, le verre de lait empoisonné que le professeur apporte à son épouse est une allusion évidente à Soupçons… Assez curieusement, on note aussi de nombreuses similitudes entre L’Effroyable Secret du Docteur Hichcock et La Chambre des tortures de Roger Corman : l’épouse qu’on craint d’avoir enterrée prématurément, dont le portrait tourmente les habitants de la vaste demeure, dont la présence est tellement palpable qu’elle hante encore les lieux, dont les accords joués au piano résonnent soudain sans explication…

Hitchcock, Corman et Fellini

Mais cette fois-ci, Barbara Steele joue la victime sans ambigüité, écarquillant ses grands yeux et ouvrant sa bouche plus que raison pour signifier son inquiétude puis sa terreur face à des phénomènes de plus en plus inexpliqués. De Riccardo Freda, la comédienne conservera le souvenir mitigé d’un homme un peu imprévisible, tour à tour affable ou agressif. Le tournage se déroule cependant sans heurt, si ce n’est une frustration légitime au moment où Barbara Steele reçoit un coup de téléphone de Federico Fellini lui demandant de venir tourner de nouvelles séquences pour Huit et demi, auquel elle a participé avant Le Docteur Hichcock et qui est toujours en tournage. Fellini prend en effet tout son temps pour achever ce conte surréaliste, mais elle est encore prise par le tournage du film de Freda et ne peut participer aux séquences additionnelles. La belle Barb    ara se contente donc d’apparaître dans quelques scènes brèves mais très marquantes de Huit et demi, que beaucoup considèrent comme un chef d’œuvre… Même si les fantasticophiles lui préfèreront légitimement L’Effroyable secret du docteur Hichcock !

 

© Gilles Penso

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DOCTEUR WHO ET LES DALEKS (1965)

Le fameux docteur Who passe du petit au grand écran, prend le visage de Peter Cushing et affronte de célèbres robots extra-terrestres…

DOCTOR WHO AND THE DALEKS

 

1965 – GB

 

Réalisé par Gordon Flemyng

 

Avec Peter Cushing, Roy Castle, Jennie Linden, Roberta Tovey, Barrie Ingham, Michael Coles, Geoffrey Toone, Mark Peterson

 

THEMA EXTRA-TERRESTRES I ROBOTS

Demeurée longtemps inconnue en France, la série britannique Dr Who jouit pourtant outre-Atlantique d’une popularité exceptionnelle et d’une longévité unique au monde, puisque sa diffusion ne s’est quasiment jamais interrompue depuis 1963. Durant ses nombreuses décennies de bons et loyaux services, le docteur du titre, un mystérieux savant capable de voyager dans le temps et dans l’espace, fut interprété par une demi-douzaine de comédiens. Dès la première saison de la série, son succès fut tel que la compagnie Amicus décida d’en tirer un long-métrage réadaptant assez fidèlement l’épisode « The Daleks ». Pour le grand écran, Who a pris le célèbre visage de Peter Cushing, affublé ici d’un maquillage le vieillissant considérablement et grand-père de deux filles : Susan (Roberta Tovey), une gamine malicieuse et surdouée, et Barbara (Jennie Linden), une jeune femme fiancée au sympathique mais maladroit Ian (Roy Castle). Lors d’une visite de ce dernier, tous les quatre se retrouvent dans la plus fameuse des inventions du Dr Who, le TARDIS (abréviation de « Time and Relative Dimension in Space »). Cette machine, qui a les allures d’une cabine de police et semble beaucoup plus vaste à l’intérieur qu’à l’extérieur, a la capacité de transporter ses occupants sur n’importe quelle planète et à n’importe quelle époque.

Suite à une maladresse, Who et ses compagnons se retrouvent propulsés dans une étrange forêt pétrifiée dont ils ignorent tout. Explorant une vaste cité métallique alentour, ils tombent entre les griffes des Daleks, des créatures extra-terrestres obligées de porter des carapaces leur donnant des allures de robots en forme de salières géantes, suite à une guerre atomique qui a empli l’atmosphère de radiations mortelles. Leurs ennemis sont les Thals, un peuple pacifique aux maquillages et aux perruques improbables, qui survivent dans les bois grâce à un antidote les préservant des radiations. Les Daleks entendent bien se servir de leurs otages humains pour voler l’antidote des Thals puis les éliminer une bonne fois pour toutes de leur planète, via l’explosion d’une bombe à neutron.

L’attaque des salières géantes

L’intrigue n’est pas inintéressante, et ménage quelques bons moments de suspense. Mais Gordon Flemyng s’efforce tant de muer ce Docteur Who et les Daleks en comédie pour enfants en bas âge que l’impact du film finit par en pâtir. Les Daleks ne cessent d’expliquer et de répéter leurs plans machiavéliques pour que tout le monde puisse bien suivre le fil du récit, Roy Castle multiplie les pitreries dans le but d’amuser la galerie, et même Peter Cushing n’échappe guère à la caricature, campant probablement l’un des rôles les moins subtils de sa prestigieuse carrière. Pour couronner le tout, le scénario véhicule une idéologie un peu douteuse, tournant carrément en dérision le pacifisme et prônant un appel aux armes. Formellement, ce Docteur Who est plutôt réussi, exhibant sur toute la latitude du format Cinémascope une forêt de studio très photogénique et une armée de Daleks multicolores du plus bel effet. Quant à la partition de Barry Gray, elle lorgne du côté de John Barry et des premiers James Bond, notamment au cours d’un générique de début enjoué.

 

© Gilles Penso


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TARZAN ET LA CITÉ PERDUE (1998)

Casper Van Dien et Jane March prennent la relève de Christophe Lambert et Andie McDowell dans cette pseudo-suite de Greystoke

TARZAN AND THE LOST CITY

 

1998 – USA / ALLEMAGNE / AUSTRALIE

 

Réalisé par Carl Schenkel

 

Avec Casper van Dien, Jane March, Steven Waddington, Winston Ntshona, Rapulana Seiphemo, Ian Roberts, Sean Taylor

 

THEMA EXOTISME FANTASTIQUE I THEMA TARZAN

Franchement, y’avait-il besoin de donner une suite à Greystoke ? D’après le producteur Stanley Canter, il faut croire que oui. A la fin du film de Hugh Hudson, Tarzan rentrait en Angleterre et se fiançait avec Jane. Qu’à cela ne tienne, un prétexte quelconque le fera revenir au milieu des fauves. Alors qu’il enterre sa vie de garçon très sagement avec des lords anglais bien comme il faut, voilà qu’une vision soudaine le saisit : l’Afrique est en proie aux méfaits d’une bande de mercenaires, dirigée par le chasseur Nigel Ravens (Steven Waddington), et prête à tout pour découvrir la légendaire cité d’Opar, quitte à tout saccager sur son passage. Alors que les terres sacrées sont profanées les unes après les autres et que la sorcière Mugambe (Winston Ntshona) appelle à son secours notre homme-singe favori, celui-ci revêt aussitôt son slip léopard et repart se balancer de liane en liane en poussant des cris de bête. Et comme Jane s’ennuie dans sa robe à froufrous sans son sculptural futur époux, elle le rejoint dans la jungle, terrible jungle. Ravens tente de soudoyer Tarzan en lui proposant de partager avec lui le trésor d’Opar, mais notre héros court-vêtu est évidemment incorruptible, et le peu scrupuleux aventurier kidnappe alors Jane pour faire pression sur lui, tout en s’efforçant d’arriver le premier dans la cité légendaire…

Avec un tel scénario, le film pouvait déjà tranquillement se saborder lui-même, mais visiblement ça ne suffisait pas, puisqu’en tête de casting, dans le rôle du valeureux John Clayton, alias Lord Greystoke, nous avons droit à un Casper Van Dien visiblement peu concerné par le film. Parfait en militaire décérébré dans Starship Troopers, le sympathique Casper n’est mais pas vraiment convainquant en successeur simiesque de Christophe Lambert, n’apportant aucun charisme au personnage. Heureusement, rayon de soleil dans ce film si peu digne d’intérêt, la toute belle Jane March, révélée dans L’Amant de Jean-Jacques Annaud, nous fait parfois tout oublier par la grâce de ses sourires délicieux, reprenant sans rougir le rôle tenu précédemment par Andie McDowell…

Hommes-serpents, singes et squelettes

Mais bon, c’est un peu court pour une heure quarante de film. C’est dommage, parce que peu de films consacrés à Tarzan avaient jusqu’alors tenté de visualiser l’aspect purement fantastique des romans originaux d’Edgar Rice Burroughs. L’initiative était donc intéressante, d’autant que pour une fois, le tournage de tous les extérieurs de cette coproduction américano-germano-australienne s’est vraiment déroulé en Afrique. Mais il aurait fallu un script qui tienne debout, une mise en scène moins paresseuse et des effets spéciaux dignes de ce nom pour que le film tienne la route. Or cet homme-serpent qui puise son inspiration chez Stargate et Dreamscape et ces guerriers-squelettes tout droit sortis de Jason et les Argonautes ressemblent trop à des images de synthèse pour exhaler la moindre féerie. Sans parler de ce climax maladroitement calqué sur celui des Aventuriers de l’arche perdue et de ces grotesques costumes de singes à côtés desquels le King Kong de 1976 ressemble à un top model ! Conçue probablement pour être le premier d’une nouvelle série de longs-métrages consacrés à Tarzan, cette Cité perdue demeura pourtant sans séquelle, et Casper Van Dien végéta dès lors dans les direct to video en tout genre.

 

© Gilles Penso


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SPY KIDS 3 – MISSION 3D (2003)

Sylvester Stallone incarne un super-vilain exubérant qui entend bien contrôler la jeunesse du monde entier grâce à un jeu vidéo diabolique…

SPY KIDS : GAME OVER

 

2003 – USA

 

Réalisé par Robert Rodriguez

 

Avec Sylvester Stallone, Alexa Vega, Daryl Sabara, Ricardo Montalban, Antonio Banderas, Carla Gugino, George Clooney

 

THEMA ESPIONNAGE ET SCIENCE-FICTION I MONDES VIRTUELS ET MONDES PARALLÈLES I ROBOTS I SAGA SPY KIDS

A l’instar de ces films fantastiques des années 80 dont le troisième épisode était projeté en relief dans les salles de cinéma (Les Dents de la mer 3, Meurtres en trois dimensions, Amityville 3D), Robert Rodriguez s’est lancé dans une seconde séquelle de Spy Kids en trois dimensions. Signe des temps, la 3D désigne ici non seulement le relief obtenu par le port de lunettes bicolores mais aussi les images de synthèse qui occupent l’écran pendant la majeure partie du film. Le récit se centre cette fois-ci plus particulièrement sur Juni, le cadet de la famille Cortez. S’estimant trahi par l’agence d’espionnage qui l’emploie, il a démissionné des services secrets et s’est reconverti dans les activités de détective privé. Retrouver les jouets perdus ou sauver les chats dans les arbres sont désormais ses activités quotidiennes. Mais le voilà obligé de reprendre du service pour sauver sa sœur Carmen, prisonnière d’un jeu vidéo nommé Game Over qui capture l’esprit de ceux qui s’y perdent. Son créateur, le Toymaster, entend bien commercialiser le jeu dans le monde entier, afin de contrôler la jeunesse aux quatre coins du globe, et ainsi dominer la planète.

Pour contrecarrer ses plans, Juni accepte de pénétrer dans le Game Over. Plongé au cœur d’un univers virtuel, il se fait des ennemis, des alliés, et appelle à la rescousse son grand-père. Cloué sur un fauteuil roulant dans la réalité, celui-ci se mue dans le jeu vidéo en super-héros colossal aux pouvoirs exceptionnels, et s’avèrera d’un grand secours pour retrouver Carmen. Le cœur du récit est ainsi une sorte de remake modernisé et infantilisé de Tron, l’inventivité et le grain de folie des deux premiers Spy Kids s‘étant hélas évaporés au profit d’une intrigue linéaire, de péripéties grotesques et d’un humour pesant. Comme en outre les effets de relief ne fonctionnent que moyennement et que les images de synthèse pâlissent de la comparaison avec celles des films Pixar et Dreamworks sortis parallèlement sur les écrans (Monstres et compagnie, Shrek et consorts), il est difficile de s’enthousiasmer face à ce troisième opus bouffi et balourd.

Les robots envahissent Washington

Spy Kids 3 est pourtant généreux en séquences d’action survitaminées comme le combat des deux robots géants, la course automobile à bord de véhicules improbables ou encore la poursuite en surf sur la mer de magma. Mais une fois de plus, la piètre qualité des créations numériques amoindrit considérablement leur impact. A l’exception peut-être du monstre de lave, fort impressionnant, mais dont l’intervention brève et futile s’avère frustrante. Rodriguez réunit ici toutes les stars des deux films précédents (Antonio Banderas, Carla Gugino, Ricardo Montalban, Steve Buscemi, Danny Trejo, Tony Shalhoub) et se paie le luxe d’en faire intervenir de nouveaux, notamment Salma Hayek en scientifique de l’OSS, George Clooney en président des États-Unis et Sylvester Stallone en super-vilain caricatural et grotesque. Le dénouement, qui voit tout ce beau monde affronter de gigantesques robots dans les rues de Washington, dépasse toutes les outrances en matière de ridicule, et clôt sans aucune finesse ce troisième épisode ô combien facultatif.

 

© Gilles Penso


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LAST NIGHT IN SOHO (2021)

Le septième long-métrage d’Edgar Wright est une œuvre insaisissable où le présent et le passé s’imbriquent jusqu’au cauchemar…

LAST NIGHT IN SOHO

 

2021 – GB

 

Réalisé par Edgar Wright

 

Avec Thomasin McKenzie, Anya Taylor-Joy, Diana Rigg, Matt Smith, Terence Stamp, Jessie Mei Li, Rita Tushingham, Michael Ajao

 

THEMA TUEURS I RÊVES I VOYAGES DANS LE TEMPS

À travers les films qu’il a réalisés (Shaun of the Dead, Hot Fuzz, Scott Pilgrim, Le Dernier pub avant la fin du monde, Baby Driver) et ceux auxquels il a prêté sa plume de scénariste (Les Aventures de Tintin, Ant-Man), Edgar Wright a progressivement dessiné les contours d’une carrière passionnante teintée de culture populaire. Toujours soucieux de citer ses sources, Wright ne les aborde pas avec le cynisme habituel des férus du post-modernisme mais au contraire avec la déférence chère aux enfants bercés par le cinéma de genre, la musique pop et les bandes dessinées. Avec Last Night in Soho, le cinéaste souhaite saluer tout un pan de la culture britannique des années soixante qui le passionnent mais qu’il n’a jamais connues lui-même (il est né en 1974). Pour y parvenir, il se laisse partiellement inspirer par deux films de genre incontournables : Ne vous retournez pas de Nicolas Roeg et Répulsion de Roman Polanski. Pour autant, Last Night in Soho (qui emprunte son titre au tube d’un groupe pop anglais des sixties) ne ressemble à rien de connu. Le septième long-métrage d’Edgar Wright commence comme une comédie légère, prend la tournure d’un drame intimiste, bascule soudain dans le thriller surnaturel puis dans l’horreur mêlée à une enquête policière étalée sur plusieurs décennies. Si l’on ajoute à ce patchwork déjà déconcertant une histoire de voyage dans le temps, de double vue, de cauchemars à répétition et de meurtres mystérieux, on comprend aisément que l’œuvre a quelque chose d’insaisissable.

En contre-jour dans l’encadrement d’une porte, une jeune fille évolue avec grâce dans une robe de sa création. Il s’agit d’Eloise (Thomasin McKenzie, que Wright a repérée dans le film Leave No Trace de Debra Granik), passionnée par le stylisme et obsédée par les années soixante. Élevée par sa grand-mère après la mort tragique de sa mère, Eloïse quitte sa petite ville pour partir faire ses études à Londres. Sympathiser avec des camarades snobs et superficielles n’est pas simple, au point qu’elle préfère quitter sa résidence universitaire pour louer une chambre chez la vénérable Madame Collins (Diana Rigg). Mais dès sa première nuit dans les lieux, elle est transportée comme par magie dans un monde alternatif : le Londres de 1966. Là, elle suit les pas de Sandie (Anya Taylor-Joy, découverte par Wright dans The Witch et passée depuis à la postérité grâce à la série Le Jeu de la dame). Cette apprentie chanteuse tente de se frayer une carrière dans la jungle des night-clubs de la ville. Les rêves d’Eloïse semblent si réels qu’elle jurerait voyager chaque nuit dans un passé bien tangible. Peu à peu, cette vie parallèle nocturne déteint sur sa vie réelle et finit par la faire basculer dans le pire des cauchemars…

Les deux visages de la peur

Soucieux de décrire Londres comme un endroit à la fois attirant et terrifiant, Edgar Wright fait presque de la ville un personnage à part entière. Si la direction artistique du film est remarquable, la virtuosité du cinéaste atteint des sommets de fulgurance lors de ces incroyables séquences oniriques où Eloïse et Sandie cohabitent dans le même espace, chacune restant coincée dans son époque, jusqu’à fusionner furtivement lors des moments les plus intenses. Il est longtemps difficile pour le spectateur de comprendre s’il a affaire à de simples rêves, des hallucinations, des sauts surnaturels dans le passé ou une sorte de « prémonition à rebours ». Toujours est-il que le phénomène est troublant et vertigineux. Et lorsque la fascination cède le pas à la terreur, l’esthétique du giallo finit par s’inviter dans la mise en scène de Wright. Garnissant sa bande originale de clins d’œil musicaux aux swinging sixties qui évitent les standards trop évidents, Last Night in Soho réserve aussi des rôles de choix à quelques icônes des années soixante, notamment Terence Stamp et Diana Rigg. Ce sera le dernier rôle de l’inoubliable interprète d’Emma Peel, décédée après la fin de la production. D’où la dédicace en exergue que lui offre le film : « à Diana ». Avec la disparition de l’héroïne de Chapeau melon et bottes de cuir et Au service secret de Sa Majesté, une page d’histoire se tourne, une époque révolue semble s’éteindre. Époque à laquelle Edgar Wright rend ici un hommage d’autant plus précieux.

 

© Gilles Penso

 

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LES DÉMONS DU MAÏS 5 : LA SECTE DES DAMNÉS (1998)

Les enfants maléfiques imaginés par Stephen King se sont regroupés sous forme d’une secte rurale dirigée par David Carradine…

CHILDREN OF THE CORN V: FIELDS OF TERROR

 

1998 – USA

 

Réalisé par Ethan Wiley

 

Avec Stacy Galina, Alexis Arquette, Eva Mendes, Greg Vaughan, Angela Jones, Ahmet Zappa, Fred Williamson, David Carradine

 

THEMA ENFANTS I DIABLE ET DÉMONS I SAGA LES DÉMONS DU MAÏS I STEPHEN KING

C’est à Ethan Wiley, réalisateur du sympathique House 2, qu’est confiée la mise en scène du cinquième épisode de la saga Les Démons du maïs. Nous sommes alors à la fin des années 90 et le studio Dimension, propriétaire des droits de la nouvelle de Stephen King, entre dans une grande manœuvre consistant à user jusqu’à la corde toutes les franchises en sa possession. Les sagas Halloween et Hellraiser en font les frais, et Les Démons du maïs n’échappe pas à la règle. Situées au Nebraska dans la petite ville de Divinity Falls, les prémisses du film nous présentent Ezechiel (Adam Wylie), un enfant qui est frappé au milieu d’un champ de maïs par un flux d’énergie en dessin animé. Peu de temps après ce phénomène paranormal, le garçon s’en prend à un autochtone et le déplace par télékinésie dans le ciel où le malheureux est frappé par la foudre, tandis que son épouse est massacrée par un petit groupe d’adolescents. Après ce prologue curieux, six étudiants joviaux et passablement stupides s’installent sur les lieux du crime. Deux d’entre eux sont massacrés dans les champs, les quatre autres s’installent dans la maison du couple défunt. Or la secte des adorateurs du maïs s’est établie à quelques pas…

Dans cet énième opus, les « enfants du maïs » se sont organisés sous forme d’une communauté implantée dans un domaine rural, sous la direction d’un gourou adulte interprété par David Carradine (La Course à la mort de l’an 2000, Kung Fu). « Les gens me prennent pour un monstre ou un fou », dit-il placidement, « mais en réalité je suis un prophète ». Les autres visages familiers du casting sont Fred Williamson (M.A.S.H., Une Nuit en enfer), dans le rôle du shérif, Eva Mendes, l’une des jeunes héroïnes dont le jeune frère a été recueilli par la secte, et Alexis Arquette, qui rencontrait déjà vaguement l’univers de Stephen King dans Les Enfants du Diable.

David Carradine vs. Fred Williamson

Un peu mieux réalisé que le quatrième épisode de la saga, Les Démons du maïs 5 : la secte des damnés déçoit cependant par son manque de folie et d’ambition, se contentant d’une mise en scène et d’une photographie de série télévisée américaine routinière et n’osant qu’une poignée de prises de vues originales (quelques plongées et contres plongées extrêmes, des angles obliques, des plans en caméra embarquée). Une scène sort tout de même du lot et retrouve les excès visuels du troisième opus. On y voit la tête de David Carradine s’ouvrir en deux pour laisser surgir une flamme qui creuse un trou dans celle de Fred Williamson, les deux corps déchiquetés et fumants s’écroulant ensuite au sol ! Les cascades sont supervisées par Kane Hodder, interprète massif de Jason Voorhees dans quatre épisodes de la série Vendredi 13, qui fait ici une petite apparition dans le rôle d’un barman. Teinté d’une ambiance bizarrement mélancolique, le film d’Ethan Wiley est directement sorti en DVD aux États-Unis mais pas en France, où aucun distributeur ne daigna s’en occuper. En nos contrées, il n’eut droit qu’à une diffusion discrète et tardive sur le câble.

 

© Gilles Penso

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NUITS DE TERREUR (2003)

Et si la petite souris qui vient remplacer les dents perdues contre des pièces de monnaie était en réalité une abominable sorcière ?

DARKNESS FALLS

 

2003 – USA

 

Réalisé par Jonathan Liebesman

 

Avec Chaney Kley, Emma Caulfield, Lee Cormie, Grant Piro, Sullivan Stapleton, Steve Mouzakis, Peter Curtin, Krestie Morassi

 

THEMA SORCELLERIE ET MAGIE

De toute évidence, Nuits de terreur marche sur les traces des Griffes de la nuit, puisque le postulat de départ est tout à fait similaire : dans une tranquille bourgade américaine, un jeune garçon refuse de dormir de peur de se faire trucider à coups de griffes par un croquemitaine, lequel avait été brûlé vif par les adultes plusieurs générations avant suite à une série de meurtres d’enfants. Dit comme ça, on croirait avoir affaire à un remake des premières aventures de Freddy Kruger, si ce n’est qu’ici Elm Street s’appelle Darkness Falls et que le tueur au pull rayé s’est mué en sorcière vengeresse. La « singularité » de Nuits de terreur repose sur une légende urbaine américaine, équivalente de notre petite souris, consacrée à la « fée des dents » qui vient récupérer la dernière dent de lait des enfants sous leur oreiller. Malgré un scénario très léger qui a toutes les peines du monde à tenir la route sur une petite heure vingt de métrage, le film se tire parfois d’embarras grâce à la mise en scène efficace de Jonathan Liebesman et au jeu très solide du couple Chaney Kley (une sorte de jeune Pierce Brosnan vu dans La Revanche d’une blonde) et Emma Caulfield (transfuge des séries Beverly Hills et Buffy). L’étonnante conviction avec laquelle tous deux interprètent les victimes de la vilaine sorcière volante rattrape par moments les incohérences répétées du script.

Autre atout du film : la magnifique photographie de Dan Lausten (Le Pacte des loups), qui fait partie intégrante de la mise en scène et de la narration dans la mesure où les protagonistes ne peuvent échapper au monstre qu’en s’exposant à la lumière. Ce qui donne lieu à des séquences assez intéressantes, comme l’attaque dans le commissariat, la poursuite dans les couloirs de l’hôpital ou encore le climax dans le phare. L’obscurité est ici abordée comme un protagoniste à part entière du film. C’est l’une des bonnes idées de Nuits de terreur. La mise en scène s’appuie aussi sur un design sonore méticuleux laissant la créature s’exprimer à travers des feulements glaçants.

Peurs enfantines

Mais la seule scène d’épouvante digne de ce nom se situe au tout début du métrage car elle met en scène un enfant. Dès que les personnages deviennent adultes, le concept ne fonctionne plus vraiment étant donné qu’il repose intégralement sur des terreurs enfantines. Nous retrouvons donc un schéma très proche de celui du Peuple des ténèbres de Robert Harmon, avec lequel ce Nuits de terreur présente de très nombreuses similitudes. La créature elle-même est la plupart du temps camouflée derrière un masque de porcelaine. Lorsqu’elle paraît enfin en pleine lumière, elle arbore un affreux faciès brûlé et grimaçant, œuvre de l’équipe surdouée du vétéran Stan Winston (Terminator, Predator, Jurassic Park), mais cette apparition est frustrante car elle est très furtive et s’achève par un dénouement abrupt absolument pas convaincant. Visiblement, ni les scénaristes ni le réalisateur n’ont su comment terminer le film, preuve irréfutable que le concept de base n’était pas suffisant à lui seul pour construire un scénario digne de ce nom.

 

© Gilles Penso


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