

Menacé par des trafiquants de drogue, un homme se retrouve la tête coincée dans les toilettes d’un bar sordide et lutte pour sa survie !
FLUSH
2025 – FRANCE / UK
Réalisé par Gregory Morin
Avec Jonathan Lambert, Elodie Navarre, Elliot Jenicot, Remy Adriaens, Christophe Bier, Vincent Bekaert, Lena Kovski
THEMA TUEURS
Gregory Morin n’est pas un inconnu. Ses courts-métrages ont retenu l’attention d’un public exigeant dans plusieurs festivals, de Sitges à Tokyo et ont tous été diffusés sur les chaînes hertziennes. Paris by Night of the Living Dead, le dernier, comme son titre l’indique, était un survival façon jeu vidéo où un jeune couple se retrouve acculé dans la capitale infectée de zombies. Il y a donc de quoi être enthousiaste et confiant à l’idée d’aller découvrir le premier long-métrage du réalisateur, même si le sujet laisse pantois. En effet, l’action se déroule dans le décor unique de toilettes à la turque, et le héros, pensant doubler un dealer, s’y retrouve la tête coincée dans la cuvette ! Ce pitch improbable évoque les courts-métrages trashs de Stéphane Ambiel ou ceux des débuts de son mentor John Waters, et on se prépare à voir un film conceptuel et grand guignolesque, tout plutôt qu’une comédie dramatique qui tient en haleine. Pourtant, ce qui va se jouer à l’écran est bien au-delà de toute attente. « C’est un film autoproduit à 100%, d’abord avec des amis autour de moi, et par extension, par la suite, avec des amis d’amis », raconte Gregory Morin. « On a compris que personne ne nous attendait et on a décidé de se lancer seuls avec la volonté de ne pas céder à la facilité, et de s’attacher à faire un bon film malgré les restrictions budgétaires. Ce qui revenait à soigner la cinématographie, la photo, la direction d’acteurs et disposer d’un scénario abouti et d’un super son. On a donc décidé de se lancer dans un film concept et de commencer par trouver une idée de scénario en huis-clos qui marche bien en général dans les films d’horreur et qui ne coûte pas cher : un seul décor, et une action centrée sur un personnage principal.» (1)


David Neiss, scénariste attitré du réalisateur, a fait ses classes comme auteur chez Ubisoft (Rayman, Splinter Cell, XIII, Ghost Recon), et sur le petit écran, notamment sur des séries d’animation (Chasseurs de Dragons, Mission invisible etc.), des épisodes de séries ou des téléfilms. Il signe ici une histoire à suspense exaltante parfaitement écrite et construite, qui tient en haleine le spectateur tout au long du métrage. Les personnages se dévoilent au fur et à mesure et suscitent un intérêt constant sans pour autant plonger « tête baissée » (sans jeu de mots) dans un grotesque ou une caricature attendue. En effet, Luc et son ex-compagne Val forment un couple pathétique mais qui nous implique dans ce concours de circonstances qui va étrangement et momentanément les rapprocher pour le pire. Si le comique de situation est omniprésent, il n’efface jamais la dimension dramatique du récit. Au contraire, le personnage de Luc suscite notre empathie, et sa sincérité finit même par nous émouvoir au premier degré.
Flush Dance
« On avait déjà adopté, avec David, ce mélange d’horreur et d’humour il y a quelques années dans un court-métrage antérieur : Dernier cri avec Joe Prestia et Pierre Bellemare », explique Grégory Morin. « C’est un ton que l’on aimait beaucoup mais qui est un peu compliqué et avec lequel il faut faire attention si on veut bien l’employer. Mais lorsqu’il fonctionne, il porte vraiment ses fruits. Comme on est fans tous les deux de films d’horreur, on avait comme référence Le Loup-garou de Londres. C’est le genre de film où l’équilibre est vraiment intéressant. » (2) Jonathan Lambert interprète le rôle principal avec comme partenaire « de crime » Elodie Navarre dont le jeu vient rajouter du burlesque à une situation des plus cocasses. L’entrée en scène de deux acolytes, Elliot Jenicot dans le rôle de Sam et Remy Adriaens dans le rôle de Dindon, va donner à l’action une tournure dangereusement irrémédiable qui va évoluer vers une ultra violence tarantinoesque. A noter le travail sur les effets spéciaux de maquillage, réalisés de mains de maîtres par deux des grands talents contemporains des SFX en direct : Jacques-Olivier Molon et David Scherer. Pour finir, la bande originale et l’ambiance sonore de Mike Theis et Luc Rougy permettent d’harmoniser et de rendre crédible l’entièreté de ce petit chef-d’œuvre qui, en évitant tout effet poussif, propulse le cinéaste français dans la cour des grands.
(1) et (2) Extraits d’une interview réalisée par Quélou Parente en septembre 2025 pour L’Écran fantastique
@Quélou Parente
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