

Deux actrices au chômage rencontrent de minuscules extra-terrestres qui les dotent d’une taille gigantesque…
GIANTESS ATTACK
2017 – USA
Réalisé par Jeff Leroy
Avec Tasha Tacosa, Rachel Riley, Christine Nguyen, Jed Rowen, Robert Rhine, Al Burke, Eric Flenner, Randal Malone, Jasper Oliver, Shawn C. Phillips, Mark Polonia
THEMA NAINS ET GÉANTS I EXTRA-TERRESTRES I SAGA CHARLES BAND
Actif depuis 1997, Jeff Leroy s’est spécialisé dans les tout petits films comico-horrifico-fantastiques aux budgets ridicules, dont les titres imagés (Creepies, The Witch’s Sabbath, Werewolf in a Womens Prison, Psychon Invaders) annoncent assez bien la teneur et les ambitions. Lorsqu’il se lance dans Giantess Attack, variante loufoque du concept d’Attack of the 50 Foot Woman, Leroy estime qu’il lui manque 4000 dollars pour pouvoir mettre le film en boîte. Il lance donc une campagne de financement participatif sur le site Kickstarter et, grâce à la contribution de 123 donateurs, récolte plus de 5600 dollars. Satisfait, il truffera son film de clins d’œil à Kickstarter. Dès le prologue, une voix off nous annonce que le long-métrage Giantess Attack n’a pas pu atteindre son objectif de financement et qu’il est resté inachevé. Au lieu de pouvoir le visionner, la même voix nous propose donc de voir un épisode d’une série TV de science-fiction ultra-kitsch aux effets spéciaux effroyables, mettant en vedette deux super-héroïnes bimbo en bikini : Battle Babe et Combat Queen. Celles-ci parviennent à déjouer les plans d’un super-vilain d’opérette et s’autocongratulent. Puis nous brisons le quatrième mur pour découvrir que nous sommes sur le tournage de cet épisode.


Alors que les prises de vues s’achèvent, les deux actrices principales, Diedre (Tasha Tacosa) et Frida (Rachel Riley), se disputent brutalement puis en viennent aux mains. L’échauffourée tourne au combat de catch et devient virale. Après une violente altercation avec leur agent, elles se retrouvent dans une prison pour femmes caricaturale (où les gardiennes sont habillées comme Caroline Munro dans Star Crash). A leur sortie, Diedre et Frida sont sans emploi et livrées à elles-mêmes. Elles se réconcilient en se saoulant ensemble, jusqu’à ce que débarquent deux minuscules sœurs jumelles extra-terrestres qui semblent s’être échappées de Mothra. Ce sont des Métaluniennes (en hommage aux Survivants de l’infini), toutes deux interprétées par Christine Nguyen. Après avoir visionné les épisodes de leur série, elles pensent que les deux comédiennes sont de vraies super-héroïnes galactiques (selon un principe hérité de Galaxy Quest). Or la Terre est en danger. Grâce au pouvoir qu’elles leur donnent, nos deux actrices atteignent des proportions gigantesques et sortent faire la fête sur Hollywood Boulevard. L’armée, sous le commandement du général Smedley Pittsburgh (Jed Rowen), décide alors d’intervenir…
Bikinis et contre-plongées
Giantess Attack est pétri de bonnes idées, de gags référentiels, de fausses pubs (la réclame des céréales pour enfants vaut le détour), de flashs d’information, de pastiches (le générique calqué sur celui de L’Homme qui valait trois milliards) et de mise en abyme. Mais le manque de moyens saute aux yeux et le rendu amateur du film finit par être très rebutant. Car le caractère comique du film ne suffit pas à justifier l’extrême maladresse de ses trucages. Cette mise en forme ratée ruine la majorité des bonnes idées du film, comme la grande bataille contre l’armée, le tank qui sert de skateboard, la destruction du bâtiment de la scientologie ou le clin d’œil direct au poster de Attack of the 50 Foot Woman. Jeff Leroy utilise pourtant avec habileté des maquettes, des décors miniatures et des jouets. Mais ses incrustations et ses images de synthèse sont définitivement trop hideuses pour plaire – même au second degré. De toutes façons, l’objectif principal du film se limite finalement à peu de choses : filmer en contre-plongée deux filles qui se trémoussent en bikini. Les gags se situent donc souvent en-dessous de la ceinture, quitte à montrer le général fou de la gâchette se faire abondamment uriner dessus par l’une des demoiselles en colère, ou se retrouver coincé à l’intérieur de leurs sous-vêtements. Dommage que Giantess Attack n’ait pas plus joué la carte des interludes télévisés, des spots de pub, des bandes-annonces et autres, ce qui aurait pu lui donner les allures d’une sorte de Cheeseburger Film Sandwich (toutes proportions gardées). En l’état, le film est amusant, certes, mais assez vain. Une suite, Giantess Attack vs Mecha Fembot, verra le jour deux ans plus tard.
© Gilles Penso
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