

Un étudiant américain trouve l’œuf d’une créature mythique dans une grotte britannique et tente de garder cette découverte secrète…
Stanley et son dragon est au départ une mini-série écrite par Richard Carpenter et réalisé par Gerry Poulson, deux spécialistes des programmes pour la jeunesse qui avaient déjà travaillé ensemble sur les séries TV Prince noir et Dick le rebelle. Entièrement financée au Royaume-Uni, la production dispose d’un budget d’un million de livres sterling. Le tournage investit plusieurs décors britanniques, de Nottingham au Jardin botanique de Birmingham en passant par le zoo de Twycross et Black Rocks. Il s’achève à la fin de l’année 1993, quelques mois avant la diffusion de la série sur la chaîne ITV. Le principal défi de Stanley et son dragon consiste à donner corps à son monstre vedette. Trois modèles grandeur nature sont donc conçus par l’équipe de Bob Keen (L’Histoire sans fin, Krull, Cabal), mobilisant vingt-cinq personnes pendant douze semaines. La plus imposante des trois marionnettes atteint près de dix mètres de long. Elle est dotée d’une tête et d’un visage articulés et peut même cracher du feu. Ces créations mécaniques doivent accompagner les différentes étapes de la croissance du dragon au fil du récit. Leur conception constitue donc un élément essentiel de la production, qui mise sur des effets pratiques ambitieux malgré un budget limité. Stanley et son dragon débarque finalement sur ITV le 7 avril 1994. La série est diffusée sous la forme de quatre épisodes de vingt-cinq minutes, qui seront ensuite remontés pour constituer un long-métrage destiné à l’exploitation vidéo. C’est dans ce format que l’aventure de Stanley et de son dragon sera principalement diffusée par la suite.


Dans l’Angleterre contemporaine, Stanley (Judd Trichter), un étudiant américain en plein programme d’échange, se retrouve séparé de ses camarades lors d’une excursion dans une grotte. Au cours de ses recherches, il découvre une étrange pierre qu’il décide de rapporter chez lui avec son amie Rosie (Mia Fothergill). En la nettoyant, les deux adolescents comprennent qu’il ne s’agit pas d’une pierre, mais d’un œuf. Daterait-il de l’époque des dinosaures ? Lorsque la coquille se brise, elle laisse apparaître un dragon. Stanley et Rosie baptisent leur nouveau compagnon Olly. Encore minuscule, la jeune créature se révèle gourmande, joueuse et particulièrement turbulente. Mais sa croissance rapide complique bientôt la tâche des deux enfants, qui peinent à dissimuler son existence. Le secret finit par être découvert et les autorités locales interviennent. Considéré comme un animal dangereux et surtout comme une curiosité exceptionnelle, Olly est capturé puis placé dans un zoo. Pour Stanley, cette décision est inacceptable. Il soupçonne en effet qu’Olly pourrait être le dernier représentant de son espèce. Il va donc tout mettre en œuvre pour libérer son compagnon…
Mon ami Olly
L’ombre d’E.T. plane lourdement sur Stanley et son dragon. On y retrouve le gamin qui découvre une créature extraordinaire, s’y attache et doit la protéger d’adultes qui cherchent à la capturer. Le film n’évite donc pas les ressorts classiques du cinéma fantastique familial, ni quelques gags prévisibles, voire éléphantesques, mais il bénéficie d’un rythme efficace qui lui permet de progresser sans véritable temps mort. Son principal intérêt réside dans l’évolution d’Olly. Car à mesure que le dragon grandit, les effets spéciaux changent d’échelle. Le problème, c’est que les marionnettes manquent singulièrement de réalisme, souvent entravées dans leurs mouvements par des mécanismes limités. La petitesse du budget est manifestement en cause, dans la mesure où le travail de Bob Keen est habituellement de très haute tenue. Stanley et son dragon souffre aussi inévitablement de « l’effet Jurassic Park », le blockbuster de Spielberg ayant soudain donné un coup de vieux à tous les grands monstres old school. Le jeune Judd Trichter compense en partie ces faiblesses par son enthousiasme et son énergie, le film trouvant ses meilleurs moments dans les séquences de complicité entre Stanley et Olly. Ce conte moral simple mais efficace sera nommé aux BAFTA TV Awards dans la catégorie du meilleur programme pour enfants. Dans un registre similaire, on préfèrera sans doute Le Château du petit dragon de Ted Nicolaou, une production Charles Band qui sollicite aussi des marionnettes mais aussi quelques jolis plans en stop-motion animés par plusieurs ténors de la discipline.
© Gilles Penso
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