NOIRES SONT LES GALAXIES (1981)

Cette mini-série française en quatre épisodes raconte l’invasion insidieuse et très oppressante de notre planète par une race extra-terrestre…

NOIRES SONT LES GALAXIES

 

1981 – FRANCE

 

Créée par Jacques Armand et Daniel Moosmann

 

Avec Richard Fontana, Catherine Leprince, François Perrot, Jacques Bouanich, Catriona MacColl, Stéphane Bouy, Greg Germain, Luc Florian, Jacques Giraud

 

THEMA EXTRA-TERRESTRES

Diffusée une unique fois entre mai et juin 1981 sur Antenne 2, Noires sont les galaxies est une des rares séries télévisées françaises à prendre pied dans l’univers de la science-fiction. Écrite par Jacques Armand (Belphégor) et réalisée par Daniel Moosmann (Histoires peu ordinaires), cette mini-série en quatre épisodes détonne par son ton résolument sombre et pessimiste et par une irruption du fantastique dans un quotidien très réaliste. Le personnage principal est Patrick (Richard Fontana), jeune interne en médecine qui fait la connaissance d’une danseuse de boite de nuit, Coretta (Catherine Leprince), lors d’une violente altercation dans un terrain vague. La bagarre tourne au drame et le patron de la danseuse est tué. Patrick se retrouve malgré lui mêlé à un trafic de cadavres. Lorsqu’il découvre que ces corps reviennent à la vie, il se retrouve plongé dans une enquête aux frontières de la folie. Notre espèce est en effet en danger d’éradication par une race d’extraterrestres malveillants. Patrick et Coretta découvrent ainsi que la Terre est au centre d’une guerre entre deux races aliens : les Exis et les Ninx.

Loin de la science-fiction à la Star Trek, l’atmosphère de la série repose sur un quotidien on ne peut plus terre à terre, ce qui permet à cette histoire d’invasion par des êtres d’une autre planète de prendre une tournure beaucoup plus oppressante. Noires sont les galaxies rappelle la version de Philip Kaufman de L’Invasion des profanateurs, notamment par la manière dont les envahisseurs utilisent le corps des humains, mais aussi Invasion Los Angeles de John Carpenter pour son côté « ils sont parmi nous ». La nature de l’invasion par le remplacement des humains, qui ne sont plus que des coquilles vides hébergeant l’esprit des extra-terrestres, fait naitre un sentiment de paranoïa accentué par une ambiance angoissante et stressante (portée par un bande son free-jazz qui ajoute au caractère étrange de la série). Au-delà de son esprit désespéré, l’autre point fort de Noires sont les galaxies est un scénario qui ose pousser ses idées jusqu’au bout et propose des scènes alors très osées pour une diffusion sur une chaîne publique à une heure de grande écoute. Car les plantes qui explosent à l’intérieur du corps des Exis pour les faire périr sont franchement violentes pour le paysage audiovisuel français de l’époque.

Un OVNI dans le paysage audiovisuel français

Côté casting, on retrouve quelques visages familiers, notamment Catriona MacColl, très connue des fans de films d’horreur transalpins grâce à sa collaboration régulière avec Lucio Fulci (Frayeurs, L’Au-delà, La Maison près du cimetière), vue également dans le très sympathique Horsehead de Romain Basset. On apprécie aussi la présence de François Perrot (Les Morfalous) qui, par son jeu, apporte une vraie humanité à son personnage d’exilé de la galaxie. Du côté des acteurs principaux, Patrick Fontana fera ensuite essentiellement carrière au théâtre et Catherine Leprince sera surtout mémorable pour son rôle dans Vive les femmes de Claude Confortès en 1983. Noires sont les galaxies, par son sujet et son traitement, reste un moment assez unique parmi les séries françaises. Même si le rythme assez lent et des effets spéciaux désormais datés peuvent rebuter certains spectateurs, cette œuvre de science-fiction atypique mérite d’être (re)découverte, le moindre de ses mérites n’étant pas d’intégrer en filigrane de son récit des composantes sociaux-politiques toujours d’actualité liées en particulier à la pollution et aux flux migratoires.

 

© Fred

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DEFENDERS (THE) (2017)

Daredevil, Luke Cage, Iron Fist et Jessica Jones joignent leurs forces pour une série chorale orchestrée par Marvel et Netflix…

MARVEL’S THE DEFENDERS

 

2017 – USA

 

Créée par Douglas Petrie et Marco Ramirez

 

Avec Charlie Cox, Krysten Ritter, Mike Colter, Finn Jones, Sigourney Weaver, babs Olusanmokun, Yutaka Takeuchi, Elodie Yung, Rosario Dawson, Eden Henson

 

THEMA SUPER-HÉROS I SAGA MARVEL

Un ninja aveugle, une détective impertinente, un ancien détenu résistant aux balles, un milliardaire amateur de kung-fu… Marvel’s the Defenders suit les aventures de quatre super-héros solitaires contraints de mettre leurs problèmes personnels de côté pour combattre ensemble un groupe de criminels menaçant de détruire la ville de New York. Alors que Avengers : Infinity War se préparait à sortir sur les grands écrans après une attente savamment entretenue, Netflix dévoilait au public une autre équipe de super héros constituée de « challengers ». Après nous avoir présenté ces personnages dans des séries solo (Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage, Iron Fist) avec plus ou moins de succès, le show créé par Douglas Petrie et Marco Ramirez a la lourde tâche d’orchestrer la réunion de ces quatre personnalités bien différentes. Tâche que cette saison unique de huit épisodes ne parvient à remplir qu’à moitié. Ce qui saute aux yeux dès le premier épisode est l’absence d’un traitement esthétique digne de ce nom. Les productions Marvel/Netflix nous avaient pourtant habitués à des partis pris artistiques bien marqués : ambiance violente et crasseuse pour Daredevil, atmosphère film noir jazzy pour Jessica Jones ou encore esprit R’N’B/Hip Hop pour Luke Cage. Mais The Defenders a du mal à concilier le style et l’univers de chaque personnage. Résultat ? Une série hybride dans sa mise en scène qui se révèle souvent maladroite.

Le traitement de la Main, cette organisation criminelle qui donne du fil à retordre à Daredevil depuis sa saison 1, nous déçoit tout autant par son traitement scénaristique paresseux. On se désintéresse très vite des vilains qui la dirigent tant ils nous semblent mal exploités. C’est notamment le cas de la vile Alexandra Reid campée pourtant par Sigourney Weaver, un personnage relativement fade affublé d’une garde-robe plus que douteuse… Mais le point faible majeur de la série est sans doute Danny Rand AKA Iron Fist. Si dans sa série propre série il faisait montre d’une candeur rafraîchissante, il nous agace ici et finit par sombrer dans le ridicule. Son personnage ne dépasse jamais le statut de jeune milliardaire privilégié aux décisions infantiles. Seule sa « bromance » avec Luke Cage challenge le blondinet et le rend touchant. Malgré ses défauts, The Defenders n’est pas pour autant le ratage annoncé par beaucoup. La réunion de ces personnages iconiques permet à la mythologie Marvel de se développer sur les petits écrans. On en apprend plus sur les origines d’Iron Fist, sur la Main et sur la fameuse guerre évoquée par Stick (Scott Glenn), l’ancien mentor de Matt Murdock.

Crossovers

Les scénaristes n’en oublient pas l’évolution des personnages principaux, du moins celle de de Daredevil (Charlie Cox) et de Jessica Jones (Krysten Ritter). Les scènes avec le diable de Hell’s Kitchen restent les mieux dialoguées et ses combats les mieux chorégraphiés. Son histoire avec Elektra (Elodie Yung) se révèle aussi tragique que dans les comics, même si nous n’aurions pas été contre un développement moins frustrant. Retrouver la détective Miss Jones est tout autant réjouissant. Personnage toujours aussi intéressant qui parvient à conserver son mordant au milieu de cette testostérone. Son plongeon au milieu d’un combat qui la dépasse l’aidera à prendre conscience de son potentiel héroïque et à sortir de sa période post Killegrave (David Tennant). Quant à Luke Cage, bien que le charisme de son interprète (Mike Colter) fasse toujours son petit effet, on regrettera que son personnage soit laissé un peu de côté. Mais surtout, pour tout fan de Marvel, c’est assez jouissif de voir ces personnages interagir dans une même série. Car en plus de la team principale, on peut croiser Karen Page (Deborah Ann Woll), Foggy (Elden Henson), Hogart (Carrie-Anne Moss), Misty Knight (Simone Missick), Trish Walker (Rachel Taylor), Colleen Wing (Jessica Henwick) et bien sûr l’infirmière Claire Temple (Rosario Dawson). La rencontre de ces personnages renforce l’idée d’ancrer l’univers Marvel/Netflix dans un quartier précis de la ville, les rendant plus proches de nous, conformément aux intentions premières de Stan Lee dans les années 1960.

© Grégory

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WESTWORLD (2016-2022)

Le western de science-fiction concocté en 1973 par Michael Crichton se décline sous forme d’une série explorant les méandres de l’intelligence artificielle…

WESTWORLD

 

2016/2022 – USA

 

Créé par Jonathan Nolan et Lisa Joy

 

Avec Evan Rachel Wood, Thandiwe Newton, Jeffrey Wright, Ed Harris, Tessa Thompson, James Mardsen, Anthony Hopkins, Luke Hemsworth

 

THEMA ROBOTS I FUTUR

À l’origine, Westword (Mondwest en VF) est un film écrit et réalisé en 1973 par Michael Crichton (auteur du roman qui donna naissance à Jurassic Park) dans lequel un parc d’attractions futuriste proposait à ses visiteurs de revivre, grâce à des robots imitant les humains, trois époques différentes : le western, le moyen-âge et la Rome antique. Plus de quarante ans plus tard, le film se mue en série télévisée estampillée HBO, la chaîne s’étant mis en quête d’un digne successeur de Game of Thrones. Cette adaptation fait le choix de se concentrer uniquement sur l’époque du western, avec un univers beaucoup plus étendu à tous les niveaux. Westworld est donc un parc d’attractions dernier cri dans lequel les visiteurs paient des fortunes pour revivre le frisson de la conquête de l’Ouest. Dolores, Teddy et bien d’autres sont des androïdes à apparence humaine créés pour entretenir l’illusion et offrir du dépaysement aux clients. Pour ces derniers, Westworld est l’occasion de laisser libre-cours à leurs fantasmes. Cet univers bien huilé est mis en péril lorsqu’à la suite d’une mise à jour, quelques robots comment à adopter des comportements imprévisibles, voire erratiques. En coulisses, l’équipe qui tire les ficelles de ce monde alternatif s’inquiète de ces incidents de plus en plus nombreux. Les enjeux du programme Westworld étant énormes, la direction ne peut se permettre une mauvaise publicité qui ferait fuir ses clients. Que se passe-t-il réellement avec les androïdes ré-encodés ?

Derrière ce show télé voulu événementiel, nous retrouvons Lisa Joy (auteur de plusieurs épisodes de Pushing Daisies, future scénariste et réalisatrice de Réminiscence) et Jonathan Nolan, frère et fidèle collaborateur de Christopher Nolan avec qui il écrivit Memento, Le Prestige, The Dark Knight, The Dark Knight Rises et Interstellar. Joy et Nolan sont donc habitués aux univers fantastiques et aux intrigues solidement ficelées laissant la part belle aux tourments psychologiques. Westworld profite de son concept à cheval entre deux genres pour détourner à la fois les codes de la science-fiction et ceux du western et offrir aux téléspectateurs un spectacle original et captivant. L’autre « éminence grise » derrière le show est J.J. Abrams (qui vient alors de relancer avec succès les sagas Star Trek et Star Wars sur grand écran). HBO ne lésine pas sur les moyens : des décors sublimes, des costumes aux designs impeccables, une photographie extrêmement soignée et la convocation de plusieurs réalisateurs de poids comme Jonathan Nolan lui-même (pour l’épisode pilote) mais aussi Neil Marshall (The Descent) ou Vincenzo Natali (Cube).

Les mystères de l’Ouest

Dès l’épisode pilote, Westworld affirme sa singularité à travers un univers unique, sombre et froid, porté par une bande originale de Ramin Djawadi (Game of Thrones) qui mélange avec beaucoup d’élégance les instruments classiques et électroniques tout en concoctant des reprises pour piano désaccordé de standards de Radiohead, Cure, The Animals ou Amy Whinehouse qui créent un décalage déconcertant. Côté casting, une belle brochette de comédiens se partage la vedette, notamment Evan Rachel Wood (Thirteen), Thandie Newton (Les Chroniques de Riddick), Jeffrey Wright (La Jeune fille de l’eau), James Marsden (X-Men), Ingrid Bolsø Berdal (Cold Prey), Clifton Collins Jr. (Pacific Rim), Luke Hemsworth (Thor Ragnarok), Rodrigo Santoro (300), Ben Barnes (Le Septième fils) ou encore les immenses Ed Harris et Anthony Hopkins qui nous livrent, comme à leur habitude, des prestations remarquables. Conformément aux attentes de HBO, la série démarre très fort, accueillie sous les applaudissements par le public et la critique. Sans égaler le phénomène Game of Thrones, cette réinvention du Mondwest de Crichton est un événement télévisuel de taille. Mission donc accomplie pour HBO !

 

© Grégory

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MALÉDICTION DU LOUP-GAROU (LA) (1987-1988)

Un jeune étudiant est condamné à se transformer en monstre chaque nuit de pleine lune depuis qu’il a été mordu par un loup-garou…

WEREWOLF

 

1987/1988 – USA

 

Créée par Frank Lupo

 

Avec John J. York, Lance LeGault, Chuck Connors, Brian Thompson, Ethan Philips, Henry Beckman, Lee de Broux, James Morrison, Gwen Humble, Theresa Saldana

 

THEMA LOUPS-GAROUS

Mordu par un loup-garou, l’étudiant Eric Cord (John J. York) subit des transformations lors des nuits de pleine lune. Accusé de meurtre, il est obligé de prendre la fuite et part à la recherche du lycanthrope par lequel tout a commencé. C’est le seul moyen pour lui de stopper la malédiction. Mais un chasseur de prime (Lance LeGault) est lancé à ses trousses… Amoureux des lycanthropes de tous poils, La Malédiction du loup-garou est une production télévisuelle des années 80 faite pour vous ! Disposant seulement d’une seule saison, constituée d’un téléfilm pilote de 83 minutes et de 28 épisodes d’une vingtaine de minutes chacun, cette série américaine créée par Frank Lupo (co-créateur de la mythique série L’Agence tous risques dont le nom de famille semblait destiné aux créatures lupines) date de 1987 et met en scène un jeune lycanthrope fugitif condamné à parcourir tout le pays pour remonter aux origines du mal. À travers son périple, il rencontre d’autres loups-garous et joue aussi les justiciers pour aider les gens dans le besoin, s’inscrivant ainsi dans le schéma bienveillant de la grande majorité des héros télévisés de l’époque.

À l’annonce d’une telle série, rien n’empêchait les spectateurs d’être sceptiques. Comment ne pas craindre d’être déçu par des effets spéciaux pas assez performants et des créatures peu convaincantes ? De telles scories auraient forcément nui à la série et à son intérêt, surtout après les incroyables métamorphoses proposées par des films tels que Hurlements ou Le Loup-garou de Londres. Or dès les premières transformations et apparitions des créatures, l’amateur est agréablement surpris. Les effets spéciaux sont de très haute tenue, ce qui n’étonne guère lorsqu’on sait que l’auteur de leur design n’est autre que le grand Rick Baker (Le Loup-garou de Londres justement, mais aussi Greystoke et La Planète des singes) et que l’homme qui les a supervisés est le très talentueux Greg Cannom (Cocoon, Dracula, The Mask). Bref, les bêtes velues de la série sont entre de bonnes mains.

Merci d’être velus

Si l’histoire reste classique et si le concept de l’homme en fuite seul contre tous est directement hérité du Fugitif (mais aussi de L’Incroyable Hulk), chaque épisode parvient à réserver aux téléspectateurs son lot de rebondissements, de suspense et de personnages attachants. Le rôle principal est assuré par John J. York (La Nuit des sangsues). Parmi les comédiens qui lui donnent régulièrement la réplique, citons Chuck Connors (Soleil vert, Tourist Trap), Lance LeGault (Mortal Kombat : destruction finale) et Brian Thompson (l’un des punks de Terminator). On note aussi les apparitions de Linden Ashby (qui retrouvera les loups-garous dans la série Teen Wolf), d’Everett McGill (qui en côtoyait déjà lui-même dans Peur bleue) et de Tony Todd (le Candyman en personne !). Sans être aussi culte que d’autres séries fantastiques qui lui furent contemporaines, La Malédiction du loup-garou a tout de même marqué les mémoires, ne serait-ce que pour son approche originale de la lycanthropie (débarrassée de la plupart de ses attributs mystico-folkloriques habituels) et pour une profusion d’effets prosthétiques encore rares à la télévision, si l’on excepte quelques cas particuliers comme Manimal.

 

© Grégory

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CREEPSHOW (2019-2023)

Le film culte réalisé par George Romero et écrit par Stephen King se décline sous forme d’une série TV horrifique…

CREEPSHOW

 

2019/2023 – USA

 

Créée par Greg Nicotero

 

Avec Adrienne Barbeau, Giancarlo Esposito, Tobin Bell, David Arquette, Tricia Helfer, Dana Gould, Jeffrey Combs, Bruce Davison, DJ Qualls, Barbara Crampton

 

THEMA ZOMBIES I SAGA CREEPSHOW

Spécialiste du maquillage dans le domaine des effets spéciaux, Greg Nicotero est très connu dans la profession pour avoir entre autres confectionné les maquillages des films La Colline a des yeux, Splice, Piranha 3D, Texas Chainsaw 3D ou encore la série à succès The Walking Dead dont il est également producteur délégué et réalisateur. En 2019, il décide de se lancer dans la création d’une série télévisée, mais pas n’importe laquelle : une série dont il se sent proche et qu’il envisage comme un hommage à un film culte des années 80. En effet, Creepshow est à l’origine un long métrage réalisé en 1982 par George A. Romero et écrit par Stephen King, deux grands maîtres de l’horreur qui se livraient là à une anthologie d’histoires macabres et terrifiantes inspirées librement des bandes dessinées éditées par EC Comics. C’est à cette occasion que Greg Nicotero rencontra son mentor et ami Tom Savini et participa à son premier tournage… Bref, voilà une bonne occasion pour Mr Nicotero de faire renaître un projet qui lui tient particulièrement à cœur sous forme cette fois-ci d’une série télé diffusée exclusivement sur la plateforme Shudder.

Ce n’est pas la première fois que Creepshow se décline à l’écran, puisque Romero lui-même en produisit une suite en 1987, Creepshow 2, réalisée par l’un de ses fidèles collaborateurs Michael Gornick. Le père de La Nuit des morts vivants n’a en revanche rien à voir avec le très dispensable Creepshow 3 co-réalisé par Ana Clavell et James Glenn Dudelson. La série de Nicotero se veut une sorte de prolongement direct du premier film, proche en esprit d’autres shows télévisés tels qu’Histoires de l’autre monde ou Les Contes de la crypte. Dans les trois premières saisons de Creepshow, composées de seulement six épisodes chacune, les scénaristes ont gardé l’esprit originel des comics et des longs-métrages, soit un récit tronçonné en plusieurs petites histoires d’une vingtaine de minutes indépendantes les unes des autres. Ainsi, les amateurs de frissons et de visions cauchemardesques prendront un grand plaisir à découvrir dans chaque saison douze histoires originales mais inégales qui ne manqueront pas de les captiver dès les premières minutes.

Le retour du « Creep »

On peut reprocher un manque manifeste de moyens et surtout une absence de chutes dignes de ce nom à la fin de chaque épisode. Les coups de théâtre finaux faisaient pourtant le sel des sketches de Creepshow premier du nom. Or ici, l’idée principale de chaque récit – souvent très originale – n’aboutit pas forcément à un dénouement suffisamment abouti ou surprenant. Pour autant, la mise en scène, les effets spéciaux et la direction d’acteurs restent de haute tenue. Devant la caméra, on notera les présences de quelques visages connus comme Adrienne Barbeau (qui jouait déjà dans Creepshow), Bruce Davison (Willard, X-Men), Chad Michael Collins (Sniper : Rogue Mission), Giancarlo Esposito (Breaking Bad, The Mandalorian), Tobin Bell (la saga Saw) ou encore David Arquette (Scream et ses suites). Quant au « Creep », le fameux spectre qui introduit et conclut chaque histoire, il s’agit d’une marionnette animatronique grimaçante qui existe aussi dans une version en dessin animé, conformément aux techniques utilisées dans le premier Creepshow.

 

© Grégory

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ÎLE FANTASTIQUE (L’) (1977-1984)

Sur une île exotique aux décors dignes du jardin d’Éden, les visiteurs ont la chance de voir leurs souhaits se réaliser…

FANTASY ISLAND

 

1977/1984 – USA

 

Créée par Gene Levitt

 

Avec Ricardo Montalban, Hervé Villechaize, Wandy Schaal, Christopher Hewett, Bill Bixby, Victoria Principal, Adrienne Barbeau, Horst Buchholz, Gerorge Chakiris

 

THEMA EXOTISME FANTASTIQUE

Perdue quelque part au milieu de l’océan Pacifique se trouve une île paradisiaque où les rêves les plus fous deviennent réalité. Moyennant finance, les invités qui séjournent dans cet endroit féerique sont accueillis par le mystérieux Roarke (Ricardo Montalban) et son assistant le nain Tattoo (Hervé Villechaize) et voient tous leurs vœux s’exaucer… Qui n’aurait pas rêvé de débarquer dans ce lieu magique pour y vivre de folles aventures au cœur de paysages magnifiques ? C’est ce qu’espéraient des milliers de téléspectateurs quand ils découvrirent la série L’Île fantastique créée en 1977 par Gene Levitt (réalisateur et scénariste du film L’Énigmatique Monsieur D. avec Robert Mitchum). Grâce à ses épisodes rivalisant d’originalité, ses personnages truculents, ses intrigues variées et ses décors somptueux, L’Île fantastique s’est taillée rapidement un statut de série culte, séduisant de plus en plus de fans au fil de ses sept saisons. Elle eut même droit à un remake sombre aux allures de film d’horreur baptisé Nightmare Island et réalisé en 2020 par Jeff Wadlow.

La première saison de L’Île fantastique, constituée de seize épisodes, est la plus courte de la série, les saisons suivantes en comptant au minimum une vingtaine (25 pour la saison 2). Les deux premiers épisodes, de 90 minutes chacun, offrent une belle introduction. Devant la caméra, on mettra surtout en évidence les interprétations magistrales de Ricardo Montalban (l’inoubliable Kahn de Star Trek 2) et Hervé Villechaize (Knick-Knack dans L’Homme au pistolet d’or) tous deux excellents dans leurs rôles respectifs. Pour le reste du casting, on remarquera les présences de Lynda Day George (Mission impossible), James MacArthur (Hawaï Police d’état), Leslie Nielsen (notre clown préféré depuis Y a-t-il un pilote dans l’avion ?), Yvonne De Carlo (Les Dix commandements), Nita Talbot (Papa Schultz), Nehemiah Persoff (Certains l’aiment chaud), Cornel Wilde (Sous le plus grand chapiteau du monde) ou encore Michelle Pfeiffer (la Catwoman de Batman le défi, bien sûr). Bref, du beau monde !

Le défilé des stars

Suivant une mécanique quasiment immuable, chaque épisode est scindé en deux intrigues distinctes et indépendantes montées en parallèle, sous l’œil omniprésent de Roarke et Tattoo. On pourrait craindre que la monotonie s’installe à force de reproduire inlassablement la même structure, mais les scénaristes parviennent à se renouveler, mixant les personnages attachants (à travers un impressionnant défilé de stars digne de La Croisière s’amuse), les intrigues surprenantes et les nombreux rebondissements. L’Île fantastique ne cache pas sa volonté de déployer les bons sentiments et d’achever chaque épisode sur une morale, mais c’est un jeu dans lequel il faut accepter d’entrer pour apprécier pleinement le spectacle. Le plaisir intact de revisiter semaine après semaine les paysages exotiques de cette île enchanteresse, dominée par le charisme envoûtant de Ricardo Montalban et Hervé Villechaize, aura permis d’assurer au show de Gene Levitt une belle longévité (154 épisodes en tout), le dernier épisode ayant été diffusé sur les petits écrans américains le 19 mai 1984.

 

© Grégory

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K 2000 (1982-1986)

David Hasselhoff et son inoubliable voiture parlante redressent les torts dans cette série mythique des années 1980…

KNIGHT RIDER

 

1982/1986 – USA

 

Créée par Glen A. Larson

 

Avec David Hasselhoff, William Daniels, Edward Mulhare, Patricia McPherson, Rebecca Holden, Peter Parros, Richard Basehart

 

THEMA ESPIONNAGE ET SCIENCE-FICTION

Série mythique des années 1980 créée par Glen A. Larson (Magnum, Galactica), K 2000 met en vedette David Hasselhoff dans le rôle d’un policier brillant, Michael Long, laissé pour mort alors qu’il tente d’arrêter un dangereux criminel. Il est recueilli par Wilton Knight (Richard Basehart), patron d’une fondation secrète œuvrant pour le gouvernement. Contraint de changer de visage et d’identité, Long devient Michael Knight. Travaillant désormais pour la fondation, Michael, accompagné d’une voiture intelligente nommée K.I.T.T, dernier cri en matière d’innovation technologique, va de ville en ville pour combattre le crime et protéger ceux dans le besoin… Entrée dans la légende, la voix off du générique de K 2000 nous présente son héros en ces termes : « Les exploits d’un chevalier solitaire dans un monde dangereux. Le chevalier et sa monture. Un héros moderne, dernier recours des innocents, des sans-espoir, victimes d’un monde cruel et impitoyable. »

Qui ne se souvient pas des exploits de Michael Knight et de son véhicule intelligent à travers des courses poursuites haletantes, de multiples cascades, des gadgets sophistiqués et bien sûr la voix de K.I.T.T avec sa « bouche » lumineuse et rouge ? Voilà une série qui aura marqué les esprits. Dans la première saison de 22 épisodes, nous commençons naturellement par la présentation des différents personnages récurrents. Aux côtés de Michael Long devenu Michael Knight, nous découvrons Bonnie Barstow (Patricia McPherson), Devon Miles (Edward Mulhare) et bien sûr la fameuse voiture noire… Même si les épisodes ne se valent pas tous en termes de qualité scénaristique ou d’action – certains sont sans doute trop longs -, cette première saison reste une franche réussite, à l’image de celles qui suivront. C’est forcément un plaisir – coupable ? –  de revoir ces épisodes qui ont bercé beaucoup d’enfances et suscité un indiscutable engouement pour les voitures.

Le chevalier et sa monture

Devant la caméra, on note bien sûr la présence d’un David Hasselhoff encore tout jeune, plusieurs années avant son rôle de Mitch Buchannon dans la série phare Alerte à Malibu, mais aussi celles de Patricia McPherson (MacGyver) et d’Edward Mulhare (Les Rues de San Francisco). Pour les seconds rôles, on reconnaîtra le visage de Richard Basehart (Voyage au fond des mers), ainsi que ceux de Richard Anderson (L’Homme qui valait trois milliards), Barret Oliver (L’Histoire sans fin), Keith Coogan (Les Contes de la Crypte) ou encore Don Stroud (Madame Columbo). Bref, c’est toujours avec joie qu’on retrouve K 2000, cette série dynamique désormais empreinte de nostalgie où Michael Knight et sa voiture intelligente n’en finissent plus de combattre les malfrats. En 1991 fut diffusé le téléfilm K 2000 : La nouvelle arme, censé conclure le show et introduire une histoire originale pour une nouvelle série qui n’a finalement pas vu le jour. D’autres productions mineures réutilisèrent le concept comme le téléfilm Knight Rider 2010 en 1994 et la série Nom de Code : TKR en 1997, pour une seule saison de 22 épisodes. Il y eut également un remake en 2008 avec la série Le Retour de K 2000, où l’on suivait les aventures du fils de Michael Knight interprété par Justin Bruening avec une toute nouvelle voiture. Malheureusement le succès ne fut pas au rendez-vous et la série s’arrêta au bout d’une seule saison.

 

© Grégory

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HOMME INVISIBLE (L’) (1975-1976)

Pour capitaliser sur le célèbre roman de H.G. Wells dont il possède encore les droits, le studio Universal lance une série TV modernisant le mythe…

THE INVISIBLE MAN

 

1975/1976 – USA

 

Créée par Harve Bennett et Steven Bochco

 

Avec David McCallum, Melinda O. Fee, Craig Stevens, Paul Kent, William Prince, Jackie Cooper, Nancy Kovack, John Vernon, Nehemiah Persoff, Barbara Anderson

 

THEMA HOMMES INVISIBLES

Le scientifique Daniel Westin (David McCallum) travaille à un projet révolutionnaire qui permettrait de téléporter de la matière. Mais un dysfonctionnement de son appareil projette un éclair qui atteint le chercheur. Ce dernier constate par la suite que personne ne le voit. Il doit se rendre à l’évidence : il est devenu invisible ! Son épouse Kate (Melinda O. Fee), également scientifique, l’aide à chercher le moyen de renverser le processus… La série L’Homme invisible doit sa naissance au fait que la firme Universal possédait les droits du roman de H. G. Wells. Productrice du film de James Whale The Inivisible Man en 1933, qui apporta à l’acteur Claude Rains une popularité inédite pour un acteur apparaissant si peu dans un film, la firme avait commandité plusieurs séquelles : The Invisible Man Returns (1940), The Invisible Man’s Revenge (1944) et même The Invisible Woman (1940) et The Invisible Agent (1942), où l’homme invisible affronte la Gestapo ! La rencontre des comiques Abbott et Costello avec le personnage dans Deux nigauds contre l’homme invisible (1951) fut également commise par le studio, toujours présent en 2000 lorsque SciFi Channel commande à son tour une série basée sur le roman « L’Homme invisible. »

En 1975, donc, quelqu’un au studio estima que ce serait une excellente idée de réinventer le thème en surfant sur la vague des séries plus ou moins apparentées au genre super-héros. C’est d’ailleurs au producteur de L’Homme qui valait trois milliards, Harve Bennett, qu’est confiée la tâche de produire cette nouvelle déclinaison. Il s’adresse, lui, à Steven Bochco, alors scénariste au sein du studio. Depuis L’Homme de Fer, en 1967, le jeune Bochco a collaboré à Columbo, The Bold Ones : The New Doctors, Les Règles du jeu, McMillan, Griff et collaboré aussi au scénario du film Silent Running de Douglas Trumbull. Il écrit et produit le téléfilm pilote de L’Homme invisible, que NBC diffuse le 6 mai 1975. L’audience étant satisfaisante, Universal commande une série hebdomadaire diffusable à la rentrée 1975.

Annulé au bout de 13 épisodes

Le concept de L’Homme invisible n’a pourtant pas rencontré l’adhésion du public, qui reproche notamment le manque d’action de la série et les difficultés à suivre le héros lorsqu’il est invisible. Pour remédier à ce problème, la voix off a été l’option choisie par la production. Plusieurs idées visuelles intéressantes émaillent pourtant la réalisation, notamment l’utilisation de masques à son effigie que confectionne le héros dans une matière baptisée « dermaplex » (d’où certaines séquences de suspense qui semblent héritées de Mission impossible). Le show bénéficie aussi de pointes d’humour bienvenues et du capital sympathie de son acteur principal. Mais les téléspectateurs ne répondent pas à l’appel et la série est annulée au bout de treize épisodes. Avant de devenir le scientifique Daniel Westin, David McCallum avait déjà connu un grand succès avec Des Agents très spéciaux, dans le rôle de l’espion Illya Kuryakin entre 1964 et 1968. En 2003, après de nombreuses apparitions sur les petits écrans, il est devenu le professeur Mallard dans NCIS : enquêtes spéciales.

 

© Histoire de la science-fiction


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STAR TREK STRANGE NEW WORLDS (2022-2023)

La huitième série « live » de l'univers Star Trek se concentre sur l’un des tout premiers personnages de la saga : le capitaine Christopher Pike…

STAR TREK STRANGE NEW WORLDS

 

2022/2023 – USA

 

Créé par Akiva Goldsman, Alex Kurtzman et Jenny Lumet

 

Avec Anson Mount, Rebecca Romijn, Ethan Peck, Babs Olusanmokun, Christina Chong, Cecilia Rose Gooding, Jess Bush, Melissa Navia, Bruce Horak

 

THEMA SPACE OPERA I SAGA STAR TREK

Dans le dyptique « The Menagerie » de la première saison de Star Trek la série originale, nous découvrions le personnage de l’amiral Christopher Pike, second capitaine de l’Enterprise avant James T. Kirk mutilé à la suite d’un grave accident. Pour mémoire, ce double épisode reprenait de très larges extraits du pilote « The Cage » avec Jeffrey Hunter dans le rôle de Pike. Ce personnage et le mythique astronef sont réintroduits dans les deux premières saisons de Star Trek Discovery car ils ouvrent un pan supplémentaire de la mythologie trekienne antérieure de dix ans aux événements que nous connaissons. Ils permettent également le retour de quelques figures historiques de la saga. Ainsi, Spock est présent puisqu’avant de seconder Jim Kirk, il servit sous les ordres de Pike en tant qu’officier scientifique de l’Enterprise, comme le rappelait d’ailleurs « The Menagerie ». Outre le célèbre vulcain, nous découvrons plusieurs personnages de la série originale avant qu’ils ne soient dans leurs futures fonctions. C’est le cas de Nyotha Uhura. Encore cadette à l’époque de Pike, elle se forme à son futur rôle d’officier en charge des transmissions et de la xéno-linguistique. Nous découvrons aussi James T. Kirk alors qu’il n’est encore qu’un jeune lieutenant fougueux de Starfleet servant sur l’USS Faragut. Citons également Number One également présentée dans « The Menagerie », et à l’époque personnifiée par Majel Barret avant qu’elle ne devienne ultérieurement l’infirmière Christine Chapel dont le personnage est aussi présent dans Strange News Worlds. On l’aura compris, cette huitième déclinaison télévisuelle en prises de vues réelles est donc un lien direct avec l’univers imaginé par Gene Roddenberry il y a six décennies.

Mais si Star Trek Discovery et Star Trek Picard commençaient en trombe, Strange New Worlds démarre au petit trot. La première moitié de la première saison peine quand même à « passer la seconde ». Les choses sérieuses débutent vraiment à partir du cinquième épisode, « Spock hors contrôle », où notre vulcain préféré en vient à échanger son katra (son esprit) avec celui de son épouse T’Pring. Chacun des deux se retrouve ainsi dans le corps de l’autre. Le meilleur de tous est probablement « Tous ceux qui errent ». Ce neuvième chapitre de la première saison est un remake particulièrement réussi du Aliens de James Cameron. Tous les ingrédients sont réunis pour rappeler l’ambiance oppressante qui règne dans le long-métrage du réalisateur de Titanic et Avatar. Faisant appel au voyage dans le temps, une thématique qui réussit très souvent à la franchise, le dernier épisode de Strange New Worlds réadapte très habilement les événements de « Zone de terreur », quatorzième épisode de la première saison de la série originale. Basé sur le film Torpilles sous l’Atlantique (1957 avec Robert Mitchum et Curd Jürgens), cet épisode voyait l’Enterprise, et surtout son capitaine, jouer au chat et à la souris avec le capitaine d’un vaisseau romulien interprété par Mark Lenard (avant qu’il ne devienne Sarek, le père de Spock), l’un des principaux antagonistes de la Fédération des Planètes Unies. Cet ultime épisode s’achève sur l’arrestation de Number One, ce qui laisse entrevoir un retour prometteur pour la saison 2.

Retour aux sources

Visuellement, Strange New Worlds bénéficie des mêmes apports que ceux de Discovery et Picard. Les effets spéciaux s’avèrent donc aussi soignés que ceux des deux précédentes déclinaisons. Le générique nous fait rester en territoire connu puisqu’il débute par la célèbre réplique « Espace, frontière de l’infini vers laquelle voyage notre vaisseau… ». Sa construction graphique rend un hommage évident à celui d’un autre dérivé de la franchise, en l’occurrence Star Trek Voyager. Côté casting, Anson Mount joue de manière plutôt académique son rôle de capitaine, conscient du funeste destin qui va le toucher dans quelques années, comme cela est révélé dans le 12ème épisode de la seconde saison de Discovery, le très bon « La vallée des ombres ». Ethan Peck (petit-fils du grand Gregory Peck), également présent dans Discovery, s’est vu confier la lourde tâche de reprendre le rôle de Spock et s’en tire avec les honneurs bien qu’il ne soit clairement pas évident de passer après Leonard Nimoy et Zachary Quinto au cinéma. Quant à Rebecca Romijn, qui joua autrefois Mystique dans la première trilogie X-Men, son personnage de Number One reste malheureusement sous-exploité dans cette première saison. Pour sa part, Jess Bush incarne une Christine Chapel dont le caractère déluré tranche avec la réserve de Majel Barret dans la toute première série. A noter également, la présence de Christina Chong dans le rôle de La’an Noonien-Singh. Chef de la sécurité de l’Enterprise, elle est aussi une descendante directe du terrible Kahn. Si Strange New Worlds présente des défauts, la série ne manque pas non plus d’atouts. L’un de ses points forts est de renouer avec ce qui a fait le succès des premières séries, à savoir des intrigues uniques bien que la production n’exclut pas, semble-t-il, de développer des intrigues sur plusieurs épisodes. Saura-t-elle s’imposer comme l’une des nouvelles références de l’univers trekkien ? Son aventure dans la galaxie télévisuelle ne fait que commencer…

 

© Antoine Meunier

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ORVILLE (THE) (2017-2022)

Seth MacFarlane se lance dans une série de science-fiction conçue comme un hommage assumé à l’incontournable saga Star Trek

THE ORVILLE

 

2017 / 2022 – USA

 

Créée par Seth MacFarlane

 

Avec Seth MacFarlane, Adrianne Palicki, Penny Johnson Jerald, Scott Grimes, Peter Macon, Halston Sage, J. Lee, Mark Jackson, Jessica Szohr, Anne Winters.

 

THEMA SPACE OPERA I FUTUR

Sur la thématique de l’exploration, l’univers de Star Trek reste la référence absolue depuis pratiquement six décennies. Avec à ce jour près de dix déclinaisons et treize long-métrages, Il parait difficile d’imposer une nouvelle série sur le même thème. Alors plutôt que de tenter d’innover, The Orville nous propose une vision identique du futur mais avec tout de même quelques variations. Nous sommes au 25ème siècle et la Terre appartient à un collectif de civilisations qui peuplent la galaxie : l’Union Planétaire qui fait écho à la Fédération des Planètes Unies de la franchise de Gene Roddenberry. Cette Union dispose d’une flotte de trois mille vaisseaux dont le Orville, un navire de classe intermédiaire. Le Capitaine Ed Mercer (Seth Mc Farlane) se voit nommé à la tête de l’équipage du Orville avec son ex-femme comme second, le commandeur Kelly Grayson (Adrianne Palicki). Hors Mercer a surpris Kelly en galante compagnie un an plus tôt et il tente à présent de l’oublier. Cette situation vaudevillesque est le point de départ de la mission d’exploration de l’Orville.

Aux commandes de The Orville, Seth MacFarlane nous avait plutôt habitué à la comédie potache notamment avec l’ours parlant de Ted et sa suite Ted 2. Si, au départ, The Orville lorgne elle aussi vers la plaisanterie estudiantine, la série prend malgré tout le même chemin que Star Trek dont elle est un clone parfaitement assumé – ou plutôt une variation sur un même thème, diront les plus diplomates, autrement dit celui de l’exploration et de la découverte de nouveaux mondes. Dans Star Trek, le vaisseau Enterprise renvoie à celui de la marine anglaise du 18ème siècle mais aussi à tous les navires ayant portés le même nom, y compris la toute première navette spatiale de la NASA. Le nom Orville est, quant à lui, un hommage à Orville Wright, pionnier de l’aviation en 1903 avec son frère Wilbur.

Déclaration d’amour à Star Trek

L’équipage du vaisseau de Seth MacFarlane est joyeusement anticonformiste et évoque plutôt Les Gardiens de la galaxie, celui de l’Enterprise paraissant à côté gentiment « collé-monté ». Certaines situations du show ne sont pas forcément de très bon goût et l’humour gras ne fait pas mouche à tous les coups. En son temps, Galaxy Quest était nettement plus subtil. Du côté des décors, The Orville adopte, pour se démarquer de son glorieux aîné, un look plus ou moins kitsch. Le vaisseau semble ainsi sorti du Enemy Mine de Wolfgang Petersen. Malgré ses défauts – et quand elle ne lorgne pas vers le potache -, The Orville parvient à nous livrer quelques très bons épisodes dans sa seconde saison, dont les diptyques « Kaylon » (une invasion de la Terre) et « Sept ans de réflexion » qui traite du paradoxe temporel. Côté casting, le duo formé par Seth MacFarlane et la belle Adrianne Paliciki ( « Mocking Bird » dans la série Agents of Shield) est clairement le pilier de la série. Celle-ci a reçu une forme d’adoubement dans la mesure où des acteurs issus de Star Trek sont venus y faire une petite apparition, notamment Robert Picardo et Tim Russ (Star Trek Voyager) ou encore Marina Sirtis (Star Trek TNG) et John Billingsley (Star Trek Enteprise). Il est également possible d’apercevoir quelques guest-stars comme Charlize Theron ou Liam Neeson. Mais cela suffira-t-il à The Orville pour s’imposer comme Star Trek l’a fait avant elle ? The Orville n’a malheureusement pas bénéficié d’un contexte très favorable dans la mesure où le tournage de la troisième saison a été retardée en raison des contraintes liées à la pandémie de Covid-19. Celle-ci a finalement été diffusée sur Hulu entre le 2 juin et le 4 août 2022. Au moment où sont écrites ces lignes (31 juillet 2022), une quatrième saison reste encore incertaine.

 

© Antoine Meunier


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